| Kamov Ka-50 & Ka-52 | ||
Le Kamov Ka-50 est un hélicoptère de combat très particulier : monoplace, rotors contrarotatifs, siège éjectable et canon à faible débattement. | ||
| Rôle | Hélicoptère de combat | |
|---|---|---|
| Constructeur | ||
| Premier vol | ||
| Mise en service | ||
| Date de retrait | Ka-52 toujours en service | |
| Nombre construit | 196 () | |
| Équipage | ||
| 1/2 | ||
| Motorisation | ||
| Moteur | Klimov TV3-117VMA | |
| Nombre | 2 | |
| Type | Turbomoteurs | |
| Puissance unitaire | 2 190 ch | |
| Nombre de pales | 2 × 3 | |
| Dimensions | ||
| Diamètre du rotor | 14,50 m | |
| Longueur | 15 m | |
| Hauteur | 4,93 m | |
| Masses | ||
| À vide | 7 800 kg | |
| Charge utile | 2 000 kg | |
| Carburant | 1 487 kg | |
| Avec armement | 9 800 kg | |
| Maximale | 10 800 kg | |
| Performances | ||
| Vitesse de croisière | 265 km/h | |
| Vitesse maximale | 310 km/h | |
| Plafond | 5 500 m | |
| Vitesse ascensionnelle | 600 m/min | |
| Distance franchissable | 520 km | |
| Distance de convoyage | avec 4 réservoirs externes : 1 160 km | |
| Armement | ||
| Interne | canon à tube unique 2A42 de 30 mm | |
| Externe | 2 points d'emport type BD3-UV sous chaque ailette, ou quatre, pour paniers à roquettes | |
| Avionique | ||
| FLIR, radar, intensificateurs de lumière, télémètres laser, etc. | ||
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Le Kamov Ka-50 (en russe : « Камов Ка-50 ») est un hélicoptère de combat antichar, conçu à la fin des années 1970 par Kamov en Union soviétique. Il était le seul à être monoplace, doté de rotors contrarotatifs et d'un siège éjectable. Ce dernier n'est jamais entré en service opérationnel, mais sa version biplace Ka-52 est entrée en production en série dans les années 2010 et elle est désormais en service actif en Russie.
Le Kamov Ka-50 a été conçu à partir de décembre 1977 sur une demande de l'Armée rouge qui souhaitait disposer d'un hélicoptère de combat capable en particulier de missions antichars. Il s'agissait de répondre au programme américain AAH, qui avait abouti à l'AH-64 Apache, et de trouver un successeur à moyen terme au Mi-24. Les deux principaux hélicoptéristes soviétiques se lancèrent dans leurs projets respectifs, celui de Kamov étant appelé V-80 (en russe : B-80, avec « B » (V) pour « Bертолет » (Vertolet), signifiant « Hélicoptère »). Alors que le Mi-28 Havoc semble être un croisement d'Apache et de Hind, le futur Ka-50 innove. Ces innovations soulèvent la perplexité des Occidentaux et contribuent à bloquer son exportation actuellement, mais elles semblent logiques selon la tactique d'emploi de l'hélicoptère dans l'Armée rouge.
En Occident, les hélicoptères antichars classiques, de type Apache ou Tigre, volent en rase-motte, en collant au plus près au terrain et en avançant par petits sauts, en restant cachés par le relief pour se protéger, et engagent leurs cibles en restant à la plus grande distance possible, alors que les Soviétiques utilisent leurs hélicoptères comme des avions d'assaut, par exemple les A-10 ou Su-25 Frogfoot : ils se déplacent en vol horizontal à des hauteurs élevées et foncent sur leur objectif en le mitraillant, jusqu'à le dépasser et faire demi-tour pour une nouvelle passe de tir. Le vol stationnaire est essentiellement utilisé pour les décollages et atterrissages. Ceci explique les nombreuses particularités du Ka-50 : monoplace, rotors contrarotatifs, canon presque fixe, siège éjectable pour le pilote. Pour améliorer les chances de survie du pilote, le Ka-50 est équipé d'un siège éjectable NPP Zvezda K-37-800, ce qui est une caractéristique rare pour un hélicoptère. Avant que la fusée du siège éjectable ne se déclenche, les pales du rotor sont éjectées par des charges explosives dans le disque du rotor.
Le Ka-50 est le premier (et encore le seul) hélicoptère de combat monoplace. En effet, selon la tactique soviétique, le pilote a une charge de travail plus limitée en ne devant pas éviter continuellement le relief, ce qui le laisse capable d'assumer seul le pilotage, la navigation et la mise en œuvre des armements. Pour ce faire, une automatisation poussée de l'avionique est nécessaire.
