Dinophyta

Dinophyta · Dinoflagellés, Dinophytes, Péridiniens

Dinophyta
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Classification
Règne Chromista
Sous-règne Harosa (SAR)
Infra-règne Alveolata
Embranchement Miozoa
Sous-embr. Myzozoa
Infra-embr. Dinozoa

Super-classe

Dinoflagellata
Bütschli, 1885 sensu Gomez 2012,,

Taxons de rang inférieur

Position phylogénétique

Groupe frère : Apicomplexa

Les Dinoflagellés (Dinoflagellata), encore appelés Dinophytes ou Péridiniens, sont une super-classe d'organismes eucaryotes unicellulaires. Ce sont des microorganismes aquatiques (marins ou dulçaquicoles). Ils sont très diversifiés, en particulier par leurs comportements alimentaires. Certains sont hétérotrophes, d'autres sont mixotrophes et d'autres encore sont des organismes photosynthétiques qui sont donc assimilés à des algues unicellulaires, en majorité biflagellées. Environ 50 % des dinoflagellés sont hétérotrophes. Ils sont, comme leur nom l'indique, dotés de flagelles, mais certains sont « benthiques » et vivent en épiphytes sur des macroalgues ou encore dans les interstices des substrats sableux (tout en pouvant migrer verticalement pour se reproduire).

Ces microorganismes jouent un rôle trophique majeur, en particulier les protistes hétérotrophes herbivores, qui régulent les populations de microalgues et qui, en mangeant ce phytoplancton, en transfèrent les nutriments (mais aussi certains polluants qu'ils peuvent éventuellement bioconcentrer) vers les niveaux trophiques supérieurs (métazoaires, puis poissons, mammifères marins…).

Les études moléculaires montrent que les dinoflagellés ont un ancêtre commun dont on tente encore de savoir s'il était photosynthétique ou non. Pour cela, on étudie les gènes plastidiaux importés dans le génome nucléaire à la suite d'endosymbioses. On sait aussi grâce à ces études génétiques que plusieurs lignées hétérotrophes sont apparues très tôt au cours de l’évolution .

Ce groupe est encore assez mal connu. On a récemment encore en Bretagne — lors d'une étude des dinophyta du sédiment — trouvé plusieurs espèces jusqu'alors non décrites de Prorocentrum, Sinophysis ou Cabra.

Étymologie

Le mot Dinoflagellata viendrait du grec ancien δῖνος / dinos, « tournoiement », et du latin flagellum, « fouet », littéralement « flagelle tournoyant ».

Présentation du taxon

Ocelloïde chez un dinophyte (indiqué par la flèche la plus épaisse).
Dinophyta de l'Amour (fleuve) vu avec un microscope électronique. Mars 2020.

Chez beaucoup d'espèces, la cellule est protégée par une thèque constituée de plaques rigides de cellulose incrustée de silice.

Les flagelles reposent dans deux sillons superficiels : le transversal ou équatorial, appelé « cingulum », et le longitudinal, appelé « sulcus » (du latin cingulum, ceinture, et sulcus, sillon) .

Le sillon équatorial sépare la cellule en une partie supérieure (l’épisome) et une partie inférieure (l’hyposome). Si la cellule est de type « athéqué », alors la partie supérieure est l’épicone, et la partie inférieure l’hypocône. Si la cellule est de type « théqué », c'est-à-dire protégée par une thèque, ces deux parties sont appelées respectivement « épithèque » et « hypothèque ».

Certaines espèces ont un « appareil photosensible », et d’autres un véritable ocelle, qui servirait vraisemblablement à détecter les proies.

Nombreuses sont les espèces photosynthétiques. Mais la grande variété de chloroplastes témoigne de plusieurs endosymbioses secondaires. Il y a eu en effet, chez un ancêtre du groupe, une endosymbiose secondaire avec un eucaryote de la lignée rouge. Certains Dinoflagellés ont perdu cet endosymbiote, et parmi ceux-ci beaucoup sont restés hétérotrophes. Mais d’autres ont effectué une endosymbiose dite tertiaire avec des Straménopiles, des Cryptophytes ou d’autres Dinoflagellés.

Caractères propres au groupe

Écologie

Efflorescence algale de Dinoflagellés à La Jolla (Californie)

Les Dinoflagellés font partie du plancton d’eaux douces et surtout des eaux marines. Certaines espèces sont aussi retrouvées dans la neige. D’autres espèces, les Zooxanthelles, vivent en symbiose avec des protistes ou des Invertébrés marins (éponges, Coraux, Vers plats, Mollusques, Crustacés). Les espèces chlorophylliennes effectuent la photosynthèse grâce à des plastes. Les espèces non pigmentées se nourrissent de plancton. Il existe des formes bioluminescentes comme Noctiluca qui utilise une enzyme, la luciférase, et un substrat, la luciférine. L’accumulation de Noctiluca miliaris et Noctiluca scintillans entraîne des efflorescences et des phénomènes de marées rouges dans certaines conditions.

