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Jacques Antoine Maurice Marie Drillon |
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écrivain et journaliste |
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Jacques Drillon est un journaliste, écrivain, musicologue, critique littéraire et musical et verbicruciste français, né le à Paris 15e et mort le à Meaux,.
Il suit des études supérieures de lettres et de cinéma à Nancy et à Metz. Il est reçu docteur ès lettres (linguistique), avec La loi formelle et son influence sur la création artistique et littéraire sous la direction de Jacques Hennequin en 1993.
Entre 1997 et 1999, il enseigne la linguistique à l’université de Cergy-Pontoise, la stylistique à l'université Paris-VIII et donne des conférences occasionnelles à l’École polytechnique.
Il naît le , rue Blomet à Paris 15e.
De 1973 à 1975, pendant ses études supérieures, Jacques Drillon publie ses premières critiques de cinéma dans une feuille professionnelle locale, L'Écran lorrain, enseigne la musique dans un collège de Nancy et donne des leçons de piano et de flûte. Il est alors ténor dans l'ensemble vocal de Gérard Caillet, et au sein d'un quintette vocal spécialisé dans les madrigaux de Gesualdo. Il est d'abord technicien (son), puis acteur dans la « Troupe du bec de gaz », dirigée par Alain Lithaud, et qui joue à Nancy et dans les environs. Il se destine alors au cinéma : Grand Âge (16 mm N&B, coréalisateur : Alain Lithaud) ; Trois Plans (16 mm couleur) ; La Glace et le Fer (16 mm couleur et N&B, coréalisateur : Alain Lithaud).
En 1975, Jacques Drillon s’installe à Paris et devient producteur à Radio France (France Musique), sous la direction de Louis Dandrel. Il fait un stage de montage (son) à l'INA en 1976-1977, sous la direction de Maïc Chomel ; à la suite de quoi il l'enseigne brièvement au Conservatoire National Supérieur des Arts et Métiers[Information douteuse]. Il démissionne de France Musique en 1977.
En 1978, Jacques Drillon fait partie de la première équipe du Monde de la musique, mensuel nouvellement créé par Louis Dandrel. Entre 1982 et 1984, il est chef de service dans cette revue.
En 1981, il prend la succession de Maurice Fleuret à la rubrique musique classique du Nouvel Observateur, tout en publiant de plus en plus de critiques littéraires.
Entre 1983 et 1985, il est responsable de la rubrique musicale dans un magazine culturel hebdomadaire de TF1, Tintam'arts. En 1985, pour un numéro spécial de ce magazine consacré au tricentenaire de la naissance de Bach, il réalise une des rares interviews télévisuelles du claveciniste néerlandais Gustav Leonhardt, dans sa maison d'Amsterdam. Dix ans plus tard, il collabore irrégulièrement au Cercle de minuit de Laure Adler, où il présente l'actualité musicale.
Entre 1995 et 1997, il fonde et dirige la revue mensuelle Symphonia.
Il collabore à divers journaux et revues : Le Monde, Le Figaro, Libération, Diapason, Harmonie, la NRF, Théodore Balmoral, L'Infini...
Il prend en la succession de Robert Scipion, au Nouvel Observateur, à la rubrique Mots croisés, tout en poursuivant sa collaboration journalistique.
De à , il lit un début de livre différent chaque jour, en vidéo sur Bibliobs.com.
Entre janvier et , il donne au mensuel Books une chronique intitulée « Le mot clé ».
Chaque vendredi, jour du poisson, entre et le , soit pendant cinquante-deux semaines, il publie vingt Papiers décollés sur Bibliobs.com, brèves notations en hommage aux Papiers collés de Georges Perros, réunies en volume fin 2014 (Les fausses dents de Berlusconi, Grasset). Sur le même site, il met en ligne le Vingt-sept cartes postales à Alain Cavalier, courtes vidéos tournées l'été 2014 dans le style du cinéaste.
