| Coordonnées | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | |
| Département | |
| Massif | |
| Localité voisine | |
| Voie d'accès |
D45 |
| Type |
Grotte |
|---|---|
| Altitude de l'entrée |
527 mètres |
| Longueur connue |
6350 mètres |
| Dénivelé |
130 mètres |
| Patrimonialité |
La grotte du Calel, également appelée Traouc del Calel, est une grotte et une ancienne mine de fer située sur la commune de Sorèze, dans le département du Tarn, en région Occitanie, en France. Elle se trouve sur le plateau du Causse de Sorèze, sur le versant septentrional de la Montagne Noire.
Elle appartient au complexe souterrain Jean-Antoine-Clos, un ensemble karstique comprenant plusieurs kilomètres de galeries. La grotte conserve des vestiges d'une exploitation de minerai de fer datant principalement des XIe siècle et XIIe siècle, notamment des travaux d'extraction, des aménagements souterrains et des représentations pariétales médiévales. Des ateliers de réduction directe du minerai ont également été identifiés sur les versants voisins.
Connue et fréquentée depuis plusieurs siècles, la cavité est notamment associée à une messe que le religieux Henri Lacordaire aurait célébrée au XIXe siècle en présence d'élèves de l'abbaye-école de Sorèze. La salle où se serait déroulée cette cérémonie porte son nom.
L'intérêt archéologique du site a été mis en évidence à partir des années 1960 par les découvertes effectuées par les spéléologues de la Société de recherches spéléo-archéologiques du Sorèzois et du Revélois (SRSASR). Des fouilles programmées ont ensuite été menées entre 1989 et 1995.
La grotte est classée au titre des monuments historiques depuis le 10 octobre 1977. La protection a été étendue à plusieurs secteurs du site archéologique par des mesures successives prises entre 1991 et 2016.
La grotte du Calel se développe sous le plateau du Causse de Sorèze, au sud de la commune de Sorèze, dans les contreforts septentrionaux de la Montagne Noire. Elle appartient à un ensemble de cavités naturelles creusées dans les formations calcaires du plateau.
Le complexe souterrain Jean-Antoine-Clos comprend notamment la grotte du Calel, le gouffre de Polyphème et la résurgence de la Fendeille, ainsi que plusieurs cavités secondaires.
L'ensemble a fait l'objet de différentes campagnes d'exploration et de relevés topographiques. Une étude publiée en 1997 mentionne environ 7 000 mètres de galeries reconnues pour une dénivellation de 130 mètres. Une publication locale de 2014 fait état de plus de 9 kilomètres de galeries pour le complexe Jean-Antoine-Clos.
Ces dimensions concernent le complexe souterrain dans son ensemble et non exclusivement la grotte du Calel.
Le réseau présente des galeries de dimensions variables, parfois interrompues par des siphons. Certaines salles atteignent plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Les explorations spéléologiques ont progressivement permis de reconnaître de nouveaux secteurs au-delà des obstacles naturels.
Le plateau du Causse de Sorèze est constitué de calcaires anciens, principalement d'âge cambrien, affectés par les déformations tectoniques de la Montagne Noire. Les couches calcaires présentent localement un pendage important et sont parcourues de fractures qui ont favorisé le développement du réseau karstique.
La dissolution des calcaires a progressivement formé des conduits et des cavités, dont certains ont été comblés par des dépôts argileux et ferrifères.
Les concentrations de minerai de fer se présentent principalement sous deux formes : des minéralisations incluses dans la roche calcaire et des nodules ou concrétions d'hydroxydes de fer contenus dans les remplissages argileux du karst.
La goethite constitue l'un des principaux minéraux ferrifères du secteur. L'origine de certaines concentrations a été mise en relation avec d'anciennes circulations hydrothermales, suivies de phénomènes d'oxydation et d'altération.
Cette disposition des gisements a permis une exploitation du minerai aussi bien en surface que dans les cavités souterraines.
L'exploitation du minerai de fer au Calel est principalement datée des XIe siècle et XIIe siècle. Cette chronologie repose sur l'étude du mobilier archéologique et sur des datations au carbone 14 réalisées à partir de charbons de bois provenant des travaux miniers et des installations métallurgiques voisines.
