Georges Rouault

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Georges Rouault
Georges Rouault vers 1920
Naissance
Décès
(à 86 ans)
Paris (France)
Sépulture
Nom de naissance
Georges-Henri Rouault
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Représenté par
Mouvement
Mécène
Enfant
Geneviève Nouaille-Rouault (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Commandeur de la Légion d'honneur
Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand
Prix Paul Chenavard
Prix Fortin d'Ivry

Georges-Henri Rouault, né le à Paris et mort le à Paris, est un peintre et graveur français.

Biographie

Fils d'un ébéniste breton, Alexandre François Joseph Rouault, et d'une fruitière parisienne, Marie-Louise Champdavoine, Georges Rouault voit le jour dans une cave du no 51 de la rue de la Villette dans le 19e arrondissement de Paris au cours d'un bombardement des Versaillais. Son grand-père maternel lui fit découvrir l'art. En 1886, Georges Rouault devient apprenti chez le peintre de vitraux Émile Hirsch et suit les cours du soir de l'École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Employé par le même Hirsch de 1887 à 1890, puis en 1891, il est admis à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Jules-Élie Delaunay et, à la mort de ce dernier, entre dans l'atelier de Gustave Moreau où il côtoie Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Manguin, Albert Huyot, Pierre Marcel-Béronneau et Léon Lehmann auquel il restera très lié. Il participe à deux reprises sans succès au concours du prix de Rome, la première fois en 1893 avec Samson tournant la meule, pour lequel il obtient le prix Chenavard en 1894 et, en 1895, avec Jésus parmi les Saintes femmes, pour lequel il obtient le prix Fortin d'Ivry.

En 1898, il est nommé, selon les vœux du maître, conservateur du musée Gustave-Moreau, à Paris, dès son inauguration cette année-là. C'est pour lui une période difficile, sa famille part pour l'Algérie, et sa santé l'oblige à faire deux séjours en Haute-Savoie. En 1901, il fréquente l'abbaye de Ligugé et y fait la connaissance de Joris-Karl Huysmans.

Aux côtés des fauves, tels Henri Matisse, Albert Marquet ou André Derain, Georges Rouault participe au Salon d'automne de 1905. Il aborde des thèmes liés à une observation critique de la société : juges, avocats, salles d’audience, miséreux, émigrés, fugitifs, sont autant le reflet d'une révolte face à la misère humaine qu'un prétexte à des recherches sur les formes et les couleurs. Il a une influence sur le travail du sculpteur caricaturiste italien César Giris.

En 1904, il fait la connaissance de Léon Bloy dont l'œuvre le touche profondément et de façon durable. Quelques années plus tard, il fréquente à Versailles le philosophe catholique Jacques Maritain. C'est entre 1906 et 1907 qu'il commence à peindre des céramiques. Le , il épouse Marthe Le Sidaner (1873-1973, sœur du peintre Henri Le Sidaner), qui lui donnera quatre enfants.

Profondément catholique, il reconnaît dans cette humanité souffrante le visage du Christ qu’il recherche dans de nombreuses toiles évoquant sa Passion, à l'exemple du tableau Le Christ bafoué par les soldats (1932). Ce thème récurrent « perd son accent moralisateur pour prendre une nouvelle tension dramatique, dans un lyrisme fait d'abandon ascétique qui voit dans la splendeur de l'image une sorte de reflet céleste… ».

Dès 1910, les collectionneurs et les marchands reconnaissent la grande force de son œuvre, notamment Maurice Girardin ou Ambroise Vollard qui, en 1917, lui achète l'ensemble des toiles de son atelier, soit 770 œuvres. C'est en 1917 qu'il se lance dans la gravure, et 4 ans plus tard, en 1921, Michel Puy réalise sa première biographie.

En 1938, le Museum of Modern Art de New York fait une exposition de son œuvre gravé. C'est l'année suivante au mois de septembre qu'il s'installe à Beaumont-sur-Sarthe, qu'il quittera en juin 1940, pour y revenir de 1943 à 1946.

En 1946, après la mort de Vollard, il se trouve en procès avec les héritiers. Le tribunal lui reconnaît la propriété de ses œuvres.

Georges Rouault brûle 315 de ses tableaux en 1948 en présence d'un huissier.

Dans ces mêmes années, Georges Rouault entretient une correspondance épistolaire avec le peintre Jacques Duthoo qui s'inspire alors des travaux du maître.

Il arrête de peindre en 1957. Il meurt le en son atelier-domicile, au no 2, rue Émile-Gilbert dans le 12e arrondissement. Le gouvernement français lui fait des obsèques nationales à l'église Saint-Germain-des-Prés de Paris et il est inhumé au cimetière Saint-Louis de Versailles.

Son prestige en tant que coloriste et graveur n’a cessé de s’étendre, notamment au Japon et en Corée. Il est considéré comme l'un des peintres religieux les plus importants du XXe siècle.

Sa famille a fait une donation d'un ensemble de ses œuvres à l'État en 1963.

Son dernier atelier, installé dans un appartement près de la gare de Lyon, au 2, rue Émile-Gilbert à Paris, est conservé par sa famille dans l'état où il l'a quitté et sert de siège social à la Fondation Georges-Rouault. Volume, orientation (sud) et aménagement en font un atelier inhabituel.

