Ignacio Zuloaga

Ignacio Zuloaga
En .
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
Madrid
Sépulture
Nom de naissance
Ignacio Zuloaga y Zabaleta
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Père
Conjoint
Valentine Dethomas, sœur de Maxime Dethomas
Autres informations
Membre de
Kurding Club (d)
Asociación de Artistas Vascos (d)
Académie du dessin de FlorenceVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Représenté par
Personne liée
Genre artistique
Influencé par
Distinction
Œuvres principales
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.

Ignacio Zuloaga y Zavaleta, né le à Eibar (Guipuscoa), et mort le à Madrid, fut l'un des plus importants peintres espagnols de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Portraitiste très prisé en son temps, il a également donné des images puissantes de tauromachie en Andalousie et de l'Espagne noire en Castille, notamment à Ségovie.

Biographie

Son père Plácido Zuloaga, descendant d'une lignée basque de céramistes et de ciseleurs - un aïeul dirigea la Real Armería (es) de Madrid -, lui-même remarquable damasquineur ayant eu une expérience parisienne de sculpteur animalier dans l'entourage de Jean-Baptiste Carpeaux et Antoine-Louis Barye, l'initie au dessin et à la gravure et lui fait découvrir la peinture espagnole au musée du Prado. Sa formation scolaire se fait en France chez les jésuites.

Cipriano Flogueras (es)

En 1889, après un séjour de six mois à Rome où il travaille dans l'atelier du sculpteur Cipriano Folgueras (es), il s’installe pour une décennie à Paris où il épousera Valentine Dethomas, sœur de Maxime Dethomas. « Adhérant pour quelque temps aux mouvements impressionniste et symboliste », il côtoie Paul Gauguin, Stéphane Mallarmé, Edgar Degas, Auguste Rodin, Charles Cottet, Santiago Rusiñol, fait connaître la peinture espagnole (notamment Le Greco) aux artistes français, reçoit l'influence déterminante d'Édouard Manet, et expose avec les postimpressionnistes à la galerie Le Barc de Boutteville. Il s'intéresse déjà aux personnages humbles (balayeurs, vagabonds, prostituées…) qu'il représente dans des harmonies froides.

En 1898, il découvre à Ségovie un univers qui marquera profondément et durablement son œuvre : une terre inhospitalière, aux types et coutumes archaïques. Il installe un atelier dans la ville, et achète en 1925 le château de Los Velasco dans le village médiéval de Pedraza.

Il était un grand aficionado des courses de taureaux, sujet qu'il représenta dans ses tableaux, réussissant même une fois à entrer dans l'arène. Son modèle favori était Agustina, la mère du matador Ignacio Rafael García Escudero « Albaicín ». Il a également eu pour modèle La Niña de los Peines en 1910.

Zuloaga, « qui reste imperméable aux innovations de son contemporain Pablo Picasso, aime à représenter le sang, la volupté et la mort, goût que lui ont légué ses prédecesseurs Diego Vélasquez, Francisco de Goya et surtout Le Greco, dont l'art a toujours suscité chez lui une admiration passionnée et envers qui il veut résolument rester fidèle ». Ses thématiques typiquement espagnoles, frisant souvent la caricature (paysages arides, processions rurales, portraits de manolas séductrices, toreros arrogants et pícaros misérables), ont connu beaucoup de succès dans une Europe avide d'exotisme, avant d'être récupérés par les nationalistes.

Évolution politique du peintre

D'un naturel indépendant, Zuloaga n'adhérait à aucune idéologie particulière et préservait toute son indépendance. Il avait pour ami Camille Mauclair, Paul Fort, Maurice Barrès, Charles Morice, puis José Ortega y Gasset, ainsi que Miguel de Unamuno. Mais après son séjour à Paris où il réside jusqu'au début de la fin de la Première Guerre mondiale, Ghislaine Plessier note un rapprochement avec une idéologie nationaliste dans les années 1920-1930 notamment dans sa correspondance avec Émile Bernard.

Les nationalistes ont utilisé son prestige international pour faire la propagande de l'Espagne franquiste, diffusant son œuvre dans des expositions à l'étranger : Venise en 1938, Londres en 1939. Malgré les bouleversements politiques, Zuloaga continue de représenter les figures marquantes de son époque et, entre avril et , il passe 20 jours avec Francisco Franco à l'Hôtel Ritz de Madrid pour réaliser son portrait.

Il s'éloigne ensuite progressivement de la scène publique pour se consacrer à la peinture de natures mortes.

Œuvre et style

La peinture de Zuloaga fut parfois des plus discutées en Espagne en raison de son caractère cru et dramatique, paradigmatique de l'« Espagne noire ». Le tableau Veille de course de taureau fut refusé par le jury espagnol de l'Exposition universelle de 1900. Mais La Victime de la fiesta connut un grand succès au Salon des artistes français en 1911, avec un article élogieux de l'historien d'art Camille Mauclair.

