Nirodha (devanāgarī : निरोध ) est un terme sanskrit et pali qui signifie « cessation, extinction ». Il est utilisé dans le bouddhisme en tant que troisième Noble vérité, ainsi que dans l'hindouisme. Le yoga se définit, au deuxième verset des Yoga Sūtra de Patañjali, par référence à la signification de ce mot : « Yogaś citta vṛtti nirodhaḥ », « le yoga est la cessation de la fragmentation [fluctuation] mentale ».
Le mot sanskrit nirodha se construit sur la racine verbale RUDH- qui, portée au degré plein, devient RODH-. Cette racine se transforme, par adjonction d'un suffixe, la voyelle thématique -a, en un thème nominal de forme rodha- qui, dûment décliné, devient un nom d'action masculin apte à figurer dans une phrase.
Le mot nirodha se construit par ajout, au thème rodha-, d'un préfixe ni- indiquant que l'action du verbe RODH- s'effectue « en dessous, en dedans », à la base.
La racine RUDH- évoque le pouvoir « d'arrêter, ou d'empêcher, d'enchaîner, d'opprimer ».
Du thème rodha- vient un nom d'action masculin dont le sens est « enfermement, rétention », mais aussi « digue » et « blocus ».
Le nom masculin nirodha reprend le sens de « détention », de « restriction », d'« obstruction », et même d'« emprisonnement ».
Dans le cadre spécifique du yoga, Sattwikagraganya traduit nirodha par « contrôle ». Et Sadānanda Sarasvatī donne la traduction plus spécifique encore d'« empêchement » mais aussi de « prévention ».
La différence de sens entre rodha, plus général, et nirodha, plus spécifique, provient du préfixe ni- dont la valeur sémantique souligne que le nirodha est une action qui arrête et retient en posant ce qu'il arrête « dans » un enfermement, comme aussi « sous » sa domination qui littéralement soumet sans détruire ou supprimer.