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(à 81 ans) Hambourg (Allemagne) |
| Nom de naissance |
Ferdinand Heinrich Thieriot |
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| Élève |
Marie Soldat Roger, George Dima |
Ferdinand Heinrich Thieriot (né à Hambourg le – mort le à Hambourg) est un violoncelliste et compositeur allemand.
Ferdinand Heinrich Thieriot naît dans une vieille famille de marchands huguenote de Leipzig, dont les racines remontent à 1703. Son grand-père, Paul Emil Thieriot, était violoniste amateur, philologue et ami du poète Jean Paul. Son père, Theodor Heinrich Thieriot (né le à Leipzig), est installé à Hambourg depuis 1835. Ferdinand a cinq frères et sœurs.
Son grand-père encourage l'enfant à apprendre le piano et le violoncelle – avec Louis Lee –, mais les leçons de musique lui pèse. Son père l'imagine plutôt avoir une bonne compétence de marchand. C'est quand il aide celui-ci à quelques tâches subalternes qu'il comprend que la pratique instrumentale n'est pas si mauvaise après tout.
Thieriot étudie d'abord la composition avec Eduard Marxsen à Altona près de Hambourg, avec qui Brahms s'est formé pendant dix ans. Puis avec Carl Gottlieb Reißiger à Dresde, et plus tard avec l'un des plus grands pédagogues du temps, Josef Rheinberger à Munich pendant deux ans. Il se perfectionne au violoncelle avec Friedrich August Kummer à Dresde. En , il effectue un voyage à Paris où il assiste à un opéra de Giacomo Meyerbeer.
Après sa formation, il travaille à Hambourg, puis à Leipzig (1867) en tant que chef au théâtre à Ansbach, et de 1868 à 1870 à Glogau (aujourd'hui Głogów), en tant que chef de la Singakademie (académie de chant). Enfin comme directeur artistique du Musikverein de Styrie à Graz pendant quinze ans, dès . Il était en concurrence avec Heinrich von Herzogenberg, natif de Graz, qui était aussi un ami de Brahms et avec qui l'épouse, Elisabeth von Stockhausen, avait étudié le piano. La direction du Steiermark, après avoir pris l’opinion de Brahms à propos de Thieriot, a opté en sa faveur. À Graz, Thieriot est directeur artistique et en 1875-1876 Musikdirektor. Son mandat était clairement formulé avec des contraintes et autorisations préalables. Avec les nombreuses célébrités qui venaient jouer à Graz, il contribue à l'apogée de la vie musicale, notamment en jouant beaucoup Wagner.
Entre 1870 et 1877, en plus de sa charge, Thieriot enseigne l'harmonie à l'école de musique. Parmi ses élèves les plus réputés on trouve la violoniste Marie Soldat-Röger et le compositeur roumain George Dima. Après 1895, Thieriot travaille comme compositeur indépendant entre Leipzig et sa ville natale. Il est membre du conseil d'administration de la Bach Gesellschaft (1897).
En 1902, il reprend définitivement le chemin de Hambourg, où il vit jusqu'à sa mort. Il est président de la Hamburg Tonkünstlerverbandes et plus tard membre honoraire. Ont lieu dans la ville hanséatique de nombreuses représentations de ses œuvres par la Philharmonique de Hambourg et l'Académie de chant, sous la direction de ses principaux promoteurs et amis : Julius Spengel, Gustav Kogel et le chef Siegmund von Hausegger, ou bien au Gewandhaus de Leipzig. Ses œuvres reçoivent toujours de très bonnes critiques. Par exemple sa symphonie en ut dièse mineur le sous la direction de Julius Spengel : « Thieriot a finalement évolué à partir de sa modestie de longue date et peut maintenant être cité en compagnie de Brahms et de Bruckner ».
Comme violoncelliste, outre le concertiste, Thieriot était un partenaire convoité pour la musique de chambre. Il a participé aux quatuors Casper et Payne, avec Theodor Billroth, créant de nombreuses œuvres de Brahms (un ami de Billroth).
Ferdinand Thieriot meurt à Uhlenhorst, un quartier de la rive Est de l'Alster, le lac de Hambourg.
Le quasi-oubli de Thieriot s'explique en partie par ses choix (Graz, Hambourg ou Leipzig plutôt que Vienne) et la disparition des manuscrits à la fin de la guerre, échoués à Leningrad jusqu'en 1991. Vingt-neuf de ces manuscrits furent publiés depuis en Allemagne chez AlbisMusic, Renaissance Verlag à Haale, ou par Amadeus Verlag à Winterthour (Suisse).
En 1936, le musicologue Wilhelm Altman notait que Thieriot était à tort « parmi les compositeurs qui sont maintenant oubliés ». Jusqu'à aujourd'hui, il n'existe toujours pas d'études musicologiques systématiques de son œuvre symphonique.

Ferdinand Thieriot était selon l'opinion de Johannes Brahms – son ami depuis ses années d'adolescence – et le critique et compositeur hambourgeois Ferdinand Pfohl « l'un des compositeurs les plus respectés qui ont émergé de Hambourg ». De même le lauréat du prix Mozart, Arnold Krug, ainsi que Theodor Kirchner, qui tous deux travaillaient à Hambourg, reconnaissaient ne pas pouvoir atteindre la diversité de ses compositions. Le musicologue Hermann Kretzschmar a écrit sur Thieriot en 1895 : « ...une contribution à la musique romantique, dont l'insolite se caractérise par invention simple, naturelle, par la grâce, par l'ambiance gracieuse, noble et pur. Il écrit avec une parfaite maîtrise de la forme et de l'expression ».
Thieriot possédait le don d'un lyrisme légèrement ombragé et une grande inventivité mélodique. Son style peut se rapprocher de diverses tendances, allant à ses débuts de Mendelssohn, Spohr et Schumann ou Brahms à Bruckner (dernière des dix symphonies) et Verdi dans ses œuvres tardives. Il est le représentant musical le plus remarquable de la période Biedermeier.
La musique de chambre de Thieriot constitue la majeure partie de sa production et est jugée comme étant ses plus belles compositions. Il est connu pour avoir composé quatre trios avec piano (opus 14, 45, 47 et 90), 13 quatuors à cordes, dont deux seulement ont été publiés, 2 octuors (opus 78, pour 4 violons, 2 altos et 2 violoncelles et opus 62, pour 2 violons, alto, violoncelle, contrebasse, clarinette, cor et basson), un quatuor avec flûte (opus 84), un quintette pour piano et vents (opus 80), un quintette pour piano et quatuor à cordes (opus 20) et plusieurs sonates instrumentales. En plus de ce qui précède, plusieurs compositions en manuscrit attendent une publication.
