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Jean Antoine est un réalisateur de films pour la télévision belge, né le à Bruxelles et mort le à Paris. Il a également réalisé plusieurs séries internationales en coproduction avec des chaînes publiques européennes (Antenne 2, France 3, Arte, Rai 3, ZDF) et la chaîne publique japonaise NHK.
Jean Antoine est l’auteur de près de 200 films, pour la plupart consacrés à des artistes tels que Frans Masereel, Giorgio de Chirico, Yayoi Kusama, Andy Warhol, Marcel Duchamp, David Alfaro Siqueiros, Diego Rivera, Dado, Pierre Alechinsky, Richard Lindner, Pol Bury, Fernand Khnopff, Paul Delvaux, Tadao Andō ou Panamarenko, ainsi qu’à des écrivains tels que Roger Martin du Gard, Lawrence Durrell, Karen Blixen, Alberto Moravia, Georges Simenon, Léopold Sédar Senghor, Jean Ray, Philippe Sollers, Fernando Pessoa, Marguerite Yourcenar, Yasushi Inoue, Dominique Rolin, Hugo Claus, Kateb Yacine, J. M. G. Le Clézio ou Léon Tolstoï.
Il a également consacré plusieurs séries documentaires à de grands thèmes culturels, parmi lesquelles Il y a cinquante ans… les Ballets russes, Remontons à Dada, Les Soviétiques (treize épisodes, 1968-1969), Reconnaissance des musiques soviétiques, USA 200, itinéraires historiques (sept épisodes, 1976), Le Monde du Baroque (six épisodes, 1982-1983), Japon : le rêve et l’histoire (cinq épisodes, 1985) et L’Europe de la Toison d’or (quatre épisodes, 1988).
Jean Antoine est né le 8 septembre 1930 à Bruxelles. Sa mère, Nelly Craps, est flamande, tandis que son père, Georges Antoine, est wallon. Typographe de formation, il réalise les génériques de plusieurs films du cinéma belge. Il déclarera plus tard : « Je suis né dans le cinéma »
Après deux années passées à l’Université libre de Bruxelles, Jean Antoine se rend à Paris en 1952, où il s’inscrit en licence de lettres à la Sorbonne. Il y suit également les cours de l’éphémère section d’art dramatique dirigée par André Villiers, promoteur du « théâtre en rond ». L’année suivante, avec Georges Descrières, futur sociétaire de la Comédie-Française, il dirige la Compagnie théâtrale de la Cité universitaire. Ensemble, ils montent Christophe Colomb de Michel de Ghelderode.
Le 11 novembre 1953, au Flagey, Jean Antoine présente Le Grand Voyage, première émission de la « Télévision belge expérimentale ».
En 1956, le comédien Henri Billen prend la direction des services culturels du tout nouvel Institut national de radiodiffusion (INR), qui devient la RTB en 1960 puis la RTBF en 1977. Il confie à Jean Antoine et à Pierre Deschamps l’animation de l’émission Arts, Sciences et Lettres de Belgique.
Jean Antoine y interviewe notamment Louis Aragon, Jean-Louis Barrault et Stanislas Dotremont, puis, dans le cadre de l’émission Le Temps et les œuvres, Michel Butor, Maurice Carême et Elsa Triolet.
Il réalise ensuite, pour l’émission Les Carnets du temps présent, de courts entretiens avec François Maistre, Charles Trenet, Henri-Georges Clouzot, François Truffaut, Jean Marais et Hervé Bazin, entre autres.
En 1960, Jean Antoine lance Métamorphoses, une émission consacrée à l’art et aux artistes contemporains. En 1964, avec le critique d’art Pierre Restany, théoricien du Nouveau Réalisme, il réalise L’Aventure de l’objet, qui réunit Gérard Deschamps, Martial Raysse, Christo, Robert Malaval, François Dufrêne, Jacques Villeglé, Niki de Saint Phalle et Paul Van Hoeydonck. La même année est diffusé Dieu est-il pop ?, consacré à la naissance du pop art entre l’Europe et les États-Unis, avec René Magritte, Robert Rauschenberg, James Rosenquist, Pol Mara, Hervé Télémaque, Peter Foldes, Peter Klasen et Gerhard Richter.
En 1965, par l’intermédiaire de la galerie Sonnabend, Jean Antoine rencontre Jim Dine, qui lui présente Lee Bontecou, Roy Lichtenstein, Yayoi Kusama, Andy Warhol, Marisol Escobar et George Segal, artistes qu’il réunit dans L’École de New York. En 1967, un an avant la mort de Marcel Duchamp, il réalise un film consacré à l’artiste, diffusé en 1971.
Avec l’écrivain Daniel Gillès, Jean Antoine crée en 1963 l’émission littéraire La Bibliothèque européenne. Il y consacre des émissions à Karen Blixen, Nikos Kazantzákis, Roger Martin du Gard, Lawrence Durrell, Alberto Moravia et Georges Simenon, qu’il rencontre notamment dans son château d’Échandens, près de Lausanne.
Entre 1965 et 1967, avec l’émission La Rage d’écrire, Jean Antoine dresse le portrait de jeunes écrivains qui occupent alors le devant de la scène littéraire dans leur pays. L’émission est notamment consacrée à Miodrag Bulatović, Hugo Claus, Yaël Dayan, Jacques Godbout, J. M. G. Le Clézio, Françoise Mallet-Joris, Marcel Moreau, Philippe Sollers et Kateb Yacine.
En 1975, Jean Antoine lance Styles,, une émission consacrée à des artistes contemporains tels que Jean-Michel Folon, David Alfaro Siqueiros, Dado, Pierre Alechinsky, Fernando Botero, Richard Lindner, Reinhoud et Pol Bury.
La fin des années 1960 marque le début de plusieurs grandes séries documentaires. Avec le caméraman Fernand Tack et le preneur de son Albert Rupf, Jean Antoine et Philippe Dasnoy obtiennent l’autorisation de se rendre en Union soviétique. Ils y réalisent Les Soviétiques, une série de treize portraits de citoyens soviétiques. Cette série a fait l’objet de plusieurs rediffusions.
Le bicentenaire de l’indépendance des États-Unis, en 1976, donne lieu à la réalisation de USA 200, itinéraires historiques, une série en sept épisodes consacrée à la recherche de ce que signifie alors être Américain.
Après Nippon-No-Bi, Arts traditionnels du Japon (1978), les années 1980 sont marquées par plusieurs coproductions internationales, dont Le Monde du Baroque (1982-1983, six épisodes), Japon : le rêve et l’histoire (1985, cinq épisodes) et L’Europe de la Toison d’or (1988, quatre épisodes). Certaines de ces séries ont continué à être projetées après leur diffusion initiale, notamment Japon : le rêve et l’histoire.
À la suite d’une greffe de rein en 1993, la santé de Jean Antoine demeure fragile. Il meurt le 12 mai 2016 à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.
La présente filmographie est établie principalement d’après les archives de la Sonuma. La plupart des documentaires ont été réalisés pour la RTB (aujourd’hui RTBF), sauf indication contraire.