« On peut dire sans exagération qu'un cinquième de l'œuvre de Zuloaga est consacré à la tauromachie avec principalement des portraits individuels ou collectifs de toreros célèbres ou inconnus : La Famille du torero gitan, Portrait de Domingo Ortega, Portrait de Belmonte , et plus rarement de scènes de corrida : La Victime de la fiesta, Corrida à Eibar. »

Parmi les portraits de toreros les plus importants, on compte celui de son filleul, le fils d'Agustina, Albaicín qu'il fit poser en habit de lumières alors que le jeune garçon n'avait pas encore songé à être torero.

Il est l'auteur du portrait du collectionneur d'art Carlos de Beistegui. Ce portrait est exposé au Louvre, dans la "Salle Beistegui" au deuxième étage du pavillon Sully ; selon les volontés de son commanditaire ce portrait doit y être exposé en permanence au sein de l'importante et indissociable collection de tableaux de sa donation au Louvre. Zuloaga figure également aux musées d'Orsay ou de Castres.


Expositions

Expositions collectives

Expositions personnelles

Círculo de Bellas Artes, Madrid

Postérité

Le Portrait de la comtesse Mathieu de Noailles, réalisé vers 1913, est présent dans le livre Les 1001 tableaux qu'il faut avoir vus dans sa vie ; la critique Lucinda Hawksley l'y qualifie de « merveilleusement décadent ».

Église de San Juan de los Caballeros (Ségovie)

Dans sa ville natale d'Eibar, il existe un institut qui porte son nom et où on peut passer le baccalauréat et faire un cycle d'études.

Il existe des musées Zuloaga à Zumaia, Ségovie (dans l'ancienne église de San Juan de los Caballeros) et Pedraza (dans le château où le peintre avait installé son atelier).

Une exposition est présentée en 1990-1991 à Bilbao (Musée des Beaux-Arts), puis à Paris (Pavillon des Arts), Dallas (Meadows Museum), New York (Galerie Wildenstein) et Madrid (Bibliothèque nationale d'Espagne).

Représentations d'Ignacio Zuloaga

Réception critique

Jean Cassou
Villa-musée Ignacio-Zuloaga, Zumaia

Notes et références

  1. ↑ Zuloaga y Zavaleta est un nom espagnol. Le premier nom de famille, paternel, est Zuloaga ; le second, maternel, souvent omis, est Zavaleta.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 Jacques Busse, Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.14, pp. 939-941.
  3. 1 2 3 Camille Mauclair, « Ignacio Zuloaga », L'art et les artistes, 1er avril 1910, pp. 185-214.
  4. ↑ Notice biographique de l'Académie royale d'histoire
  5. 1 2 Les Muses - Encyclopédie des arts, Grange Batelière, 1974, vol.15, pp. 5191-5192.
  6. ↑ Rusiñol, Zuloaga et la redécouverte du Greco
  7. ↑ La Fraternité : journal hebdomadaire, 19 juin 1895.
  8. 1 2 3 4 Rétrospective à Bilbao
  9. ↑ Site du château, aujourd'hui musée Zuloaga
  10. ↑ Bérard 2003, p. 510
  11. ↑ Larousse 1989, p. 306
  12. ↑ Ghislaine Plessier, p. 234
  13. ↑ Le Musée de la Légion de Ceuta expose par exemple un portrait de José Millán-Astray : Site de l'Armée de terre espagnole.
  14. ↑ (es) Peio H. Riaño, « Le tabou de l'alliance entre Zuloaga et Franco, à nu », El País,‎ (lire en ligne).
  15. ↑ Sophie Monneret, p. 191
  16. ↑ Sophie Monneret, p. 192
  17. 1 2 Alvaro Martinez-Novillo, p. 150
  18. ↑ Tableaux de Zuloaga au musée d'Orsay.
  19. ↑ Les Amies, MNAC
  20. ↑ Deux cousines, Orsay
  21. ↑ La Naine, Orsay
  22. ↑ Nain Don Pedro, Tournai
  23. ↑ Anne Baldassari nom1 pages totales=524, La Collection Morozov, Editions Gallimard, (ISBN 978-2-07-290458-5), p. 512
  24. ↑ Mes Cousines, MNAC
  25. ↑ Ermite, Ermitage
  26. ↑ Gitane, Galerie Thiel
  27. ↑ Toreros de Village, Musée de la Reine Sofial
  28. ↑ Anachorète, Orsay
  29. ↑ Nain Gregorio, Ermitage
  30. ↑ Christ du sang, Musée de la Reine Sofial
  31. ↑ Barrès, Orsay
  32. ↑ Comtesse de Noailles, Bilbao
  33. ↑ Anita Ramirez, Brooklyn
  34. ↑ Ségovie, Cuba
  35. ↑ Émile Escande, « Le Salon de peinture de la Société nationale - Salle 21 », L'Œuvre d'art, 1er juin 1899, p. 85
  36. ↑ Raymond Bouyer, « Les Salons de 1912 », La Revue de l'art ancien et moderne, 1912, p. 361
  37. ↑ André Warnod, « Le Salon de la Société nationale des beaux-arts », Comœdia, 13 avril 1912, p. 2
  38. ↑ André Warnod, « Le 24e Salon de la Société nationale des beaux-arts », Comœdia, 12 avril 1914
  39. ↑ « La critique des arts et de la curiosité », La Gazette des beaux-arts, février 1912.
  40. ↑ Jeanne Doin, « Goya et les peintres espagnols modernes au Petit Palais », Gazette des beaux-arts, 1919, p. 263
  41. 1 2 Amanda Herold-Marme, Des artistes espagnols à Paris - Identités et engagements face à la guerre civile, CTHS / INHA, 2024.
  42. ↑ Ed. S., « Au jour le jour », Journal des débats politiques et littéraires, 13 avril 1895, p. 1
  43. ↑ M. N., « Lettre d'Espagne », L'art et les artistes, 1er octobre 1926, pp. 142-143
  44. ↑ « Londres : Zuloaga, Burlington Galleries », Occident - Le bimensuel franco-espagnol, n°29, 25 décembre 1938, p. 9.
  45. ↑ Sous la direction de Pilar Amanda Ramírez, Zuloaga, entre lo gitano y el flamenco, catalogue d'exposition, Hôpital royal de Grenade, 2022
  46. ↑ Lucinda Hawkley, Portrait de la comtesse Mathieu de Noailles, page 604, in Les 1001 tableaux qu'il faut avoir vus dans sa vie, traduit de l'anglais par Amandine de Chastaing, Cécile Giroldi et Anne Marcy-Benitez, Flammarion, 2007, (ISBN 9782081202603).
  47. ↑ Musée Goya, "Portrait d'Ignacio Zuloaga" dans les collections
  48. ↑ Jean Cassou, « La peinture en Espagne et en Amérique latine », L'Amour de l'art, 1934, p. 492.
  49. ↑ Pierre Leprohon, « Zuloaga » dans, sous la direction de Pierre Waleffe, La vie des grands peintres espagnols, éditions du Sud, Paris, 1965, pp. 362-365.
  50. ↑ Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, Paris, 1993, pp. 1048-1049.
  51. ↑ Maurice Barrès, Du sang, de la volupté et de la mort, Plon, 1894

