Jean-Pierre Nandrin

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Jean-Pierre Nandrin
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Biographie
Naissance
Décès
(à 65 ans)
(Belgique)
Formation
Activité
Conjoint
Annie Eyckermans

Jean-Pierre Nandrin est un historien belge, spécialiste de l’histoire du droit et de la justice, connu pour son engagement dans le renouvellement de l’histoire sociale et ouvrière en Belgique.

Biographie

Il est né le 9 octobre 1947 à Stanleyville, c’est-à-dire durant la période du Congo Belge, aujourd’hui appelée Kisangani. Il est arrivé en Belgique après l’indépendance du Congo. Il a effectué ses études secondaires au collège Don Bosco de Woluwe-Saint-Lambert, en option gréco-latine.

Ses études

En 1965, il entame des études d’histoire à l'université catholique de Louvain, dont il sort avec une grande distinction. Dans le cadre de son master, il rédige un mémoire portant sur « les finances publiques de l’Ancien Régime, plus spécialement sur le domaine de Binche au XVIIIe siècle ». Treize ans après l'obtention de son diplôme en droit, il entreprend des études de droit. Ce n’est que vingt-cinq ans plus tard qu’il réalise un doctorat en histoire, obtenu en 1995, avec une thèse intitulée : « Homme et Normes. Le pouvoir judiciaire en Belgique aux premiers temps de l'indépendance (1832-1848)».

Sa carrière

Il prend part au groupe de recherche Clio 70, créé en novembre 1970, au sein duquel il a rencontré sa femme, Annie Eyckermans, une historienne également. De ce groupe de recherche est issu le Centre de recherche et de communication en histoire (CRCH), dont Jean-Pierre Nandrin est le cofondateur. Durant cette période, il a adhéré également au Centre d'histoire de l'écriture (CHEC).

Il a également travaillé dans son ancienne école secondaire, le collège Don Bosco, et a complété sa formation par l’obtention de l’agrégation de l’enseignement secondaire supérieur qu’il a obtenue en 1971. Il a enseigné à l'université Saint-Louis, aujourd’hui devenue l'UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, où il a d’abord été assistant, puis professeur, et pour finir doyen de la Faculté de philosophie, lettre et sciences humaines, ainsi que directeur de l'Institut d’étude européennes.

Dès 1977, il a participé à la création de l'exposition itinérante « Histoire ouvrière » et cofonde la CARHOP en 1980. Par ailleurs, ses recherches se sont orientées vers l’histoire du droit et de la justice, notamment à travers sa thèse. Il s’est aussi investi dans L’ASBL la Fonderie.

Jean-Pierre Nandrin est décédé des suites d'une maladie, le 5 décembre 2012.

Sa thèse

C’est entre 1989 et 1994, sous la direction de Philippe Godding, que Jean-Pierre Nandrin se consacre à la rédaction de sa thèse. Il se penche sur un sujet jusqu’alors peu exploré ; le pouvoir judiciaire aux premiers temps de l’indépendance de la Belgique. À travers ce travail de recherche, Jean-Pierre Nandrin démontre la manière dont ce pouvoir s’est construit politiquement, juridiquement mais aussi socialement.

Pour ce faire, l’historien multiplie les recherches. Il s’intéresse notamment à la première loi d’organisation judiciaire de Belgique, votée le 4 août 1832, dont il analyse les débats parlementaires. Il met ainsi en évidence que derrière ces simples lois « techniques » se cachent en réalité des enjeux politiques importants.

Jean Pierre Nandrin étudie également un second événement ; la nomination de 400 magistrats à la suite de l’arrêté royal du 4 octobre 1832. Il approfondit alors ses recherches et tente de recueillir les réponses à ses questions : « qui sont-ils, d’où viennent-ils et quelles sont leurs opinions politiques ? ». Cette investigation lui permet de dresser le profil de la magistrature de 1832 et de constater le lien étroit entre le choix de ces hommes et les partis politiques.

