
Mudrā est un terme sanskrit (devanāgarī : मुद्रा, pali : muddā) signifiant « sceau, signe, geste (symbolique), rituel, », qui désigne une position codifiée et symbolique des mains d'une personne (danseur, yogi, pratiquant du bouddhisme) ou de la représentation artistique (peinture, sculpture) d'un personnage ou d'une divinité. L'origine des mudrā est très ancienne et se rattache à la culture védique.
Il existe un nombre important de mudrā, exécutées avec une seule main ou les deux, leur utilisation correspondant à l'expression d'un sentiment ou d'une action déterminée. On trouve une combinaison de différentes mudrā permettant de très nombreuses expressions, en particulier dans la danse indienne. Dans l'hindouisme, la mudrā est une position codifiée et symbolique des mains d'une personne :


Pour les divinités, les gestes les plus fréquents sont l'abhaya-mudrā (Voir plus bas la section « Bouddhisme ») et la varada-mudrā (la paume en haut et les doigts pointant vers le bas, le bras étant baissé). Dans la dénomination d’une mudrā, le mot « hasta » est parfois ajouté, voire substitué, à « mudrā ». Ainsi on peut aussi bien dire abhayamudrā, abhayahasta ou encore abhayahastamudrā. Les explications à ce sujet divergent fortement et ne sont jamais suivies.
La manière dont une main tient un attribut est aussi souvent une mudrā, comme la kartari-mudrā ou kartari-hasta, où l’index et le majeur forment un V vers le haut pour tenir un attribut. Souvent aussi, par exemple dans la danse, l’objet tenu n’est pas représenté (ou pas physiquement présent), si bien qu'il peut y avoir des discussions pour savoir quel est l'objet absent et quelle est l’intention iconographique; c'est le cas du kaṭaka-hasta déjà mentionné ou « geste du bracelet » , où le majeur et l’annulaire forment un cercle avec le pouce, tandis que les deux autres doigts, légèrement relevés, forment comme les oreilles d’une tête de lion symbolisée par le poing — d’où l’autre nom de cette mudrā : siṃhakarṇa (oreilles de lion). Parfois même un objet — une fleur fraîche pour une représentation de Lakshmi ou Parvati, ou une représentation en métal précieux de l’attribut — est déposé au creux des doigts formant un bracelet, comme l’arc de Rāma.
On trouve des mudrā typiques de certains personnages. Par exemple, dans les représentations de Shiva dansant (Nataraja), l’un des bras du dieu est placé en diagonale devant sa poitrine, les doigts de la main réunis pointant vers son pied. Cette mudrā est nommée gaja-hasta « main de l’éléphant », le bras et la main formant comme une trompe d’éléphant (parfois aussi appelée daṇḍa-hasta, dola-hasta ou kari-hasta) « qui indique que le dévot doit chercher refuge et protection dans son pied levé ». Une autre mudrā de cette représentation est appelée ardha-chandra (demi-lune), le bras levé, la paume vers le haut, formant avec les doigts un croissant de lune et recueillant un feu.
Souvent, la main gauche repose sur la hanche (kaṭyavalaṃbita-hasta).
Dans le bouddhisme, le mudrā peut, au-delà des nombreuses traditions et de leurs différences, être considéré dans un double sens. D'une part, ii s'agit de signes qui symbolisent l'aspect métaphysique des cérémonies ésotériques; d'autre part, il s'agit — en particulier dans le domaine de l'iconographie — d'élément qui évoquent des épisodes des épisodes du bouddhisme ou qui permettent d'identifier des personnages et des divinités. Le premier groupe relève des rituels et donc des cérémonies religieuses, où ils sont exécutés par le ou les officiants, souvent de manière imperceptible pour l'assistance. La plus grande partie des mudrā relèvent de cette catégorie. Ainsi, le manuel Si-Do-In-Dzou décrit brièvement et illustre 390 mudrā (avec cependant un certain nombre de répétitions) du bouddhisme Shingon.
Dans l'art bouddhique, la multiplication des représentations peintes ou sculptées de bouddhas, bodhisattvas et yidams a conduit à la création de nombreux mudrā. Si le premier sûtra qui semble avoir recensé de telles formes, au VIe siècle, n'en mentionne que seize, à peine un siècle plus tard, un autre sutra en liste plus de trois cents. Toutefois, nombre de ces mudrā concernent des divinités secondaires, si bien qu'en réalité que les mudrā importants pour l'iconographie sont au nombre d'une quinzaine (avec, pour certains, quelques variantes). Saunders analyse ainsi dans son ouvrage huit formes importantes et six secondaires, à quoi s'ajoutent les postures et les trônes.
L'enseignement originel du Bouddha excluait formellement une idolâtrie qu'aurait pu entraîner la dévotion à des images le représentant. Cette exigence fut peu à peu contournée à partir du Ier siècle par le courant Mahāyāna (« Grand Véhicule) » qui arguait que les représentations proposées aux fidèles ne devaient être qu'une image symbolique, impersonnelle et propice à la méditation. Comme il n'existait aucun portrait nature du Bouddha, les artistes furent réduits à produire des représentations idéalisées, fondées sur les indications trouvées par des textes anciens. Un ensemble de caractéristiques fixes s'est alors progressivement imposés, qui ne variera plus beaucoup au cours des siècles.
Trois postures principales du corps sont représentées dans la statuaire :

Afin d'illustrer différents enseignements et épisodes de la vie de Bouddha, certaines mudrâs récurrentes sont représentées dans la statuaire, en nombre limité et plus ou moins fréquemment :
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