| Artiste | |
|---|---|
| Date |
1870 |
| Type | |
| Dimensions (H × L) |
96 × 71 cm |
| Mouvement |
Pastorale |
| Propriétaire |
Collection privée |
Le Coin du bois, également connu sous le nom La Jeune Fille timide, est une peinture à l'huile sur toile réalisée par François-Alfred Delobbe et présentée au Salon de 1870, au palais des Champs-Élysées. Cette scène rustique sentimentale est l’une de ses grandes réussites populaires, notamment grâce à sa diffusion industrielle par Goupil & Cie, qui la maintient plus de trente ans dans son catalogue, sous le nom Un coin de bois.
En 1870, Delobbe a 35 ans. Il est exposant régulier depuis 1860. En 1866 sa toile Infortune a été remarquée, en 1868 son En hiver a été acheté 1 000 francs par l’État, qui l'a placé au musée d'Annecy. L'année précédente il a présenté deux sujets italiens,. Delobbe séjourne à Concarneau dès la fin des années 1860, invité par Alfred Guillou. Il y réalise des études de jeunes filles, de pêcheurs, de scènes rustiques.
Il revient de Bretagne avec son Coin du bois, et un deuxième tableau, Jeune Fille de Concarneau (Finistère). Le Coin du bois révèle un Delobbe intimiste, poétique, tendre, déjà maître de la lumière douce. Le tableau est remarqué, quelques années plus tard on en verra même une copie au Salon, par une Mlle Alice Lévy. Il est également reproduit sur des vases en porcelaine de l'époque.
Le Coin du bois est un exemple de naturaliste poétique. C’est l’un des premiers grands succès publics de Delobbe, et le point de départ de sa reconnaissance internationale.
Une jeune fille assise, tricotant, observée par un garçon appuyé sur la barrière. C’est une scène de séduction naïve, de vie rurale, de quotidien poétique. La jeune fille est absorbée dans son ouvrage. Le garçon se penche, curieux, amusé. Le garçon appuyé représente l’éveil du sentiment, l’intérêt masculin encore maladroit. Le tableau raconte un moment suspendu. La barrière crée une frontière symbolique entre eux. Le bois forme un écrin protecteur. Une lumière chaude, filtrée, presque dorée, annonce déjà la douceur de ses œuvres ultérieures. Palette rouges et bleus du costume du garçon, blanc et brun de la jeune fille, verts profonds du sous‑bois. C’est un Delobbe naturaliste-poétique, très proche de Jules Breton ou de Dagnan‑Bouveret dans l’esprit.
Le tableau présente tous les traits qui définiront l’École de Concarneau : naturaliste mais poétique, gestes simples, intimité rustique, absence de pittoresque forcé, vérité des attitudes. Ce sont exactement les caractéristiques des œuvres de Guillou, Théophile Deyrolle et Lemonnier.
Le Coin du bois est le premier véritable succès populaire de Delobbe, et un prototype de sa grande période bretonne.