| Huan Wen | ||
| Naissance | ||
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| Décès | (à l'âge de 61 ans) |
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Huan Wen (桓溫) (312 - 18 août 373), de son nom de courtoisie Yuanzi (元子), et officiellement duc Xuanwu de la commanderie de Nan (南郡宣武公), est un général et régent de la dynastie Jin (266-420), ainsi que le chef du clan Huan de Qiao (谯国桓氏). Il est communément admit comme l'un des plus grands généraux depuis la perte du nord de la Chine par les Jin (en), puisqu'il mena la campagne qui détruisit Cheng-Han et annexa ses territoires aux bénéfices des Jin, et remporta quelques succès contre les États du nord, le Qin antérieur et le Yan antérieur. Après sa mort, le clan Huan s'implanta durablement au sein du pouvoir Jin pendant des décennies. Après que son fils Huan Xuan (en) ait temporairement usurpé le trône des Jin en 404 en tant qu'empereur de Chu (楚), il fut honoré à titre posthume en tant qu'empereur Xuanwu de Chu avec le nom de temple de Taizu (太祖).
Huan Wen naît en 312. Son père, Huan Yi (桓彝), était gouverneur d'une commanderie et descendant de Huan Rong, fonctionnaire de la dynastie des Han orientaux. Alors qu'il était encore enfant (agé de moins d'un an), son père reçut la visite de Wen Jiao (en), qui, en voyant le nourrisson, le trouva exceptionnel. Huan Yi, touché par l'admiration que Wen portait à son enfant, le nomma Wen, en hommage au nom de famille de Wen Jiao. À cette nouvelle, Wen Jiao, amusé, déclara : « Je vais devoir changer de nom de famille un jour ! ».
En août 328, lors de la révolte de Su Jun (en), Huan Yi tenta de résister aux forces de Su, mais fut défait et tué par le général de Su, Han Huang, aidé par Jiang Bo, subordonné de Huan Yi. En 329, après la mort de Jiang, Huan Wen assassina les fils de ce dernier pour venger son père, un acte qui lui apporta une grande renommée. Jugé compétent et son père ayant donné sa vie pour la cause impériale, il fut choisi comme époux pour Sima Xingnan, la princesse Nankang, sœur de l'empereur Cheng. Il hérita du titre de son père de « baron de Wanning » et monta progressivement les échelons, jusqu'à devenir gouverneur de la province de Xu (徐州, dans le centre actuel du Jiangsu). L'oncle de l'empereur Cheng, Yu Yi (en), impressionné par son talent, le recommanda souvent pour des responsabilités encore plus importantes. Durant le bref règne de l'empereur Kang, Huan fut l'un des rares fonctionnaires qui soutenait le plan de Yu pour une campagne au nord contre le Zhao postérieur en 343, bien que ce plan ne fût jamais mis à exécution. Après la mort de Yu en 345, le chancelier He Chong (en) chargea Huan de lui succéder à la tête des forces militaires des provinces occidentales,, malgré l'appréhension de certains autres fonctionnaires impériaux quant aux ambitions et à l'indépendance de Huan.
Peu après avoir succédé à Yu, l'ambitieux Huan tourna son attention vers l'ouest, désireux de détruire Cheng-Han, dont l'empereur Li Shi (en) avait mal géré l'État et perdu la confiance de son propre peuple. La majorité des généraux s'inquiétaient des barrières géographiques qui isolaient Cheng-Han (qui occupait les actuels Sichuan et Chongqing) de Jin, et craignaient que le Zhao postérieur ne lance une attaque surprise s'il constatait que les forces de Jin attaquaient Cheng-Han. À la fin de l'an 346, il lança la campagne. Li Shi envoya son oncle Li Fu, son cousin Li Quan et Zan Jian mener ses troupes pour résister à Huan, mais ce dernier vainquit Li Fu puis, abandonnant la majeure partie de ses provisions et voyageant léger, parvint rapidement aux abords de Chengdu, la capitale de Cheng-Han. Les forces de Zan Jian, prises de panique, s'effondrèrent, incapables de se regrouper pour tenter de sauver Chengdu.
