Jules Roy

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Jules Roy
Biographie
Naissance
Décès
(à 92 ans)
Vézelay (France)
Sépulture
Nationalité
Domicile
Vézelay (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Conjoint
Tatiana (décédée en 2012)
Autres informations
Membre de
Arme
Grade militaire
Conflit
Distinction
Œuvres principales
  • La Vallée heureuse (1946)
  • La Guerre d'Algérie, Julliard, 1960 ; Christian Bourgois, 1994.
  • La Bataille de Dien Bien Phu, Julliard, 1963 ; Albin Michel, 1989.
  • Les Chevaux du soleil: Chronique d'Alger, Grasset, 1967, 6 vol. ; édition en un volume, Omnibus, 1995.
  • Mémoires barbares, Albin Michel, 1989.
  • Vézelay ou l'Amour fou, Albin Michel, 1990.
Vue de la sépulture.

Jules Roy, né le à Rovigo (actuellement Bougara en Algérie) et mort le à Vézelay dans l'Yonne (France), est un officier de l'armée française et écrivain.

Biographie

Jules Roy est né à Rovigo et a passé son enfance à Sidi Moussa dans la famille paysanne de sa mère, née Pâris, au sein de laquelle on lui cachera sa bâtardise issue de la relation extraconjugale de sa mère avec l'instituteur du village,. D'abord lycéen au séminaire durant 8 années, il devient officier tirailleur algérien en AFN avant de passer dans l'Armée de l'Air en France avant la guerre. Il est à 20 ans séduit par Maurras, et les idées de l'Action Française,.

Après la défaite de 1940 et le bombardement de Mers El Kébir par la marine britannique, il demeure fidèle à Pétain,, et publiera, en 1940, le livre : La France sauvée par Pétain,,, dans lequel il affiche pleinement son adhésion vichyste. Toutefois, après le débarquement des Alliés de novembre 1942 en Afrique du Nord, il accepte la fusion avec la France libre de De Gaulle et part pour la Grande-Bretagne où il combattra dans la Royal Air Force, comme commandant de bord dans le groupe de bombardement Guyenne. Durant cette période il va effectuer 36 missions de bombardement de nuit, en particulier au-dessus de la vallée de la Ruhr en Allemagne,; épisode de sa vie qui lui inspirera son roman La Vallée heureuse qui lui vaudra de gagner le prix Renaudot 1940 décerné en 1946, ainsi que quinze jours d'arrêt de rigueur de la part de sa hiérarchie militaire qui a peu apprécié le livre. Il participe à la guerre d'Indochine comme officier de communication, mais en , jugeant que l'armée française se déshonore par ses méthodes dans cette guerre,, il la quitte en démissionnant avec le grade de colonel.

Il se tourne alors pleinement vers la littérature. Après la mort de son ami Albert Camus dont il admirait les qualités intellectuelles,, il dénonce publiquement la guerre d'Algérie, et ses atrocités. Durant la période de la guerre d'Indochine et d'Algérie, il collabore au magazine L'Express avec l'appui de Jean Daniel, qu'il quitte après être entré en conflit avec le fondateur et directeur du journal Jean-Jacques Servan-Schreiber.

En 1970, il est candidat malheureux à l'Académie française.

En 1978, Jules Roy s'installe à Vézelay, au Clos du Couvent, face à la basilique. Il y passera les vingt dernières années de sa vie, continuant d'écrire, résumant sa vie et son œuvre, recevant ses amis, dont le président François Mitterrand qui l'éleva à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur en 1990. Il développa sur la fin de sa vie une vénération quasi mystique pour sainte Marie-Madeleine, patronne de la basilique.

Jules Roy est mort et enterré à Vézelay. Après sa mort, sa maison est devenue une maison d'écrivain, labellisée « Maison des Illustres » et un centre littéraire où l'on organise des soirées littéraires et expositions. Un étage est réservé aux écrivains en résidence. Le public peut visiter les jardins et le bureau de l'écrivain, conservé en l'état. Il y parlait avec Serge Gainsbourg, qui a passé les 6 derniers mois de sa vie, chez le chef Marc Meneau à l'hôtel L'Espérance.

Maison de Jules Roy à Vézelay.
Tombe de Jules Roy à Vézelay.

Le parcours intellectuel

Le parcours intellectuel de Jules Roy a été fait de plusieurs retournements d'opinion, du séminaire à l'Armée, de Pétain à de Gaulle, de l'Algérie française à l'Algérie indépendante. Jules Roy a eu un parcours à droite dans sa jeunesse, admirateur de l'Action française, de Maurras, puis de Pétain au moment de la défaite de 1940, avant de troquer son engagement vichyste contre un engagement gaulliste. Il s'est engagé auprès des Forces françaises libres, après avoir lu Le Fil de l'épée de Charles de Gaulle.

