
Le terme « herbe » désigne dans une acception large toute plante annuelle ou vivace, non ligneuse (à tige molle), faisant partie des Angiospermes (monocotylédones ou dicotylédones- les fougères dont le port est voisin étant ainsi exclues), de couleur généralement verte ; toutefois l'expression « herbes marines » inclut généralement les algues.

Dans une acception plus étroite, « herbe » désigne couramment les graminées, notamment les graminées fourragères, qui constituent les herbages ou prairies et les pelouses, et les familles voisines par leur morphologie, joncacées (les joncs) et cypéracées (les carex).
Le terme d'« herbe » apparaît dans un grand nombre de mots composés ou de syntagmes figés désignant des plantes : le tabac a ainsi été appelé historiquement « herbe de la reine » ou « herbe de l'ambassadeur », « herbes folles » désigne une végétation herbacée naturelle dans un environnement artificiel (gazon, cour).
Utilisé absolument, le terme désigne le cannabis (chanvre ou marijuana). « Herbe » se dit d'ailleurs hachich en arabe, ce qui a donné dans la langue française le mot haschich.
Outre les fleurs de cannabis que l'on sèche pour être fumées, « herbe » peut désigner certaines catégories de plantes utiles (fines herbes, herbes aromatiques en général, herbes médicinales ou officinales) ou non souhaitées (mauvaise herbe),
Les céréales, bien qu'elles soient des plantes herbacées et des graminées de première importance, ne sont pas en français, du fait de leur destination, considérées comme des herbes dans la langue courante, comme l'illustre l'expression « manger son blé en herbe ».
« Herbier » désigne soit une collection de plantes, soit une prairie marine ou d'eau douce.
« Herbager » désignait autrefois un éleveur de bétail, le mot s'est perpétué comme adjectif.

L'herbe n'a pas de définition botanique précise, bien que certaines classifications, depuis Théophraste opposent les herbes aux végétaux ligneux (arbres et arbustes).


« Herbe » s'oppose facilement à « arbre » selon deux critères :

Dans la classification de Raunkier (classification des types biologiques), les herbes correspondent essentiellement :
La famille des fabacées, rassemble de nombreuses herbes (et arbustes) ayant la capacité de fixer l'azote atmosphérique.
Au cours de l'évolution, les poacées et d'autres familles d'herbes, sous la pression des herbivores, ont développé des structures leur permettant de se multiplier rapidement par clonage (rhizome, stolon, plateau de tallage), alors même que la plante est piétinée ou dévorée par les animaux ou efficacement par reproduction sexuée (nombreux épis et graines, dispersées par le vent ou les animaux eux-mêmes. Elles ont aussi développé des traits défensifs (forte proportion de silice, tanins) rebutant les herbivores.

Les herbes possèdent une variété d'utilisations telles que culinaires, médicinales (phytothérapie), fourragère ou, même dans certains cas, spirituelles. Selon les usages médicinaux et spirituels, certaines parties de plantes, herbacées ou non, peuvent être considérées comme de l'« herbe », comme les feuilles, les fleurs, les graines, les racines, la résine, les baies et parfois le péricarpe.
L'utilisation culinaire des herbes ou fines herbes, concerne les parties vertes feuillues de menues plantes, notamment le persil, la ciboulette, le cerfeuil et l'estragon dans la tradition gastronomique française à la différence des épices, autres parties de plantes, incluant graines, baies, racines et fruits. Elles font partie des herbes aromatiques d'usage plus général.
Les plantes contiennent des composés phytochimiques affectant le corps humain.
Ces composés peuvent avoir des effets bénéfiques ou néfastes selon la dose. Ainsi certains types de plantes, comme le millepertuis perforé (Hypericum perforatum) ou le kava (Piper methysticum) peuvent être utilisés à des fins médicinales pour lutter contre la dépression ou le stress. Cependant, un grand nombre de ces herbes peuvent mener à des pathologies impliquant des complications parfois sérieuses et doivent être utilisées avec précaution. Une substance, nommée Shilajit, peut aider à lutter contre le diabète. Les herbes sont à la base de la pharmacopée chinoise traditionnelle.
Voir aussi Fourrage#Plantes de prairies

C'est l'utilisation la plus répandue de l'herbe. L'herbe peut être consommée par les animaux sur place (pâturage), récoltée et consommée fraîche (affouragement en vert), séchée (foin), ensilée ou déshydratée (luzerne notamment).
De nombreuses herbes sont utilisées comme matériau fibreux (textile, construction, ameublement, papeterie) ; lin, orties, ramie, alfa, jonc, papyrus, Stellera chamaejasme …
Certaines herbes ont été abondamment utilisées comme plantes tinctoriales, notamment la garance (rouge), la gaude (jaune), la guède (pastel des teinturiers).

L'enherbement est une méthode fréquemment employée lors des chantiers écologiques (fixation de dunes …) ainsi qu'en grandes cultures (culture intermédiaire) et en arboriculture-viticulture pour préserver les sols agricoles.
En lutte biologique l'enherbement spontané ou dirigé assurerait la mise en place d'un microenvironnement favorable aux auxiliaires des cultures.
En agriculture les plantes non souhaitées sont appelées adventices (autrefois, mauvaises herbes). En agronomie la malherbologie est la discipline qui traite de ces herbes.


L'herbe, essentiellement les graminées, est à la base de formations végétales caractéristiques qui occupent d'importantes surfaces de la planète. Celles-ci incluent les herbes hautes (savane des régions tropicales et subtropicales), les herbes basses (prairies naturelles comme la steppe eurasienne et son équivalent en Amérique du Nord, la Grande Prairie, mais aussi la pampa d'Argentine, le veld d'Afrique du Sud ; steppe à alfa d'Afrique du Nord ; prairies permanentes et artificielles des zones tempérées et champs de céréales cultivées) ; pelouse des montagnes (notamment Massif-Central, Alpes) et gazon des pelouses urbaines.

Les formations buissonnantes ou broussailles comportent aussi généralement des herbes par exemple la lande à bruyère de l'Ouest atlantique européen et la toundra à herbes rases des zones sub-arctiques.
Ces différentes formations ne sont pas nécessairement uniformes mais peuvent être entremêlées avec des éléments herbeux communs (illustration de la Chapada diamantina).