Cependant, Li Shi rassembla les troupes qui lui restaient et lança une contre-attaque qui fut initiallement couronnée de succès. Huan, pris de peur, ordonna la retraite, mais son officier de transmissions, paniqué, se trompa et frappa ses tambours (signalant l'attaque) au lieu de son gong (signalant la retraite). Les forces Jin attaquèrent avec plus de vigueur et vainquirent les forces de Cheng-Han, permettant à Huan de marcher sur les portes de Chengdu. Li Shi s'enfuit, mais envoya bientôt un messager présenter une humble requête de reddition à Huan. Il se rendit ensuite en personne après s'être ligoté et avoir apporté un cercueil, signifiant ainsi qu'il était prêt à être exécuté. Huan le libéra et l'escorta jusqu'à Jiankang, la capitale de Jin, où l'empereur Mu le gracia et le nomma marquis. Pour récompenser Huan, l'empereur Mu le nomma duc de Linhe.
La victoire sur Cheng-Han, cependant, apporta de la crainte chez les fonctionnaires impériaux que l'ambitieux Huan n'ait l'intention de contrôler le gouvernement. Sima Yu, grand-oncle de l'empereur Mu et prince de Kuaiji, pour contrer Huan, invita un fonctionnaire renommé, Yin Hao (en), à participer aux décisions importantes avec lui et Cai Mo (en). Cela révéla au grand jour une rivalité qui existait depuis la jeunesse entre Yin. Cette rivalité s'intensifia lorsque Yin s'empara de davantage de pouvoir à la fin de l'année 350, après avoir accusé Cai d'irrespect envers et l'avoir rétrogradé au rang de roturier.
Au cours des années suivantes, alors que le Zhao postérieur s'effondrait sous le poids des guerres intestines entre les fils de l'empereur Shi Hu (en) et son petit-fils adoptif Shi Min (en) après la mort de Shi Hu en 349, Huan demanda à plusieurs reprises au gouvernement impérial l'autorisation de marcher vers le nord afin de tenter de reconquérir le nord de la Chine pour Jin. Ses demandes furent systématiquement refusées, même après l'échec d'une campagne menée par Chu Pou (en), le grand-père maternel de l'empereur Mu. Aux alentours de l'an 352, Huan, exaspéré par ces refus répétés, mobilisa ses troupes et fit semblant d'attaquer la capitale. Yin, stupéfait, envisagea d'abord de de se rendre ou d'envoyer l'étendard impérial de la paix (Zouyu Fan, 騶虞幡) pour ordonner à Huan de cesser son offensive. Sur les conseils de Wang Biaozhi, il chargea finalement Sima Yu d'écrire une lettre à Huan, formulée avec précaution, afin de le persuader de renoncer à son projet.
Yin, de son côté, préparait ses propres campagnes, et en lança une au milieu de l'an 352 et une autre vers la fin de la même année. Cette dernière fut un désastre complet : il offensa et intimida le général Yao Xiang (en), le poussant à la rébellion. Il tomba ensuite dans une embuscade tendue par Yao, ce qui entraîna de lourdes pertes humaines et matérielles. Le peuple méprisa Yin pour ses défaites militaires, et Huan présenta une pétition exigeant sa destitution. Le gouvernement impérial fut contraint de rétrograder Yin au rang de simple citoyen et de l'exiler. Dès lors, le gouvernement impérial n'osa quasiment plus s'opposer aux demandes de Huan.
Yin étant hors jeu, Huan lança une offensive majeure contre l'un des États successeurs du Zhao postérieur, le Qin antérieur, dans l' 354. Son armée vainquit une grande partie de la résistance du Qin antérieur, atteignant les abords de sa capitale, Chang'an. Cependant, Huan hésita à lancer un assaut final contre la ville. C'est à cette époque qu'il rencontra Wang Meng (en), venu le voir. Impressionné par le savoir et la stratégie de Wang, Huan lui demanda pourquoi les habitants du Qin antérieur ne se ralliaient pas à Jin. Wang lui fit remarquer que le peuple ignorait les intentions de Huan, puisqu'il hésitait à traverser la rivière Ba (灞水), à l'est de Chang'an. La situation s'enlisant, Huan, à court de vivres contraint de se retirer. Il invita Wang à se retirer avec lui, mais ce dernier refusa, estimant apparemment que Huan n'était pas la personne qu'il fallait suivre.
