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Philosophe, enseignant-chercheur, conférencier, écrivain, joueur d'échecs |
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1 719 () |
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Jean Staune (né le à Bordeaux) est un prospectiviste et philosophe des sciences. Il est l'auteur d'ouvrages de synthèse dans ces deux domaines, ainsi que plus récemment en théologie.
Il est le fils de Juris Staune, né à Riga le , et de Marie-Nicols Dubos, née à Paris le . Il est marié depuis le à Danya Qing, née le dans le Henan (Chine).
Jean Staune est titulaire ,, d'un DESS « Capacité à Administrer une Entreprise » (CAAE) de l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne en 1987 ; d'un diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (Science-Po), section Économie et Finances, en 1988 ; d'un DEA « Géologie du Quaternaire, Paléontologie humaine et Préhistoire » du Muséum national d'histoire naturelle, avec un mémoire sur la base du crâne des hominidés fossiles, sous la direction de Henry de Lumley en 1994.
Il est professeur affilié à l'Université Mohamed VI Polytechnique où il dirige le centre Sciences et Quête de sens, Maître de conférences à l'Ecole des Hautes Études Commerciales (HEC, section MBA), a été collaborateur scientifique de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL),,,. Il est fondateur, secrétaire général et principal animateur de l'Université interdisciplinaire de Paris, une association loi de 1901 qu'il a créée en 1995.
Il a été directeur de la collection Le temps des sciences aux Éditions Fayard,, et est directeur éditorial des éditions Diateino.
Il est souvent présenté comme philosophe chrétien. Baptisé orthodoxe, Jean Staune s’est converti au catholicisme.
Au cours de sa carrière, Jean Staune s'est notamment attaché à étudier l'évolution de la société, des nouvelles technologies (dont le numérique et l'intelligence artificielle), le développement durable et l'évolution des méthodes de management des entreprises. Il a écrit deux ouvrages synthétisant ses recherches en matière de prospective : « Les Clés du futur », Plon, 2015, préfacé par Jacques Attali, et La Grande Mutation, Diateino, 2021.
Il a également participé à des conférences :
Après avoir déjà abordé les nouveaux types d’entreprises dites « libérées » dans Les clés du futur, Jean Staune a consacré son ouvrage L’intelligence collective, clé du monde de demain (éditions de l’Observatoire, 2019) au thème de la mobilisation de l’intelligence collective dans l’entreprise.
Il est intervenu comme consultant dans de nombreux secteurs comme les smart cities et pour des associations de managers et entrepreneurs telles que le Centre des jeunes dirigeants. Depuis 1995, il a effectué plus de 250 journées de séminaires de formation pour les membres de l'Association pour le Progrès dans le Management (APM).
Le livre Les Clés du futur a été présenté à l’Université Paris-Dauphine le lors d’un colloque.
Luc Ferry a écrit dans Le Figaro : « Enfin un ouvrage intelligent sur l'écologie, un livre qui, au lieu de pleurnicher sur nos splendeurs passées, d'idéaliser je ne sais quel âge d'or perdu ou de nous inviter, comme disait Voltaire, à remarcher «à quatre pattes», s'attache à comprendre les potentialités positives qui vont révolutionner notre avenir. Elles sont du reste déjà là, à l'œuvre dans nos sociétés modernes. Si vous n'êtes pas de ceux qui passent leur temps à commémorer quelque moment glorieux de leur identité perdue pour tenter d'apercevoir ce qui reste de leur nombril, lisez donc le maître livre de Jean Staune, Les Clés du futur. Réinventer ensemble la société, l'économie et la science ».
Avec son ouvrage Notre existence a-t-elle un sens (éditions Presses de la Renaissance, 2007) puis La science en otage (éditions de La Renaissance, 2009) Au-delà de Darwin (avec Jacqueline Chambon, Actes Sud, 2010) et Explorateur de l’invisible (éditions Guy Trédaniel, 2017), Jean Staune a développé une œuvre sur les implications métaphysiques et philosophiques des sciences contemporaines ainsi que des réflexions épistémologiques sur le bon et le mauvais usage des théories scientifiques. Il a présenté ses thèses dans des émissions de radio et de télévision. Ses positions ont été débattues avec André Comte-Sponville.
Jean Staune a également dirigé deux ouvrages collectifs, Science et quête de sens (Presses de la Renaissance, 2002) et La science, l’homme et le monde (Presses de la Renaissance, 2008), auxquels ont contribué trente-cinq personnalités dont onze Prix Nobel.
Préfacé par l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan et postfacé par le neurologue Dominique Laplane, cet ouvrage a été déposé sur le bureau de l’Académie des sciences morales et politiques par le physicien et philosophe Bernard d'Espagnat, avec une note qui conclut « Jean Staune a magnifiquement réussi à faire connaître toutes ces données et à développer ses arguments en un langage simple, clair, direct, amusant même à l'occasion, qui rend la lecture de ce gros livre aussi aisée que captivante et contribue à sa manière à en faire un ouvrage, à mon avis, exceptionnel ».
