| Autres noms | Kornikaned, koril, korig, couril, corric, kriore, kéréore, kannerez noz, poulpiquet, teuz, boléguéan, hoseguéannet, boudic, boudiguet, bouffon noz… |
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| Groupe | Créature du folklore |
| Sous-groupe | Petit peuple |
| Habitat | Grottes, tumuli, dolmens |
| Proches | Nain, lutin, farfadet |
| Origines | Mythologie bretonne |
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| Région | Bretagne |
| Première mention |
Matière de Bretagne Roi Arthur, XIIe siècle |
Le korrigan est une créature légendaire de Bretagne, comparable au lutin. Bienveillant ou malveillant selon les cas, il peut faire preuve d'une extrême générosité, mais est capable d'horribles vengeances.
« Korrigan » (du breton korr, nain, suivi du diminutif ig et du suffixe an, ancien diminutif qui n'est plus utilisé en breton moderne et populaire contemporain si ce n'est dans des mots figés, tels que korr-ig-an, traduction littérale le nain-petit-petit, pluriel breton : korriganed) signifie « petit nain » avec un suffixe hypocoristique très fréquent dans les noms de personnes. Au féminin, on trouve parfois une forme féminisée à la manière française, « korrigane », qui peut désigner une fée malfaisante. Bien qu'il soit connu comme « le lutin de Bretagne », le korrigan renvoie étymologiquement au nain (korr), et non au lutin. Les préfixes corr- (littérature galloise) et cor- (ancien cornique) désignent tous deux un nain et le cornique moderne a le mot korrik (pluriel korrigow) pour désigner un gnome ou un lutin.
La langue bretonne connaît un très grand nombre de mots pour désigner le petit peuple, et dans cette « région infestée de lutins », il est commun de les distinguer par leur habitat. Pierre Dubois attribue aux kornikaneds les bois, aux korils, courils, corrics, kriores, kéréores et kannerez noz les landes, aux poulpiquets les vaux, aux teuz les prés, aux boléguéans les tumuli, aux hoseguéannets les cercles de pierres et aux boudics, boudiguets et bouffon noz les fermes. Mais la Bretagne connaît aussi des « farfadets », « duz », « korrigs », « kerrighed », « komaudons », « korandons », « kormandons », « kérions », « ozégans », « fomiquets » ou encore « chorriquets » et « c'hornandoned ». Au fil du temps, toutes ces petites créatures jadis distinctes sont venues à être désignées sous l'unique nom de « korrigan ».
L'étude des traditions orales est appelée « Folkloristique ».
L'étude anthropologique des mondes mythiques est appelée « Elficologie ».

L'apparence des korrigans est variée, ils peuvent être dotés d'une magnifique chevelure et d'yeux rouges lumineux, à l'aide desquels ils sont censés ensorceler les mortels ou être décrits comme étant petits, noirs et velus, coiffés de chapeaux plats avec des rubans de velours, les filles étant coiffées de bonnets violets. Pierre Dubois les décrit comme des nains cornus hauts d'une à deux coudées, aux pieds de boucs, aux sabots de fer et aux griffes de chat.
Les contes les situent le plus souvent dans des grottes, les tumuli ou encore dans des dolmens.
« C'est l'heure de se lever, de courir dans la vallée et d'effrayer les passants, la nuit nous appartient, évitez notre chemin, car nous sommes les korrigans. »
— G. Foucher , extrait de la chanson des korrigans du spectacle chanté pour marionnettes Barradig le Korrigan de Roc'h Trevezel, par la Cie. Coppelius
« Poulpiquet est le nom donné, dans la légende, aux enfants des jolies korriganes qui, fils ou filles des affreux korrigans, exercent la laideur de leur père avec une effroyable prodigalité. Or, les clients du petit café nous ayant paru pour la plupart fort laids, nous avions baptisé le lieu de leurs rencontres "le café des Poulpiquets" qui devint ensuite, par abréviation "le Poulpiquet". »
— René Peter , Une saison avec Marcel Proust, Gallimard, collection « NRF », 2005 (ISBN 978-2070774340)
« J'ai paru au jour, sous les dehors bénins d'un chaton de deux mois. Bonnes gens ! vous m'avez recueilli, sans savoir que vous hébergiez le dernier démon de cette Bretagne ensorcelée. "Gnome", "poulpiquet", "kornigaret", "korrigan", c'est ainsi qu'il fallait me nommer, et non "Poum" ! »
— Colette , Poum
« Ces gorrikets ne sont pas méchants quand on ne leur fait pas de mal et qu'on les laisse tranquilles. ils soignent surtout très bien les porcs, et poussent même l'amabilité jusqu'à prévenir les gens de la maison du jour précis où le porc est à point pour être tué. Pour les services qu'ils rendent, ils n'exigent qu'un peu de bloneck (axonge) pour faire de la soupe ou de la bouillie. On a vu la fumée sortir de leur demeure et on a senti le fumet de leur festin. Si on les dérange, ces petits êtres sont si vindicatifs qu'ils ne laissent ni trêve, ni repos aux malheureux qui ont osé se mêler de leurs affaires. Ceux qui passent tard auprès de leur demeure pressent le pas de peur de rencontrer une patrouille de ces petits hommes, dont le chapeau est large comme une lune pleine. »
— A. L. Harmois