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Yusif Sayigh Taufīq Ṣāyiġ (en) Anis Sayigh (en) |
Fayez Sayegh (فايز صايغ, 1922–1980) est un diplomate, universitaire et professeur arabo-américain. En tant qu’universitaire, il a développé des analyses sur l’opposition palestinienne au sionisme.
Sayegh nait en 1922 à Kharaba (en), dans le sud de la Syrie sous domination française, où son père était prêtre presbytérien. Il est l’un des six fils d’Abdoullah Sayigh et Afifa Batruni, dont Yusif Sayigh, Anis Sayigh (en) et Tawfiq Sayigh (en). Il avait aussi une sœur, Mary. Son père était syrien et sa mère palestinienne née à al-Bassa.
Encore enfant, Sayegh et sa famille s’installent à Tibériade ; il va à l’école à Safed. Il obtient un bachelor's degree en 1941 et son master en 1945, les deux à l’université américaine de Beyrouth. En 1949, il est reçoit un Ph.D. en philosophie et sciences politiques à l’université de Georgetown,.
Sayegh, rejoint ensuite par ses frères, adhère au Parti social nationaliste syrien en 1943. Il est exclu du parti après le retour d'Antoun Saadé au Liban en 1947, après son exil. Après avoir obtenu son Ph.D., Sayegh travaille à l’ambassade libanaise à Washington DC et aux Nations unies. Il enseigne dans plusieurs universités, dont Yale, Stanford, le Macalester College, à l’université américaine de Beyrouth et à Oxford.
Sayegh crée le Centre de recherches de la Palestine (CRP) à Beyrouth en 1965 dont il est le directeur-général un an,. Le CRP publie son étude historiqueZionist Colonialism in Palestine [Le Colonialisme sioniste en Palestine] en 1965. Son frère Anis lui succède à la tête du CRP en 1966,.
Sayegh joue un rôle essentiel dans la création de Chou'oun Filastiniyya publié par le Centre de recherches de la Palestine à partir de 1971. Il est le principal contributeur de la Résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1975, selon laquelle le sionisme est une forme de racisme. Ce succès le fait devenir un des porte-paroles les plus visibles de la cause palestinienne.
Sayegh est invité plusieurs fois comme commentateur sur le conflit israélo-arabe à la télévision américaine.
Fayez Sayegh est l’un des premiers chercheurs à avoir analysé les effets négatifs du confessionnalisme au Liban : pour lui, les effets du confessionnalisme viennent de la vie populaire et de la conscience populaire, et pas des évènements historiques. Il estime qu’outre un changement politique, un changement social est nécessaire pour unifier les sociétés arabes.
Sayegh est l’un des premiers chercheurs à utiliser le concept du sionisme comme colonialisme de peuplement (en), en s'appuyant sur les exemples algérien et sud-africain et en menant une comparaison systématique avec les États-Unis , l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Bien qu'il soit un des fondateurs du champ des études palestiniennes et le créateur du concept du sionisme comme colonialisme de peuplement, il reste 40 fois moins cité que Patrick Wolfe sur ce sujet. Il écrit que les Palestiniens n‘accepteront jamais « une fraction de leurs droits dans une fraction de leur patrie » et définit les principes racistes du sionisme comme auto-ségrégation, exclusion et suprématie qui sont les composantes de la ségrégation et les caractéristiques essentielles de l’apartheid.
Il conteste les arguments d’Israël aux Nations unies selon lesquels les résolutions concernant les Territoires palestiniens occupés devaient prendre en compte les deux points de vue, car il n’y a que les territoires palestiniens qui sont occupés,. Il exprime de l’empathie pour tous ceux qui souffrent d’une occupation étrangère, agissant en ce sens auprès des Nations unies. Il rejette la notion d’exceptionalisme palestinien, soulignant les principes universels et l’importance de leur application cohérente.
Sayegh meurt à New York en 1980 et est enterré à Beyrouth.