Forteresse de Mornas

Forteresse de Mornas
Image illustrative de l’article Forteresse de Mornas
La forteresse de Mornas
verrou de la vallée du Rhône sur son éperon rocheux.
Période ou style médiéval
Type forteresse
Début construction XIe siècle
Fin construction XIVe siècle
Propriétaire initial Comtes de Toulouse
Destination initiale contrôle de la vallée du Rhône
Protection Logo monument historique Inscrite MH (1927)
Coordonnées 44° 12′ 20″ nord, 4° 43′ 45″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Commune Mornas
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Forteresse de Mornas
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
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Forteresse de Mornas
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Forteresse de Mornas
Site web https://www.forteresse-mornas.fr/

La forteresse de Mornas, dans le département de Vaucluse, se dresse sur un éperon rocheux de la rive gauche du Rhône, dominant le village de Mornas, établi à son pied, et les environs. Elle eut une importance majeure de l'Antiquité à la Révolution française, à partir de laquelle elle tomba en ruine. Elle fut redécouverte dans le dernier tiers du XIXe siècle et fait depuis 1978 l'objet de nombreuses rénovations par les Amis de Mornas, association de conservation du patrimoine.

Localisation

La forteresse, perchée sur un escarpement rocheux sur la rive gauche du fleuve, se dresse au-dessus village de Mornas, dans le département français de Vaucluse. La forteresse est un verrou de la vallée du Rhône, sur laquelle elle offre un point d'observation naturel.

Historique

Antiquité

Carte des peuples celtes de Gaule.

L'histoire du rocher de Mornas est liée à celle du Rhône : il a pu servir de frontière dès les Gaulois, et permet de surveiller le fleuve ; la navigation évite à l'époque aux voyageurs de prendre les chemins dangereux.

La Marseille antique est à l'origine de cette nouvelle façon de gérer le sol : s'appuyer sur les eaux et les fleuves. Le Rhône est ainsi tronçonné en secteurs entre deux limites, fixées à l'endroit où l'affluent se jette dans le fleuve.

La bataille de Vindalium a lieu selon Tite-Live au pied de la ville d'Aéria. Les Gaulois salyens coalisés combattent les Romains, appelés par les Marseillais. Les Romains vainqueurs entourent le champ de bataille de tours où les armes des vaincus sont rassemblées,.

En 118, les Romains fondent la Provincia Romana : elle protège Massalia, et assure une liaison terrestre sécurisée vers l'Espagne, son or, son argent, son blé, son huile d'olive…

L'oppidum est démantelé, les citernes comblées, pour ne pas servir de point de rébellion contre les Romains. Ces derniers fondent Arausio (Orange), y fixent une légion. Ils tracent les nouveaux axes des quadrillages des terres, effaçant les anciennes bornes. La nouvelle organisation politique et administrative qui se met en place assure la paix et la prospérité pour quelques siècles.

Moyen Âge

Mornas est mentionné pour la première fois au IXe siècle (Rupea Morenata) et fut propriété de l'abbaye d'Aniane, de l'archevêché d'Arles puis des comtes de Toulouse. Un village se développe au pied de la falaise. Le site du castrum médiéval, mentionné en 1088, se fortifie en continuité avec l'oppidum antique. Les premières fortifications sont probablement construites en bois.

La forteresse est disputée par les comtes de Toulouse et les archevêques d'Arles, pour sa position stratégique. En 1209, pendant la croisade contre les albigeois, le comte Raymond VI de Toulouse est forcé de céder plusieurs de ses places fortes, dont Mornas, à l'Église. Mornas repasse sous le giron de l'archevêque d'Arles, est reprise par le comte de Toulouse, jusqu'au traité de Paris en 1229. Ce traité stiplue que toutes les possessions comtales à l'est du Rhône passaient sous l'autorité du roi de France, à l'exception du Comtat Venaissin, et, de facto, Mornas, qui appartient désormais au pape. Ce dernier confie l'administration du comté au roi de France jusqu'en 1274. Le pape Grégoire X reprend alors en main son administration. La forteresse est placée sous la tutelle des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ces derniers rétrocèdent la forteresse, coûteuse à entretenir, en 1305.

La place forte est l'objet d'importants travaux aux XIVe et XVIe siècles; elle joue un rôle important de défense lors de la guerre de Cent Ans, notamment contre les « compagnies » de routiers. Ces troubles cessent à la fin du XIVe siècle. L'accalmie dure jusqu'à la deuxième moitié du XVIe siècle et les Guerres de religion.

Guerres de religion

Négligée par l'Église, la forteresse, mal entretenue, tombe entre les mains des troupes protestantes en 1562, dirigées par Montbrun, lieutenant du baron des Adrets. Il fait jeter les réfugiés et la garnison du haut de la falaise. Les années suivantes, Mornas passe successivement aux mains des catholiques et des huguenots.

