| Curé Église Saint-Symphorien de Fully | |
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Prêtre catholique (à partir du ) |
Henri Bonvin, né le à Veysonnaz et mort le à Sion, est un prêtre catholique valaisan, curé de Fully de 1930 à 1978.
Bâtisseur de l'église Saint-Symphorien de Fully et fondateur de la colonie de vacances de Sorniot, il est aussi connu comme collectionneur des œuvres du peintre Charles-Frédéric Brun, dit « le Déserteur », et pour son rôle dans l'installation de Marcel Lefebvre à Écône. Depuis 2024, des témoignages recueillis par le diocèse de Sion puis par Le Nouvelliste l'accusent d'avoir commis, durant son ministère, des abus sexuels sur des adultes et des enfants ainsi que des abus de pouvoir.
Henri Bonvin est l'un des cinq enfants de Jean Bonvin et de Louise Fragnière. Son frère aîné Louis Bonvin (1897-1971), futur curé de Monthey, et leur oncle l'abbé Henri Fragnière (1883-1929) sont également prêtres.
Après des études aux collèges de Sion et de Saint-Maurice, il étudie la théologie à Innsbruck de 1926 à 1928, où il se lie d'amitié avec Nestor Adam, futur évêque de Sion, puis au Séminaire français de Rome de 1928 à 1930, où il a pour condisciple Marcel Lefebvre. Il est ordonné prêtre le en la cathédrale de Sion par Victor Bieler.
Après trois mois de vicariat à Nendaz, il prend possession de la cure de Fully le , succédant à l'abbé Antoine Berclaz,. Il y restera quarante-huit ans.
Sa principale réalisation est la construction d'une nouvelle église paroissiale, commencée en 1935 sous la direction de l'architecte Lucien Praz et consacrée par Viktor Bieler les 25 et ,. Le décor intérieur — fresques, mosaïques et vitraux — est confié à Edmond Bille, Paul Monnier, Albert Chavaz et Joseph Gautschi,. Henri Bonvin entretient une correspondance avec Edmond Bille. Un ouvrage publié par la paroisse en 2017 pour les quatre-vingts ans de l'édifice revient sur son rôle dans le chantier.
En 1932, il fait acheter par la paroisse deux anciens baraquements militaires sur l'alpage de Sorniot pour y installer une colonie de vacances destinée aux enfants de familles paysannes ; les premiers colons y montent en 1933. La colonie, dédiée à Guy de Fontgalland, est tenue à sa demande par des Ursulines de 1949 à 1976. Dès 1936, il afferme également à l'État du Valais le droit de pêche au lac Supérieur de Fully pour le personnel de la colonie.
En 1956, la paroisse célèbre ses vingt-cinq ans de cure et lui offre un calice ; en 1971, ses quarante ans de ministère à Fully sont de nouveau fêtés.
Atteint dans sa santé, il quitte la paroisse le , et se retire à Sion. Il célèbre le le cinquantenaire de son ordination. Il meurt à Sion le et est inhumé au cimetière de Veysonnaz, auprès de son frère Louis,.
Selon un entretien qu'il accorde à la télévision suisse en 1959, Henri Bonvin commence à recueillir les images pieuses du peintre itinérant Charles-Frédéric Brun (vers 1811-1871), dit « le Déserteur », en les sauvant de la destruction chez ses paroissiens. Au milieu des années 1960, il possède une soixantaine de peintures, conservées à la cure de Fully ; des pièces de sa collection sont présentées à l'exposition Art valaisan de Martigny en 1964. Ses informations nourrissent les premières études sur le peintre.
En 1967, vingt-huit œuvres du Déserteur sont cédées en usufruit à l'État du Valais en contrepartie du bail d'un bâtiment ; elles entrent dans les collections du Musée d'art du Valais à la mort du curé, en 1983,.
Henri Bonvin reste lié à Marcel Lefebvre après leurs années romaines. Le , il accueille à Fully une réunion d'anciens du Séminaire français à laquelle participe Lefebvre.
En 1968, le domaine d'Écône est racheté par cinq laïcs, dont l'avocat Roger Lovey, paroissien de Fully, qui cherchent à lui donner une affectation religieuse. Informé que Lefebvre cherche un lieu pour ses séminaristes, Bonvin met les deux parties en relation. Au printemps 1969, il invite l'archevêque à prêcher une retraite de communion à Fully, tandis que son frère Louis l'accueille pour le carême à Monthey ; c'est à cette occasion que Lefebvre fait la connaissance de Roger Lovey,. Le jour même de la mort du curé, Lefebvre déclare à ses séminaristes que sans lui, il ne serait sans doute jamais venu en Valais.
Après la fondation de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), Bonvin continue de soutenir son ancien condisciple et l'accueille dans l'église de Fully pour des ordinations le .
En janvier 2024, des informations recueillies dans le cadre d'un audit externe sur la gestion des abus sexuels conduisent le diocèse de Sion à lancer un appel à témoins au sujet d'un curé resté quarante-huit ans dans la même paroisse et mort en 1983. Le rapport d'audit, réalisé par le cabinet Vicario Consulting et présenté le , fait état de témoignages concordants laissant penser que des abus sexuels ont pu être commis dans la paroisse de Fully entre 1929 et 1983. Le diocèse annonce qu'il a pris des contacts avec la chaire d'histoire de l'Église de l'université de Fribourg en vue d'une étude historique.
Le , Le Nouvelliste publie une enquête fondée sur une dizaine de sources — une victime directe, des descendants de victimes et des témoins — selon laquelle le curé aurait, jusqu'à la fin des années 1970, abusé sexuellement d'adultes et d'enfants et usé de son autorité pour contrôler la vie sociale, politique, scolaire et intime de la commune,. Selon le Ministère public valaisan, aucune plainte pénale n'a jamais été déposée contre lui.
Le , le diocèse de Sion organise à Fully, avec le groupe SAPEC et des descendants de victimes, une marche de reconnaissance suivie d'une messe célébrée par l'évêque Jean-Marie Lovey, au cours de laquelle des victimes prennent la parole ; le diocèse y demande pardon,,,. La presse relève à cette occasion ses liens avec Marcel Lefebvre et son rôle dans l'installation de la FSSPX à Écône.
Alors que des témoignages recueillis à l'occasion de ces révélations suggèrent que le curé aurait constitué une partie de sa collection de manière illégitime, notamment par des vols chez des particuliers, le Musée d'art du Valais lance en une recherche de provenance sur les vingt-huit œuvres du Déserteur, confiée au bureau Clio ; des mesures de réparation sont prévues si des spoliations sont confirmées,,.