Le terme Hotep est un terme désignant les personnes afro-américaines qui s'identifient à l'histoire de l'Égypte antique et qui la considèrent comme une source de fierté noire,. Initialement, hotep ne désignait que le mot « hotep », un mot couramment utilisé par les Noirs américains faisant partie des cercles afrocentriques pour se saluer à l'instar de shalom. Le terme a commencé à désigner les personnes qui ont tendance à porter des vêtements de style africain traditionnel, à créer du contenu sur l'histoire des Noirs avant la traite transatlantique des esclaves. Ils sont accusés de promouvoir une histoire fictive et de diffuser des fausses informations sur l'histoire des Afro-Américains.
Malgré le fait qu'ils ont été très inspirés philosophiquement par la tradition radicale noire, les hoteps défendent une vision réactionnaire car non seulement leur projet politique est concentrée sur une Égypte antique fantasmée mais ils s'opposent à l'homosexualité et aux relations amoureuses interraciales et défendent l'idée que les femmes noires devraient être subordonnées aux hommes noirs. Les hoteps ont une vision binaire de la femme, soit elle est une «reine», soit elle est une fille de mauvaise vie. Leur doctrine hotep présente la femme noire comme la seule responsable du sort de ses fils et de ses filles, sans aborder le rôle des pères absents (en) ou maltraitants. Même si les hommes hoteps qualifient leurs épouses de « reines (nubiennes) », ils ont tendance à les traiter comme une vulgaire concubine antique et à dénigrer leurs performances sexuelles. La féministe noire Sesali Bowen (en) explique que les hommes hoteps contribuent à perpétuer la culture du viol en insistant sur la surveillance de la sexualité féminine et en prenant aveuglément le parti des hommes noirs même ceux qui sont prédateurs. Leur opposition aux droits LGBT et au féminisme est due au fait qu'ils pensent que ce sont des obstacles à l'émancipation des Noirs. Toutefois, la finalité des combats politiques des hoteps est remise en cause car leurs combats ne bénéficient qu'aux seuls hommes noirs. D'ailleurs, la sous-culture hotep est parfois appelée ankh right (jeu de mots entre ânkh et alt-right), pour souligner ses ressemblances idéologiques avec les nationalistes blancs étatsuniens.
Parmi les personnalités qui sont régulièrement associées à la sous-culture « hotep », on peut citer Kanye West, Kyrie Irving et Umar Johnson.
En 2018, la série Netflix Dear White People a mis en scène à l'occasion d'un épisode, comme antagoniste un personnage hotep, Trevor King, interprété par Shamier Anderson. Trevor est un homme noir qui sous le prétexte de « valoriser la culture noire », a une aversion envers les personnes non hétéronormatives et les femmes à la carnation claire,.