Les troubles cessent à la fin du XVIe siècle ; la forteresse perd son rôle défensif et tombe dans l'oubli et l'abandon.

De nos jours : restauration et tourisme

Les restes du château de Mornas sont inscrits au titre des monuments historiques le comme propriété de la commune.

La restauration de la forteresse est entreprise à partir de 1977, grâce à l'association des « Amis de Mornas ». De nombreuses animations et reconstitutions sont proposées pendant la période estivale,.

Description

La forteresse est bâtie sur un plateau rocheux de près de 200 m de long sur 70 m de large, dominant de 150 m le cours du Rhône. Elle est de forme plus ou moins trapézoïdale, dont le grand côté se trouve tourné vers l'ouest et le Rhône. Les différentes parties sont difficilement datables, du fait du style militaire assez uniforme relativement homogène employé dans la construction. Les courtines qui forment le parapet ne mesurent pas moins de deux kilomètres.

Partie nord

La partie nord est occupée par la forteresse, reconstruite au XIIe siècle, proprement dite : l'accès est protégé par une barbacane suivie d'une chicane, ouvrages pouvant être datés du XIVe siècle. Ce dispositif est complété par une casemate datant du XVe siècle.

L'intérieur de la partie nord s'organise autour d'une esplanade, bordée à l'est par la porte d'accès, les citernes et les anciens logis, restaurés. Au sud s'élève le donjon (XIIIe siècle ?), tour quadrangulaire de 20 mètres de haut et 3,50 × 5,60 mètres de côté. Son sommet offre un panorama sur la vallée du Rhône et les environs.

Chapelle romane

Au sud-est de l'ensemble nord se dresse la chapelle de style roman provençal, à nef unique de trois travées voûtée en plein cintre sur doubleaux et terminée par une abside en cul-de-four. L'abside a été incluse dans le rempart défensif au XIVe siècle, dont les travaux ont mené à la création d'une deuxième crypte pour accueillir les ossements contenus dans celle d'origine située dans le chœur.

Les fouilles archéologiques ont eu lieu au début des années 1980 sous la direction de Jacques Goury, après la découverte d'un corps humain inhumé au XVIIe siècle. L'édifice a été ensuite grandement restauré : reconstruction de la voûte, déblaiement des gravats.

Partie sud

L'ensemble nord est séparé de la partie sud, ou basse-cour, par deux douves sèches successives. Il s'agit d'une vaste étendue, correspondant à la partie méridionale du promontoire, cernée par une enceinte remontant au XIVe siècle et qui se raccordait au système de défense du village proprement dit, en contrebas. La raison d'être d'une telle superficie fortifiée n'est pas connue.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Juste en dessous, où les remous font comme une barrière d'eau.
  2. ↑ Cette bataille sera suivie d'une revanche en forme de défaite définitive puisque Marius, nouveau général romain, infligea une correction définitive à la coalition gauloise un peu plus au nord, vers l'Isère.
  3. ↑ André châtelain donne la date de 1027.

Références

  1. ↑ F. Feraud, Y. Alamercery, Archéologie en Languedoc, no 29, 2005.
  2. ↑ F. Feraud, Y. Alamercery, Archéologie en Hérault Languedoc, no 1, p. 150.
  3. ↑ Clébert, Provence antique, 1966.
  4. ↑ Jean-Maurice Rouquette, Provence Romane I : la Provence Rhodanienne, Zodiaque, 1980, p. 43.
  5. 1 2 3 4 André Châtelain, L'évolution des châteaux forts dans la France au Moyen Âge, Éditions Publitotal, , 319 p., p. 30.
  6. 1 2 Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 51.
  7. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle, p. 4.
  8. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle, p. 7.
  9. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle, p. 8.
  10. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle, p. 9.
  11. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle, p. 10.
  12. ↑ Notice no PA00082089, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle, p. 17.
  14. ↑ « La forteresse de Mornas », Les Amis de Mornas (consulté le ).
  15. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle p. 18.
  16. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle p. 19.
  17. ↑ Jacques Goury, « Mornas (Vaucluse). Chapelle de la forteresse », Archéologie médiévale, vol. 13, no 1,‎ , p. 275–276 (lire en ligne, consulté le )
  18. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle p. 20.
  19. ↑ Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle p. 22.

Voir aussi

Bibliographie

  • Les Amis de Mornas, Mornas : Histoire d'une citadelle, éditeur Élan Sud, Orange.
  • Jean-Maurice Rouquette, Provence Romane I : la Provence Rhodanienne, éditeur Zodiaque, Abbaye de la Pierre-Qui-Vire, 1980.

Liens externes

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