Le , officiellement le , il met fin à sa collaboration à L'Obs. Il crée un blog sur Bibliobs.com, où il commence la publication d'une nouvelle série de Papiers, les Papiers recollés, à raison d'une quinzaine de brèves chaque vendredi matin. La série s'achève le , et sera réunie en volume en 2020 (Le cul rose d'Awa, Du Lérot, 2020) ; une nouvelle s'enchaîne aussitôt, le , sous le titre de Papiers découpés, qui se clôt un an plus tard. Le , il quitte Bibliobs, et reprend la série sur le site de Pierre Assouline (La république des livres), sous le titre Les petits papiers.
Après avoir dirigé l'enregistrement intégral des symphonies de Beethoven transcrites par Liszt pour piano seul, projet que Jacques Drillon a porté et mené à bien chez Harmonia Mundi (avec Alain Planès,,, Georges Pludermacher,, Michel Dalberto, Paul Badura-Skoda, Jean-Louis Haguenauer, et Jean-Claude Pennetier), il continue jusqu’en 2004 d'exercer à l'occasion la fonction de directeur artistique pour cette marque (à ce jour, une trentaine de disques ont été réalisés sous sa direction, dont l'intégrale des sonates de Mozart et deux CD de pièces de Debussy par Georges Pludermacher, de tous les nocturnes de Chopin, d'œuvres de Beethoven, et de l'œuvre intégrale pour piano de Moussorgski par Brigitte Engerer, à laquelle Olivier Charlier se joint pour les sonates pour violon de Grieg, un disque Mozart avec le Quatuor Ysaÿe et l'altiste Hatto Beyerle. Il enregistre beaucoup avec Alain Planès : une intégrale Debussy, deux Scarlatti, trois Haydn et l'intégrale des sonates de Schubert). Une intégrale Debussy avec Jean-Louis Haguenauer est en cours chez d’autres éditeurs.
En , il donne au théâtre des Bouffes-du-Nord une semaine de cours publics d’interprétation, consacrés aux sonates pour piano de Beethoven.
Il donne de nombreuses conférences.
Pendant la saison 2011-2012, il est reçu tous les mois par la peintre espagnole Sofia Flores dans son atelier de Seine-et-Marne pour animer une sorte de salon musical, intitulé « La musique en questions », au cours duquel il répond à toutes les questions que lui pose le public.
Très préoccupé de transcriptions musicales, il publie chez Durand le Schwanengesang, de Schubert/Liszt, inédit depuis le XIXe siècle. Il réalise lui-même nombre de transcriptions :
J.S. Bach
Beethoven
Bruckner
Chopin
Haydn
Liszt
Mozart
Ravel
Schubert
Vivaldi / Bach
Wagner
Wolf
En 2005, paraît chez Accord/Universal un enregistrement de sa version pour alto et piano du Schwanengesang, d'après Schubert et Liszt.
Il crée en 2007, dans le cadre du Festival de Radio France et Montpellier, une série intitulée « Les grandes transcriptions » : cinq récitals (un ou deux pianos) qui devaient être publiés en CD (Accord/Universal). Cette série ne connaîtra qu'une saison, et aucun enregistrement n'a été publié à ce jour.
En 2010, il décide de prendre en dictée la totalité des transcriptions que Gustav Leonhardt a enregistrées des œuvres de Bach pour le violon seul et le violoncelle seul. Il contacte deux autres musiciens ; ils se partagent la tâche, et la mènent à bien. Les pièces sont gravées dans Finale. Quelque temps après l'achèvement de ce travail, il apprend que, contrairement à ce que portait la rumeur publique, les manuscrits de Leonhardt n'ont pas été détruits, et qu'un musicologue hollandais a commencé une édition officielle - publiée à l'automne 2017 (Bärenreiter).
Jacques Drillon crée et dirige, en 1992 et 1993, la collection Guillemets, chez Bernard Coutaz, qui reprend des pages choisies dans des œuvres longues, et comprendra huit titres publiés : Saint-Simon I et II, Hugo, Littré, Michelet, Proust, Buffon, Marcello.
