| Directeur Arrêt sur images | |
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Loris Guémart (d) |
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Daniel Raphaël Schneidermann |
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Marianne (jusqu'en ) Arrêt sur images (depuis ) Libération (depuis ) France 5 (- Le Monde (- |
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| Distinctions | Liste détaillée Prix Joseph-Kessel () Chevalier des Arts et des Lettres () Prix du Livre du Journalisme () Prix ESJ Paris - Maison Blanche (d) (Berlin, 1933 : la presse internationale face à Hitler (d)) () |
Daniel Schneidermann ([danjɛl ʃnɛdɛʁman]), né le à Paris, est un journaliste français, chroniqueur et essayiste, spécialiste de la critique des médias.
Son travail se concentre principalement sur l'analyse des images télévisuelles, sujet de chroniques hebdomadaires (initialement au Monde puis à Libération). De à , il dirige et présente l'émission télévisée Arrêt sur images sur France 5 puis, de 2007 à 2022, sa transposition sur Internet, @rrêt sur images (consacré à la déconstruction de toutes les narrations médiatiques dominantes, sur tous supports). Daniel Schneidermann est également l'auteur d'une vingtaine d'essais abordant des thématiques diverses (représentations médiatiques, justice, histoire).
Sa mère travaille dans une galerie d'art parisienne à l'angle de la rue de Seine et de la rue Visconti. Son père occupe de multiples emplois de vendeur dans des commerces ou dans des foires (principalement en confection et électroménager).
Son enfance, et sa relation à la paternité, sont abordées sous une forme romancée dans son livre Les Langues paternelles (Robert Laffont), publié sous le pseudonyme de David Serge. À dix-sept ans, Daniel Schneidermann est pendant quelques mois militant à l'Union des étudiants communistes, à la section du lycée Henri-IV, à Paris,.
Après être passé au Centre de formation des journalistes, il entre en comme journaliste au quotidien français du Monde, où il est nommé grand reporter en . Pendant de longues années, Daniel Schneidermann assure pour le quotidien de nombreux reportages de terrain et la chronique judiciaire qui lui donneront l'occasion d'écrire plusieurs livres, notamment L'Étrange Procès, et Les juges parlent... qui, avec Où vont les juges..., ont été écrits en collaboration avec Laurent Greilsamer.
En , il commence à y publier des chroniques de télévision, d’abord quotidiennes, puis hebdomadaires. Il y critique la manière dont la télévision présente l’information et influence le téléspectateur. Il s’inscrit dans la continuité de la critique télévisuelle entamée trente ans plus tôt par des auteurs comme François Mauriac ou Morvan Lebesque,.
En , alors que la controverse fait rage autour du livre La Face cachée du Monde de Pierre Péan et Philippe Cohen, Daniel Schneidermann critique dans son ouvrage Le Cauchemar médiatique la réaction de la direction du quotidien, en estimant que celle-ci ne répondait pas aux arguments du livre. En , il est licencié pour « cause réelle et sérieuse » : selon la direction, un passage du livre est « attentatoire à l’entreprise pour laquelle il travaille ». Le journaliste poursuit le quotidien aux prud'hommes de Paris, qui lui donnent gain de cause en , jugement confirmé en appel en . Dans sa dernière chronique datée du , il exprime sa surprise et sa déception d’être sanctionné par un journal qui se veut pourtant un modèle de transparence. Daniel Schneidermann devient en pigiste pour Libération, où il assure une chronique des médias tous les lundis.
En , sur une idée commune avec Arnaud Viviant et Alain Rémond, le succès de ses chroniques écrites[réf. nécessaire] lui permet de créer sur France 5 (alors nommée La Cinquième et présidée par Jean-Marie Cavada) l'émission hebdomadaire Arrêt sur images, dont il est à la fois producteur et animateur. La journaliste Pascale Clark présente l'émission avec lui pendant la première année. Arrêt sur images a pour objet de décrypter l'image et le discours télévisuels et, avec l'aide de divers chroniqueurs et journalistes, d'analyser la fabrication du récit médiatique.
Cette émission, chose rare pour la télévision française[réf. nécessaire], tente d'organiser son autocritique en relation avec Internet. Chaque mois, la « forumancière », chargée de suivre les débats des téléspectateurs sur le forum d'Arrêt sur images, vient interpeller Daniel Schneidermann sur certaines critiques émises par des internautes contribuant à ce site.
Son émission critique amène régulièrement Daniel Schneidermann à avoir des relations tendues avec différentes personnalités ou chaînes, qui lui reprochent parfois partialité, mauvaise foi, voire malhonnêteté. Parmi les conflits les plus médiatisés, on notera en particulier :
Guillaume Paugam donne d'autres raisons à sa déprogrammation : une « émission pas assez vivante, son format vieillot, sa formule dépassée. Son indécente liberté de ton. » Dans le cadre d'une télévision qui se donne pour but de divertir, sa propre auto-critique serait « ennuyeuse ».
En , avec David Abiker et Judith Bernard, il crée le Big Bang Blog ; ce blog lui permet également d'exprimer des idées qui n'auraient pas leur place dans ses chroniques ou ses émissions de télévision, ainsi que de parler de « tout ce qui craque et tout ce qui résiste » dans le monde des médias.