Le 10 février 1995, il défend sa thèse intitulée « Hommes et normes. Le pouvoir judiciaire en Belgique aux premiers temps de l’indépendance (1832-1848) ». Il y démontre que, bien que le pouvoir judiciaire soit essentiel au jeune État belge, notamment pour asseoir sa crédibilité face aux puissances voisines, il reste lié au pouvoir politique et son indépendance reste limitée et influencé par les hommes qui le composent. Grâce à cette thèse, Jean-Pierre Nandrin obtient un prix à l'Académie royale de Belgique ainsi que le prix Coppieters de Gibson des facultés de Saint-Louis.

Son apport culturel

Par la fondation du groupe Clio 70 en 1970 à Louvain, Jean-Pierre Nandrin, et d’autres historiens-enseignants ou étudiants de seconde licence en histoire, ont eu comme objectif de remettre en question la manière traditionnelle de faire de l’histoire. Les autres membres fondateurs étaient Guy Lemaire, Pierre-Paul Dupont, Guy Zelis, Pierre Sauvage, Jacques Degeye et enfin Albert d’Haenens, qui assuma la présidence du groupe. Ils voulaient, à travers le groupe Clio 70, faire une histoire qui puisse répondre aux besoins sociaux et ce en passant par la vulgarisation de l’histoire afin de la rendre accessible à tous, sans pour autant perdre de la rigueur scientifique dans leurs démarches. Les recherches menées par le groupe Clio 70 incluent notamment, dès 1971, l’analyse comparative des manuels scolaires européens quant à l’importance qui y est donnée à la religion et aux opinions idéologiques des auteurs, la réalisation d’un guide consacré au folklore de Belgique, élaboré selon des exigences et un respect comparable à l’étude de l’histoire plus académique, la publication d’albums sur les abbayes et les béguinages pour rendre l’histoire accessible ou encore des contributions à la revue Louvain sur la vie quotidienne des étudiants et professeurs à différentes époques.

Le groupe Clio 70 se penche ensuite sur la formation des historiens, créant à cet effet un Centre de recherche en communication en histoire, le CRCH, cofondé par Jean-Pierre Nandrin, lequel s’est occupé du domaine de travail et de recherches autour des « Images » comme sources historiques. Ce centre constituait un nouvel espace de dialogue, mêlant professionnels de l’histoire et étudiants, afin d’ensemble s’interroger quant à la pratique du métier d’historien et le rôle de l’histoire dans la société, et se concrétisait par un cours, des soirées-conférences et des séjours résidentiels, avant que la perte progressive de la coopération égalitaire n’entraîne le départ de plusieurs membres, dont celui de Jean Pierre Nandrin en 1978.

Le Centre d'animation et de recherche en histoire ouvrière et populaire (CARHOP) a été créé en 1977, dans un contexte où les Équipes populaires cherchaient à relancer l’engagement militant après les conséquences de la crise économique des années 1970. Dans cette optique, Guy Gossuin sollicita Jean-Pierre Nandrin, et par lui l’ensemble du groupe Clio 70 et le CRCH, afin d’organiser l’exposition « L’histoire ouvrière, c’est notre affaire » à la fin de l'année 1977, qui rencontra un succès et ouvrit la porte à de nouvelles expositions et événements sur l’histoire ouvrière et populaire. Par la suite, le CARHOP s’est constitué en ASBL le 28 mars 1980 et œuvre depuis lors principalement à la sauvegarde des sources liées à l’histoire ouvrière sous des formes variées, notamment écrites, iconographiques, sonores et filmiques, avec l’ambition d’en faire un outil de réappropriation historique pour les travailleurs. Parallèlement à la création du CARHOP, Jean-Pierre Nandrin a fait partie des activistes et des historiens ayant participé à la création du musée de la Fonderie. En effet, dans la foulée du succès de l’exposition « L’histoire ouvrière, c’est notre affaire », il a contribué à la réalisation d’un dossier sur la Fonderie du Vieux Molenbeek, destiné à défendre la sauvegarde du site et à soutenir les revendications locales. Cet engagement s’inscrivait dans sa volonté de mettre l’histoire au service de la société et mènera progressivement à la création du musée La Fonderie ASBL à Bruxelles (Molenbeek-Saint-Jean) en 1983, dont l’objectif est de préserver, étudier et valoriser le patrimoine industriel et ouvrier bruxellois, en le rendant accessible au public à travers la recherche, les archives et des activités éducatives.

Ses publications

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Ouvrages

Articles scientifiques

Notes et références

  1. 1 2 3 4 P-O., DE BROUX, A., HENDRICK et F., MULLER, Bio-bibliographie d’un homme hors norme, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis, 2019, p. 15
  2. 1 2 P., GODDING, "Jean-Pierre Nandrin", Bulletins de l'Académie Royale de Belgique, vol.8, no 1, 1997, p.67
  3. 1 2 3 Éric de Bellefroid, « Jean-Pierre Nandrin, une Histoire particulière », (consulté le )
  4. 1 2 3 4 P-O., DE BROUX, A., HENDRICK et F., MULLER, Bio-bibliographie d’un homme hors norme, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis, 2019, p. 16
  5. 1 2 P-O., DE BROUX, A., HENDRICK et F., MULLER, Bio-bibliographie d’un homme hors norme, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis, 2019, p. 17
  6. ↑ P-O., DE BROUX, A., HENDRICK et F., MULLER, Bio-bibliographie d’un homme hors norme, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis, 2019, p. 23
  7. 1 2 P-O., DE BROUX, A., HENDRICK et F., MULLER, Bio-bibliographie d’un homme hors norme, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis, 2019, p. 19
  8. 1 2 3 Éliane Gubin et Jean Puissant, « Jean-Pierre Nadrin (1947-2012) », (consulté le )
  9. ↑ P-O., DE BROUX, A., HENDRICK et F., MULLER, Bio-bibliographie d’un homme hors norme, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis, 2019, p. 30
  10. 1 2 3 4 P-O., DE BROUX, A., HENDRICK et F., MULLER, Bio-bibliographie d’un homme hors norme, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis, 2019, p. 20
  11. ↑ Jean-Pierre Nandrin, « Le judiciaire et le politique : Approche historienne de la fondation du pouvoir judiciaire de la Belgique contemporaine (1831-1848) », Revue interdisciplinaire d'études juridiques, vol. 34, nos 1995/1,‎ , p. 186 (lire en ligne)
  12. ↑ Jean-Pierre Nandrin, « Le judiciaire et le politique : Approche historienne de la fondation du pouvoir judiciaire de la Belgique contemporaine (1831-1848) », Revue interdisciplinaire d'études juridiques, vol. 34, nos 1995/1,‎ , p. 194 (lire en ligne)
  13. ↑ Jean-Pierre Nandrin, « La justice de paix à l'aube de l'indépendance de la Belgique (1832-1848) : la professionnalisation d'une fonction judiciaire », (consulté le )
  14. 1 2 3 M-T., COENEN, « Entre démarche historienne et éducation permanente. Hommage à Jean-Pierre Nandrin », Carhop, 2015, p.2
  15. ↑ M-T., COENEN, « Entre démarche historienne et éducation permanente. Hommage à Jean-Pierre Nandrin », Carhop, 2015, p.3
  16. 1 2 3 M-T., COENEN, « Entre démarche historienne et éducation permanente. Hommage à Jean-Pierre Nandrin », Carhop, 2015, p.4
  17. ↑ M-T., COENEN, « Entre démarche historienne et éducation permanente. Hommage à Jean-Pierre Nandrin », Carhop, 2015, p.5
  18. 1 2 M-T., COENEN, « Entre démarche historienne et éducation permanente. Hommage à Jean-Pierre Nandrin », Carhop, 2015, p.6-8
  19. ↑ « Centre d'animation et de recherche en histoire ouvrière et populaire » (consulté le )
  20. ↑ M-T., COENEN, « Entre démarche historienne et éducation permanente. Hommage à Jean-Pierre Nandrin », Carhop, 2015, p.7
  21. ↑ M-T., COENEN, « Entre démarche historienne et éducation permanente. Hommage à Jean-Pierre Nandrin », Carhop, 2015, p.1
  22. ↑ « Notre mission - La Fonderie » (consulté le )

Bibliographie

Liens externes