Le festival Mayi est une fête traditionnelle annuelle célébrée à Kribi, dans la région du Sud du Cameroun, par le peuple Batanga.
En 2026, le festival est à sa 110è édition.
Le festival Mayi est une manifestation culturelle, mémorielle et identitaire du peuple Batanga. Il s’inscrit dans une logique de commémoration historique et de valorisation du patrimoine immatériel.
Le terme « Mayi » renvoie à la mer, considérée comme un élément central dans l’organisation sociale, économique et spirituelle du peuple Batanga. Dans cette culture, l’eau constitue à la fois une ressource vitale et un espace sacré où se déroulent les rites majeurs.
Le festival poursuit plusieurs objectifs notamment la commémoration du retour des populations Batanga sur leurs terres ancestrales après leur déportation durant la Première Guerre mondiale, le 9 mai 1916,. Il veut assurer la transmission intergénérationnelle des traditions, renforcer la cohésion sociale et promouvoir le tourisme culturel.
Durant la Première Guerre mondiale, les populations Batanga furent prises dans les affrontements entre les forces coloniales allemandes et les troupes alliées. Elles furent contraintes à l’exil vers les régions du Sud-Ouest du Cameroun, notamment sur les flancs du mont Cameroun.
Ce déplacement forcé s’inscrit dans le contexte plus large de la colonisation allemande et des violences associées aux conflits coloniaux en Afrique centrale.
À la suite de la défaite allemande, les autorités franco-britanniques organisèrent le retour progressif des populations Batanga en 1916. Ce retour s’effectua en deux vagues principales, dont celle du 9 mai 1916, devenue la date symbolique du festival.
Ce retour est interprété comme un moment de renaissance collective après une période de souffrance et de déracinement.
Initialement simple commémoration, le festival s’est progressivement institutionnalisé pour devenir un événement culturel majeur au Cameroun, attirant un public national et international.
En 2026, le festival est à sa 110è édition. Le gouvernement Camérounais ambitionne d'inscrire ce festival au patrimoine culturel immatériel de l'humanité à l'Unesco.
Le festival est organisé par les autorités traditionnelles Batanga, notamment les chefferies, en collaboration avec les autorités administratives.
L’organisation repose sur des comités structurés chargés de la programmation, de la logistique et de la mobilisation communautaire.
Les préparatifs incluent des cérémonies rituelles, des hommages aux ancêtres et la mise en place d’éléments symboliques tels que la statue Itongo Mayi.
La veille du 9 mai est marquée par des processions, des retraites aux flambeaux et des visites de sites mémoriels, notamment les cimetières et lieux historiques.
Le 9 mai constitue le point culminant du festival avec des rituels en mer, des danses et chants traditionnels, des courses de pirogues et une baignade collective symbolisant purification et renaissance,.
La clôture est marquée par des cérémonies religieuses et communautaires mettant fin aux festivités.
Le festival comprend des performances artistiques, des rites initiatiques, des compétitions sportives, des expositions culturelles,.
Ces activités participent à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Le festival joue un rôle central dans la préservation de l’identité Batanga et la transmission des savoirs traditionnels.
Il constitue un lieu de mémoire lié à la déportation et au retour des Batanga, en lien avec des sites tels que le mémorial de la tragédie Batanga à Kribi.
Le festival contribue au développement du tourisme culturel et à l’économie locale grâce à l’afflux de visiteurs.