Isostichopus maculatus

Isostichopus maculatus
Description de cette image, également commentée ci-après
Isostichopus maculatus maculatus à São Tomé.
Classification WoRMS
Règne Animalia
Sous-règne Bilateria
Infra-règne Deuterostomia
Embranchement Echinodermata
Sous-embr. Echinozoa
Classe Holothuroidea
Sous-classe Actinopoda
Ordre Synallactida
Famille Stichopodidae
Genre Isostichopus

Espèce

Isostichopus maculatus
(Greeff (de), 1882)

Synonymes

  • Stichopus maculatus Greeff, 1882
  • Stichopus badionotus var. phoenius Clark, 1922

Isostichopus maculatus est une espèce d'holothuries, de l'ordre des Synallactida et de la famille des Stichopodidae.

Longtemps confondue avec Isostichopus badionotus, elle a été rétablie comme espèce distincte en 2024. Elle comprend deux sous-espèces : I. m. maculatus, de l'Atlantique Est et central, et I. m. phoenius, des Caraïbes et du golfe du Mexique.

Description

C'est une holothurie de taille moyenne : jusqu'à 22 cm pour la sous-espèce nominale et 26 cm pour I. m. phoenius. Au Liberia, les individus pêchés mesurent en moyenne 19 cm pour 180 g. Comme les autres Isostichopus, elle a un corps ferme, arrondi aux extrémités, convexe ou plus ou moins quadrangulaire en section ; de grandes papilles latérales coniques délimitent la face ventrale, couverte de podia cylindriques disposés en trois rangées. La bouche, ventrale, est entourée d'une collerette de papilles et de 20 grands tentacules peltés ; l'anus est presque terminal.

La coloration est extrêmement variable, et les deux sous-espèces partagent plusieurs motifs : fond rouge, orangé ou brun semé de grandes taches blanches irrégulières (souvent cernées d'un trait sombre), fond clair à taches sombres nettes ou floues, ou coloration unie. Les papilles, surtout latérales, sont marquées de lignes sombres spiralées de la base à la pointe.

Les spicules des papilles dorsales comprennent des tables, des bâtonnets en C ou en S, des plaques perforées et de grands bâtonnets courbes. Des bâtonnets vermiformes, abondants chez I. m. phoenius et plus rares chez la sous-espèce nominale, s'y ajoutent.

Distinction des deux sous-espèces

  • I. maculatus maculatus (Greeff, 1882) : tégument lisse et opaque, parsemé de petits points blancs en forme de granules, caractère déjà relevé par Greeff dans sa description originale ; au sommet des papilles dorsales, de grandes tables (58 à 86 µm de haut) et des tables modifiées dites « maculatus » (60 à 108 µm), les plus grandes du genre. Quatre motifs de coloration sont décrits, dont un vert sombre à papilles jaune clair qui rappelle le motif réticulé d'I. fuscus.
  • I. maculatus phoenius (Clark, 1922) : tégument semi-translucide et légèrement ridé ; petits points sombres entourés d'un halo clair et d'un fin trait sombre, sur les taches blanches ; lignes spiralées des papilles plus marquées. Certains individus sont unis, rouges, verts ou bruns, comme l'holotype, d'un rouge carmin vif.

Les deux sous-espèces diffèrent de 0,4 à 1,9 % selon les fragments d'ADN mitochondrial étudiés, contre plus de 8 % entre I. maculatus et les autres espèces du genre.

Distinction avec I. badionotus

I. m. phoenius vit aux côtés d'I. badionotus dans les Caraïbes et le golfe du Mexique, et les deux taxons sont pêchés et vendus ensemble. I. badionotus s'en distingue par sa plus grande taille (jusqu'à 45 cm), son tégument lisse et opaque chez l'adulte, l'absence de lignes spiralées sur les papilles et de bâtonnets vermiformes dans les spicules, ainsi que par ses mœurs : ses adultes vivent à découvert sur le sable et dans les herbiers. Les spicules ordinaires ne permettent pas de séparer les deux espèces, et seule la forme de la couronne calcaire les distingue parmi les caractères internes.

Répartition et habitat

Systématique

L'espèce a été décrite en 1882 par le zoologiste allemand Richard Greeff (de) sous le nom de Stichopus maculatus, d'après des spécimens de l'îlot de Rolas, à São Tomé. En 1922, Hubert Lyman Clark la plaça en synonymie de Stichopus badionotus, estimant la couleur sans valeur pour distinguer les espèces ; la même année, il décrivit sous le nom de S. badionotus var. phoenius un spécimen rouge carmin de Buccoo Reef, à Tobago.

En 2024, la révision du genre Isostichopus par Giomar Borrero-Pérez, Francisco Solís-Marín et Harilaos Lessios, fondée sur l'ADN mitochondrial (16S et COI), la coloration, l'anatomie, les spicules et l'habitat, a rétabli I. maculatus comme espèce à part entière. Les séquences des populations d'Atlantique Est s'insérant parmi celles de la forme caribéenne, phoenius a été élevée au rang de sous-espèce d'I. maculatus plutôt qu'à celui d'espèce. Le matériel type de Greeff étant introuvable, les auteurs ont désigné un néotype (USNM E16150) provenant d'English Bay, à l'île de l'Ascension, qui devient la localité type. Avant cette révision, les deux formes étaient déjà traitées comme des taxons distincts, sous les noms provisoires d'Isostichopus sp. « maculatus » et Isostichopus sp. « phoenius », dans le catalogue des holothuries commerciales de la FAO. La révision a été intégrée au World Register of Marine Species en décembre 2024.

Selon World Register of Marine Species () :

Relations à l'Homme

Pêche et commerce

Les deux sous-espèces font l'objet d'une pêche commerciale pour le marché asiatique de la bêche-de-mer.

I. m. maculatus a été pêchée illégalement au Cap-Vert jusqu'en 2021, date à laquelle un nouveau règlement a autorisé sa capture en plongée : 2,7 tonnes ont été récoltées entre décembre 2020 et avril 2021, et l'espèce se rencontrerait désormais surtout entre 30 et 40 m sous l'effet de la pêche. Au Liberia, où elle est récoltée par des plongeurs au narguilé sous licence depuis 2021, les captures sont passées de 130–150 à 50–60 kg par plongeur et par nuit entre 2016 et 2021. Très recherchée sur les marchés asiatiques, elle se vendait en moyenne 930 dollars américains le kilo séché à Hong Kong en 2022, pour un prix au pêcheur d'environ 1,75 dollar le kilo frais au Liberia.

I. m. phoenius est pêchée dans une grande partie des Caraïbes et du golfe du Mexique, en apnée ou en plongée, avec I. badionotus et sous son nom ; elle est donc soumise aux mêmes réglementations. Elle était vendue 358 dollars le kilo séché à Hong Kong en 2022.

Conservation

L'espèce n'a pas été évaluée par l'UICN : longtemps confondue avec I. badionotus, I. m. phoenius n'a jamais fait l'objet d'une évaluation propre, et l'évaluation de 2026 d'I. badionotus, classée « en danger », ne porte que sur l'Atlantique Ouest.

Références taxinomiques

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Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (en) Giomar H. Borrero-Pérez, Francisco A. Solís-Marín et Harilaos Lessios, « Understanding the color variability and resolving taxonomic confusion in the sea cucumber Isostichopus badionotus (Echinodermata, Holothuroidea): a revision of the genus Isostichopus », European Journal of Taxonomy, vol. 949,‎ , p. 1-96 (DOI 10.5852/ejt.2024.949.2641)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) Steven W. Purcell, Alessandro Lovatelli, Mercedes González-Wangüemert, Francisco A. Solís-Marín, Yves Samyn et Chantal Conand, Commercially important sea cucumbers of the world, Rome, FAO, coll. « FAO Species Catalogue for Fishery Purposes » (no 6, Rev. 1), , 2e éd. (DOI 10.4060/cc5230en), p. 146-149
  3. ↑ (de) Richard Greeff, « Echinodermen beobachtet auf einer Reise nach der Guinea-Insel São Thomé », Zoologischer Anzeiger, vol. 5,‎ , p. 158
  4. ↑ (en) « Isostichopus maculatus (Greeff, 1882) », sur World Register of Marine Species (consulté le )
  5. ↑ World Register of Marine Species, consulté le .
  6. ↑ (en) M. Martinez et S. Purcell, « Isostichopus badionotus », sur The IUCN Red List of Threatened Species, (DOI 10.2305/IUCN.UK.2026-1.RLTS.T180519A272707175.en, consulté le )