Le hotlinking (ou liaison automatique ; aussi désigné en anglais par inline linking, direct linking, leeching, piggy-backing ou offsite image grabs) est le fait d’afficher sur un site web une ressource (le plus souvent une image, mais aussi une vidéo, un script ou un fichier audio) en la liant directement sur le serveur d’un tiers, sans copie de ce fichier sur le serveur Web du site qui l’affiche. Cette pratique est parfois qualifiée de « vol de bande passante » dans la littérature technique.
Chaque page d'un site web peut afficher, via des liens hypertextes, plusieurs ressources (images, vidéos, scripts, feuilles de style, documents, etc.) qui peuvent être stockées :
Dans le premier cas (ressource locale), un seul site est utilisé et tous les frais techniques sont supportés par une même entité (le propriétaire du site).
Dans le second cas (ressource externe), plusieurs sites sont impliqués. Lorsque les coûts et droits d’usage sont assumés par une même entité, la pratique est prévue contractuellement (par exemple via un CDN). À l’inverse, en l’absence d’accord explicite, le hotlinking peut entraîner :
Pour éviter ces conséquences, des mécanismes de protection peuvent être mis en place.
La majorité des logiciels de serveurs web et des services en périphérie (CDN, WAF) permettent de se protéger contre le hotlinking. La méthode la plus répandue consiste à examiner l’en-tête HTTP Referer (sic), qui indique l’URL de la page à l’origine de la requête. En fonction du référent, le serveur peut autoriser, refuser ou rediriger la réponse.
.htaccess.ngx_http_referer_module et directive valid_referers pour n’autoriser que certaines origines ; la documentation souligne toutefois qu’il est facile d’usurper la valeur du Referer et que l’objectif est surtout de bloquer le flux « ordinaire » de navigateurs.La qualification juridique du hotlinking varie selon les pays et la jurisprudence. Aux États-Unis, la Cour d’appel du 9e circuit a consacré le « server test », jugeant qu’intégrer (embed) un contenu hébergé chez un tiers n’emporte pas, à lui seul, « affichage » au sens du droit d’auteur si le site n’héberge ni ne sert le fichier protégé. D’autres décisions, notamment au tribunal fédéral de New York (SDNY), ont au contraire estimé que l’embedding pouvait constituer un « affichage » non autorisé, illustrant une divergence d’approche. Les contributeurs sont invités à se référer à des sources spécialisées pour l’état le plus récent du droit applicable selon les juridictions.