Jacques Drillon est récitant, seul ou avec des partenaires musiciens (Jean-Louis Haguenauer, Alexis Galpérine, Brigitte Engerer, Cyril Huvé, la Simphonie du Marais, Stéphane Spira). Il a lu de la prose et de la poésie dans divers lieux de France (théâtre de Metz, d’Epinal, théâtre du Châtelet, Opéra Bastille, Halle Saint-Pierre, etc.). Il a fait une tournée avec des textes de Saint-Simon, une autre avec Proust. Au Festival d’Automne, il a été le récitant pour La Ralentie, nouveau mélodrame de Gérard Pesson d’après Michaux, et d’autres œuvres pour récitant et piano ou orchestre (direction Dominique My), notamment son propre texte, Le Culte des ancêtres, morts ou vifs, sur une musique de Gérard Pesson.
Il a lu sa Mort de Louis XIV au festival de la Chabotterie 2004, en Vendée, en compagnie de Marc Wolf (guitare baroque) ; en 2012 au château de La Houssière, dans l'Aisne. En 2015, avec la Simphonie du Marais et Hugo Reyne, il l'a donné à Olonnes, à la Chabotterie, à Sézanne, Marly-le-Roi et en 2016 à Verdelot (chez Liliane Mazeron). Ce même monologue a été mis en ondes par France Culture (réal. Michel Sidoroff), avec Jean Martin dans le rôle du roi.
Deux des trois textes formant son ouvrage Children's corner ont été lus de nombreuses fois par Sami Frey, en compagnie de Frederic Chiu (piano). Un de ces textes, Gustave, a été lu par Marie-Christine Barrault, toujours avec Frederic Chiu, au cours d'une tournée dans six grandes villes chinoises (2013).
Sa traduction du Roi Lear a été enregistrée par France Culture (réal. Jacques Taroni), avec Michel Galabru dans le rôle-titre, Yann Collette, Évelyne Didi, Denis Lavant, André Wilms et William Mesguich.
Il a animé un café littéraire mensuel à La Bohème, à Coulommiers, depuis jusqu'à la fermeture de l'établissement, en .
En 2003 Jacques Drillon consacre un livre, Face à Face, à sa relation avec son beau fils, Antoine Percheron. « Ce garçon n’était pas le sien, mais il l’avait élevé, aimé, lui avait appris à jouer du piano et au ping-pong, à faire du vélo et résoudre des équations, lui avait fait découvrir le cinéma de Bresson et la littérature de Bukowski, et il aurait voulu vieillir à ses côtés. »
Antoine disparaît dans des conditions dramatiques en , emporté par une tumeur au cerveau, un oligodendrogliome dont la caractéristique, comme son nom l'indique, est de pousser des racines au fond du cerveau. Il laissait derrière lui un texte inachevé intitulé Végétal, dans lequel il décrivait sa transformation en arbre, et qui commence ainsi : « Un jour, j’ai changé d’odeur. Je me suis mis à sentir le végétal. D'un coup. »
Jacques Drillon en assure la publication aux Éditions de L'Escampette. L’ouvrage remporte un grand succès critique et public (11 000 exemplaires en quelques semaines, onzième au palmarès des meilleures ventes).
Jacques Drillon ne se remettra jamais complètement de cette disparition, comme en témoigne cette dernière phrase de Face à Face : « Le sort n'aime pas les fins sentimentales. Il les veut plus nettes, plus définitives. Il s'est donc acharné. Tous les exemplaires de Végétal ont brûlé, six mois après parution, avec des milliers d'autres ouvrages, dans l'immense hangar de Gasny, dans l'Eure, où le distributeur conservait ses stocks. Après l’enterrement, l'incinération. Le sort voulait s'assurer qu'Antoine avait bien disparu de la surface de la terre. Le sort est très méticuleux. »
C'est de ce même oligodendrogliome que Drillon disparaît, vingt ans plus tard, le à l'âge de 67 ans.