Llo est une commune rurale qui compte 153 habitants en 2023, après avoir connu un pic de population de 449 habitants en 1861. Ses habitants sont appelés les llonés et llonésa.
Sur le plan historique et culturel, Llo fait partie de la région de la Cerdagne, une haute plaine à une altitude moyenne de 1 200 m d'altitude, qui s'étend d'est en ouest sur une quarantaine de kilomètres entre Mont-Louis et Bourg-Madame.
La commune a une géologie particulièrement riche,.
Le massif du vieux château et de la tour del Vacaro est calcaire, roche assez exceptionnelle en Cerdagne française.
La vallée de Llo (du Sègre) suit le tracé de la faille de Finestrelles,. Il y a environ 25 000 ans, de la glace d'une épaisseur d'environ 100 mètres s'est accumulée à la tête de la vallée. Elle a ensuite formé une langue glaciaire de 2km de long à peu près.
La commune est classée en zone de sismicité 4, correspondant à une sismicité moyenne.
Roche noire, au bourg, sur la ligne de la faille de la Têt-Cerdagne.
Vue de près, stalactites d'acide sulfurique et fer.
Formations de calcaire (sous schiste) dans les gorges du Sègre.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols,etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Pyrénées orientales, caractérisée par une faible pluviométrie, un très bon ensoleillement (2 600 h/an), un air sec, particulièrement en hiver et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves,.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 7,4°C, avec une amplitude thermique annuelle de 15°C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 771 mm, avec 0,6 jours de précipitations en janvier et 6,7 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Formiguères à 18 km à vol d'oiseau, est de 7,6°C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 737,3 mm,.
La température maximale relevée sur cette station est de 35,2°C, atteinte le ; la température minimale est de −18,6°C, atteinte le .
Un espace protégé est présent sur la commune:
le parc naturel régional des Pyrénées catalanes, créé en 2004 et d'une superficie de 139 062ha, qui s'étend sur 66 communes du département. Ce territoire s'étage des fonds maraîchers et fruitiers des vallées de basse altitude aux plus hauts sommets des Pyrénées-Orientales en passant par les grands massifs de garrigue et de forêt méditerranéenne,.
le «massif du Puigmal», d'une superficie de 8 784ha, présence une richesse patrimoniale avec onze habitats naturels et deux espèces végétales au niveau régional. Ainsi la station de Botryche simple est très importante compte tenu du faible nombre de stations en France et au titre de la directive oiseaux
«puigmal-Carança», d'une superficie de 10 260ha, un site qui a une responsabilité forte ou très forte pour cinq espèces d'oiseaux au niveau régional, dont le gypaète barbu.
Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique
L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.
Une ZNIEFF de type 1 est recensée sur la commune:
la «vallée de Llo» (2 211ha) et trois ZNIEFF de type 2,:
la «Basse Cerdagne» (3 916ha), couvrant 12 communes du département;
les «chaine du Puigmal et vallées Adjacentes» (28 390ha), couvrant 15 communes du département;
la «Haute Cerdagne» (5 477ha), couvrant 12 communes du département.
Carte des ZNIEFF de type 1 et 2 à Llo.
Carte de la ZNIEFF de type 1 sur la commune.
Carte des ZNIEFF de type 2 sur la commune.
Urbanisme
Typologie
Au , Llo est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.
Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes,.
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnéeseuropéenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (88,2% en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (86,1%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
forêts (36,7%), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (28,1%), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (23,4%), prairies (6,1%), zones agricoles hétérogènes (4,4%), mines, décharges et chantiers (1,3%). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
La route départementale D 33 traverse la partie septentrionale du territoire de la commune, en provenance de Saillagouse à l'ouest et en direction d'Eyne à l'est, en passant par le port de Llo, situé à 1 579 m d'altitude.
Risques majeurs
Le territoire de la commune de Llo est vulnérable à différents aléas naturels: inondations, climatiques (grand froid ou canicule), feux de forêts, mouvements de terrains, avalanche et séisme (sismicité moyenne). Il est également exposé à un risque particulier, le risque radon,.
Risques naturels
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par crue torrentielle de cours d'eau du bassin du Sègre.
Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont soit des mouvements liés au retrait-gonflement des argiles, soit des glissements de terrains, soit des chutes de blocs, soit des effondrements liés à des cavités souterraines. Une cartographie nationale de l'aléa retrait-gonflement des argiles permet de connaître les sols argileux ou marneux susceptibles vis-à-vis de ce phénomène. L'inventaire national des cavités souterraines permet par ailleurs de localiser celles situées sur la commune.
Carte des zones inondables.
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des argiles.
Risque particulier
Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Toutes les communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Llo est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif.
Toponymie
Le nom de la commune, en catalan comme en français, est Llo.
Pour le début du Xesiècle, Llo est identifiée à une villa (Alone) se trouve dans un acte daté du et par lequel Bella et son fils Raimond font donation de leur alleu de Rohet (Rosedo) à l'abbaye Sainte-Marie de Lagrasse; la villa de Llo est une des limites de l'alleu de Rohet; Raimond est peut-être le comte RaymondIer de Pallars,.
Llo une seigneurie mentionnée dans les actes de la Procuratio real depuis le XIIIesiècle ainsi que dans de nombreux actes relevés par Bernard Alart dans son Inventaire de . Elle ne semble jamais avoir été une baronnie.
Llo est un des «trente-trois villages» cédés à la France par le traité de Llívia signé le pour l'application de l'article 43 du traité des Pyrénées de qui prévoyait la cession à la France d'une «partie du comté de Cerdagne».
La population est exprimée en nombre de feux (f) ou d'habitants (H).
Évolution de la population
1365
1515
1553
1720
1767
1774
1788
1789
41 f
22 f
13 f
73 f
387 H
68 f
216 H
90 f
(Sources: Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France: dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol.66: Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378p. (ISBN2-222-03821-9))
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006.
En 2023, la commune comptait 153 habitants, en évolution de −11,05% par rapport à 2017 (Pyrénées-Orientales: +4,72%, France hors Mayotte: +2,36%).
En 2018, la population âgée de 15 à 64 ans s'élève à 103 personnes, parmi lesquelles on compte 79,6% d'actifs (76,7% ayant un emploi et 2,9% de chômeurs) et 20,4% d'inactifs,. Depuis 2008, le taux de chômage communal (au sens du recensement) des 15-64 ans est inférieur à celui de la France et du département.
La commune est hors attraction des villes,. Elle compte 56 emplois en 2018, contre 35 en 2013 et 36 en 2008. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 80, soit un indicateur de concentration d'emploi de 70,4% et un taux d'activité parmi les 15 ans ou plus de 60,6%.
Sur ces 80 actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi, 22 travaillent dans la commune, soit 28% des habitants. Pour se rendre au travail, 86,3% des habitants utilisent un véhicule personnel ou de fonction à quatre roues, 1,3% les transports en commun, 8,8% s'y rendent en deux-roues, à vélo ou à pied et 3,8% n'ont pas besoin de transport (travail au domicile).
Activités hors agriculture
Secteurs d'activités
23 établissements sont implantés à Llo au .
Le secteur du commerce de gros et de détail, des transports, de l'hébergement et de la restauration est prépondérant sur la commune puisqu'il représente 30,4% du nombre total d'établissements de la commune (7 sur les 23 entreprises implantées à Llo), contre 30,5% au niveau départemental.
La commune est dans la Cerdagne, une petite région agricole située à l'extrême ouest du département des Pyrénées-Orientales. En 2020, l'orientation technico-économique de l'agriculture sur la commune est l'élevage d'ovins ou de caprins. Cinq exploitations agricoles ayant leur siège dans la commune sont dénombrées lors du recensement agricole de 2020 (sept en 1988). La superficie agricole utilisée est de 436ha,,.
[Blanc 2019] François-Pierre Blanc, «Le marquisat de Llo et le droit féodal: contribution à l'histoire des fiefs de dignité en Roussillon au XVIIIesiècle», Annales du Midi: revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, t.131, nos307-308 («Varia»), , Irepartie («Varia»), art.no8, p.441-456 (OCLC10071989200, DOI10.3406/anami.2019.9004, S2CID265341926, résumé, lire en ligne[PDF]).
