Jacob-Nicolas Moreau

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Jacob-Nicolas Moreau
Portrait dessiné au naturel par Augustin Pajou dans Mes souvenirs.
Fonction
Historiographe de France
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
ChambourcyVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Observateur hollandois, G. V. Vve D. V., Le Vieux notaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Rédacteur à
L'Observateur hollandois (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Jacob-Nicolas Moreau, né le à Saint-Florentin et mort le à Chambourcy, est un historien français.

Grand défenseur de l'Ancien Régime, il a pris, pendant près de quarante ans, une part active aux événements ainsi qu’à la politique intérieure et extérieure de la France. Comme historien, il a rédigé un grand nombre de mémoires et d'essais et créé un « dépôt des chartes » destiné à recueillir les textes officiels de l'histoire nationale. Sa doctrine a influencé les rois de la Restauration.

Biographie

Fils d'Edme Nicolas Moreau, avocats aux conseils, et d'Anne Ursule Gallimard, il devient précepteur dans une famille de la petite noblesse, puis avocat à Aix-en-Provence. En 1741, il devient conseiller à la cour des aides de Provence.

Pour suivre avec plus de liberté son goût pour les lettres, il quitte jeune la magistrature et monte à Paris, où il s’est bientôt fait connaitre par ses écrits, dans tous les genres : jurisprudence, histoire, philosophie, roman, poésie latine ou française. Dès 1734, étant à Paris, au collège de Beauvais, il compose une traduction en vers de l’Ancien et du Nouveau Testament que Colombat, imprimeur de la Cour, « lui paie bien. » En 1755, il rédige le périodique L'Observateur hollandois (d) Voir avec Reasonator qui durera jusqu'en 1759:197.

En 1757, fortement engagé contre les philosophes des Lumières, il publie son Mémoire pour servir à l'histoire des cacouacs tournant alors en ridicule les Encyclopédistes qu'il présente comme une tribu indienne, dont il aurait pendant quelque temps été le prisonnier avant d’être « naturalisé » par eux. Rousseau n’est pas non plus épargné, puisque, selon lui, l’anarchie serait une des maximes fondamentales des Cacouacs, « comme ils sont persuadés que c’est le hasard qui a réuni les individus de l’espèce humaine, destinés d’abord à vivre isolés dans les forêts. »

En 1764, il publie les Leçons de morale, de politique et de droit public puisé dans l'histoire de notre monarchie : Moreau défend le roi comme dépositaire de la justice, assurant l'équilibre entre les ordres et le fonctionnement harmonieux des institutions.

En 1765, il occupe à Paris un poste de jurisconsulte et rédacteur politique ("publiciste") au Ministère des affaires étrangères. En 1768, proche du fils de Louis XV, il devient précepteur du futur Louis XVI. En 1770, il soutient la « réforme Maupeou », considérant que seule la monarchie absolue peut réformer le royaume.

Nommé historiographe de France, en 1774, il est chargé de rassembler près du contrôle général les chartes, les monuments historiques, Les édits et déclarations qui avaient formé successivement la législation française, depuis Charlemagne jusqu’à son jours. Cette immense collection a été confiée à sa garde, sous le titre de Dépôt des Chartes et de législation. Il est ensuite le bibliothécaire et le confident de Marie-Antoinette. « apôtre du despotisme et du pouvoir arbitraire », il entreprend une œuvre cohérente pour faire triompher l'État de droit contre les coutumes et les inégalités, et entend justifier la légitimité de l'absolutisme attaqué par les parlementaires et les nobles.

Lorsqu’il voulait être agréable à certains de ses amis, il laissait imprimer quelques-uns de ses poèmes. Ainsi en 1781, il autorise l’impression d’un volume de poésies fugitives intitulées : Pot pourri de Ville-d’Avray, à la demande du comte de Périgord, mais à la condition expresse qu’il paraisse sans nom d’auteur.

Considéré comme l’un des plus féconds écrivains du XVIIIe siècle, il publie, en 1789, la synthèse de ses énormes recherches historiques et juridiques dans ses Maximes fondamentales du gouvernement français ou Profession de foi nationale renfermant tous les dogmes essentiels de notre symbole politique. Par sa tonalité religieuse, le sous-titre est révélateur de l'existence d'une idéologie contre-révolutionnaire avant 1789. Il s'agit de s'appuyer sur l'histoire et la tradition pour glorifier la monarchie française:200. Dans son Exposé historique des administrations populaires, il dresse un tableau, à la veille de la tenue des États généraux, du rôle et des pouvoirs des assemblées locales sous l'Ancien Régime.

En 1790, la Révolution française démet cet ardent défenseur de la cause royale de toutes ses fonctions, et lui retire toute la fortune que les structures de l’Ancien Régime lui avaient permis d’accumuler. En 1793, il est incarcéré à la prison des Récollets, à Versailles, mais survit, et en 1800, presque aveugle, il dicte encore, prose ou vers, avec une fraicheur d’idées, une sûreté de mémoire, que, seul, le travail journalier avait pu lui conserver, avant de mourir l’année de la vente de la Louisiane aux États-Unis.

Principaux ouvrages

Dans la littérature

Jacob-Nicolas Moreau est l'un des protagonistes des Adieux à la reine, roman de Chantal Thomas publié 2002.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 С. Н., « Notice sur Moreau : historiographe de France, bibliothécaire de la reine Marie-Antoinette, premier conseiller de Monsieur, frère du roi (depuis Louis XVIII) », dans Mes souvenirs, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie,‎ (OCLC 1441578187, lire en ligne sur Gallica), vii.
  2. 1 2 3 4 5 Bernard Hours, « Contre-révolution avant 1789 », Dictionnaire de la Contre-Révolution, sous la direction de Jean-Clément Martin, Paris, Perrin, 2011, p. 392.
  3. 1 2 Louis-Mayeul Chaudon, « Moreau (Jacob-Nicolas) », dans Dictionnaire historique, critique et bibliographique, contenant les vies des hommes illustres, célèbres ou fameux de tous les pays et de tous les siècles, suivi d'un dictionnaire abrégé des mythologies, et d'un tableau chronologique, t. 19, Paris, Ménard et Desenne, , 30 vol. 21 cm (OCLC 702326607, lire en ligne), p. 417.
  4. ↑ Nouveau mémoire pour servir à l'histoire des Cacouacs, Amsterdam [i. e. Paris], s.n., , vi-108 p., in-8º (OCLC 763385398, lire en ligne sur Gallica), p. 2.
  5. ↑ Joseph-Marie Quérard, « Moreau (Jacob-Nicolas) », dans La France littéraire, ou dictionnaire bibliographique des savants, historiens, t. 6, Firmin-Didot, , 647 p., 12 vol. ; in-8º (OCLC 2749167, lire en ligne), p. 288.
  6. ↑ Blandine Hervouët, Jacob-Nicolas Moreau, le dernier des légistes : une défense de la constitution monarchique au siècle des lumières, Paris, L.G.D.J., , xii, 592 p., in-8º (ISBN 978-2-27503-458-4, OCLC 432209608, lire en ligne), p. 20.

Bibliographie

Liens externes

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