En 356, Huan soumit une requête demandant le transfert de la capitale à Luoyang – capitale jusqu'à sa chute aux mains de Han Zhao en 311 – mais le gouvernement impérial déclina sa demande, lui ordonnant plutôt d'attaquer Yao Xiang, qui avait pris de nombreuses villes de la région de Luoyang après s'être rebellé contre Yin Hao. Huan mena ses troupes à Luoyang et affronta Yao. Il déjoua un piège tendu par Yao pour lui et lui infligea une lourde défaite, le forçant à se replier vers l'ouest. Huan sécurisa ainsi la région de Luoyang pour Jin. En 362, il proposa à nouveau le transfert de la capitale à Luoyang, mais le gouvernement impérial refusa une fois de plus.
Les années suivantes, Huan consacra l'essentiel de ses efforts à consolider son pouvoir. Il invita de nombreuses personnes compétentes à rejoindre son état-major, parmi lesquelles Xie An, Wang Tanzhi (en), Xi Chao (en), Wang Xun (en) et Xie Xuan (en). Il ne mena pas de nouvelle campagne vers le nord, ne voulant apparemment pas affronter le redoutable général Murong Ke (en), ancien général Yan, sur le champ de bataille. En 364, l'empereur Ai, qui avait succédé à l'empereur Mu en 361, fut empoisonné après avoir avalé des pilules d'immortalité que lui avaient données des magiciens. Huan fut d'abord convoqué à la capitale pour assurer la régence, mais un second ordre annula cette convocation. Il établit alors sa base à Zheqi (赭圻, dans l'actuelle Wuhu, Anhui) et suivit la situation à Jiankang à distance.
En 365, Murong Ke attaqua Luoyang, et dans un premier temps, Huan et Sima Yu prévoyaient une contre-attaque pour secourir Luoyang, mais le plan fut annulé après la mort de l'empereur Ai au printemps 365. Peu après, Luoyang tomba.
Fin 365, le général de Jin Sima Xun (en), gouverneur de la province de Liang (梁州, dans le sud du Shaanxi actuel), qui avait participé à de nombreuses campagnes, se rebella, et Huan chargea l'un de ses généraux, Zhu Xu (en), d'attaquer Sima. Ce dernier fut rapidement capturé et tué.
Après la mort de Murong Ke dans l'année 367, Huan entreprit de planifier une attaque contre le Yan antérieur, dont le régime était désormais largement dans les mains du grand-oncle de Murong Wei, Murong Ping, prince de Shangyong, réputé incompétent et corrompu, et dans les mains de la mère de Murong Wei, l'impératrice douairière Kezuhun (en). En 369, il lança la campagne, en collaboration avec le père de Xi Chao, Xi Yin, son frère Huan Chong (en) et Yuan Zhen (en). Il s'empara cependant rapidement des troupes de Xi Yin et les plaça sous son commandement. Malgré les conseils de Xi Chao de se diriger directement vers Yecheng, la capitale du Yan antérieur, Huan progressa lentement, infligeant de nombreuses défaites aux troupes du Yan antérieur, mais mettant trois mois à atteindre le fleuve Jaune. Il fit halte à Fangtou (dans l'actuel Hebi, au Henan) et hésita de nouveau à traverser le fleuve pour attaquer Yecheng, située non loin de là.
Murong Wei et l'impératrice douairière Kezuhun, paniqués, projetaient de s'enfuir vers l'ancienne capitale Helong (和龍, aujourd'hui Jinzhou dans le Liaoning), mais l'oncle de Murong Wei, le prince de Wu, Murong Chui (en), proposa une ultime tentative pour résister à Huan. Murong Chui et son frère Murong De (en) engagèrent le combat contre Huan et lui infligèrent des pertes mineures. Pendant ce temps, les vivres de l'armée de Jin s'épuisaient, le plan d'approvisionnement confié à Yuan par Huan étant voué à l'échec, faute de pouvoir construire rapidement un canal. Huan commença à se retirer, et Murong Chui et Murong De tendirent un piège à son armée, la réduisant presque à néant. Peu après, les forces du Qin antérieur, auxquelles l'ancien Yan avait demandé de l'aide, arrivèrent également, et Huan subit une nouvelle défaite cuisante. Humilié par la plus grande défaite de sa carrière, Huan tenta de se dédouaner en accusant Yuan d'être incapable de fournir des vivres et ordonna sa rétrogradation au rang de simple citoyen. Au lieu de se soumettre, Yuan occupa Shouchun (壽春, dans l'actuelle Lu'an, Anhui) et se rebella, cherchant l'aide du Yan antérieur et du Qin antérieur.