Les datations obtenues sur les prélèvements provenant du site indiquent une période d'activité centrée sur le Moyen Âge central. L'étude des céramiques découvertes dans les galeries concorde avec cette attribution chronologique.
L'exploitation concernait à la fois les concentrations ferrifères présentes dans les remplissages des cavités et celles accessibles à la surface du plateau. Des excavations, des déblais et des traces de travaux miniers ont été identifiés dans plusieurs secteurs du Causse de Sorèze.
Les galeries naturelles offraient un accès direct à certains gisements. Les mineurs les ont utilisées et, lorsque cela était nécessaire, aménagées pour permettre la circulation et le transport des matériaux.
La plupart des travaux reconnus correspondent à l'exploitation de concentrations de minerai relativement accessibles, sans creusement systématique de longues galeries artificielles dans le calcaire.
Les recherches archéologiques ont également mis en évidence des installations métallurgiques sur les versants voisins, notamment dans la vallée de l'Orival, où des vestiges de réduction du minerai ont été identifiés.
L'organisation sociale et économique de l'exploitation demeure imparfaitement connue. Un rapprochement chronologique a été proposé entre les activités minières et le développement de l'habitat médiéval autour de l'abbaye de Sorèze et du site de Berniquaut, sans qu'un lien direct entre ces établissements et les mines ait pu être établi.
Le secteur du Calel est connu de longue date pour ses cavités et ses particularités géologiques.
Une mention du Calel apparaît dans un document daté de 1508, sans référence explicite à l'ancienne exploitation minière. À partir de la fin du XVIIIe siècle, les cavités du Causse de Sorèze suscitent un intérêt croissant pour leurs caractéristiques géologiques, hydrologiques et spéléologiques.
Au XIXe siècle, la grotte fait l'objet de visites et de descriptions. Les milieux savants liés à l'abbaye-école de Sorèze participent à cet intérêt pour les cavités naturelles de la Montagne Noire.
La connaissance du réseau progresse avec la réalisation de relevés topographiques et les premières investigations sur les circulations d'eau souterraines.

La grotte possède une vaste salle souterraine appelée salle Lacordaire, située à environ 100 mètres sous la surface. Elle porte le nom du religieux dominicain Henri Lacordaire, qui dirigea l'abbaye-école de Sorèze à partir de 1854.
Selon la tradition rapportée par plusieurs publications consacrées à la spéléologie locale, Lacordaire aurait célébré une messe dans cette salle en présence d'un groupe d'élèves de l'établissement, accompagnés d'enseignants, de religieux et de guides.
Un récit transmis au spéléologue Armand Viré par un professeur de l'école et repris dans la revue Spelunca évoque une cérémonie réunissant plus de 130 personnes. Les participants auraient pénétré dans la cavité avec des torches et des lanternes, en transportant le matériel nécessaire à la célébration.
La date de l'événement varie selon les sources. La publication de Spelunca de 2011 retient l'année 1856, tandis qu'un article paru dans Couleur Lauragais situe la cérémonie entre 1855 et 1859,.
La messe attribuée à Lacordaire appartient à l'histoire locale de la cavité, même si ses circonstances exactes demeurent difficiles à établir.
L'épisode a inspiré un tableau du peintre Serge Mas, réalisé en 2003, représentant le religieux célébrant une messe dans la grotte devant un groupe de fidèles.
La salle Lacordaire a également accueilli des manifestations culturelles contemporaines.
Le 28 juillet 1986, un concert souterrain y est organisé devant plus de 250 personnes. L'événement fait l'objet d'un compte rendu publié l'année suivante dans la revue spéléologique SpéléOc, sous le titre « Sorèze, un concert et si c'était à refaire... ».
Cette manifestation constitue l'un des événements culturels documentés dans l'histoire contemporaine de la grotte.
Les explorations modernes du Calel sont notamment liées aux activités de la Société de recherches spéléo-archéologiques du Sorèzois et du Revélois (SRSASR), association locale issue du développement de la spéléologie dans le Sorèzois au cours du XXe siècle.
Des vestiges sont signalés dans les archives spéléologiques locales au milieu du XXe siècle, mais ce sont principalement les découvertes de 1966 et 1973 qui permettent de reconnaître l'importance archéologique du réseau.
En décembre 1966, l'exploration de galeries adjacentes au secteur des Grands Boulevards conduit à la découverte du réseau Pierre-Marie. Les spéléologues y observent des céramiques, des traces d'exploitation du minerai et divers aménagements souterrains.