Dans Le grand naufrage, chronique du procès de Pétain, Jules Roy a écrit ne pas s'être rendu compte de ce que représentait l'engagement vichyste et avoir le sentiment, en étant resté fidèle à Pétain, d'avoir été « blousé » et de partager avec ses camarades de l'époque un certain silence honteux sur cette période de l'armée française. Son parcours intellectuel, après l'armée, a été très marqué par sa rencontre avec Albert Camus dont il admirait l'intelligence et qui lui a fait prendre conscience de la question coloniale en Algérie. Son engagement en faveur de l'indépendance de l'Algérie lui vaut des menaces de mort envoyées par l'OAS. Son engagement anti-colonial s'était déjà affirmé lors de la guerre d'Indochine où il lui fut reproché un certain communisme. Cela ne le conduit pas, en tout cas, à approuver la pratique maoïste du communisme pour laquelle il affiche clairement son aversion tant du fait de l'embrigadement des foules qu'elle entraîne que face au culte de la personnalité voué au Grand Timonier, culte dont il fut un témoin oculaire.

Jules Roy a été perçu par certains critiques, et s'est reconnu lui-même, comme un « exalté » et un « provocateur ». Sur le plan littéraire, une autre rencontre fut importante dans son évolution, celle de Jean Amrouche, lequel l'accompagna dans ses premiers pas d'écrivain.

Prix littéraires

Décorations

Œuvres

Romans
  1. Les Chevaux du soleil, Grasset, 1967.
  2. Une femme au nom d'étoile, Grasset, 1968.
  3. Les Cerises d'Icherridène, Grasset, 1969.
  4. Le Maître de la Mitidja, Grasset, 1970.
  5. Les Âmes interdites, Grasset, 1972.
  6. Le Tonnerre et les Anges, Grasset, 1975.
Intégrales
Récits
Essais
Poèmes
Théâtre
Conte
Pamphlet
Article de journal
Cinéma
Avec Jean Amrouche

Notes et références

  1. ↑ José Lenzini, Jules Roy, le céleste insoumis, Editions du Tell, 2007, Blida, Algérie
  2. 1 2 3 4 5 6 « Article du magazine Regards, "Jules Roy : " Les miens vont rester à Sidi Moussa sans que jamais personne vienne les voir? Nom de Dieu ! Je vais leur porter des roses. "", du 1er septembre 1998, entretien de l'auteur avec Aïcha Belhalfaoui » [archive du ], sur regards.fr via Internet Archive.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 « Article en ligne de l'Encyclopaedia Universalis, entrée Jules Roy par Guy Dugas », sur universalis.fr.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Article du journal Libération, « Jules Roy dans sa vallée heureuse », du 16 juin 2000
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Article paru dans le Magazine L'Express, « Les vérités du Roy Jules », du 5 mars 1998 », L'Express,‎ (lire en ligne).
  6. ↑ Jules Roy, La France sauvée par Pétain, P&G Soubiron, .
  7. 1 2 « Article de Guy Dugas pour le site internet des Archives de France » [archive du ], sur archivesdefrance.culture.gouv.fr via Internet Archive.
  8. ↑ Jacques Cantier, Jules Roy, l'honneur d'un rebelle, Editions Privat, 2001, p. 68
  9. ↑ (en) « Torture, French » [« Torture, Français »], Le dictionnaire de la Guerre d'Indochine, sur uqam.ca, Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal, Canada (consulté le ).
  10. 1 2 3 « Article paru dans le magazine L'Express, « Jules Roy l'ermite de Vézelay », du 1er mars 1995 », L'Express,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ « Calames », sur abes.fr.
  12. ↑ Jacques Cantier, Jules Roy, l'honneur d'un rebelle, Editions Privat, 2001, p. 117
  13. ↑ Journal Le Monde du mardi 17 juillet 1990 p 17
  14. ↑ Julie Raton, Vézelay dans l’œuvre de Jules Roy : une oaristys spirituelle, Mémoire de Master 1 de recherche en Littérature française, Université de Paris IV- Sorbonne, soutenance en juin 2013.
  15. ↑ Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi, , 385 p. (ISBN 978-2-7491-2169-7, lire en ligne), p. 274.
  16. ↑ Evelyne Bloch-Dano, Mes maisons d'écrivains, Editions Tallandier, 2005, p. 261
  17. ↑ Fred Kupferman, Le procès de Vichy : Pucheu, Pétain, Laval : 1944-1945, Bruxelles Paris, Éd. Complexe, coll. « Historiques » (no 147), , 233 p. (ISBN 978-2-8048-0067-3, lire en ligne), p. 95-96
  18. ↑ Jules Roy est invité dans l'émission Italiques de la deuxième chaîne de l'ORTF, le 17 février 1972, à l'occasion du dixième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
  19. ↑ Jules Roy « La nouvelle religion de la Chine », ECCLESIA, n°204, mars 1966, p. 29-40, extrait (Lire en ligne).
  20. ↑ « Interview de Jules Roy par Bernard Pivot dans l'émission de télévision Apostrophes d'été du 28 juillet 1989, archives INA. » [archive du ] [vidéo], sur ina.fr via Internet Archive.
  21. ↑ « Remise d'un prix litteraire à l'Office de l'Algérie à Paris » [vidéo], sur Institut national de l'audiovisuel, .
  22. ↑ « Fondation Prince Pierre de Monaco - Le Prix littéraire : Édition 1954 », sur www.fondationprincepierre.mc (consulté le )
  23. ↑ « ORDRE DE LA LEGION D'HONNEUR Décret du 13 juillet 1990 portant élévation à la dignité de grand officier et nomination - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  24. ↑ « Jules ROY (1907 - 2000) | Service historique de la Défense », sur www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  25. 1 2 Who's Who in France, 28e édition, 1996-1997, éditions Jacques Lafitte.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes