| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
René Karl Wilhelm Johann Josef Maria Rilke |
| Nationalités |
tchécoslovaque (à partir de ) autrichienne |
| Formation |
Université allemande à Prague (en) (à partir de ) Université Louis-et-Maximilien de Munich (à partir de ) |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
| Père |
Josef Rilke (d) |
| Conjoint |
Clara Westhoff (à partir de ) |
| Enfant |
Ruth Sieber-Rilke (d) |
| Parentèle |
Jaroslav von Rilke (d) (oncle) |
| Mouvement | |
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| Genres artistiques | |
| Site web |
(de) rilke.de |
Rainer Maria Rilke (/ˈʁaɪ.nɐ ma.ˈʁiː.a ˈʁɪl.kə/), né le à Prague en Royaume de Bohême (Autriche-Hongrie) et mort le à Montreux, est un écrivain austro-hongrois et autrichien.
Au terme d'une vie de voyages entrecoupés de longs séjours à Paris, il s'installe en 1921 à Veyras en Valais (Suisse) pour soigner la leucémie qui finira par l'emporter.
Poète lyrique voire mystique ayant beaucoup versifié en français à la fin de sa vie, il a également écrit un roman, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre et traduit des œuvres importantes de la poésie française et italienne en allemand.
René Karl Wilhelm Johann Josef Maria Rilke naît le à Prague,,, alors en Autriche-Hongrie, dans une famille qui le destine très rapidement à la carrière des armes. Il est le fils d'un employé des chemins de fer, Josef Rilke, et de sa femme Sophie, dite « Phia ». Entre 1886 et 1891, sa famille le place comme pensionnaire dans les écoles militaires de St-Pölten, puis Mährisch-Weisskirchen, puis il est renvoyé en pour inaptitude physique. Il étudie alors le commerce avant de revenir à Prague, où il exerce le métier de journaliste dans la presse germanophone. Rilke écrit déjà des poèmes et des nouvelles essentiellement.
Il passe son baccalauréat en à Prague et commence des études d'histoires de l'art et de littérature. En , il part pour Munich, entreprend aussi des études de philosophie.

En , il rencontre Lou Andreas-Salomé, qui a alors 36 ans. Leur amour enflammé se transforme progressivement en amitié réciproque et en admiration mutuelle, jusqu'à la fin de leur vie ; en 1897, elle lui fait changer son prénom de René Maria en Rainer Maria.
Il voyage en Italie puis en Russie avec Lou et son mari. Il rencontre à cette occasion, en , Léon Tolstoï. Il semblerait que, au contact de l'écrivain russe, Rilke soit devenu végétarien.

Rilke passe l'été à la colonie de Worpswede, rencontre la peintre Paula Modersohn-Becker et Clara Westhoff, sculptrice et ancienne élève d'Auguste Rodin.
En , il épouse Clara Westhoff ; le couple s'installe à Westerwede, près de Worpswede et de cette union naît une fille unique, Ruth. Le couple se sépare un an plus tard.
Entre et , Rilke séjourne pour la première fois à Paris, résidant 11, rue Toullier, pour y rédiger une monographie de Rodin. Il témoigne d’une grande admiration pour la méthode de travail du sculpteur, dont il rapporte une phrase célèbre dans une lettre à Clara :
« […] il faut travailler, rien que travailler. Et il faut avoir patience ! »

Cette période est également marquée par l’angoisse et un sentiment d’oppression que Rilke ressent au contact de Paris, entre autres à la vue des hôpitaux et de la misère. Il traduira ces impressions dans Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, qu’il commence à écrire quelques années plus tard (en et qu’il achèvera en ). Cette œuvre est considérée, aussi bien en raison de sa forme que de ses thèmes, comme le premier roman moderne de langue allemande.

De 1903 à 1904, Rilke séjourne avec Clara à Rome dans un atelier d'artiste situé dans la Villa Strohl-Fern, puis il voyage en Suède.
Dans la conclusion de sa Lettre au jeune poète Franz Xaver Kappus du , il exprime sa grande admiration pour l'ancien maître de son épouse : « S'il me fallait dire de qui j'appris quelque chose sur la nature créatrice, ses sources, ses lois éternelles, deux noms seulement me viendraient ; celui de Jacobsen, le grand, grand poète, et celui d'Auguste Rodin, ce sculpteur qui n'a pas son égal parmi tous les artistes d'aujourd'hui » (p. 29 de l'édition Grasset de 1978).
Il finit par revenir à Paris, où il devient entre 1904 et 1906 le secrétaire de Rodin à Paris et à Meudon (il avait publié en 1903 Sur Rodin, une monographie consacrée au sculpteur).
Remercié en à la suite d'une brouille, il voyage dans toute l'Europe et au-delà, de 1907 à 1910 : Afrique du Nord, Égypte, Berlin, Espagne, Venise, Aix-en-Provence, Arles, Avignon.
Il abandonne peu à peu la prose pour se consacrer à la poésie, plus apte selon lui à restituer les « méandres de l'âme ».
« Son extraordinaire sensibilité ne supportait pas que rien ni personne l'approchât de trop près, et tout particulièrement un caractère masculin très marqué excitait en lui une sorte de malaise physique. Il se donnait plus facilement aux femmes dans la conversation. Il leur écrivait souvent et volontiers, et il était plus libre en leur présence. »
— Le Monde d'hier. Paris ville de l'éternelle jeunesse, Stefan Zweig

En , il fait la rencontre décisive de la princesse Marie von Thurn und Taxis, née Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst, dans son château de Duino, alors en territoire autrichien, sur les bords de l'Adriatique. Elle l'héberge fréquemment et devient son mécène jusqu'en . C’est à Duino qu’il commence la rédaction de ses désormais célèbres Élégies de Duino, considérées comme l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre. L’écriture de ce recueil de dix élégies, empreintes d'une mélancolie lumineuse, passant du sentiment du terrible à l'apaisement le plus radieux, s’étend sur plus de 10 ans. Rilke l’achèvera une fois à Muzot, en .
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Rilke se trouve à Munich d’où il lui est impossible de retourner à Paris, alors son lieu de résidence. Les premiers jours du mois d’, comme bien des écrivains et intellectuels allemands, il exprime un certain enthousiasme dans les Cinq chants, qui présentent une image mythifiante de la guerre. Il rejette toutefois très rapidement cet élan d’enthousiasme pour déplorer cette guerre et s’enfermer dans un silence presque complet en ce qui concerne sa production poétique. En 1916, il est mobilisé dans l'infanterie, mais revient rapidement à la vie civile. De 1914 à 1916, Rilke entretient une liaison tumultueuse avec la peintre Lou Albert-Lasard.
À partir de 1919, il s'installe en Suisse et compose plusieurs recueils de poésies en français. Sitôt arrivé, il y retrouve Baladine Klossowska, qu'il avait connue en 1907 à Paris, avec son époux, Erich Klossowski. Elle vit à présent seule à Berlin, avec ses deux fils, Pierre Klossowski et Balthazar dit Balthus (le futur peintre). Elle a onze ans de moins que lui. Ils deviennent amants. Elle s'installe en Suisse, non loin de chez lui. Rilke se prend d'affection pour les deux enfants et encourage le talent qu'ils affirmeront l'un et l'autre, en effet, à l'âge adulte. C'est par son intervention auprès d'André Gide qu'est publiée la première plaquette de dessins intitulée Mitsou réalisée par Balthus à quatorze ans, illustrant les étapes de la recherche désespérée de son chat qu'il croyait perdu. Rilke préface et suit de près la fabrication de cette courte bande dessinée. La liaison de Rilke avec Baladine dure environ six ans.
En 1921, un industriel et mécène de Winterthour, Werner Reinhart (en), lui achète le château de Muzot (en), à Veyras (Valais), dont il fait sa résidence.
Il revient à l'hôtel restaurant Foyot au 33, rue de Tournon de janvier à , contacte Claire Goll qu'il avait connue en 1918 et qui avait refusé sa demande en mariage.
Il meurt des suites d'une leucémie le à la clinique de Val-Mont près de Montreux en Suisse,,. Il est inhumé à Rarogne dans le canton du Valais le .

« De tous ceux-là, aucun n'a peut-être mené une existence plus silencieuse, plus mystérieuse et invisible que Rilke [...] Rilke était difficile à atteindre. Il n'avait pas de maison, pas d'adresse où on eût pu l'aller quérir, pas de foyer, pas de demeure permanente, pas d'emploi. Toujours il était en route à travers le monde, et personne, pas même lui, ne savait d'avance de quel côté il tournerait ses pas. Par son âme sensible et impressionnable à l'excès, toute décision arrêtée, tout projet et toute annonce était déjà une charge. »
— Le Monde d'hier. Paris, la ville de l'éternelle jeunesse, Stefan Zweig
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(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs :)