Karel van het Reve

Karel van het Reve
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Karel van het Reve en 1985.
Alias
Henk Broekhuis
Naissance
Amsterdam, Pays-Bas
Décès (à 77 ans)
Amsterdam, Pays-Bas
Activité principale
Écrivain
Historien de la littérature
Traducteur
Auteur
Langue d’écriture néerlandais

Karel van het Reve, né et mort à Amsterdam ( – ) est un écrivain, traducteur littéraire, essayiste et chroniqueur néerlandais, connu également sous le pseudonyme Henk Broekhuis.

Marxiste engagé dans sa jeunesse, il rejette cette doctrine alors qu’il a une vingtaine d'années et en est par la suite un critique acerbe. Il enseigne la littérature russe de 1957 à 1983 à l’Université de Leyde et contribue à faire connaitre en Occident les œuvres d’Andreï Sakharov.

Considéré comme l’un des meilleurs essayistes néerlandais de sa génération, van het Reve écrit une histoire de la littérature russe, deux romans et de nombreuses collections d’essais. Son style se distingue par sa logique pénétrante et la finesse de son sens de l’humour. Plusieurs de ses recueils se terminent par une section « extraits », lesquels sont souvent eux-mêmes de courts essais.

Biographie

Karel van het Reve et son frère Gerard passent leur jeunesse dans le quartier « Betondorp » (litt : village de béton) d’Amsterdam reconnu pour ses sympathies communistes. Il est le fils de Gerard J.M. van het Reve, un écrivain et journaliste, et de Janetta Jacoba Doornbusch. Il fréquente le lycée Vossius d’Amsterdam. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il suit les cours de civilisation slave, alors illégaux, de Bruno Becker, études qu’il poursuit après la guerre et obtient son diplôme en 1954. Il est nommé trois ans plus tard professeur de littérature slave à l’Université de Leyde, poste qu’il occupe jusqu’en 1983 lorsqu’il y est nommé professeur émérite.

Il épouse le Jozina Israël (1920-2013), dont il a deux enfants : Jozina Janetta (1947) et David (1950). Ses relations avec son frère Gerard restent toujours tendues, Gerard parlant de Karel comme de son frère, ou demi-frère, « le savant », alors que Karel estime que son frère « mentait extrêmement bien ». Dans Avonden (litt : Les soirées) qui marqua les débuts de Gerard comme romancier, on retrouve Karel sous les traits de Joop le frère du personnage principal. Une rupture définitive survint entre les deux hommes dans les années 1980.

Van het Reve passe les années 1967 et 1968 à Moscou comme correspondant du quotidien Het Parool. Il y fréquente les cercles de dissidents au nombre desquels se trouvent Andreï Amalrik, Pavel Litvinov et Andreï Sakharov. C’est en grande partie grâce à Reve que l’œuvre de Sakharov est connue en Occident. Avec l’historien Jan Willem Bezemer et le professeur américain Peter Reddaway, il crée en 1969 la Fondation Alexander Herzen dont le but est de publier les œuvres littéraires de dissidents russes, activité qui ne passe pas inaperçue dans la presse soviétique d’alors.

Professeur de littérature

Quoique professeur de littérature, van het Reve se préoccupe peu de la théorie littéraire. Son point de départ est que la littérature ne peut être une « science » et qu’aucun traité si approfondi soit-il, ni aucune statistique ne permettraient jamais de distinguer les bons vers des mauvais, ni un bon roman d’un mauvais. Il attache toutefois de l’importance au travail des formalistes russes, un groupe d’écrivains qui tentent d’analyser quel effet la forme distinctive d’une œuvre littéraire produit sur le lecteur. Son rejet d’une « science littéraire » trouve son point culminant lors de la conférence Huizinga qu’il est invité à prononcer en 1978 et qu’il intitule « Literatuurwetenschap : Het raadsel der onleesbaarheid » (litt : La littérature [littéralement « la science littéraire »]: l’énigme de l’illisibilité). Son collègue, le professeur H.A. Gomperts, également de l’Université de Leyde, lui donne la réplique l’année suivante avec une conférence intitulée "Grandeur en misère van de literatuurwetenschap" (litt : Grandeur et misère de la littérature).

Les lettres slaves lui sont redevables d'avoir incité avec un rare succès ses étudiants en traduction littéraire à s'intéresser à ce sujet. Il traduit lui-même un grand nombre d’œuvres et un plus grand nombre encore avec l’aide de ses étudiants. Nombreux sont les traducteurs littéraires russes-néerlandais d’aujourd’hui qui ont étudié sous sa direction. Il a également comme étudiants des écrivains comme J.M.A. Biesheuvel et Maarten 't Hart. Son ouvrage le plus renommé est sans doute son Geschiedenis van de Russiche literatuur (litt : Histoire de la littérature russe) publiée en 1985 qui lui vaut l’éloge des uns pour son caractère accessible et la critique des autres pour son contenu anecdotique.

Essais

Professeur Karel van het Reve.

Karel van het Reve doit toutefois principalement sa réputation à ses qualités d’essayiste. Ses essais sont considérés par plusieurs comme les meilleurs de la littérature néerlandaise. Le style en est à la fois clair, pondéré, et souvent satiriquement naïf. Il reçoit en reconnaissance pour l’ensemble de ses essais le prix P.C. Hooft de 1981.

Le sujet principal de Reve est toujours la Russie ou, plus exactement, l’Union soviétique et son système. Depuis qu’il « perdit la foi » en ce système vers 1948, il devient un critique acerbe et un adversaire acharné du régime soviétique comme en fait foi le recueil Het geloof der kameraden (litt : La foi des camarades). Inspiré par Karl Popper, van het Reve met toute sa verve à démystifier idées et idéologies spécieuses sans rapport avec la réalité, telles celles de Marx, Freud et Darwin.

Ses écrits et essais provoquent maintes fois la controverse parce qu’ils s’attaquent à des sujets tabous. Son plus célèbre, peut-être, est un article publié en 1987, initialement dans le NRC Handelsblad, et intitulé De ongelooflijke slechtheid van het opperwezen (litt : La mauvaise foi incroyable de l’Être suprême), attaque acerbe contre toutes les croyances et fois religieuses, en particulier contre le christianisme. Cet article provoque une tempête de réactions indignées.

Chroniques

Prix et récompenses

Publications

Spécialisées

Essais

Fiction

Poésie

Divers

Œuvre complète

Liber Amicorum

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. ↑ Conférence annuelle, surnommée « la première de toutes les conférences », nommée d’après l’historien et philosophe Johan Huizinga (1872-1945), organisée par la Faculté des Sciences humaines de l’Université de Leyde en collaboration avec l’Association des Belles-Lettres (MNL) et, jusqu’en 2013, le quotidien NRC Handelsblad, depuis 2014 par l’hebdomadaire Elsevier.
  2. ↑ Ce prix, l’une des plus importants de la littérature néerlandaise, est décerné une fois par an pour l'ensemble de l'œuvre d'un écrivain, en alternance à un auteur de prose, un auteur d'essais et un auteur de poésie.

Références

  1. ↑ Pour un bref aperçu, voir P. Reddaway, « One of the CIA’s most zealous agents’ » (dans) Uren met Karel van het Reve, Amsterdam, G.A. van Oorschot, 1991, pp. 138-143
  2. ↑ Publié par la suite par G.A. van Oorschot B.V. (ISBN 978-9-028-20663-2)
  3. ↑ G.A. van Oorschot, Amsterdam, 1995, (ISBN 978-9-028-20881-0)
  4. ↑ Karel van het Reve - 19 mei 1921 - 4 maart 1999 Jaarboek van de Maatschappij der Nederlandse Letterkunde, 1999
  5. ↑ De Vrije Bladen 4, met tekeningen van F. Behrendt

Articles connexes

Liens externes