Mudra

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Pour l'école de danse fondée par Maurice Béjart, voir École Mudra.

Trois sâdhus effectuant des mudras (Katmandou. Durbar square, Népal).

Mudrā est un terme sanskrit (devanāgarī : मुद्रा, pali : muddā) signifiant « sceau, signe, geste (symbolique), rituel, », qui désigne une position codifiée et symbolique des mains d'une personne (danseur, yogi, pratiquant du bouddhisme) ou de la représentation artistique (peinture, sculpture) d'un personnage ou d'une divinité. L'origine des mudrā est très ancienne et se rattache à la culture védique.

Hindouisme

Il existe un nombre important de mudrā, exécutées avec une seule main ou les deux, leur utilisation correspondant à l'expression d'un sentiment ou d'une action déterminée. On trouve une combinaison de différentes mudrā permettant de très nombreuses expressions, en particulier dans la danse indienne. Dans l'hindouisme, la mudrā est une position codifiée et symbolique des mains d'une personne :

Jñana mudrā.

Iconographie

Utilisation de mudrā en bharata natyam (danse classique indienne).

Pour les divinités, les gestes les plus fréquents sont l'abhaya-mudrā (Voir plus bas la section « Bouddhisme ») et la varada-mudrā (la paume en haut et les doigts pointant vers le bas, le bras étant baissé). Dans la dénomination d’une mudrā, le mot « hasta » est parfois ajouté, voire substitué, à « mudrā ». Ainsi on peut aussi bien dire abhayamudrā, abhayahasta ou encore abhayahastamudrā. Les explications à ce sujet divergent fortement et ne sont jamais suivies.

La manière dont une main tient un attribut est aussi souvent une mudrā, comme la kartari-mudrā ou kartari-hasta, où l’index et le majeur forment un V vers le haut pour tenir un attribut. Souvent aussi, par exemple dans la danse, l’objet tenu n’est pas représenté (ou pas physiquement présent), si bien qu'il peut y avoir des discussions pour savoir quel est l'objet absent et quelle est l’intention iconographique; c'est le cas du kaṭaka-hasta déjà mentionné ou « geste du bracelet » , où le majeur et l’annulaire forment un cercle avec le pouce, tandis que les deux autres doigts, légèrement relevés, forment comme les oreilles d’une tête de lion symbolisée par le poing — d’où l’autre nom de cette mudrā : siṃhakarṇa (oreilles de lion). Parfois même un objet — une fleur fraîche pour une représentation de Lakshmi ou Parvati, ou une représentation en métal précieux de l’attribut — est déposé au creux des doigts formant un bracelet, comme l’arc de Rāma.

On trouve des mudrā typiques de certains personnages. Par exemple, dans les représentations de Shiva dansant (Nataraja), l’un des bras du dieu est placé en diagonale devant sa poitrine, les doigts de la main réunis pointant vers son pied. Cette mudrā est nommée gaja-hasta « main de l’éléphant », le bras et la main formant comme une trompe d’éléphant (parfois aussi appelée daṇḍa-hasta, dola-hasta ou kari-hasta) « qui indique que le dévot doit chercher refuge et protection dans son pied levé ». Une autre mudrā de cette représentation est appelée ardha-chandra (demi-lune), le bras levé, la paume vers le haut, formant avec les doigts un croissant de lune et recueillant un feu.

Souvent, la main gauche repose sur la hanche (kaṭyavalaṃbita-hasta).

Quelques mudras

  • Tarjanī-hasta (ou tarjanī-mudrā) : Dans ce geste de la main, l’index pointe vers le haut de manière menaçante. Certains le nomment aussi sūci-mudrā, la mudrā de l’aiguille, bien que celle-ci pointe plutôt , selon Rao, vers le bas.
  • Vismaya-hasta : Ce geste dénotant l’étonnement ou l’admiration est montré par la main levée, les doigts écartés, la paume vers l’intérieur. Ce geste est fréquent dans l’art Pallava.
  • La dhyana-mudrā, décrite plus bas pour le bouddhisme, est souvent nommée yoga-mudrā dans les représentations hindoues.
  • Il est fréquent que les déesses laissent un des bras balancer gracieusement le long du corps, c’est le lola-hasta.
  • La vyākhyāna-mudrā est aussi appelée vitarkamudrā (voir plus bas la section « Bouddhisme »), jñānamudrā ou cinmudrā. Selon certaines sources, ces deux dernières dénominations désignent ce geste avec la paume dirigée vers le cœur, tandis que dans les premières elle est tournée vers à l’observateur. Mais il n’y a pas de consensus.

Galerie hindouisme

Bouddhisme

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Généralités

Deux mudrā de Vairocana.

Dans le bouddhisme, le mudrā peut, au-delà des nombreuses traditions et de leurs différences, être considéré dans un double sens. D'une part, ii s'agit de signes qui symbolisent l'aspect métaphysique des cérémonies ésotériques; d'autre part, il s'agit — en particulier dans le domaine de l'iconographie — d'élément qui évoquent des épisodes des épisodes du bouddhisme ou qui permettent d'identifier des personnages et des divinités. Le premier groupe relève des rituels et donc des cérémonies religieuses, où ils sont exécutés par le ou les officiants, souvent de manière imperceptible pour l'assistance. La plus grande partie des mudrā relèvent de cette catégorie. Ainsi, le manuel Si-Do-In-Dzou décrit brièvement et illustre 390 mudrā (avec cependant un certain nombre de répétitions) du bouddhisme Shingon.

