| Hexafret | |
| Création | |
|---|---|
| Forme juridique | Société par actions simplifiée |
| Siège social | Saint-Ouen-sur-Seine |
| Société mère | Rail Logistics Europe |
| Effectif | environ 4 000 (2025) |
| SIREN | 982 759 672 |
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Hexafret est une entreprise ferroviaire française de transport de marchandises, spécialisée dans le groupage de wagons, du wagon isolé au train complet. Filiale de Rail Logistics Europe (RLE), le pôle fret du groupe SNCF, son activité a commencé le 1er janvier 2025. Elle a repris l'activité de transport de Fret SNCF, tandis que la maintenance des locomotives revenait à une autre société, Technis. Son siège social est situé à Saint-Ouen-sur-Seine.
La création d'Hexafret constitue la deuxième étape du « plan de discontinuité » négocié entre l'État français et la Commission européenne pour éviter au groupe SNCF de rembourser d'aides publiques jugées illégales. Elle compte environ 4 000 salariés à ses débuts. Le plan lui interdit durant 10 ans, de se positionner sur les trains dédiés à un client unique. Sa part de marché représente environ un tiers des tonnes-kilomètres du fret ferroviaire français en 2025.
Début 2023, la Commission européenne ouvre une enquête sur des aides d'État accordées à Fret SNCF et jugées illicites, pour un montant d'environ 5,3 milliards d'euros. Pour éviter le remboursement qui aurait conduit à l'entreprise a être mis en liquidation judiciaire, le gouvernement a négocié au printemps 2023 un « plan de discontinuité » plutôt que de contester la décision en justice. Ce plan prévoyait trois étapes :
Les noms d'Hexafret et de Technis sont annoncés le 4 novembre 2024. Hexafret reprend le transport de marchandises avec environ 4 000 salariés ; Technis, qui compte environ 500 salariés, reprend la maintenance du matériel roulant. Les deux sociétés sont rattachées à Rail Logistics Europe et n'ont pas le droit de reprendre les actifs dont Fret SNCF a été dessaisi. Environ 500 postes sont supprimés (10 % des effectifs de Fret SNCF) par transfert de salariés vers d'autres entités du groupe, notamment dans le TER, sans licenciement. Charles Puech d'Alissac, jusque-là directeur général de Fret SNCF, prend la direction d'Hexafret.
Les quatre syndicats représentatifs (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT) demandent un moratoire sur le plan et appellent à une grève le 21 novembre 2024. Le ministre des Transports, François Durovray, écarte cette option. Fret SNCF disparaît juridiquement le 31 décembre 2024 et Hexafret commence son activité le lendemain.
Les premières élections professionnelles d'Hexafret, pour la mise en place de son comité social et économique (CSE), se déroulent du 10 au 17 avril 2025. En octobre 2025, lors de son audition parlementaire en vue de la présidence du groupe SNCF, Jean Castex déclare que le plan de discontinuité, adopté, doit être mis en œuvre.
En octobre 2026, la CGT-Cheminots fait la demande qu'Hexafret ait le droit de se repositionner sur les flux cédés avant l'expiration de l'interdiction de dix ans. Elle considère que certains de ces flux repris se sont déjà effondrés.
Hexafret achemine des marchandises par le rail et réalise les manœuvres nécessaires à la desserte des sites industriels. Elle organise le groupage de tous formats, du wagon isolé au train entier. Elle exploite plus de 1 100 trains longue distance par semaine vers 1 300 sites en France et en Europe. Elle propose aussi des services logistiques associés (livraison de porte à porte, maintenance de sites industriels, entreposage) et des formations ferroviaires.
Début 2025, 86 % du chiffre d'affaires au budget pour l'année est d'ores et déjà sécurisé par la renégociation des contrats avec ses clients. Hexafret revendique de nouveaux contrats, notamment dans le domaine de la défense.
Le périmètre de la société est encadré par le plan de discontinuité. Elle ne peut pas répondre aux appels d'offres sur le segment des trains dédiés à un client unique pendant dix ans. Une partie des flux cédés reste exploitée par Hexafret en sous-traitance, pour le compte de leurs repreneurs. Fret SNCF détenait 49 % du marché en 2021. La part de marché d'Hexafret s'établit à 34 % des tonnes-kilomètres en 2025, hors flux transférés exploités en sous-traitance.
Hexafret a commandé de nouveaux wagons ouverts à quatre essieux à Greenbrier Europe, fabriqués à Drobeta-Turnu Severin, en Roumanie.
Les cheminots transférés depuis Fret SNCF conservent leur statut, ainsi que le régime spécial de retraite pour les agents au statut. Un accord de transition maintient pendant 36 mois leurs droits sociaux, en dérogation de la loi qui prévoit 15 mois en cas de transfert lié à l'ouverture à la concurrence.
Le groupe SNCF prend en charge pendant 15 ans le supplément de cotisations patronales liées au régime spécial de retraite des agents au statut. Cette contribution représente environ 20 millions d'euros en 2025, puis décroit progressivement. La Commission européenne a validé cette mesure comme une aide compatible avec les règles de l'Union.
Fin 2025, le groupe SNCF indique qu'une prime de partage de la valeur pourra être examinée par Hexafret en fonction de ses résultats. En juin 2026, la direction ouvre l'agenda de négociation du futur cadre social, à dix-huit mois du terme de l'accord de transition. La CGT dénonce par ailleurs une baisse continue des effectifs depuis 2025 malgré les recrutements.
Le fret ferroviaire représente un peu moins de 9 % des marchandises transportées en France, contre 17 % en 2005. Les aides publiques au secteur incluent des aides au wagon isolé, l'activité principale d'Hexafret. La direction vise pour Hexafret et Technis un chiffre d'affaires cumulé d'environ 700 millions d'euros en 2025, soit le niveau de Fret SNCF en 2023.
Les analyses divergent sur la viabilité de l'entreprise :
L'ouverture du capital prévue par le plan de discontinuité ne porte pas sur Hexafret, mais sur la holding Rail Logistics Europe ; le groupe SNCF doit en conserver au moins 51 %. L'entrée d'un actionnaire minoritaire, jusqu'à 49,9 %, est annoncée pour début 2027. En juin 2026, les quatre fédérations syndicales représentatives appellent à se mobiliser contre ce qu'elles qualifient de privatisation d'Hexafret.