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Enseignant (à partir de ), peintre, décorateur, designer, peintre décorateur, peintre verrier, graveur d'ex-libris, décorateur d'intérieur, vitrailliste, ébéniste, artiste |
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Jacques Gruber, né le à Sundhouse (Bas-Rhin) et mort le à Paris, est un maître-verrier, ébéniste et décorateur français.
Fils d'Émile Gruber, aubergiste, et de Madeleine Mathis, son épouse, Jacques Gruber naît en 1870 à Sundhouse — commune dont son grand-père paternel Jean-Jacques est maire de 1840 à 1873 — peu avant le début de la guerre franco-allemande.

Après la signature du traité de Francfort et l'annexion de l'Alsace-Moselle, les Gruber choisissent de quitter l'Alsace. Ils s'installent à Nancy en 1877. Ce n'est qu'en 1886 qu'ils retrouveront par décret la nationalité française, perdue en 1871.
En 1902, domicilié 5, rue des Jardiniers à Nancy, Jacques Gruber épouse Suzanne Jagielski. Ancienne brillante élève de l'École des Beaux-arts de Nancy, elle collabore avec son mari,. Le couple a deux fils : Jean-Jacques Gruber en 1904, futur maître-verrier ; Francis Gruber en 1912, futur peintre.
Jacques Gruber est le grand-père de Jeannette Weiss Gruber, maître-verrier, née en 1934. Celle-ci a déposé aux Archives des Monuments Historiques et de l'Archéologie (94220 Charenton-le-Pont) plusieurs dizaines de cartons de vitraux de son grand-père, qui constituent, avec les siens, le fond Gruber.
Élève du peintre Théodore Devilly à l'école municipale de dessin de Nancy, Jacques Gruber poursuit sa formation artistique à l'École des beaux-arts de Nancy, sous la direction de Jules Larcher. Une bourse de la ville de Nancy lui permet d'étudier à l’école des Beaux-Arts de Paris, où il a été reçu 22e sur 95 en 1890. Il y suit les cours de Gustave Moreau. Établi avec ses parents à Paris au 7 bis, rue Laromiguière, il est provisoirement dispensé du service militaire en raison de son statut d'étudiant.
En 1892 et 1893, tandis qu'il effectue son service militaire au 69e régiment d'infanterie, il expose un panneau décoratif en bois brûlé au Salon de Nancy, puis reçoit la première médaille au concours de composition décorative des Beaux-Arts (section peinture),,.
Jacques Gruber revient à Nancy en 1893 où il devient enseignant à l'École des beaux-arts, chargé du cours de « composition décorative, étude de la plante et stylisation ». Il compte parmi ses élèves Rose Wild, Frédéric Wielhorski ou encore Berthe Mouilleron.

Jacques Gruber est engagé en tant qu'artiste décorateur à la verrerie Daum de 1893 à 1897. Il est ainsi l'un des premiers à rejoindre le département artistique de la manufacture crée par Antonin Daum en 1891 dans le but de sortir des fabrications traditionnelles de gobeleterie bon marché pour orienter la production vers des créations plus artistiques. Jacques Gruber sera secondé par Henri Bergé dans ce poste en 1895.
Réalisant des décorations de vases pour la maison Daum, des meubles pour Louis Majorelle et des couvertures de livres pour René Wiener, il participe en 1894 à l'Exposition d'art décoratif et industriel lorrain, dans les galeries Poirel,.
Intéressé par toutes les techniques des arts décoratifs, il expose ses premiers vitraux Art nouveau en 1896. L'année suivante, il monte son propre atelier et participe à la création d’un cours du soir de dessin et modelage, destiné aux ouvriers d’art. En 1898, il est définitivement réformé de l'armée pour

« bronchite chronique, emphysème pulmonaire et asthme ». Au tournant du siècle, il se consacre pleinement au vitrail. Il est notamment l'auteur de vitraux pour la chambre de commerce et d'industrie de Meurthe-et-Moselle, la villa Majorelle et la villa Bergeret. On lui doit également la grande verrière des Galeries Lafayette de Paris. Mais ce n'est pas le seul Grand Magasin pour lequel il a travaillé. Il a en effet participé à la décoration des Magasins réunis de Nancy pour lesquels il réalise les baies du premier étage en verre gaufré orné de motifs végétaux mais aussi les vitraux du département bijouterie dans un style et des thèmes proches de l'estampe japonaise (motifs de paons, pommiers du Japon et papillons). Il devient par ailleurs en 1901 l'un des fondateurs de l'École de Nancy, dont il est membre du comité directeur.
En 1914, le déclenchement de la guerre l'oblige à cesser son activité à Nancy et il installe son atelier à Paris, au no 10 de la villa d’Alésia, ce qui lui permet de faire reconnaître son travail de décorateur auprès de plusieurs architectes parisiens. Après-guerre, il participe à la décoration du paquebot transatlantique Île-de-France, dont il conçoit l'éclairage, et crée de nombreux vitraux d'église pour remplacer ceux que le conflit a détruits.
Il reçoit la Légion d'honneur en 1924,. L'année suivante, il est nommé président de la classe du verre lors de l'Exposition des arts décoratifs.
Jacques Gruber meurt en 1936, en son domicile de la villa d'Alésia. Un de ses vitraux, intitulé Saint Laurent et les déshérités, est présenté à titre posthume dans le pavillon des vitraux, lors de l'exposition universelle de 1937 à Paris.
Il est considéré comme le maître-verrier le plus prolifique en vitraux de style École de Nancy.
Le critique René d'Avril décrit le travail de Gruber :
« Ondoyant et précis, un et multiple, Jacques Gruber résume assez et toujours avec bonheur, les dernières conquêtes de l'art décoratif lorrain d'aujourd'hui ».

De nombreux vases. Vase Tristan et Iseult, manufacture Daum, collection du musée des Beaux-Arts de Nancy.
Nombreux vases en grès cérame émail flammé à reflets métalliques, notamment Fougères (1904, Musée d'Orsay). Objets divers: pieds de lampes, encriers, balustres…
L'œuvre de Jacques Gruber comprend des tables, fauteuils, canapés, buffets, dessertes, bibliothèques, bureaux, vitrines, canapés… ainsi que de petits objets tels que coffrets, miroirs, plateaux, panneaux décoratifs.