Le , Daniel Schneidermann annonce sur le blog la mise en sommeil de ce dernier, pour se consacrer à @rrêt sur images, reprise sur Internet d'Arrêt sur images.
En réaction à la suppression de l'émission télévisée Arrêt sur Images et au regard du soutien de téléspectateurs, Daniel Schneidermann crée en , avec une partie de l'ancienne équipe rédactionnelle de l'émission, le site web @rrêt sur images dont l'objectif est de continuer la critique déjà portée par l'émission mais sur un support qu'il veut « totalement libre » : Internet. Le plan financier du site ne repose pas sur la combinaison entre accès gratuit et financement publicitaire, qu'il considère non viable, mais sur un abonnement payant. Daniel Schneidermann espère ainsi fidéliser les 180 000 signataires de la pétition contre la suppression de l'émission Arrêt sur images. Depuis , le site propose des émissions (sur un format de type plateau-débat) et du contenu réservé aux abonnés. Ce site revendiquait 28 000 abonnés en .
En 2021, Daniel Schneidermann transmet la propriété du site à son équipe de neuf salariés, qui en sont désormais seuls actionnaires à ses côtés. Cette initiative constitue un cas unique dans la presse française[réf. nécessaire]. La direction de la publication et la rédaction en chef sont tout d'abord confiées à Emmanuelle Walter. À la suite du départ de cette dernière en 2022, Loris Guémart est élu à ce poste, suivi fin 2024 par Robin Andraca.
En décembre 2022, il arrête de présenter l’émission historique,. Les journalistes Nassira El Moaddem et Paul Aveline lui succèdent. Il continue toutefois de rédiger ponctuellement articles et chroniques, et de présenter trois émissions intermittentes : Post Pop, consacrée à la relecture a posteriori d'oeuvres de la culture populaire (principalement des films), Sur La Planche, consacrée à la bande dessinée, et enfin Je vous ai laissé parler, entretien en tête à tête avec une personnalité.
À partir de 2023, il se consacre à la construction d'une plateforme d'abonnements communs pour différents médias indépendants en ligne, La Presse libre (Arrêt sur images, Next, Mediacités, Politis, Reflets, Rue 89). La mise en ligne de La Presse libre est prévue pour l'automne 2025.
Tout au long de l'existence d'Arrêt sur images, le travail de Daniel Schneidermann est critiqué par des personnalités des médias, et parfois des universitaires. Pour l'écrivain et auteur d'articles sur la philosophie Guillaume Paugam, Daniel Schneidermann est « un praticien contrarié : tout à la fois pourfendeur de la médiocrité médiatique et incorrigible zélateur de ses capacités propres à s’autoréguler ». Le journaliste se serait attiré « les foudres de ses pairs pour son intransigeance », tout à la fois « vanté pour sa ténacité et sa rigueur professionnelle puis dénoncé pour son obstination ».
Dans une chronique publiée dans Libération le , Daniel Schneidermann défend Frédéric Taddéï face aux accusations de Patrick Cohen, qui reprochait au premier son choix d'invités parfois controversés. Schneidermann accuse ainsi Cohen d'avoir établi « une liste des interdits, des proscrits, des bannis » sur le service public, ce qui va selon lui à l'encontre de sa mission première et de son éthique en tant que journaliste. Selon Schneidermann, les quatre noms cités par Cohen, celui de Tariq Ramadan, d'Alain Soral, de Dieudonné et de Marc-Édouard Nabe ont en commun d'être associés à des paroles « désagréables sur les juifs, Israël, ou le sionisme ». Patrick Cohen accusera par la suite Daniel Schneidermann d'avoir « nourri la haine antisémite » le visant en donnant du crédit à la thèse défendue par Dieudonné d'une « liste noire », thèse par ailleurs reprise en public lors d'un spectacle au sujet duquel le Parquet a par la suite ouvert une enquête pour incitation à la haine raciale. Cohen reproche également à Schneidermann le ton léger dans lequel sont décrits les invités de Frédéric Taddéï mentionnés dans sa chronique, et en particulier le terme « publiciste inclassable » utilisé pour qualifier Alain Soral,, et que Schneidermann qualifiera lui-même d'« absurde » dans une chronique publiée sur Arrêt sur Images revenant sur l'affaire.
Le , il compare le rôle d'animatrice incarné par Christine Kelly dans l'émission Face à l'info (CNews, propriété de Vincent Bolloré) à celui d'une « servante » d'Éric Zemmour, jugeant qu'elle ne remplit pas son rôle de « modératrice » des excès "racistes" du polémiste. Le mot « servante » provoque une certaine indignation sur les réseaux sociaux, où il est jugé à son tour « sexiste » et « raciste ». « J’entends ce genre de paroles racistes et misogynes depuis que je suis toute petite, ça ne me fait plus rien », réagit Christine Kelly,. En , il est critiqué à nouveau par Valeurs Actuelles pour avoir comparé Christine Kelly à Pépita, ex-animatrice de l’émission de divertissement Pyramide.
En , le député Louis Boyard est invité dans l'émission de Daniel Schneidermann. Il lui demande qu'un passage de son interview sur son passé de dealer soit coupé au montage. Sa demande est rejetée mais le député obtient du journaliste le réenregistrement de la séquence.
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».