Dans l'art bouddhique, la multiplication des représentations peintes ou sculptées de bouddhas, bodhisattvas et yidams a conduit à la création de nombreux mudrā. Si le premier sûtra qui semble avoir recensé de telles formes, au VIe siècle, n'en mentionne que seize, à peine un siècle plus tard, un autre sutra en liste plus de trois cents. Toutefois, nombre de ces mudrā concernent des divinités secondaires, si bien qu'en réalité que les mudrā importants pour l'iconographie sont au nombre d'une quinzaine (avec, pour certains, quelques variantes). Saunders analyse ainsi dans son ouvrage huit formes importantes et six secondaires, à quoi s'ajoutent les postures et les trônes.

Canons de la sculpture bouddhique

L'enseignement originel du Bouddha excluait formellement une idolâtrie qu'aurait pu entraîner la dévotion à des images le représentant. Cette exigence fut peu à peu contournée à partir du Ier siècle par le courant Mahāyāna (« Grand Véhicule) » qui arguait que les représentations proposées aux fidèles ne devaient être qu'une image symbolique, impersonnelle et propice à la méditation. Comme il n'existait aucun portrait nature du Bouddha, les artistes furent réduits à produire des représentations idéalisées, fondées sur les indications trouvées par des textes anciens. Un ensemble de caractéristiques fixes s'est alors progressivement imposés, qui ne variera plus beaucoup au cours des siècles.

Trois postures principales du corps sont représentées dans la statuaire :

Quelques mudrā dans la sculpture bouddhique

Affiche figurant différents mudra et postures du Bouddha. Musée national de Ramkhamhaeng à Sukhothaï (Thaïlande). Remarquer les postures en lotus et celles debout.

Afin d'illustrer différents enseignements et épisodes de la vie de Bouddha, certaines mudrâs récurrentes sont représentées dans la statuaire, en nombre limité et plus ou moins fréquemment :

Galerie bouddhisme

Dans la fiction

Notes et références

  1. ↑ « mudrā » in Gérard Huet, The Sanskrit Heritage Dictionary. [lire en ligne (page consultée le 4 février 2021)]
  2. ↑ Saunders 1985, p. 199, note 1
  3. ↑ N. Ramacandra Bhatt : La religion de Śiva, 2000, p. 244, Ed. Āgamāt, (ISBN 2911166094)
  4. ↑ B.M. Sullivan, The A to Z of Hinduism, Vision Books, (ISBN 8-170-94521-6) p. 137-138
  5. 1 2 Tara Michaël 1985, p. XXVI
  6. ↑ Tara Michaël 1985, p. XXIII
  7. ↑ Gösta Liebert, Iconographic Dictionary of the Indian Religions. Hinduism-Buddhism-Jainism, Leyde, Brill, 1976, 377 p. (ISBN 978-9-004-04545-3) p. 182
  8. 1 2 3 (en) T.A. Gopinatha Rao, Elements of Hindu Iconography, vol. I - Part I, Madras, 1914, p. 15. [lire en ligne (page consultée le 23 décembre 2024)]
  9. ↑ C. Sivaramamurti (éd. revue par Amina Okada et Thierry Zéphyr), L'art en Inde, Paris, Citadelle et Mazenod, 1999 [1974], 576 p. (ISBN 2-850-88073-6) p. 111(??)
  10. ↑ Ou encore bodhyaṅgī-, sandarśaṇa- et upadeśa-mudrā, selon G. Liebert, 1976.
  11. ↑ Stutley, Margaret (2003), The Illustrated Dictionary of Hindu Iconography, New Delhi, Munshiram Manoharlal Publishers Pvt. Ltd., 2003 [Routledge & Kegan, 1985] (ISBN 8-121-51087-2) p. 60
  12. 1 2 Saunders 1985, p. 3
  13. ↑ Saunders 1985, p. xi - xii; 3
  14. ↑ Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, édition augmentée, Paris, Seuil, , 960 p. (ISBN 2020822733), P. 390
  15. ↑ (en) Robert E. Buswell Jr. et Donald S. Lopez Jr., The Princeton Dictionary of Buddhism, Princeton and Oxford, Princeton University press, , 1265 p. (ISBN 978-0-691-15786-3 et 0-691-15786-3), p. 257
  16. ↑ Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, Paris, Seuil, , 950 p. (ISBN 978-2-020-82273-2), p. 117; 677; 858; 908
  17. ↑ Frédéric 2001, p. 36-37
  18. ↑ Ho Phra Keo, Laos

Voir aussi

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Bibliographie

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Sources

  • Horiou TOKI (d'après le commentaire de M. Horiou Toki [DOGI Hōryū], supérieur du temple de Mitani-dji ; traduit du japonais, sous sa direction, par S. Kawamoura, avec introduction et annotations par L. de Milloué, conservateur du Musée Guimet), SI-DO-IN-DZOU. Gestes de l'officiant dans les cérémonies mystiques des sectes Tendaï et Singon /, Paris, Ernest Leroux, , xix + 234 p. (lire en ligne)
    « Une étude remarquable des mudrā gestuels du bouddhisme tantrique japonais (Mikkyō) » (Cornu, Dictionnaire... 2006, p. 391 - Réf. complète ci-dessous.)

Études

Dictionnaires

Articles connexes

Liens externes