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Ténor lyrique |
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Ténor belcantiste |
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John Osborn, né le à Sioux (Iowa), est un ténor lyrique américain, spécialisé dans le répertoire du bel canto (Rossini, Bellini et Donizetti), et le répertoire du grand opéra français.
John Osborn a fait ses études au Simpson College où il obtient un diplôme d'interprétation vocale et étudie avec la mezzo-soprano Anne Larson.
Ses débuts sur scène se font en , où il tient à l'opéra de Des Moines le petit rôle du « second invité » dans The Saint of Bleecker Street de Gian Carlo Menotti. En 1994, il remporte les Metropolitan Opera National Council Auditions, récompense qui attire l'attention sur le jeune ténor et lui permet de venir s'installer à New York à l'automne 1994, membre invité du Metropolitan Opera Young Artist Development Program, ce qui lui permet de participer aux masterclass d'artistes tels que Hermann Prey, Régine Crespin, Carlo Bergonzi, Sherill Milnes, Ileana Cortrubas.
En 1996, il obtient le premier prix du concours Placido Domingo, futur Operalia, qui se tient à Bordeaux cette année-là. Ce sont également ses débuts dans le rôle de l'un des Juifs dans Salomé au Metropolitan Opera en puis celui de Sergio dans Fedora, dont les rôles principaux sont alors tenus par Placido Domingo et Mirella Freni. L'année suivante, il fait ses débuts en Europe, à l'opéra de Cologne, dans le rôle de Fenton dans Falstaff sous la direction de James Conlon. Après un dernier petit rôle, celui de Maintrop, au Metropolitan Opera dans Billy Budd, John Osborn est engagé en comte Amalviva dans le Barbier de Séville en et en puis en Don Ottavio dans Don Giovanni en . Il va développer alors sa carrière tout à la fois dans les œuvres de bel canto, Rossini, Donizetti, Bellini, et dans le Grand Opéra français.
Si son comte Almaviva à l'opéra de San Francisco en 2006 n'est pas immédiatement convaincant pour le critique de ResMusica, John Osborn va peu à peu se faire un nom sur le territoire des ténors belcantistes et celui des grands interprètes de l'opéra français du XIXe siècle. Il fait ses débuts à l'opéra de Paris en Ramiro dans la Cenerentola de Rossini en 2003 tandis que sa carrière dans le bel canto italien continue, avec le comte Almaviva qu'il chante un peu partout et notamment à Lausanne en 2009, où il offre au public le fameux air « Cessa di piu resistere », rarement exécuté sur scène du fait de sa longueur. Il aborde l'Otello de Rossini, dans son rôle-titre, lors d'une tournée de l'orchestre de l'opéra de Lyon sous la direction d'Evelino Pido, d'abord en 2010 à Lausanne puis à Paris, au théâtre des Champs-Élysées, et à Lyon. Cette série de représentations en version concert est alors à plusieurs reprises désignée comme un retour de la Rossini Renaissance, ce mouvement des années 1980 qui conduisit à une explosion des représentations des opéras de Rossini et notamment de cet Otello si longtemps éclipsé par celui de Verdi. En 2012, à l'opéra de Zurich, sous la houlette de la mezzo soprano Cecilia Bartoli qui tient le rôle de Desdemone, l'Otello de Rossini est à nouveau donné avec John Osborn dans le rôle-titre, Javier Camarena en Rodrigo et Edgardo Rocha en Iago. L'opus est mis en scène par Moshe Leiser et Patrice Caurier et un DVD est publié à la suite des représentations de Zurich. En 2014, la mise en scène est reprise au théâtre des Champs-Élysées, avec la même distribution à l'exception du rôle de Rodrigo cette fois assuré par le ténor Barry Banks.
Outre ce rôle emblématique d'Otello, John Osborn aborde celui d'Arnold dans Guillaume Tell d'abord dans le cadre de l'enregistrement d'une intégrale de l'œuvre de Rossini dans sa version française, aux côtés de Gerald Finley dans le rôle-titre, sous la direction d'Antonio Pappano, avec l'orchestre et les chœurs de l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia à Rome, publié en 2011 chez EMI. John Osborn reprend ce rôle d'Arnold sur scène par la suite, notamment à Genève en 2015, puis au Metropolitan Opera en 2016, à Londres au Royal Opera House, dans la mise en scène de Damiano Michieletto et à nouveau sous la direction d'Antonio Pappano, en 2017 et à l'opéra de Lyon, dans la mise en scène de Tobias Kratzer en 2019. En 2015, c'est dans la version italienne Guglielmo Tell, qu'il chante Arnoldo à Carnegie Hall, sous la direction de Gianandrea Noseda, aux côtés de Luca Salsi et Angela Meade.
Il chante à plusieurs reprises le rôle de Rodrigo dans La donna del lago , notamment au Metropolitan Opera en , aux côtés de Juan Diego Florez et Joyce DiDonato, dont il sortira un DVD, celui d'Idreno dans Semiramide, de Goffredo dans Armida.
John Osborn aborde aussi les œuvres de Vincenzo Bellini et c'est à nouveau aux côtés de Cecilia Bartoli que John Osborn est Pollione dans la première Norma de la mezzo soprano romaine, enregistrée en CD en 2013 chez Decca puis dans la série de représentations mise en scène par Moshe Leiser et Patrice Caurier au festival de Salzbourg de . De Bellini, il chante également Elvino dans La Sonnambula aux côtés de Sabine Devielhe en 2016 à Paris au théâtre des Champs-Élysées. Enfin, il s'est produit, en , dans le rôle de Lord Arturo Talbot de I puritani à l'opéra de Rome sous la direction de Roberto Abbado.
