| Loi stable | |
Densité de probabilité Lois stables symétriques Loi symétrique α-stable avec un facteur d'échelle unitaire Lois stables asymétriques centrées avec facteur d'échelle unitaire | |
Fonction de répartition Fonctions de répartition de lois symétriques α-stables Fonctions de répartition de lois symétriques α-stables Fonctions de répartition de lois stables asymétriques centrées | |
| Paramètres | α ∈ ]0,2] — paramètre de stabilité β ∈ [−1,1] — paramètre d'asymétrie |
|---|---|
| Support | x ∈ R, ou x ∈ [μ, +∞[ si α < 1 et β = 1, ou x ∈ ]-∞,μ] si α < 1 et β = -1 |
| Densité de probabilité | pas d'expression analytique générale, sauf pour quelques valeurs de paramètres |
| Fonction de répartition | pas d'expression analytique générale, sauf pour quelques valeurs de paramètres |
| Espérance | μ quand α > 1, sinon indéfini |
| Médiane | μ quand β = 0, sinon pas d'expression analytique |
| Mode | μ quand β = 0, sinon pas d'expression analytique |
| Variance | 2c2 quand α = 2, sinon indéfini |
| Asymétrie | 0 quand α = 2, sinon indéfini |
| Kurtosis normalisé | 0 quand α = 2, sinon indéfini |
| Entropie | pas d'expression analytique générale, sauf pour quelques valeurs de paramètres |
| Fonction génératrice des moments | indéfini |
| Fonction caractéristique | où |
| modifier |
|
La loi stable ou loi de Lévy tronquée, nommée d'après le mathématicien Paul Lévy, est une loi de probabilité utilisée en mathématiques, physique et analyse quantitative (finance de marché).
On dit qu'une variable aléatoire réelle est de loi stable si elle vérifie l'une des trois propriétés équivalentes suivantes :
où
Remarques :
On dit qu'une variable aléatoire réelle est -stable si elle est stable et que son paramètre de stabilité est .
où .
On dit que est de loi symétrique -stable si est -stable et que les variables aléatoires et sont identiquement distribuées.
L'étude des lois stables vient, en fait, de l'étude de la convergence de sommes de variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées (i.i.d) normalisées de manière affine. Les lois stables sont alors les seules lois limites possibles.
Définition — Soit une loi de probabilité sur . Le domaine d'attraction de , noté , est l'ensemble des lois de probabilité sur telles qu'il existe une suite de variables aléatoires i.i.d de loi , une suite de réels et une suite de réels strictement positifs telles que
converge en loi vers .
Une loi de probabilité sur est dite dégénérée si elle et tout son poids sur un point, autrement dit, s'il existe tel que . Les lois dégénérées sont toutes stables. Une loi stable est dégénérée si et seulement si son paramètre est nul.
Deux lois de probabilités et sur sont dites de même type si on peut passer de l'une à l'autre par une transformation affine, autrement dit, s'il existe et tels que pour tout , . Cela revient encore à dire que, pour toute variable aléatoire on a que . Avoir le même type définit une relation d'équivalence et si deux lois ont le même type alors la stabilité de l'une implique celle de l'autre. Plus précisément si et si avec et , alors . Deux lois stables non dégénérées ont le même type si et seulement si elles partagent les mêmes paramètres et ou si elles sont toutes les deux 2-stables (normales). Toutes les lois dégénérées ont le même type.
Propriétés — Soit et deux lois de probabilité sur .
Théorème — Soit une loi de probabilité sur non dégénérée et . Alors appartient au domaine d'attraction d'une loi 2-stable (c'est-à-dire d'une loi normale) non dégénérée si et seulement si
À noter que si a une variance finie, alors la condition du théorème est automatiquement vérifiée et on retrouve presque la conclusion du théorème central limite. Ce qui empêche de retrouver exactement le théorème central limite est que le théorème ci-dessus ne donne pas de suites et pour lesquels la convergence peut s'obtenir ni les paramètres et de la loi normale limite associée. Le théorème central limite informe qu'en prenant et il y a convergence en loi vers la loi normale où et .
Ce théorème peut s'appliquer à des lois de variance infinie. Par exemple si suit la loi de Pareto suivante : pour tout , alors la condition du théorème est satisfaite, pourtant n'a pas une variance finie. Dans cet exemple précis, il est possible de trouver des suites et convenables pour que la convergence se fasse grâce au théorème suivant.
Théorème — Soit une loi de probabilité sur dont la fonction de répartition est notée . Soit une suite de variables aléatoires i.i.d de loi . Supposons que
où et sont des constantes. Alors la convergence
a lieu en loi quand , où désigne la loi normale centrée réduite, et
A noter que si dans le théorème précédent, alors la variance de est finie et on retrouve exactement le théorème central limite. L'intérêt du théorème précédent par rapport au théorème central limite est donc l'étude du cas .
Théorème — Soit une loi de probabilité sur dont la fonction de répartition est notée et . Soit . Alors appartient au domaine d'attraction d'une loi -stable non dégénérée si, et seulement si, il existe des constantes et telles que ,
et
De plus, si ces conditions sont vérifiées, la convergence
a lieu en loi quand , où
On dit qu'un vecteur aléatoire de est de loi stable s'il vérifie une des 2 propriétés équivalentes suivantes :
où est le produit scalaire classique sur .
Remarques :
On dit qu'une variable aléatoire complexe est de loi -stable, si le vecteur de est -stable.
On dit de plus que la loi de est isotrope si, pour tout , les variables aléatoires et sont identiquement distribuées. Dans ce cas, sa fonction caractéristique vérifie, pour tous complexes , , où est un réel positif appelé paramètre d'échelle de .
Soit . On pose . Soit et deux processus mutuellement indépendants de variables aléatoires définis sur le même espace de probabilité satisfaisant aux propriétés suivantes :
Alors la série converge presque sûrement. De plus, elle est de loi symétrique -stable et son paramètre d'échelle vérifie .
Soit . On pose . Soit et deux processus mutuellement indépendants de variables aléatoires définis sur le même espace de probabilité satisfaisant aux propriétés suivantes :
Alors la série converge presque sûrement. De plus, elle est de loi isotrope -stable et son paramètre d'échelle vérifie .
Elle a pour cas particuliers :
Gnedenko et Kolmogorov ont établi une généralisation du théorème central limite selon laquelle la somme de variables aléatoires ayant des queues de loi décroissantes selon 1/|x|α+1 avec 0 < α < 2 (ayant donc une variance infinie) tend vers une loi stable de paramètre α.