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Né de père inconnu, Georges Borgeaud vivra peu avec sa mère, Ida Borgeaud, qui devient Madame Paul Gavillet alors qu'il a 8 ans; ses rapports avec elle en seront altérés et le marqueront profondément. Il étudie au lycée-collège de l'Abbaye de Saint-Maurice, où il rencontre Maurice Chappaz et Jean Cuttat, avant de séjourner six mois en 1933 dans un monastère bénédictin belge, l'Abbaye Saint-André de Bruges. Son roman Le Préau (1952), en partie autobiographique, décrit d'ailleurs cette période de sa jeunesse. Après avoir renoncé à la vie monastique, Borgeaud doit donner des cours privés pour subsister (notamment au Collège alpin Beau Soleil à Villars-sur-Ollon durant les années scolaires 1934-1935 et 1935-1936), puis travailler comme apprenti-libraire chez Payot à Bâle, et ensuite, en parallèle à sa mobilisation dans l'armée suisse, à la Librairie de l'Université de Fribourg, et à la "Librairie française" de Zurich. Son séjour au château de Glérolles, durant lequel il a une liaison avec Corinna Bille, sert de cadre à son second roman La Vaisselle des évêques (1959). Suit un recueil de proses poétiques, Italiques (1969), ainsi qu'une monographie consacrée au peintre Pierre Boncompain.
Il s'établit à Paris en , d'abord à Sèvres en banlieue parisienne, puis rue Froidevaux, dès , dans un appartement donnant sur le cimetière du Montparnasse. Entre 1965 et 1995, il passe ses étés à Calvignac dans un pigeonnier mis à sa disposition par des amis. Ces séjours réguliers dans le Lot l'inspirent pour son essai Le Soleil sur Aubiac. Écrivain classique par la volonté de dépouillement du langage, Georges Borgeaud écrit lentement et avec soin, refait plusieurs fois ses manuscrits et excelle à décrire un univers extérieur.
Sa carrière littéraire connaît quatre consécrations: le Prix des Critiques pour Le Préau (1952), le Prix du journalisme international de Rome (1962), le Prix Renaudot pour Le Voyage à l'étranger (1974), le prix Médicis essai pour Le Soleil sur Aubiac (1986). Georges Borgeaud reçoit en outre en 1989 un Hommage spécial de la Fondation vaudoise pour la promotion et la création artistiques. Le fonds d'archives de Georges Borgeaud se trouve aux Archives littéraires suisses à Berne.
En , la ville d'Aubonne inaugure une place à son nom.
Fondation Calvignac
En , avant de mourir, il crée la fondation Calvignac, du nom du village où il passait ses étés, et dont le but est de mettre en valeur les documents liés à l'auteur.
La Vaisselle des évêques, roman, Paris, Gallimard, 1959. Rééditions: Paris, Gallimard, 1992; Lausanne, Florides helvètes, 2023, avec une préface de Guy Poitry
Italiques, chroniques, Lausanne, L'Âge d'Homme, La merveilleuse collection 1969
Le Voyage à l'étranger, roman, Paris et Lausanne, Grasset et Bertil Galland, 1974. Paris, Club français du livre (le Grand livre du mois), 1974. Réédition: Paris, Hachette, Livre de poche n° 4782, 1976. Nouvelles éditions: Genève, Edito-Service, Le Club des grands prix littéraires, 1979; Genève, Zoé, 2018, avec une préface d'Anne-Lise Delacrétaz
Le Soleil sur Aubiac, essai, Lausanne et Paris, 24 Heures et Grasset, 1986, avec des photographies de Marcel Imsand. Réédition: Genève, Zoé, 2012, avec une préface d'Anne-Lise Delacrétaz
Mille Feuilles (tomes I-IV), chroniques, Lausanne et Paris, La Bibliothèque des Arts, 1997-1999
Le Jour du printemps, roman, Paris, Denoël, 1999.
Écrits sur l'art
Collot, Éditions Galerie Pierre Domec, Paris, 1963.
Roger Lersy, Bestiaire!, ouvrage monographique sur le peintre et compositeur Roger Lersy, co-écrit avec Hervé Baley et Philippe Caloni, Édition d'art et d'industrie, 1968.
Seize gravures de peintres et sculpteurs de Paris, Section des peintres et artistes de Paris, 1968
Pierre Boncompain, Lausanne, Bellefontaine, 1986, monographie et catalogue raisonné.
Correspondance
Charles-Albert Cingria et Georges Borgeaud, 1941-1952, in Georges Borgeaud, Lausanne, La Bibliothèque des Arts, 2008, p. 31-95.
Gustave Roud – Georges Borgeaud, Correspondance 1936-1974, Lausanne et Carrouge, Association des Amis de Gustave Roud, 2008, 136 p.
Lettres à ma mère (1923-1978), Stéphanie Cudré-Mauroux et Christophe Gence éd., Lausanne, La Bibliothèque des Arts, 2014, 785 p., (ISBN978-2-88453-190-0)
Christine Arquembourg, «Georges Borgeaud», dans Histoire de la littérature en Suisse romande. Nouvelle édition, Carouge-Genève, Éditions Zoé, (ISBN978-2-88182-943-7), p.1049-1059
A. Nicollier, H.-Ch. Dahlem, Dictionnaire des écrivains suisses d'expression française, vol. 1, p.108-111
Sabine Leyat, Les auteurs du Valais romand: 1975-2002, p.30
Madeleine Santschi "Hommage à Georges Borgeaud" Le Passe-muraille, 1999, n°40 mars, p.9
Écriture, 1994, no 44 (p.9-97) consacré à Georges Borgeaud (textes, études, entretiens)
Georgette Negri-Schuler, Le héros incompris dans Le préau et Le voyage à l'étranger de Georges Borgeaud. (1982, D. Jakubec, LittSR)
Références
12(fr-CH) Gilles Berreau, «Prix de Consécration 1990 du Conseil d'Etat: L'écrivain Georges Borgeaud», Le Nouvelliste, , p.2 (lire en ligne, consulté le ).
↑Georges Borgeaud, Lettres à ma mère, Lausanne, La Bibliothèque des arts,
↑(fr-CH) Jean-Marc Theytaz, «Georges Borgeaud nous a quittés», Le Nouvelliste, , p.15 (lire en ligne, consulté le ).