La seconde caractéristique unique du Ka-50 est l'absence de rotor de queue et l'utilisation de rotors contrarotatifs, une spécialité de Kamov déjà employée sur ses appareils basés sur navires (Ka-25 Hormone et Ka-27 Helix). La suppression du rotor de queue a plusieurs avantages. D'abord c'est une vulnérabilité en moins : en Afghanistan, 30 % des pertes d'hélicoptères ont été causées par destruction du rotor de queue ou de la transmission de celui-ci. Les moudjahiddins afghans avaient en effet pour tactique de se mettre à l'abri pendant la passe de tir et de tirer sur l'hélicoptère lorsqu'il les avait dépassés. Cet avantage est donc surtout important si l'hélicoptère est utilisé selon la tactique soviétique. Ensuite, le Ka-50 est très puissant (10 à 12 % de l'énergie des moteurs est habituellement consommée par le rotor de queue) et très compact, ce qui le rend moins détectable, permet de lourdement blinder la cellule et lui donne une grande manœuvrabilité. Les désavantages du système sont la taille de la tête du rotor, plus vulnérable aux tirs, sa complexité et les risques en cas de manœuvres violentes de faire se croiser les surfaces balayées par les deux rotors, avec des conséquences fatales. À deux reprises en Afghanistan, des Mi-24 ont vu, lors de manœuvres violentes, leur rotor toucher leur poutre de queue, mais la robustesse de l'hélicoptère leur a permis de rentrer à la base. Un tel désalignement des rotors serait en revanche fatal au Ka-50.
35 % de la masse du Ka-50 est en matériaux composites de carbone, qui ne produisent pas d'éclats lors d'impacts contrairement aux métaux. Le poste de pilotage est équipé de vitres pare-balles de 55 mm d'épaisseur et d'un blindage en acier et aluminium résistant à des impacts d'obus de calibre 20 et 23 mm tirés à moins de 100 mètres de distance. D'autres blindages protègent les réservoirs (auto-obturants) et le circuit de carburant, les moteurs, les commandes, l'APU, les circuits hydrauliques, les réserves de munitions et les autres systèmes vitaux. Soit au total, environ 350 kg de blindages. La tête de rotor est également renforcée : elle reste opérationnelle même avec deux impacts directs de projectiles de mitrailleuse lourde. Les pales du rotor principal, construites en matériaux synthétiques, résistent également à plusieurs impacts directs. Les moteurs sont installés séparément de chaque côté de l'appareil et équipés de réducteurs de chaleur (la chaleur étant source de rayons infrarouges pouvant attirer les missiles sol-air sur l'appareil), et l'appareil peut voler sur un seul moteur. La transmission peut fonctionner pendant 30 minutes sans huile. Le train d'atterrissage tricycle rétractable et le fuselage sont prévus pour résister aux collisions.

Le Ka-50 est aussi le seul hélicoptère équipé d'un siège éjectable, ou plutôt d'un système d'extraction de siège (le pilote est « tiré », via son harnais, de son siège, tandis que ce dernier reste dans l'appareil), le Zvezda K-37-800 spécialement conçu pour l'appareil. Il a été présenté comme étant opérationnel à toutes les altitudes, mais en réalité il est efficace à partir de 100 mètres ; par ailleurs, à basse altitude, le pilote risque de ne pas avoir le temps de tirer la commande. Pour permettre l'éjection, des boulons explosifs libèrent les pales avant l'extraction du pilote. Le danger représenté par les pales partant à toute vitesse est alors à prendre en considération, surtout si le Kamov vole en formation, ou si le pilote s'éjecte à faible hauteur au-dessus d'un navire porte-aéronefs. La partie supérieure du cockpit s'ouvre et une fusée part en premier et tire par des câbles d'une trentaine de mètres de long la partie supérieure du siège du pilote. Le siège contient un kit de survie NAZ-7M, une balise radio activée automatiquement durant l'éjection, et un canot pneumatique. Il semble que pour plusieurs Ka-50 perdus, leurs pilotes ne se soient pas éjectés. Il faut dire que ce système est prévu pour la moyenne et haute altitude ; en vol tactique, « dans le relief », le pilote doit plutôt compter sur les protections structurelles anticollisions ; telle est du moins la doctrine occidentale.
Le Ka-50 peut être facilement transporté dans un avion-cargo Iliouchine Il-76 Candid. La maintenance de l'appareil est facilitée par la présence de larges portes d'accès sur le fuselage, qui permettent aux mécaniciens d'entretenir l'avionique, de ravitailler en carburant et de monter l'armement au niveau du sol. Tous les systèmes peuvent fonctionner pendant douze jours sans équipement de maintenance. Le Ka-50 est équipé d'une APU de démarrage AI-9V, d'un groupe de secours pour l'énergie électrique et hydraulique, de systèmes antigel sur les entrées d'air, les rotors, les sondes d'incidence et de lacet, et d'un dégivrage de la verrière par pulvérisation de liquide.

