Isostichopus

Isostichopus est un genre d'holothuries (concombres de mer) de la famille des Stichopodidae. Il regroupe quatre espèces des eaux tropicales et subtropicales peu profondes de l'océan Atlantique et du Pacifique Est.

Description

Ce sont des holothuries de taille moyenne à grande : Isostichopus badionotus atteint environ 45 cm de long, tandis qu'Isostichopus macroparentheses ne dépasse guère 13,5 cm en collection. Le corps, ferme, est arqué dorsalement et aplati ventralement ; la face dorsale porte des papilles coniques ou arrondies, et la face ventrale des podia disposés en trois bandes longitudinales. La bouche, ventrale, est entourée d'une vingtaine de tentacules peltés ; l'anus est terminal ou subterminal,.

Le squelette dermique se compose principalement de spicules en forme de tables et de bâtonnets en C. La taille et la forme de ces spicules, et en particulier des bâtonnets en C, comptent parmi les caractères qui distinguent les espèces : ils dépassent en moyenne 90 µm chez I. macroparentheses, dont les tables sont en outre presque entièrement réduites chez l'adulte.

La coloration est très variable au sein d'une même espèce, en particulier chez I. badionotus (brun, beige, gris, rose, orangé, jaune ou noir, uni, réticulé ou ponctué de taches sombres). Cette variabilité a longtemps brouillé la taxinomie du genre, plusieurs noms fondés surtout sur la couleur ayant été placés en synonymie.

Répartition et habitat

Le genre est présent des deux côtés de l'Atlantique et dans le Pacifique oriental :

Ces espèces fréquentent surtout les fonds sableux ou vaseux, les herbiers, les débris coralliens et les récifs, généralement entre la surface et une quarantaine de mètres de profondeur, même si I. badionotus a été signalée jusqu'à 183 m. Les juvéniles sont souvent cryptiques, cachés sous les débris ou dans les anfractuosités, et certaines espèces (I. maculatus) ont une activité surtout nocturne.

Systématique

Le genre a été créé en 1958 par l'holothurologue Elisabeth Deichmann, avec pour espèce type Stichopus badionotus Selenka, 1867, par désignation originale,.

Pendant la majeure partie du XXe siècle, I. badionotus a été considérée comme une espèce unique, très variable par sa couleur et largement répartie dans l'Atlantique, à la suite de la synonymisation par Hubert Lyman Clark (1922) de plusieurs formes décrites auparavant, dont Stichopus maculatus Greeff, 1882 de São Tomé. Des travaux moléculaires ont ensuite suggéré qu'il s'agissait d'un complexe d'espèces. En 2024, une révision du genre combinant ADN mitochondrial (gènes 16S et COI), motifs de coloration, anatomie, spicules et habitat a conduit Borrero-Pérez, Solís-Marín et Lessios à ressusciter I. maculatus, divisée en deux sous-espèces : la sous-espèce nominale, d'Atlantique Est, et I. m. phoenius, des Caraïbes, sympatrique de I. badionotus. Faute de matériel type retrouvé pour l'espèce de Greeff, les auteurs ont désigné un néotype provenant de l'île de l'Ascension. Cette révision a été intégrée au World Register of Marine Species en décembre 2024.

Liste des espèces

Selon World Register of Marine Species () :


Exploitation et conservation

Les espèces d'Isostichopus sont pêchées, le plus souvent en plongée, pour être transformées en bêche-de-mer (paroi du corps éviscérée, cuite et séchée), destinée principalement aux marchés chinois et hongkongais.

I. fuscus a fait l'objet d'une pêche intensive en Équateur, aux Galápagos, au Mexique et au Pérou, qui a conduit à des épuisements successifs de stocks et à des moratoires ; elle est classée « en danger » par l'UICN,. Elle est inscrite depuis le à l'annexe III de la CITES à la demande de l'Équateur.

I. badionotus est l'une des principales espèces commerciales des Caraïbes. Évaluée « préoccupation mineure » en 2010, elle a été reclassée « en danger » (critères A2bd) par l'UICN lors de sa réévaluation publiée en 2026, en raison d'un déclin estimé d'au moins 50 % sur trois générations sous l'effet de la pêche. I. maculatus est également exploitée, notamment au Liberia et au Cap-Vert, et atteint des prix parmi les plus élevés du genre sur le marché de Hong Kong ; I. m. phoenius, longtemps confondue avec I. badionotus, est pêchée et vendue avec elle.

Références taxinomiques

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Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (en) Steven W. Purcell, Alessandro Lovatelli, Mercedes González-Wangüemert, Francisco A. Solís-Marín, Yves Samyn et Chantal Conand, Commercially important sea cucumbers of the world, Rome, FAO, coll. « FAO Species Catalogue for Fishery Purposes » (no 6, Rev. 1), , 2e éd. (DOI 10.4060/cc5230en), p. 142-149
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Giomar H. Borrero-Pérez, Francisco A. Solís-Marín et Harilaos Lessios, « Understanding the color variability and resolving taxonomic confusion in the sea cucumber Isostichopus badionotus (Echinodermata, Holothuroidea): a revision of the genus Isostichopus », European Journal of Taxonomy, vol. 949,‎ , p. 1-96 (DOI 10.5852/ejt.2024.949.2641)
  3. 1 2 3 (en) M. Martinez et S. Purcell, « Isostichopus badionotus », sur The IUCN Red List of Threatened Species, (DOI 10.2305/IUCN.UK.2026-1.RLTS.T180519A272707175.en, consulté le )
  4. ↑ (en) Elisabeth Deichmann, « The Holothurioidea collected by the Velero III and IV during the years 1932 to 1954. Part II. Aspidochirota », Allan Hancock Pacific Expeditions, vol. 11, no 2,‎ , p. 249-349
  5. 1 2 (en) « Isostichopus Deichmann, 1958 », sur World Register of Marine Species (consulté le )
  6. ↑ World Register of Marine Species, consulté le .
  7. ↑ (en) A. Mercier, J.-F. Hamel, T.-G. Toral-Granda, J. J. Alvarado, E. P. Ortiz et M. Benavides, « Isostichopus fuscus », sur The IUCN Red List of Threatened Species, (DOI 10.2305/IUCN.UK.2013-1.RLTS.T180373A1621878.en)
  8. ↑ (en) « Isostichopus fuscus », sur Species+ (UNEP-WCMC, secrétariat de la CITES) (consulté le )