La famille du Chambge est une famille originaire de Picardie, venue s'établir à Tournai, où elle prospère. Elle gagne ensuite la Flandre wallonne et plus particulièrement la ville de Lille où elle s'intègre aux notables, son appartenance à la noblesse y est confortée. La destinée de ses membres peut être suivie jusqu'au XIXe siècle, où la lignée disparait.
La famille du Chambge a pour blason « D'argent au chevron de gueules, accompagné en chef de deux merlettes de sable et en pointe d'un trèfle de sinople ».
Couronne de baron.
La devise familiale était fondée sur un jeu de mots « Pour un mieux Du Chambge ».
Ces armoiries ont été adoptées par le village de Noyelles-lès-Seclin.
La famille du Chambge est une des plus anciennes de la ville de Tournai et tient un rang distingué parmi la noblesse de Flandre.
Dite issue de la seigneurie du Cange ou du Chambge située en Picardie, la lignée qui porte le nom de cette possession est illustrée par Charles du Fresne du Cange, auteur d'un Glossaire latin, souvent estimé comme représentant le mieux le latin médiéval.
Un membre de la famille vient s'installer à Tournai, au XVIe siècle. Il est procureur général de la ville. Les du Chambge font ainsi partie dès leur implantation des notabilités de la ville, où ils occupent des fonctions remarquées, et/ou épousent des membres du magistrat de la ville : le fils du premier du Chambge tournaisien est bourgeois puis échevin de la ville.
Plusieurs branches se développent et prospèrent à Tournai occupant des fonctions de confiance au service de la ville ou de grands seigneurs locaux : receveur des finances, bailli, .... « La famille du Chambge est l'une des plus anciennes familles de Tournai tenant rang distingué parmi la noblesse de Flandre. Cette famille s'est de tout temps distinguée par sa fidélité envers ses souverains et par les places qu’elle a remplies, soit dans l’épée, soit dans la magistrature. Elle a fourni plusieurs officiers au service d’Espagne et de France et trois premiers présidents de la chambre des comptes, bureau des finances, grands baillis et chefs de la cour féodale de Hainaut ».
Quelques-uns relevant des familles tournaisiennes embrassent la vie religieuse et sont prêtres, chanoines.
À Tournai, au XVIIe siècle, la « richissime et influente famille du Chambge » est alliée aux notables de la ville.
Néanmoins, les rameaux tournaisiens ne vont pas avoir le développement et la réussite sociale de la branche lilloise. Elles ne durent guère au delà du XVIIe siècle.
Lors du même siècle, un descendant vient en effet s'installer à Lille. La branche lilloise va générer les membres les plus brillants de la famille : elle va compter deux généraux, et un député de la noblesse aux États généraux de 1789.
Ces du Chambge accumulent les richesses et, comme nombre de personnes non nobles ayant réussi, acquièrent des fiefs qui leur donnent le titre de seigneur. Dès le XVIIe siècle, néanmoins, un premier du Chambge est anobli et la famille passe dans la classe supérieure de la société. Elle relève de la noblesse de robe et de la noblesse de cloche.
Les du Chambge lillois intègrent rapidement les instances dirigeantes de la ville, ainsi qu'ils l'avaient fait et continuent de le faire en la voisine Belgique : ils sont retrouvés bourgeois de Lille, échevin de Lille, membres de la noblesse, trésorier de France, conseiller du roi, premier président du bureau des finances et domaines de la généralité de Lille, membres de la Chambre des comptes de Lille, administrateur au service du roi d'Espagne aux XVIIe – XVIIIe siècles dans la châtellenie d'Audenarde, ... Quelques-uns deviennent membres du clergé ou intègrent des abbayes ou monastères.
Aux XVIIIe – XIXe siècles, on retrouve des du Chambge en Belgique (Bruges), au service de l'Espagne, et jusqu'en Martinique.
Plusieurs du Chambge embrassent une carrière militaire et sont faits chevalier de Saint-Louis avant la Révolution française ou après celle-ci lors de la Restauration.
Au moment de la Révolution française, nombre d'entre eux émigrent, voire servent dans l'armée des émigrés, combattant la France républicaine.
Au fil du temps, la lignée se décline en plusieurs branches portant le plus souvent le nom de leurs possessions antérieures à 1789 : du Chambge d'Elbecq, du Chambge de Liessart (sur Béclers), du Chambge de Noyelles (Noyelles-lès-Seclin).
Les implantations à Liessart et à Noyelles-lès-Seclin vont être les plus durables.
La lignée s'éteint toutefois au XIXe siècle, faute de descendants masculins.
La famille du Chambge a noué des alliances avec de nombreuses familles ou maisons anciennes ou illustres telles que celles de Grimaldi, de Sparre, Costa, du Chastel de la Howarderie, d'Assignies, famille de Tenremonde, famille d'Hodicq de Courteville, etc., ce qui lui a donné des parentés avec de grandes lignées de Wavrin, de Béthune, de Lannoy, de Haynin, etc..
Cette branche s'intègre rapidement aux sommités de Tournai en intégrant le magistrat (élite dirigeante) de la ville et s'éteint au XVIIe siècle.
Issue de Jehan Ier, la branche disparait au début du XVIIIe siècle
Également née de Jehan Ier, la branche s'arrête au XVIIIe siècle.
Les du Chambge s'implantent progressivement sur Lille. Un premier membre y vient mais garde les liens avec Tournai. Il faut attendre le XVIIe siècle pour que cette installation devienne définitive.
Le fief d'Elbhecq entre dans la famille au XVIIIe siècle.
Le rameau des du Chambge d'Elbhecq disparait ainsi au cours du XIXe siècle.
Le rameau prend fin au XIXe siècle. Le fief entre dans la famille à la suite du mariage d'une fille du Chambge avec le détenteur de la terre.
La branche s'éteint avec ces derniers membres.
Cette branche s'éteint au XIXe siècle.
Au cours de ce même XIXe siècle, les du Chambge de Liessart ont tenté d'obtenir que l'orthographe de leur nom inscrit « Duchambge » sur des actes d'état-civil soit rectifié en « du Chambge », que leur nom soit bien enregistré « du Chambge de Liessart », que la qualité de « chevalier » leur soit reconnue. Les juges leur donnent satisfaction uniquement sur les modalités d'écriture du nom du Chambge. Tant en première instance qu'en appel, leurs autres demandes sont deboutées (Cour d'appel de Douai, jugement du ).
Dès le début du XVIIe siècle, le fief de Liessart entre dans la famille cf. Séraphin Ier ci-dessus. Les premiers détenteurs habitent Tournai puis Lille. La souche dite de Liessart n'est inscrite comme telle qu'à partir de Charles-Eubert au XVIIIe siècle.