À partir de 1982, trois prototypes V-80 ont été construits :
Deux appareils de présérie améliorés, appelés V-80Sh-1, ont été construits à Arseniev. Ils étaient tous les deux équipés de lance-leurres thermiques et radar UV-26 :
Les premières informations à l'Ouest sur le Hokum (nom de code OTAN) datent du milieu de 1984, mais la première photographie n'a été publiée qu'en 1989, dans le « US Department of Defense's Soviet Military Power ». Après les tests comparatifs avec le Mil Mi-28 Havoc, le Ka-50 a été commandé en production en . Par la suite, trois autres appareils ont été utilisés pour d'autres développements :
Les tests du Ka-50 ont commencé au milieu de l'année 1991, et les appareils de tests ont été livrés au 4e centre d'entraînement de l'aviation de l'armée de Torjok en . Il est entré en service en Russie l'année suivante. (Pour la suite, voir la partie plus bas sur la Russie.)



La désignation Ka-50-2 a été utilisée pour trois variantes différentes :
| Ka-50 BlackShark | Ka-52 Alligator | Ka-50-2 Erdoğan | |
|---|---|---|---|
| Diamètre du rotor | 14,50 m | - | - |
| Surface du disque de chaque rotor | 165,13 m2 | - | - |
| Longueur totale (rotors tournants) | 16,00 m | - | - |
| Longueur du fuselage | 15 m | - | - |
| Longueur fuselage hors senseurs de nez | 14,20 m | - | - |
| Envergure | 7,34 m | - | - |
| Largeur de chaque ailette | 3,16 m | - | - |
| Hauteur totale | 4,93 m | - | - |
| Masse à vide | 7 800 kg | - | - |
| Masse normale | 9 800 kg | 10 400 kg | 9 800 kg |
| Masse maximale au décollage | 10 800 kg | 12 500 kg | 11 300 kg |
| Ka-50 BlackShark | Ka-52 Alligator | Ka-50-2 Erdoğan | |
|---|---|---|---|
| Moteurs | deux Klimov TV3-117VMA | deux Klimov TV3-117VMA-02 | |
| Puissance | 2 x 2 190 ch | 2 x ? | |
| Vitesse de croisière | 275 km/h | - | - |
| Vitesse maximale | 310 km/h | 300 km/h | - |
| Vitesse maximale en piqué | 350 km/h | - | - |
| Vitesse ascensionnelle (à 2 500 m) | 10 m/s | - | - |
| Facteur de charge maximal | +3 g | - | - |
| Plafond opérationnel | 5 500 m | - | - |
| Plafond maximal en vol stationnaire | 4 200 m | - | - |
| Autonomie sur réservoirs internes | 450 km | - | - |
| Autonomie avec réservoirs supplémentaires | 1 200 km | - | - |

À partir de 2015, plusieurs Ka-52 sont utilisés lors de l'intervention militaire russe en Syrie.
Plusieurs Ka-52 ont été déployés lors de l'invasion militaire menée par la Russie en Ukraine en février 2022. Au , le site Oryxspioenkop décompte (avec confirmation visuelle) 60 hélicoptères Ka-52 russes détruits en Ukraine.
Ces pertes sont jugées importantes, ce qui s'explique par la présence de MANPADS dans l'armée ukrainienne ainsi que par un emploi plus risqué des hélicoptères en appui de troupes au combat, en l'absence d'autres solutions.
En 2022, une vidéo montre que le Ka-52 semble vulnérable aux munitions de 7,62 mm,.
En mars 2026, le nombre d'unités perdues s'élèvent à 66 dont 2 détruites par des drones aériens ukrainiens.
Lors de la rébellion du groupe Wagner qui voit des affrontements entre l'armée russe et le groupe Wagner, un Ka-52 loyaliste est détruit.
Les deux premiers Ka-50 ont été officiellement livrés le ; deux autres ont suivi en 1996 (ces appareils portent les numéros 20 à 23 (l'appareil de présérie no 021 a été renommé 024 pour éviter les confusions). Dix autres ont été prévus dans le budget de 1997 et six en 1998, dont trois devaient être livrés avant 1999. La première série a été terminée en . Au total, treize Ka-50 auraient été livrés, mais l'armée russe a mis presque huit ans à les payer. Un des appareils a été perdu le , semble-t-il à cause d'un problème survenu au rotor.
Les commandes ont été annulées en , et le président russe Vladimir Poutine a annoncé début 2002 la reprise de la compétition avec le Mil Mi-28, en prévision de la construction en série du vainqueur. La version biplace Ka-52 entre en service.
Le Ministère de la Défense russe a annoncé le la mise en place d'un nouveau programme d'armement, qui prévoit notamment l'acquisition de 114 nouveaux hélicoptères d'attaque Ka-52 modernisés sur la période 2018–2027. Les premiers six hélicoptères Ka-52 devraient arriver au sein des forces aérospatiales russes dès 2018.
L'International Institute for Strategic Studies dans son almanach The Military Balance 2022 annonce 133 Ka-52 en ligne.