De nouvelles explorations, en 1973, permettent de reconnaître d'autres galeries présentant des traces d'activité humaine ainsi que des dessins au charbon de bois et des gravures pariétales.
Ces découvertes conduisent progressivement à une étude plus systématique du site, avec le soutien des services de l'archéologie.
Les explorations se poursuivent au cours des décennies suivantes, avec la reconnaissance de nouveaux passages, l'étude des siphons et la réalisation de relevés topographiques.
Les vestiges d'exploitation se rencontrent dans plusieurs cavités du plateau et témoignent d'une activité minière utilisant les passages naturels du karst, complétés localement par des aménagements artificiels.
Les traces conservées sur les parois permettent de reconnaître l'emploi de pics et de pointerolles. Les mineurs exploitaient les concentrations ferrifères présentes dans les remplissages argileux ou directement dans la roche, en privilégiant les secteurs les plus accessibles.
À la surface du plateau, les anciennes exploitations se manifestent par des dépressions remaniées, des excavations et des accumulations de déblais. Ces vestiges sont particulièrement présents dans les zones où les remplissages du karst contenaient du minerai.
Les traces d'extraction montrent une adaptation des techniques minières à la disposition des gisements et aux contraintes du milieu souterrain.

Les galeries conservent de nombreux aménagements destinés à faciliter la progression des mineurs. Des escaliers ont été construits à l'aide de blocs calcaires ou directement taillés dans les remplissages argileux. D'autres vestiges témoignent de l'existence de passerelles, de planchers, de terrasses et de dispositifs de franchissement.
Les éléments en bois ont généralement disparu, mais leurs empreintes sont parfois conservées dans l'argile. Des traces de structures composées de rondins témoignent notamment de l'utilisation de supports ou de dispositifs permettant d'atteindre des zones situées en hauteur.
Certains passages ont été aménagés pour relier des secteurs d'extraction. Un tunnel artificiel de plus de 20 mètres a ainsi été creusé dans les sédiments entre le réseau de la Colonne et le réseau Pierre-Marie.
Des murs d'argile ont également été observés dans plusieurs galeries. Leur fonction exacte reste incertaine : ils ont pu servir à délimiter des espaces, à retenir des déblais ou à modifier localement la circulation de l'air.
Les travaux comprennent enfin des aménagements liés à l'eau, notamment des rigoles creusées dans la roche et des retenues dont certaines ont pu être utilisées pour le lavage des matériaux.
Les conditions de travail en milieu souterrain nécessitaient des moyens d'éclairage adaptés à la configuration des galeries.
Les découvertes effectuées au Calel et dans d'autres cavités du plateau ont permis de documenter l'utilisation de torches, de lampes à graisse et, plus ponctuellement, de foyers.
De nombreux fragments de charbon de bois ont été retrouvés dans les sédiments remaniés par l'exploitation. Des traces noires conservées sur certaines parois ont également été rapprochées de l'utilisation de torches ou du contact avec des pièces de bois carbonisées.
Des fragments de céramique, souvent retaillés et présentant des traces de combustion, ont été interprétés comme des lampes à graisse. Ces récipients pouvaient être disposés sur le sol, sur des blocs rocheux ou sur des supports aménagés dans les parois.
L'utilisation de lampes présentait notamment l'avantage de laisser les mains libres aux mineurs dans les espaces de travail exigus. Des dispositifs de support constitués de mottes d'argile appliquées contre la roche ont été relevés dans certaines cavités du plateau.
Le mobilier découvert comprend également des récipients en céramique, dont certains ont pu servir au transport ou au stockage de matières combustibles destinées à l'éclairage.
L'exploitation minière était associée à des ateliers de transformation du minerai situés à proximité des zones d'extraction, notamment sur les versants de la vallée de l'Orival.
Les prospections archéologiques ont permis d'identifier des vestiges de fours de réduction directe, des accumulations de scories, d'anciens chemins et des emplacements de production de charbon de bois.
La réduction directe permettait d'obtenir du fer métallique à partir du minerai sans passer par la production de fonte liquide. Le fonctionnement des fours nécessitait un approvisionnement en combustible, produit notamment par la carbonisation du bois.
L'association des exploitations de surface, des travaux souterrains et des ateliers de réduction témoigne de l'existence d'un ensemble de production métallurgique réparti sur plusieurs secteurs du Causse de Sorèze.
La grotte du Calel conserve des dessins et des gravures attribués à la période de son exploitation minière médiévale. Ces représentations ont été observées dans différents secteurs du réseau et étudiées dans le cadre des campagnes archéologiques.
Les œuvres sont réalisées soit par gravure directe de la paroi, soit par des tracés noirs, probablement exécutés au charbon de bois. Elles se trouvent notamment à proximité d'entrées de galeries, de passages particuliers ou d'espaces aménagés.
Les motifs comprennent des signes géométriques, parmi lesquels des rouelles, des figures rayonnantes, des grilles et des formes dites arbalétiformes. D'autres dessins représentent des figures humaines schématiques.
L'une des représentations les plus connues est un personnage interprété comme un mineur portant une hotte sur le dos et brandissant un pic. Cette figure est notamment mentionnée dans la notice officielle de protection des monuments historiques.
La répartition des signes dans les galeries a conduit les chercheurs à envisager une fonction topographique ou toponymique. Certains motifs auraient ainsi pu servir à identifier des secteurs du réseau ou des lieux particuliers de l'exploitation.
Une dimension symbolique a également été proposée, sans qu'une interprétation définitive puisse être retenue. Ces représentations constituent un témoignage des pratiques graphiques associées à la fréquentation médiévale du milieu souterrain.
À la suite des découvertes spéléologiques des années 1960 et 1970, des recherches archéologiques sont engagées afin de documenter les vestiges d'exploitation et d'étudier leur chronologie.
Des fouilles programmées sont menées entre 1989 et 1995, dans le cadre de programmes de recherche consacrés aux mines, à la métallurgie et à l'art pariétal.
Les opérations concernent plusieurs secteurs : la grotte du Calel, les autres cavités du complexe Jean-Antoine-Clos, le plateau du Causse, le versant de la Fendeille et les installations métallurgiques de la vallée de l'Orival.
Les investigations permettent d'établir un inventaire des vestiges miniers, de relever les aménagements souterrains et d'étudier les traces de production métallurgique.
Elles donnent lieu à plusieurs publications, notamment des comptes rendus dans la revue Archéologie médiévale et une étude de synthèse publiée en 1997 dans la revue Pallas.
Les recherches se poursuivent après les fouilles programmées des années 1990, notamment par des opérations de documentation, de prospection et de relevés archéologiques.
Des travaux consacrés au réseau Pierre-Marie sont répertoriés pour l'année 2014. Des rapports de prospection diachronique et de relevés archéologiques sont également signalés pour les années 2021 et 2022 dans le fonds documentaire de Lauragais Patrimoine.
La documentation du Calel bénéficie également des explorations spéléologiques et des relevés topographiques réalisés dans les cavités du Causse de Sorèze.
La grotte du Calel et plusieurs secteurs du site archéologique bénéficient de protections au titre des monuments historiques.
La grotte elle-même est classée par arrêté du 10 octobre 1977. Les protections ont ensuite été étendues au sol, au sous-sol et aux vestiges archéologiques de différentes parcelles du plateau.
Les principales mesures sont les suivantes :
L'ensemble est recensé dans la base Mérimée sous la référence PA00095648.
La conservation du site concerne aussi bien les galeries naturelles que les vestiges d'exploitation, les remplissages archéologiques et les représentations pariétales.
Les recherches ont souligné la fragilité des traces d'activité conservées dans les sédiments et sur les parois. Leur préservation nécessite également de prendre en compte les relations entre les cavités et les terrains situés en surface.
La grotte demeure un lieu d'exploration spéléologique et de découverte du patrimoine local. Des activités encadrées sont organisées ponctuellement par les associations de spéléologie du secteur, notamment la SRSASR.
En mai 2013, une séquence de l'émission télévisée Cap Sud-Ouest est tournée dans la grotte. Des spéléologues y reconstituent un déplacement de mineurs médiévaux à la lumière de torches, sur des aménagements anciens.
La grotte du Calel constitue ainsi un élément du patrimoine naturel, archéologique et historique de Sorèze, dont l'intérêt repose sur l'association d'un réseau karstique et d'un ensemble de vestiges d'exploitation minière et métallurgique médiévale.