Dans Donizetti, il chante à plusieurs reprises Edgardo dans Lucia di Lammermoor, notamment en 2009 à la Monnaie de Bruxelles , Fernand dans la Favorite notamment en 2016 à la Fenice. Et il est également familier du rôle de Tonio dans La Fille du régiment dans différentes mises en scène, dont celle de Luis Ernesto Doñas, d'inspiration cubaine, en 2021 à Bergame dont il est sorti un DVD ou la toute récente production de la Fenice en 2022, rôle où comme la tradition désormais l'exige depuis les exploits de Juan Diego Florez à la Scala, il bisse l'air de Ah mes amis et ses neuf contre-ut. Il aborde également le rôle-titre de Roberto Devereux, notamment au Festival Donizetti à Bergame en et y remporte un gros succès
Dans Mozart, il chante les rôles les plus belcantistes tels que Tito dans La clemenza di Tito (la clémence de Titus), comme actuellement dans la tournée des Musiciens du Prince-Monaco sous la direction de Gianluca Capuano, avec Cécilia Bartoli, qui se produit en Suisse, à Liège, au Luxembourg et à Paris.
Parallèlement, John Osborn se spécialise dans de nombreux rôles du grand opéra français, ceux des grands maîtres italiens comme des grands compositeurs français. Outre son Fernand dans la Favorite de Donizetti et son Arnold dans Guillaume Tell de Rossini, tous deux en version française, il chante aussi Henri dans les Vêpres siciliennes de Verdi à l'Opéra de Rome en 2019 sous la direction de Daniele Gatti. Il va également devenir une référence dans les rôles principaux des opéras d'Halevy, de Meyerbeer et de Berlioz.
À l'Opéra de Paris, c'est en 2007 qu'il aborde le rôle de Leopold dans la Juive d'Halévy et ses qualités vocales sont également soulignée en Iopas dans les Troyens de Berlioz à Genève. En 2008, il chante le rôle du duc dans l'opéra très rare de Fromental Halévy, Clari, que la mezzo-soprano romaine Cecilia Bartoli a exhumé pour l'opéra de Zurich tout en tenant le rôle-titre. Il enchaîne ensuite avec de nombreux rôles, celui de Léopold (la Juive) à nouveau, à l'opéra de Munich en 2016, où sa prestation est saluée et qualifiée de « remarquable d’aisance et d’élégance » dans la critique de ResMusica, puis à Genève en , en Eléazar cette fois, dans le rôle principal de l'opéra d'Halevy. Il est à nouveau Eléazar dans La Juive en à l'Opéra de Francfort dans une mise en scène de Tatjana Gürbacas.
Il fréquente très souvent, et dans plusieurs emplois, Giacomo Meyerbeer. On peut ainsi citer le rôle très complexe, qui nécessite un très important ambitus spécialité du baryténor (it), de Jean de Leyde dans le Prophète, qu'il a chanté à Toulouse en 2017 et qu'il reprend au festival d'Aix-en-Provence de l'été 2023 en version concert. Il chante également le rôle de Robert dans Robert le Diable, donné à Bordeaux sous la direction de Marc Minkowski en 2021 et qui a fait l'objet d'un enregistrement dans une version intégrale de référence sortie en sous le label du Palazzetto Bru Zane. Il est également Raoul de Nangis dans les Huguenots, mis en scène par Olivier Py à Bruxelles en 2011, sous la direction de Marc Minkowski et à nouveau au Grand Théâtre de Genève en .
Il est également sollicité pour des rôles importants dans l'œuvre lyrique d'Hector Berlioz, en particulier le rôle-titre de Benvenuto Cellini dans la mise en scène de Terry Gilliam, qu'il aborde d'abord à Amsterdam en 2015, capté pour un DVD qui sort en 2018 et sera retenu pour composer une intégrale des œuvres de Berlioz publiée par Warner en 2019 puis à l'opéra de Paris Bastille en 2018. Il a également chanté Faust dans la Damnation de Faust à la Philharmonie de Paris dans une version-concert dirigé par Charles Dutoit.
Et il chante également le rôle-titre des Contes d'Hoffmann à Amsterdam en 2019, dans une mise en scène de Tobias Kratzer qui a été filmée pour un DVD.
Et c'est tout naturellement que son répertoire le conduit à enregistrer en 2017 un CD d'airs d’opéra français en hommage au ténor Gilbert Duprez.
Toujours dans l'opéra français, il se distingue au Festival d'Aix-en-Provence, à l'été 2023, en chantant successivement le rôle de Jean dans Le Prophète de Meyerbeer le en version concertante, sous la direction de Marc Elder, puis, le , en remplacement de Pene Pati, souffrant, dans le rôle de Edgard Ravenswood dans la version française de Lucie de Lammermoor de Donizetti, aux côtés de Lisette Oropesa, sous la direction de Daniele Rustioni.
John Osborn est marié à la soprano Lynette Tapia, qu'il a rencontrée en 1995 et avec laquelle il a partagé le premier prix du concours Operalia ainsi que celui de l’Académie des vins de Bordeaux.