Hang

Hang
Image illustrative de l’article Hang
libre hang intégral (2010).

Classification Idiophone
Famille Instrument de percussion

Le hang (prononciation allemande : [haŋ] ; pluriel : hanghang) est un instrument de musique acoustique de la famille des idiophones, inventé par Felix Rohner et Sabina Schärer, à Berne, en Suisse, en 2000. Le hang est un volume lenticulaire creux composé de deux coupelles métalliques embouties. La partie haute de l'instrument s'appelle le « ding » : elle est constituée d'une note fondamentale et de sept ou huit notes l'entourant. La partie basse, « dong », est une surface lisse dotée d'un trou en son centre.

Le hang est à l'origine des handpans et, par antonomase, le mot « hang » est souvent utilisé à tort pour désigner l'ensemble des instruments de ce type, alors qu'il s'agit d'une marque déposée de l'entreprise PANArt de Rohner et Schärer.

Origine

Au premier plan : « Ur-Hang » (novembre 1999) et Ghatam ; en arrière plan, de gauche à droite : modèles 2007, 2006 et 2005.
Le duo Hang Massive.

La démarche créatrice s'initie en 1976, lorsque Felix Rohner, alors enseignant, entend pour la première fois le son du steel drum originaire de Trinité-et-Tobago. Il s'essaie immédiatement à la construction de cet instrument : « J'ai été bouleversé par l'énergie et la liberté qui s'en dégageaient. Dans ces îles, c'est un symbole d'indépendance et d'unité, devenu populaire avec l'abolition de l'esclavage. Le lendemain, j'ai essayé d'en fabriquer un avec de vieux bidons. »

Il fonde la société PANArt Hangbau AG basée à Berne, puis est rejoint par sa compagne, Sabina. Ensemble, ils mettent au point une nouvelle technique de revêtement métallique et, aidés par des scientifiques spécialisés en acoustiques, ils renforcent la tôle afin d'obtenir « un nouveau type de résonance, plus chaleureux et harmonique ». Le « hang sculpture » apparaît ainsi, qui synthétise ces recherches, l'étude de la forme des cloches de vaches ayant même contribué à la mise au point. Il est commercialisé à partir de 2001 et inaugure une dizaine d'autres modèles conçus par PANArt. Le handpan, baptisé hang par ses concepteurs, en référence à la main en suisse allemand, trouve sa filiation dans le ghatam ou ghara, pot à eau en terre cuite indien, détourné en instrument de musique au VIIIe siècle.

Devant le succès inattendu de cet instrument, que les créateurs n'avaient pas réellement souhaité, ils ont dans un premier temps conditionné l'achat d'un instrument à l'envoi d'une lettre de motivation, ainsi qu'au déplacement dans l'atelier en Suisse. À chaque achat, les fabricants font signer au client une clause de non-spéculation, dans laquelle il s'engage à ne pas le revendre plus cher. En effet, alors que les concepteurs le vendent entre 250 à 2 500 CHF, sa rareté fait qu'il se revend au prix minimum de 2 000 euros.

PANArt n'ayant pas déposé de brevet, près de 300 entreprises dans le monde se sont lancées dans la fabrication de cet instrument. Certaines sont des mauvaises contrefaçons, produites de manière industrielle et parfois vendues plus cher que le modèle original. Après quelques hésitations, PANArt a maintenu la fabrication du hang : près de 400 sortent de leur atelier chaque année, ce qui reste très inférieur à la demande du marché. En parallèle, les créateurs ont engagé des démarches juridiques pour protéger leurs droits d'auteur.

Évolution du Hang.

Caractéristiques acoustiques

Le hang a été voulu, à l'origine, comme un instrument produisant des sons et non des notes. Selon David Rohner, un des deux fils du couple, « la particularité du hang est qu'il ne produit pas de notes, mais de riches vibrations. Toute la structure est accordée sur 440 hertz. Nous parlons donc de structure sonore plutôt que d'instrument. » L'objectif initial, qui était de trouver spontanément « sa propre musique intérieure [avec] un outil créatif, méditatif et spirituel », s'oppose à la tendance actuelle où les instruments sont plus standardisés, au sein d'une communauté qui codifie progressivement son apprentissage et son emploi.

Chaque hang peut être accordé dans une gamme qui lui est propre : la gamme pentatonique, par exemple, mais également des gammes au quart de ton, indonésiennes, iraniennes ou hongroises, certaines développées par Steve Shehan pour l'instrument.

Techniques de jeu

Un Hang en vue de dessus (2003).

Le joueur de hang pose généralement l'instrument sur ses genoux pour jouer. Il le fait ensuite résonner en tapant dessus avec la main et les doigts. L'instrument peut se jouer à deux mains, ce qui permet d'atteindre plusieurs notes.

Exemples de son

Low Hang (2005, huit notes dans le cercle), joué horizontalement.

Hang de la 2e génération (2007, sept notes dans le cercle), joué verticalement.

Dans la culture populaire

Notes et références

  1. ↑ (en) Duden Aussprachewörterbuch, Mannheim, Bibliographisches Institut & F.A. Brockhaus AG, .
  2. ↑ (en) PANArt Hang Booklet 2008 [PDF] p. 8.
  3. 1 2 « Quelle est l’origine du Handpan ? », sur ZenaPan (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 Lila Erard, « Le hang bernois se vend aux quatre coins du monde », Terre & Nature,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  5. 1 2 « Le hang : plus qu’un instrument de musique, un mythe envoûtant. Voici son étonnante histoire », sur POSITIVR, (consulté le ).
  6. ↑ Annie Yanbekian, « Steve Shehan, percussionniste et prince du hang, en concert à Paris », sur francetvinfo.fr, .
  7. ↑ « Le désert » [vidéo], sur YouTube.

Liens externes

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