Suite à la lourde défaite des forces de Huan, Yuan parvint à conserver Shouchun. Il mourut au printemps 370 et son fils, Yuan Qin (en), lui succéda. Les troupes de Huan, sous le commandement de ses généraux Zhu Yao et Huan Shiqian (en), vainquirent les forces du Yan antérieur et du Qin antérieur envoyées en renfort à Yuan Qin. À l'automne 370, Huan arriva lui-même à Shouchun et l'encercla. À ce moment-là, le Yan antérieur subissait une attaque majeure du Premier ministre du Qin antérieur, Wang Meng, et ses forces se retirèrent. Après la chute du Yan antérieur aux mains du Qin antérieur plus tard dans l'année, Shouchun connut une situation encore plus critique. Les forces de secours du Qin antérieur, envoyées au printemps 371, furent défaites par Huan. Ce dernier s'empara ensuite de Shouchun et massacra le clan de Yuan, ainsi que celui de son allié Zhu Fu.
Huan songeait depuis longtemps à s'emparer du trône Jin. Son plan initial était le suivant : s'il était parvenu à détruire le Yan antérieur, il serait retourné à Jiankang et aurait contraint le gouvernement impérial à lui conférer les neuf dons (en), ce qui lui aurait permit de monter sur le trône. Un jour, il consulta le devin Du Jiong, réputé pour ses prédictions justes, afin de connaître son avenir. La réponse de Du fut : « Tes accomplissements sont aussi grands que l'univers, et tu atteindras le plus haut rang parmi les sujets impériaux. » Ces mots désolèrent Huan, qui aspirait à plus qu'un simple sujet impérial.
Après avoir récupéré Shouchun, il demanda à Xi Chao si son humiliation à la bataille de Fangtou avait été effacée, et Xi Chao lui répondit honnêtement que ce n'était pas le cas. Ils élaborèrent alors une stratégie alternative pour mettre en valeur le pouvoir de Huan : destituer l'empereur Fei. Comme ce dernier avait été prudent et sans défaut, ils décidèrent de répandre des rumeurs selon lesquelles il était impuissant et incapable d'avoir des enfants, et que ses fils, nés de ses concubines Tian et Meng, étaient en réalité les fils biologiques d'hommes qu'il favorisait : Xiang Long, Ji Hao et Zhu Lingbao. Il se rendit ensuite dans la capitale et intimida l'impératrice douairière Chu, épouse de l'empereur Kang, afin qu'elle publie un édit qu'il avait rédigé, destituant l'empereur Fei. Ce dernier fut rétrogradé au rang de prince de Donghai, puis de duc de Haixi, et placé sous haute protection. Huan fit de son grand-oncle, Sima Yu, prince de Kuaiji, l'empereur (sous le nom de Jianwen), croyant apparemment que le caractère facile de Sima Yu serait aisé à contrôler. Parallèlement, il entreprit plusieurs actes destinés à la fois à terroriser les fonctionnaires impériaux et à affirmer son pouvoir : il déposa le frère de l'empereur Jianwen, Sima Xi, prince de Wuling, et fit exécuter de nombreux membres des clans Yin et Yu, pourtant respectés, sous de fausses accusations de trahison.
En 372, l'empereur Jianwen tomba malade et publia quatre édits successifs convoquant Huan à la capitale – signe évident de sa volonté de lui céder le trône – mais Huan refusa à chaque fois, croyant apparemment à un piège. De fait, l'empereur Jianwen avait initialement rédigé un testament stipulant : « Le grand maréchal Huan Wen sera régent selon le précédent établi par le duc de Zhou », et « Si l'enfant peut être assisté, assistez-le ; sinon, vous pouvez choisir vous-même (un autre succésseur) », reprenant ainsi les termes employés par Liu Bei, empereur fondateur du Royaume de Shu, lorsqu'il confia son fils Liu Shan à Zhuge Liang. Cependant, comme Huan n'était pas dans la capitale pour le confirmer, Wang Tanzhi a persuadé l'empereur Jianwen de déchirer le testament et de réécrire les instructions comme suit : « Toutes les affaires importantes seront soumises au Grand Maréchal, conformément aux précédents de Zhuge Liang et Wang Dao (en) », réduisant ainsi considérablement toute légitimité que Huan pourrait avoir s'il tentait de prendre le trône.
