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Michel Marie François Butor |
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À partir de |
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Marie-Jo Butor (d) |
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La Modification, L'Emploi du temps, Degrés, Mobile (d) |
Michel Butor, né le à Mons-en-Barœul (Nord) et mort le à Contamine-sur-Arve (Haute-Savoie), est un poète, romancier, enseignant, essayiste, critique d'art et traducteur français.
Il est connu pour son roman La Modification (1957), ouvrage majeur du Nouveau roman, pour la part de son œuvre consacrée aux livres d'art, et pour ses travaux sur la littérature française.
Michel Butor, né à Mons-en-Barœul en 1926, emménage avec sa famille à Paris, rue de Sèvres, en 1929 et y suit ses études. Au début de la Seconde Guerre mondiale, durant la période connue sous l'appellation de « drôle de guerre », il suit ses parents à Évreux (Eure) où il est scolarisé au collège jésuite Saint-François-de-Sales. Après des études en littérature et en philosophie, il échoue à plusieurs reprises à l'agrégation de philosophie puis devient enseignant au lycée Stéphane-Mallarmé de Sens.
Il est professeur de langue française en Égypte en 1950 puis consacre l'année 1952 à la visite des grands musées européens. De 1954 à 1956, il vit en Grèce où il enseigne à la Mission laïque française (aujourd'hui Institut Français de Thessalonique). En 1956, il enseigne la philosophie, le latin, l’histoire et la géographie à l'école internationale de Genève, en Suisse.
En 1957, il publie aux Éditions de Minuit La Modification, roman écrit presque entièrement à la deuxième personne du pluriel (« vous »), pour lequel il reçoit le prix Renaudot.
À partir de la fin des années 1950, Michel Butor écrit des textes pour des pièces musicales d'Henri Pousseur (Votre Faust (1960-1968), Répons (1960-1965), Le Procès du jeune chien (1974-1978), La Rose des voix (1982), Déclarations d'orages (1989), Les Leçons d'enfer (1991), Le Sablier du Phénix (1993), etc.). Butor rompt avec l'écriture romanesque après Degrés (1960), avec la publication de Mobile en 1962 dans lequel il reconnaît avoir introduit l'hypertexte en littérature.
En 1960, il signe le « Manifeste des 121 », déclaration sur le « droit à l'insoumission » dans le contexte de la guerre d'Algérie.
En 1973, il fait publier Intervalle, ouvrage dans lequel apparaît un souci pédagogique du processus d’écriture qui l’habite alors depuis plusieurs années.
Il commence une carrière universitaire comme professeur de littérature à partir de 1960, tout d'abord au Bryn Mawr College, aux États-Unis, puis en France à l'université de Nice de 1970 à 1975 (il soutient une thèse de doctorat en 1971) et, finalement, à l'université de Genève de 1975 jusqu'à sa retraite en 1991,. À partir de 1989, il vit à Lucinges, un village de Haute-Savoie proche de Genève, dans sa maison baptisée A l'écart (sa villa précédente de Terra Amata à Nice s'appelant d'ailleurs Les Antipodes), transformée après sa mort en Musée Michel Butor.
En 2006 commence la publication de ses œuvres complètes en treize volumes par les éditions de la Différence sous la direction de Mireille Calle-Gruber.
En 2013 parait Le Long de la plage, un disque en collaboration avec le pianiste de jazz Marc Copland sur lequel Michel Butor récite ses textes,,,.
Le , il meurt à l'hôpital de Contamine-sur-Arve, dans le département de la Haute-Savoie, non loin de sa résidence, trois semaines avant son 90e anniversaire.
Depuis 2020, l'Archipel Butor, une bibliothèque patrimoniale dédiée aux livre d'artiste et sa dernière maison A l'écart ont ouvert leurs portes au public à Lucinges.
En 2026 l'Archipel Butor consacre une page aux événements organisés pour fêter le centenaire de sa naissance.
Michel Butor se marie en 1958 avec Marie-Jo Mas, née en 1932, qui a suivi des études de puéricultrice, avant de devenir répétitrice à l’école internationale de Genève puis photographe à partir de 1989. Elle meurt en 2010. Le couple a eu quatre filles.
Après avoir essayé dans ses premiers livres de concilier à la fois un certain détachement de la forme traditionnelle du roman et une volonté de représenter le monde contemporain, se rattachant ainsi au groupe du Nouveau Roman (Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet, Samuel Beckett, Jean Ricardou, Robert Pinget, Claude Simon), il choisit des formes nouvelles expérimentales, à partir de Mobile, grand ouvrage fait de collages divers (encyclopédies américaines, descriptions d'automobiles, articles de journaux, etc.) pour essayer de rendre compte de la réalité étonnante des États-Unis contemporains.
Cette volonté d'expérimentation pour représenter le monde se retrouve dans tous ses ouvrages, qu'il s'agisse de récits de voyages (série Le Génie du lieu), de récits de rêves (Matière de rêves), ou de ses très nombreuses collaborations avec des peintres et des artistes contemporains (recueillis dans la série des Illustrations). Ce travail avec les peintres a peu à peu finit par constituer un nouveau plan de ses interventions littéraires par son approche « sur », « avec » puis « dans » la peinture. Le texte critique des débuts (pour mémoire sa première critique d'art consacrée à Max Ernst date de 1945) a fini par se trouver remplacé par une myriade d'ouvrages à tirage plus ou moins limité qui questionnent la notion d'œuvres croisées.
Il a ainsi collaboré avec un très grand nombre de plasticiens pour réaliser des livres-objets et des livres d'artiste, notamment Gregory Masurovsky.
Il a délaissé le genre du roman proprement dit depuis les années 1960. Outre l'écriture de nombreux essais, il pratique divers genres qui s'apparentent à la poésie. Dans un entretien, Michel Butor affirme que sa prédilection tardive pour le genre essayistique s'est accompagnée de la mise au rancart de sa pratique romanesque :
« Lorsque j'ai commencé à publier, j'ai pensé pendant un certain temps que je pourrais tout mettre dans le roman. Mais je me suis rendu compte assez vite que, tout en écrivant des romans, j'écrivais aussi des essais. »

Butor est un des auteurs les plus prolifiques du monde littéraire ; il a lui-même recensé 1 400 œuvres de son cru.
Michel Butor collaborait régulièrement avec des peintres pour réaliser des livres d'artiste ou des « livres pauvres » ; leur nombre approche les 1 500 titres. Ils sont parfois nommés « livres manuscrits », en ayant la caractéristique d’être presque des « éditions quasi clandestines ».
Un inventaire établi pour la Bibliothèque nationale de France par Marie Minssieux-Chamonard est accessible en ligne et recense les livres d'artistes imprimés. Il comporte plusieurs fascicules: