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(à 78 ans) |
| Nom dans la langue maternelle |
西島 伊三雄 |
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Isao Nishijima (西島 伊三雄, Nishijima Isao), né le à Hakata, dans la ville de Fukuoka et mort le ,, est un graphiste et illustrateur jeunesse japonais.
Ancien membre de la Nika Association, il est par la suite membre de la Japan Advertising Artists Club. Il est surtout connu pour avoir imaginé les symboles des stations de métro de la ville de Fukuoka, mais il a également réalisé des peintures murales, des monuments, ou encore conçu le packaging d'une marque de nouilles instantanées.
Isao Nishijima est l'une des rares personnnalités à avoir connu l'écrivain Seichō Matsumoto avant ses débuts. Si ce dernier était à la tête de la branche locale d'Ogura d'une association de graphistes, née après la guerre, Isao Nishijima était quant à lui à la tête de la branche de Fukuoka.
Isao Nishijima est le troisième fils d'une fratrie de sept enfants. Ses parents tiennent une auberge dans la vieille ville de Fukuoka, près de la gare de Hakata. Ils hébergent principalement des colporteurs qui viennent parfois d'aussi loin que les préfecture d'Osaka ou de Toyama. Le jeune Isao est ainsi en contact avec des dialectes et folklores régionaux.
Très jeune, il se passionne pour le dessin. Il reçoit de sa tante des crayons de couleur ainsi qu'un numéro du Shōnen Club, un mensuel destiné aux jeunes garçons. Ce magazine sera pour lui une grande source d'inspiration ; il se passionne plus particulièrement pour les illustrations, notamment celles de Kashō Takabatake, Katsuichi Kabashima, et surtout les scènes rurales et les enfants aux joues rouges dépeints par Shirō Kawakami. Il est également impressionné par les affiches de films peintes sur les devantures des cinémas.
Au printemps 1938, alors âgé de 15 ans et fraîchement diplômé, il intègre l'entreprise Toyota Zuansha en tant qu'apprenti et se forme au graphisme. L'entreprise réalise des affiches de théâtre ou de naniwa bushi, des flyers publicitaires ou encore des étiquettes de produits divers. Après 5 ans d'un dur apprentissage, il entre dans une agence de publicité liée au journal Asahi. Mais alors que la guerre du Pacifique a commencé, lui qui comptait déployer enfin toute sa créativité se retrouve à fabriquer des affiches pour soutenir l'effort de guerre.
À 20 ans, il passe un examen médical en vue de la conscription. Bientôt, il est affecté dans le premier corps de marine de Sasebo, au rang le plus bas. Près d'une semaine plus tard, il embarque sur un navire transport de troupe depuis le port de Kure, à Hiroshima, en direction du front en Asie du Sud-Est. Après plus de 3 mois, transitant par Taïwan, les Philippines, Java ou encore Singapour, le navire atteint sa destination finale : les îles Mergui, en Birmanie. Pendant deux ans, il mène la vie difficile d'un soldat de seconde classe, sans combattre une seule fois, avant que les Britanniques ne le fassent prisonnier de guerre. En , les prisonniers sont débarqués sur la péninsule Malaise et marchent 400km pour rejoindre le camp de Mudon. Nishijima réalise des croquis pendant le trajet, puis au camp, alors qu'il a contracté la malaria. Sans aucun matériel artistique, il dessine avec du charbon de bois et utilise du Mercurochrome, de la quinine ou de l'herbe broyée pour les couleurs. Il recevait semble t-il du papier en échange de portraits des locaux ou des soldats britanniques. Nishijima rentre au Japon en juillet de la même année, ses croquis cachés dans un double fond de son sac à dos. Pendant des années, se sentant coupable d'avoir pu dessiner alors que certains de ses compatriotes étaient morts au combat, il laissa ses "croquis de Birmanie" dans les tiroirs, jusqu'en 1983, année pendant laquelle une exposition de ces dessins est organisée dans le hall de la Nishi Nippon City Bank.
Dès 1947, il s'établit en tant que graphiste à son compte et fonde la Nishijima Zuansha. En 1951, ses oeuvres sont présentées dans le cadre de la création du département de design de l'association Nika, une importante association d'artistes japonaise. Il reçoit le prix spécial pour son affiche « La loterie » (宝くじ, takarakuji). Deux ans plus tard, il reçoit le prix de cette même association, dans la catégorie design, pour son affiche « Bateau postal » (日本郵船, Nihon yûsen). Par la suite, il fera lui-même partie du jury de certains concours, notamment celui de la catégorie design de l'association Nika.
Dans la veine de son amour pour les affiches de cinéma, Nishijima réalise également de nombreuses affiches de promotion touristique. La plus connue est celle pour la ville de Karatsu, qui obtint le grand prix (catégorie arts plastiques) au 8e concours international d'affiches touristiques.
À partir de la fin des années 1950, il occupera plusieurs postes dans l'enseignement. Dès 1958, en tant que chargé de cours à l'université de Saga.
On trouve de nombreuses œuvres de l'artiste disséminées à travers la ville :


En 1998, dans le parc Nokonoshima Island Park sur l'île de Nokonoshima, est inaugurée la maison-musée Warabe-kan (わらべ館). Y sont exposées des œuvres de l'artiste, notamment sur des portes coulissantes en papier blanc. On peut également visiter un bureau dans lequel Isao Nishijima aurait travaillé. Une boutique souvenir propose ses illustrations sous forme de cartes postales, panneaux décoratifs, éventails, livres... Ces produits sont également disponibles dans la boutique du musée Machiya, en plein centre de Fukuoka.
Isao Nishijimaa sera toute sa vie attaché à Hakata, le quartier historique de Fukuoka et cherchera à en préserver les traditions. À la fin des années 1940, certains festivals aujourd'hui emblématiques de la ville, comme le Dontaku et le Gion Yamasaka, sont remis au goût du jour.
Nishijima collaborera à plusieurs reprises avec des sanctuaires shintô. En 1954, par exemple, il réalise des cartes postales pour le sanctuaire Kushida.