Darshana (en sanskrit IAST : darśana ; devanāgarī : दर्शन) signifie vue, vision, aspect, en philosophie : méthode, point de vue doctrinal, école de pensée, système philosophique, doctrine de salut. Ainsi darshana désigne une école philosophico-religieuse,. Selon Halbfass, « les doctrines et systèmes présentés par les doxographies comme des darshana montrent des parallèles clairs et distincts avec ce que l’on nomme philosophie en occident. Ce sont des « visions du monde » systématisées et axées sur la théorie et elles excluent plus ou moins les matières de la pratique religieuse ». Dans la plupart des langues indiennes modernes, darshana est employé pour « philosophie ».
L'ensemble des six points de vue doctrinaux orthodoxes de l'hindouisme s'appelle : ṣaḍdarśana. En général, ils sont groupés par deux, par affinité: Nyāya et Vaiśeṣika, Sāṃkhya et Yoga, de même que Mīmāṃsā et Vedānta. Cette classification est relativement tardive. Au XIVe siècle, Mâdhava en décrivait 16, dont la grammaire et l'alchimie, dans sa doxographie : le Sarva-darshana-samgraha. Les principaux systèmes qui, selon le vedanta, ne sont pas orthodoxes (āstika) sont le Cārvāka, les Ājīvika, le Jaïnisme et le Bouddhisme. Selon le jainisme, seuls les matérialistes (Cārvāka) ne sont pas āstika au sens où ils ne croient pas en un au-delà. Le terme nāstika (non āstika) est par ailleurs l'un des synonymes de Cārvāka. Les darshana brahmaniques ne sont pas seulement philosophiques, mais aussi religieux, précisément parce qu'ils sont brahmaniques et visent à une connaissance salvatrice.
Le terme darśana a aussi une autre signification ; celle de la vision d'une image auspicieuse, c'est-à-dire de la vision de l'image d'un dieu de l'hindouisme ou de la statue de dieu dans la maison du croyant comme au temple. Dans ce sens, le darshana fait partie de la puja. C'est la vision de la murti.
Ce sont surtout les jainas et les advaitavedantins, qui prétendaient inclure et compléter les autres systèmes, qui ont composé de telles doxographies. Celles-ci décrivaient soit tous (sarva) les systèmes, soit six d'entre eux, le yoga et le vedanta étant souvent omis. « Un groupement de six (ou sept) darśana comportant le bouddhisme, le jaïnisme, le matérialisme, le Nyāya et le Vaiśeṣika, le Sāṃkhya, la Mīmāmsā, est bien plus fréquent que le complexe des six darśana « orthodoxes », en particulier chez les doxographes jaina, mais pas seulement chez eux. ». C’est notamment le cas de la doxographie de Haribhadra, l'une des plus anciennes qui nous soit parvenue.
Ces six points de vue doctrinaux orthodoxes de l'hindouisme constituent le système brahmanique de la Philosophie indienne, pour lequel le terme āstika prend le sens de « qui reconnaît l'autorité des Veda », bien que cette reconnaissance soit très relative pour certains de ces points de vue. Selon Michel Angot, « Le mot darśana n'a jamais été employé au sein de ces écoles quand elles étaient vivantes, et jamais non plus leurs adeptes ont pensé qu'il y en avait six ! Malheureusement, ce classement a été adopté par les maîtres indiens aux XIXe et XXe siècles et chacun disserte aujourd'hui sur eux. Le ṣaḍdarśana considéré comme Six Systems of Indian Philosophy (titre d'un ouvrage de Max Müller, 1900) hante les manuels consacrés à l'hindouisme : pourtant c'est un fait qui appartient à l'hindouisme contemporain et n'a aucune réalité ancienne ». Ces points de vue sont représentés par des écoles principales qui sont :