| Imhotep | |||||
Statuette d'Imhotep, Paris, musée du Louvre. | |||||
| Nom en hiéroglyphe | |||||
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| Transcription | Jm-ḥtp | ||||
| Naissance | XXVIIe siècle av. J-C. |
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| Dynastie | IIIe dynastie | ||||
| Fonction principale | Architecte Grand des voyants Chancelier du roi |
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| Famille | |||||
| Père | Khanofer (architecte) ou Ptah | ||||
| Mère | Cheredou-ânkh | ||||
| Conjoint | Ronpetnofret | ||||
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Imhotep (« Ἰμούθης » en grec), dont le nom signifie « Celui qui vient en paix », est un personnage historique emblématique de l'Égypte antique. Ayant vécu au IIIe millénaire av. J.-C., il fut un homme aux multiples talents dont le principal était d'avoir été l'architecte du vaste complexe funéraire de Djéser (IIIe dynastie), première construction en pierre aussi grande. Il sera plus tard divinisé, devenant d'ailleurs le fils de Ptah.
Personnage longtemps connu uniquement par des attestations datées au plus tôt du Nouvel Empire, il fallut attendre les fouilles des complexes funéraires de Djéser puis de Sekhemkhet à Saqqarah pour découvrir les premières, et seules à ce jour, attestations contemporaines d'Imhotep. Il s'agit des documents suivants :

Ces éléments permettent de connaître certains titres portés par Imhotep au cours de sa carrière :
Aucun titre ne désigne Imhotep comme architecte, métier qu'il sera pourtant réputé avoir exercé dans les sources bien postérieures. Cependant, le titre de « maître-artisan des sculpteurs et des maçons » suffit à avaliser cette réputation de maître d'œuvre du complexe funéraire de Djéser, ainsi que celui probablement de Sekhemkhet comme l'indique le graffiti découvert dans son complexe funéraire.
Il est possible que d'autres attestations d'Imhotep aient été retrouvées en les empreintes d'un même sceau découvertes dans le complexe funéraire de Djéser. En effet, les sceaux étaient anonymes la plupart du temps. Le sceau découvert comporte trois titres en plus du serekh de Djéser répété trois fois :

Une autre attestation pourrait être un vase inscrit sur lequel plusieurs titres sont présents et qui correspondent à ceux d'Imhotep, à l'exception du suivant qui serait donc à ajouter à la liste si l'identification est correcte : « Prêtre-lecteur en chef ».

La documentation postérieure concernant Imhotep n'est attestée qu'à partir de la XVIIIe dynastie. Cependant, son lien avec Djéser et l'architecture en pierre s'est maintenu pendant cette longue période pendant laquelle le registre archéologique est muet. Les plus anciens documents datent du règne d'Amenhotep III et mentionnent des libations en son honneur, ce qui est une première étape vers sa divinisation. Les dédicants sont des scribes qui s'adressent à une sorte de saint patron aux qualités intellectuelles reconnues, puisqu'on lui attribue alors des compositions littéraires et des sagesses. C'est dans ce contexte qu'il a dû apparaître comme prêtre-lecteur et magicien dans le papyrus Westcar, même si son nom et toute une partie du récit présentent des lacunes.
Pendant la XIXe dynastie au plus tard, une parenté divine lui est accordée en tant que « fils de Ptah » (sȝ-Ptḥ), le patron des artisans, ce qui correspond parfaitement à son titre de « maître-artisan des sculpteurs et des maçons » qu'il porta de son vivant : un bassin à libations, sans provenance connue mais qui pourrait provenir d'un petit lieu de culte installé par Khâemouaset (quatrième fils de Ramsès II et restaurateur de plusieurs monuments de l'Ancien Empire dans la nécropole memphite, dont celui de Djéser) dans le complexe funéraire de Djéser même, montre le prince en question en train d'invoquer les dieux par l'intermédiaire d'« Imhotep le grand, le fils de Ptah ». En effet, l'inscription est la suivante : « Ô les dieux du Sud et les dieux de l'Ouest, venez en groupe, venez assemblés, et vous serez satisfaits de toute bonne chose qu'Imhotep le grand, le fils de Ptah, a faite pour vous. »
À partir de la XXVIe dynastie, Imhotep bénéficie d'un temple à Saqqarah encore non retrouvé. Les statues à son image se répandent, dont plusieurs centaines d'exemplaires en bronze ont été découverts. Imhotep est figuré assis, avec le long tablier des prêtres, la calotte emblématique de Ptah et le rouleau de papyrus déroulé entre les mains, sur lequel peut figurer la phrase suivante : « eau du pot à eau de tout scribe pour ton ka, ô Imhotep ». Son culte intégrait en effet depuis l'époque ramesside une libation accomplie à partir de pots de la forme de celui dans lequel le scribe trempe son calame.
À partir de la XXXe dynastie au plus tard, Imhotep devient un dieu guérisseur et le fondateur de la médecine égyptienne qui, selon la statue de Psentaïs (aujourd'hui au Vatican), « vient à tous ceux qui l'implorent, guérit la maladie, guérit les membres ». Il est alors associé, mais pas assimilé, à l'Asclépios des Grecs, avec lequel il partage plusieurs caractéristiques : origine humaine, pouvoir de guérison, attributs magiques.
Au début de la période ptolémaïque, l'historien égyptien Manéthon le crédite de la généralisation de l'utilisation de la pierre comme matériau de construction des temples et tombeaux funéraires, alors qu'ils étaient faits auparavant de briques de terre cuite.
Si le temple d'Imhotep à Saqqarah semble être le plus ancien, il a eu d'autres lieux de culte :
Dans l'ensemble de ces lieux, Imhotep pouvait y être vénéré comme l'inventeur des principes de l'architecture sacrée, consignés dans un ouvrage qui lui est attribué nommé « le livre de l'ordonnancement du temple » (s̆fd n(y) ss̆m ḥw.t-nṯr).
Imhotep était également vénéré hors d'Égypte comme le montre une statue naophore découverte à Pozzuoli en Italie, probablement dans un temple local dédié à Isis.