[Campmajo et al. 2020] Pierre Campmajo, Jérôme Kotarba, Delphine Bousquet, Christophe Durand, Denis Crabol et Christine Rendu, «Un nouveau site de la fin du Bronze final III sur la commune d'Eyne (altitude 1 740 m)», Sources: revue d'archéologie, histoire, ethnologie et sciences naturelles de Cerdagne – Capcir – Pyrénées catalanes, no7, , art.no7, p.135-149 (HALhalshs-03068094, lire en ligne[PDF]).
[Delcor 1980] Mathias Delcor, «Les églises préromanes et romanes de Cerdagne, confrontées à leurs actes de consécration (IXe – XIIesiècles)», Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, no11 («Les origines de l'art roman. – XIecentenaire de la fondation de Cuxa»), , art.no5, p.123-165 (OCLC888761444, lire en ligne).
[Magnou-Nortier 1982] Élisabeth Magnou-Nortier, «À propos du temporel de l'abbaye de Lagrasse: étude sur la structure des terroirs et sur les taxes foncières du IXeauXIIesiècle», dans Sous la règle de saint Benoît: structures monastiques et sociétés en France du Moyen Âge à l'époque moderne, Genève, Droz, coll.«École pratique des hautes études, IVesec.(«Sciences historiques et philologiques»), centre de recherches («Histoire et philologie») / hautes études médiévales et modernes» (noV / 47), , 1reéd., XI-573p., 15 × 22 cm (OCLC417573291, BNF36143821, SUDOC000538450, lire en ligne), IVepartie («Monastères et sociétés»), chap.14, p.235-264.
[Ordeig i Mata 2020] (ca + la) Ramon Ordeig i Mata (dir.), Catalunya carolíngia [«Catalogne carolingienne»], t.VIII: Els comtats d'Urgell, Cerdanya i Berga [«Les comtés d'Urgell, Cerdagne et Berga»], Irepartie: Pròleg, introducció, diplomatari (doc. 1-544) [«Prologue, introduction, diplomataires (doc. 1-544)»], Barcelone, Institut d'Estudis Catalans, coll.«Memòries de la Secció Històrico-Arqueològica» (noCXI / 1), , 1reéd., 478p., 22 × 28 cm (ISBN978-84-9965-568-0, EAN9788499655697, OCLC1245233120, SUDOC254605583, présentation en ligne, lire en ligne[PDF]).
↑Dans les sites Natura 2000, les États membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles.
↑Les ZNIEFF de type 1 sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national.
↑Les ZNIEFF de type 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1erjanvier2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2025, date de référence statistique: 1erjanvier2023.
↑Un ménage fiscal est constitué par le regroupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Son existence, une année donnée, tient au fait que coïncident au moins une déclaration indépendante de revenus et l’occupation d’un logement connu à la taxe d’habitation.
↑Les inactifs regroupent, au sens de l'Insee, les élèves, les étudiants, les stagiaires non rémunérés, les pré-retraités, les retraités et les autres inactifs.
↑L'établissement, au sens de l’Insee, est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'unité légale. Il produit des biens ou des services.
↑Les données relatives à la surface agricole utilisée (SAU) sont localisées à la commune où se situe le lieu principal de production de chaque exploitation. Les chiffres d'une commune doivent donc être interprétés avec prudence, une exploitation pouvant exercer son activité sur plusieurs communes, ou plusieurs départements voire plusieurs régions.
↑L'orientation technico-économique est la production dominante de l'exploitation, déterminée selon la contribution de chaque surface ou cheptel à la production brute standard.
↑Le recensement agricole est une opération décennale européenne et obligatoire qui a pour objectif d'actualiser les données sur l'agriculture française et de mesurer son poids dans l'agriculture européenne.
12Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, «Les types de climats en France, une construction spatiale», Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no501, (DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Vincent Dubreuil, «Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen», La Météorologie, no116, (DOI10.37053/lameteorologie-2022-0012).
12Michel de La Torre, Pyrénées-Orientales: Le guide complet de ses 224 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll.«Villes et villages de France», (ISBN2-7399-5066-7).