Philippe Deterre, coordinateur du réseau Blaise Pascal, prêtre, directeur de recherche au CNRS en génétique a publié une critique détaillée de cet ouvrage dans la revue Connaître numéro 30 de . Soulignant « les talents de vulgarisateur » de l'auteur, il pointe plusieurs imprécisions notamment sur le Big Bang , une lecture à contresens du mythe de la caverne chez Platon et du darwinisme : « Il me semble ainsi dommage que pour contrer le darwinisme et le matérialisme en général, l’auteur en arrive à le caricaturer ainsi » et aussi : « Les résultats des sciences peuvent certes invalider certaines des significations que nous donnons à la vie, au monde, à l’Univers, mais les sciences n’imposent aucune interprétation, ni celle d’une création, ni celle d’un non-sens, à la question de savoir si notre existence a un sens, ce n’est pas la science qui répondra, ni dans un sens ni dans l’autre ». Philippe Deterre revendique également une lecture différente du monothéisme que celle de J. Staune.
Le philosophe Michel Siggen a également critiqué l’ouvrage dans « Le platonisme scientifique de Jean Staune », revue Nova et Vetera, juillet-août-. Il écrit « la position platonicienne de Bernard d’Espagnat et Jean Staune résulte selon nous d’une grave erreur de méthode. Nous avons déjà vu que Staune ne respectait pas beaucoup la diversité des méthodes en science. Cette erreur de méthode est la même que celle que Platon a faite. Elle consiste en ceci : chez ses auteurs, il y a confusion entre la nature profonde de la réalité et la nature des instruments méthodologiques utilisés pour connaître cette réalité. Staune confond donc l’ordre du réel, l’ordre de l’être, avec l’ordre de la connaissance ». Il écrit par ailleurs sur un autre point : « Par conséquent selon notre étude, il n’est pas possible de considérer la thèse de Jean Staune comme relevant explicitement du néo créationnisme, une telle affirmation serait malhonnête intellectuellement ».
Pour Jean Staune, les découvertes scientifiques ont par elles-mêmes des implications philosophiques et métaphysiques, indépendamment de tout présupposé théologique ou religieux. En s’appuyant sur les écrits de Bernard d'Espagnat (qui postule un « réalisme non physique » comme conséquence d’expériences de physique telles que la non-localité), de Trinh Xuan Thuan (portant sur le « réglage fin de l’univers » qui pose – sans y répondre – la question d’un principe créateur), de Roger Penrose (qui affirme que l’esprit humain a un accès direct à un monde platonicien des vérités mathématiques) et de Benjamin Libet (sur la non-identité entre les états neuronaux et mentaux), Jean Staune affirme que les progrès scientifiques donnent une crédibilité nouvelle aux conceptions non matérialistes du monde et de l’homme et convergent avec certaines intuitions de toutes les grandes traditions, monothéistes ou non.
Cette conclusion est vivement contestée par des scientifiques et des philosophes qui affirment que la science ne saurait se concevoir hors d’une épistémologie matérialiste (voir Intrusions spiritualistes en sciences et Les matérialistes et leurs détracteurs sous la direction de Jean Dubessy et Guillaume Lecointre).
Jean Staune soutient une vision de l’évolution dans laquelle le hasard et la sélection naturelle, s’ils jouent un rôle important, ne jouent pas le rôle essentiel pour la création et le développement de la vie sur terre. Il se réfère aux idées de Simon Conway-Morris, de Michael Denton, d’Anne Dambricourt Malassé, de Vincent Fleury et de Christian de Duve pour expliquer, dans une perspective néo-teilhardienne que l’évolution est toujours dirigée vers plus de complexité et ne dépend donc pas seulement des mutations et de la sélection naturelle.
Jean Staune a été accusé de « néo-créationnisme » bien qu’il soit non seulement un fervent défenseur de la notion d’évolution des espèces, mais surtout qu’il ait lutté contre le créationnisme dans les milieux catholiques.
Plusieurs membres de l'Association française pour l'information scientifique ont critiqué Jean Staune en soutenant que ce dernier contestait la validité de la théorie contemporaine de l'évolution des espèces,. Un article du Nouvel Obs rapproche certains travaux de Jean Staune d'une « dérive créationniste », et un article du journal Le Monde considère qu'il évite de prononcer le nom de Dieu, mais que sa dialectique sous-entend en permanence sa possibilité.
Guillaume Lecointre voit dans le nouveau paradigme défendu par Staune « la résurgence de la théologie naturelle de William Paley au début du XIXe siècle ».