Annexes

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Bibliographie

  • Amanda Herold-Marme, Des artistes espagnols à Paris - Identités et engagements face à la guerre civile, collection « L'art et l'essai », CTHS / INHA, 2024.
  • Javier Novo González, « Ignacio Zuloaga et son utilización por el franquismo », Ondare - Cuadernos de artes plásticas y monumentales, n°25, 2006, pp. 233-243.
  • Emmanuel Bénézit (article de Jacques Busse), Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol.14, Gründ, 1999.
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, éditions André Roussard, Paris, 1999.
  • Ghislaine Plessier, Ignacio Zuloaga et ses amis français, Paris, L'Harmattan, , 364 p. (ISBN 2-7384-3624-2, lire en ligne).
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, Paris, 1993.
  • Alvaro Martinez-Novillo, Le Peintre et la Tauromachie, Paris, Flammarion, , 255 p.
  • (fr) Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont, , 1185 p. (ISBN 2-221-05413-X).
  • Robert Bérard (dir.), Histoire et dictionnaire de la Tauromachie, Paris, Bouquins Laffont, , 1056 p. (ISBN 2-221-09246-5).
  • Dictionnaire de la peinture espagnole et portugaise du moyen-âge à nos jours, Paris, Larousse, , 319 p. (ISBN 2-03-740016-0).
  • (es) Enrique Lafuente Ferrari, La vida y el arte de Ignacio Zuloaga, Planeta, 1990 (troisième édition).
  • Mayi Milhou, Ignacio Zuloaga et la France, Université Bordeaux III, Bulletin hispanique, 1981, pp. 109-129 (consulter en ligne).
  • Les Muses - Encyclopédie des arts, vol.15, Grange Batelière, Paris, 1974.
  • Dictionnaire universel de l'art et des artistes (article de Thérèse Burollet), Hazan, Paris, 1967.
  • Sous la direction de Pierre Waleffe, La vie des grands peintres espagnols, éditions du Sud, Paris, 1965.
  • Jacques Lassaigne, La peinture espagnole de Vélasquez à Picasso, Skira, Genève, 1952.
  • Enrique Lafuente Ferrari, « Las ideas estéticas de Zuloaga », Revista de ideas estéticas, n°26, 1949, p. 136.
  • Pierre-Plessis, « Du côté de Zuloaga », Comœdia, 27 septembre 1925 (lire en ligne).
  • Camille Mauclair, « Ignacio Zuloaga », L'art et les artistes, 1er octobre 1924, pp. 185-214 (lire en ligne).
  • José Francès, « La peinture espagnole depuis le milieu du XIXe siècle », La Revue de l'art ancien et moderne, 1924, pp. 165-174 (lire en ligne).
  • J. Causse, « Espagne », L'art et les artistes, 1er avril 1910, pp. 134-135 (lire en ligne).
  • Paul Lafond, « Artistes contemporains : Ignacio Zuloaga », La Revue de l'art ancien et moderne, 1er juillet 1903, pp. 163-172 (lire en ligne).

Liens externes