Dinoflagellés et phycotoxines

Certaines espèces planctoniques, essentiellement des Dinoflagellés et des Diatomées, peuvent sécréter des phycotoxines (des toxines algales) dans certaines circonstances mal connues, en particulier à l'occasion des multiplications soudaines (on parle alors d'efflorescences localisées, bloom en anglais). Ces toxines seraient un moyen de protection et de limitation de la prédation par les phytophages (zooplancton, coquillages filtreurs).

Ces toxines provoquent différents troubles, base de la classification :

La production et la pêche des coquillages comestibles sont, dans la plupart des pays, placées sous le contrôle d'une autorité chargée de la surveillance des eaux marines et des coquillages produits, afin de garantir l'innocuité des denrées.

Cependant, la plupart des espèces de Dinoflagellés ne sont pas toxiques et sont à la base de la nutrition de nombreuses espèces : zooplancton, poissons.

Génomique

Les études génétiques ont essentiellement concerné des dinoflagellés photosynthétiques. Crypthecodinium cohnii est le premier dinoflagellé hétérotrophe ayant fait l'objet d'une étude génomique

Étant donné la taille de leur génome le séquençage s'avère particulièrement coûteux. Seuls les génomes de Symbiodinium microadriaticum, Symbiodinium minutum et Symbiodinium kawagutii, des symbiotes des coraux, ont été séquencés en 2016 et leur taille est entre 1 et 5 Gb.

Paléontologie

Les plus anciens restes fossiles incontestables de Dinoflagellés datent du Trias (~250 Ma). Une forme présumée, datée du Silurien (420 Ma), Arpylorus sp., serait plutôt une structure de stockage produite par un arthropode. Certaines thèques fossiles pouvant avoir appartenu à des Dinoflagellés primitifs existent dans le Cambrien inférieur (-540 Ma).

Phylogénie

Liste des ordres de Dinoflagellata selon World Register of Marine Species () : …

Liste de Dinoflagellés communs (2 200 espèces connues) :

Notes et références

  1. ↑ Gómez F, « A checklist and classification of living dinoflagellates (Dinoflagellata, Alveolata) », CICIMAR Oceánides, vol. 27, no 1,‎ , p. 65–140 (DOI 10.37543/oceanides.v27i1.111 Accès libre).
  2. ↑ Ruggiero et al., « Higher Level Classification of All Living Organisms », PLOS ONE, vol. 10, no 4,‎ , e0119248 (PMID 25923521, PMCID 4418965, DOI 10.1371/journal.pone.0119248 Accès libre, Bibcode 2015PLoSO..1019248R).
  3. ↑ Silar, Philippe, « Protistes Eucaryotes: Origine, Evolution et Biologie des Microbes Eucaryotes », HAL Archives-ouvertes,‎ , p. 1–462 (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
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  5. ↑ Nicolas Chomérat et Elisabeth Nézan, « Diversité des dinoflagellés benthiques en Sud Bretagne » [PDF], sur Plancton du monde (consulté le ).
  6. ↑ (en) John D. Wehr, Robert Sheath et Patrick Kociolek, Freshwater algae of North America: ecology and classification, Elsevier, (ISBN 978-0-12-385876-4), p. 773.
  7. ↑ Aurélie Boisnoir, Les dinoflagellés benthiques de Guadeloupe et Martinique : distribution et rôle trophique pour la méiofaune (thèse de doctorat en Physiologie et biologie des organismes), Pointe à Pitre, Université des Antilles, , 179 p. (lire en ligne).
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  10. ↑ Guide d'information sur les phycotoxines: complexe des toxines lipophiles : diarrhéiques (DSP) et associées / Zouher Amzil, janvier 2006 - Document Pdf, 543 ko, section 1.4 « Activité toxique », page 5, disponible sur le site Environnement de l'Ifremer, dans la partie Publications (voir section Phytoplancton et Phycotoxines)
  11. ↑ Affaires Maritimes et Services Vétérinaires en France, avec l'appui technique de l'IFREMER, par exemple, ou encore la FDA (Food and Drug Administration) aux États-Unis d’Amérique.
  12. ↑ Article publié dans la revue Protist par l’équipe du Pr Sanchez-Puerta (Département de Biologie Cellulaire et Génétique Moléculaire, Université du Maryland, États-Unis)
  13. ↑ (en) M. Aranda, Y. Li, Y. J. Liew et S. Baumgarten, « Genomes of coral dinoflagellate symbionts highlight evolutionary adaptations conducive to a symbiotic lifestyle », Scientific Reports, vol. 6, no 1,‎ (ISSN 2045-2322, PMID 28004835, PMCID PMC5177918, DOI 10.1038/srep39734, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ Alain Hérissé, Edwige Masure, Emmanuelle Javaux et Craig Marshall, « The end of a myth: Arpylorus antiquus paleozoic dinoflagellate cyst. », PALAIOS, vol. 27,‎ , p.414-423 (DOI 10.2307/41692717, lire en ligne).
  15. ↑ World Register of Marine Species, consulté le .

Voir aussi

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Articles connexes

Références taxinomiques

Bibliographie

Liens externes