Collections publiques

Peintures

Dessins

Estampes

Œuvres décoratives

Livres d'art

Autres publications

Réception critique

Citations

Salons

Expositions

Prix

Distinctions

Hommages

Établissement

Plaque à Beaumont-sur-Sarthe.

Philatélie

Notes et références

  1. ↑ Archives de Paris 19e, acte de naissance no 1633, année 1871 (vue 14/31) (avec mentions marginales de mariage et de décès)
  2. ↑ Stella Vespertina, Georges Rouault, 1947, et Enrico Crispolti, Georges Rouault dans la collection des « Grands Peintre série Chefs d'Œuvre de l'Arts », éditions Hachette, 1966.
  3. ↑ Archives de Paris 17e, vue 24, acte de mariage no 163, année 1908 (vue 24/31) (avec mention de la profession des époux)
  4. ↑ Enrico Crispolti, Georges Rouault dans la collection des « Grands Peintre série Chefs-d'Œuvre de l'Art », éditions Hachette, 1966, p. 6.
  5. ↑ Archives de Paris 12e, acte de décès no 524, année 1958 (vue 23/31)
  6. ↑ Registre des pompes funèbres payantes, année 1958 en date du 17 février (page 2/21)
  7. ↑ (en) The Incarnation, An Interdisciplinary Symposium on the Incarnation of the Son of God, p. 333, sous la direction de Stephen T. Davis, Daniel Kendall, Gerald O'Collins, Oxford University Press, 2004, (ISBN 0199275777 et 9780199275779).
  8. ↑ « Nazareth », sur mskgent.be, (consulté le )
  9. ↑ Dominique Brême et Mehdi Korchane, Dessins français du musée des Beaux-Arts d’Orléans. Le Trait et l’Ombre, Orléans, musée des Beaux-Arts, (ISBN 9 788836 651320), n°174
  10. ↑ « Le Clown blessé, carton pour tapisserie, 1932 - Georges Rouault », sur Fondation Georges Rouault (consulté le )
  11. ↑ Exposition : Miserere, Georges Rouault.
  12. ↑ Article sur le site du diocèse de Lyon.
  13. ↑ (en) « Georges Rouault. L'Œuvre magnifié : L'Art sacré et la modernité | Shiodome Museum », sur panasonic.co.jp (consulté le )
  14. ↑ Décoration remise par Henri Matisse.
  15. ↑ « Dossier de l'ordre de la Légion d'honneur de Georges Henry Rouault », base Léonore, ministère français de la Culture.
  16. ↑ Le premier timbre
  17. ↑ Le deuxième timbre
  18. ↑ Catalogue Yvert et Tellier, tome 1.

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrage

  • Dictionnaire Bénézit.
  • Fabrice Hergott (dirigé par), Georges Rouault : forme, couleur, harmonie, monographie, musées de Strasbourg, 2006 (ISBN 2-35125-040-0), 269 p.
  • Marc Restellini, Georges Rouault - Les Chefs-d'œuvre de la Collection Idemitsu, éd. Pinacothèque de Paris, 2008-2009, catalogue d'exposition.
  • Marc Restellini, Georges Rouault - Les Chefs-d'œuvre de la Collection Idemitsu, album de l'exposition, éd. Pinacothèque de Paris.
  • Collectif (Georges Rouault, Léon Lehmann, J.de Laprade, Georges Besson), Rouault, Le Point - revue artistique et littéraire, 1943, éditions Braun.
  • Lionello Venturi, Georges Rouault à New York, monographie avec 180 illustrations, réédition avec 202 illustrations, 1940 aux éditions Skira.
  • Georges Salles et Lionello Venturi, Georges Rouault, éditions de La Connaissance, nomb. ill., 1952.
  • Stephen Schloesser, Jazz Age Catholicism, Université de Toronto, Press 2005 (ISBN 0-8020-8718-3).
  • Albert Kostenevitch, Georges Rouault, (Russe), éditions de l'Hermitage, 2004 (ISBN 5-93572-141-4).
  • André Suarès, Georges Rouault, Rouault peintures inconnues ou célèbres galerie Charpentier, texte de Rouault extraits de lettres de Suarès, 1965.
  • Oihana Robador, Georges Rouault , EUNSA, 2004 (ISBN 84-313-2212-8).
  • Soo Yun Kang, Raoult in Perspective, Rowman & Litlefield Pub Group, 1999, (ISBN 15-730-9403-X).
  • Geneviève Nouaille-Rouault, Georges Rouault, mon père , Le Léopard d'or, 1998, (ISBN 28-637-7156-6).
  • Harry N. Abrams, Georges Rouault, 1997, édition USA, (ISBN 08-109-4697-1).
  • François Chapon, Rouault, Trnkvel, 1992, (ISBN 28-513-2016-5).
  • Fabrice Hergott, Rouault, chez Albin Michel, 1991, (ISBN 2-226-05438-3).
  • Fabrice Hergott, Rouault, Ediciones Poligrafa S. A., 1991 édition espagnole, (ISBN 84-343-0693-X).
  • Karin Müller, 100 crimes contre l'art, éditions de L'Écailler, 2012, (ISBN 978-2-36476-021-9).

Presse écrite

Liens externes

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