L'empereur Jianwen mourut peu après et son fils, Sima Yao, lui succéda en tant que prince héritier (sous le nom d'empereur Xiaowu). En l'absence de Huan dans la capitale, le pouvoir réel glissa rapidement entre les mains de Xie An et Wang Tanzhi, une situation qui déplut grandement à Huan. Ce dernier, de nouveau sollicité par l'empereur Xiaowu et l'impératrice douairière Chu pour assurer la régence, déclina l'offre. Il se rendit néanmoins dans la capitale en 373, et une rumeur se propagea selon laquelle il exécuterait Wang et Xie avant de s'accaparer le trône. Accueilli par Wang et Xie, il ne mit cependant pas à exécution les rumeurs qui couraient et, après sa visite au jeune empereur, retourna à sa base de Gushu (姑孰, dans l'actuelle Ma'anshan, Anhui). Tombé malade à l'automne 373, il confia les affaires de la capitale à son frère Huan Chong et mourut. Son domaine fut divisé en trois parties, gouvernées par Huan Chong, son frère Huan Huo (en) et son neveu Huan Shixiu. La loyauté de Huan Chong envers le gouvernement impérial permit d'apaiser les menaces d'usurpation. Malgré la joie secrète des fonctionnaires impériaux face à la mort, ce dernier fut inhumé avec les honneurs militaires.
Selon le Livre de Jin, Huan Wen se considérait comme l'égal de Sima Yi mais aussi de Liu Kun (en), et s'offusquait qu'on le compare à Wang Dun (en). Lors d'une expédition dans le nord, il sauva une vieille servante du nord, qui avait autrefois été au service de Liu Kun. La vieille servante se mit à pleurer en voyant Huan Wen ; celui-ci lui en demanda la raison. La vieille dame répondit : « Tu ressembles à Sikong (en) Liu (Liu Kun). » Fou de joie, Huan Wen ajusta ses vêtements et invita la vieille dame à le regarder une nouvelle fois. Cette fois, elle dit : « Tu as son visage ; dommage que le tien soit plus mince. Tu as ses yeux ; dommage que les tiens soient plus petits. Tu as sa barbe ; dommage que la tienne soit rousse. Tu as sa silhouette ; dommage que tu sois plus petit. Tu as sa voix ; dommage que la tienne soit plus féminine. » Après avoir entendu cela, Huan Wen se déshabilla et alla se coucher, et resta contrarié pendant plusieurs jours.
Yuan Hong (en) était au service de Huan lorsqu'il composa le Dong Zheng Fu (东征赋), poème qui commémore les nombreux Nordistes venus rejoindre la cour des Jin orientaux. Cependant, le poème ne mentionnait pas même une fois le père de Huan, Huan Yi. Fu Tao, ami de Yuan et également sous les ordres de Huan, l'exhorta à l'inclure ; Yuan se contenta de sourire sans répondre. Lorsque Huan Wen apprit cet oubli, il se mit en colère, mais, compte tenu de la réputation littéraire de Yuan, il n'osa pas l'interroger ouvertement. Un jour, Huan Wen partit en excursion en bateau et ordonna à Yuan de l'accompagner. Nombreux furent ceux qui, à bord, s'inquiétèrent pour Yuan. Après avoir navigué plusieurs li, Huan demanda alors à Yuan : « J'ai entendu dire que tu as composé le Dong Zheng Fu et que tu y as fait l'éloge de nombreux pionniers ; pourquoi as-tu omis mon père ? » Yuan répondit : « Je réfléchissais à la manière de m'adresser dignement à ton père. N'ayant pas encore pris de décision, je n'ai pas osé révéler ce que j'avais écrit. » Huan, toujours méfiant envers Yuan, demanda alors : « Qu'est-ce que tu comptais écrire ? » La réponse de Yuan émut Huan jusqu'aux larmes,,.
Consorts et problèmes :