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| Décès |
(à 74 ans) Sienne |
| Nationalité |
Italienne |
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| Formation |
Académie des beaux-arts de Florence |
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| Père |
Natale Nicola Mussini (d) |
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| Enfant |
La Musique sacrée Le Triomphe de la Vérité L'Éducation à Sparte |

Luigi Mussini, né le à Berlin et mort le à Sienne, est un peintre italien, représentant du purisme.
Formé à Florence auprès de son frère Cesare Mussini, puis à l'Académie des beaux-arts, il est pensionnaire à Rome de 1840 à 1844 ; La Musique sacrée, qu'il envoie de Rome en 1841, s'inspire de la peinture italienne de la fin du XVe siècle. Après la révolution de 1848, il s'installe à Paris, où il renoue avec Ingres et son entourage, dont l'influence devient dès lors déterminante dans son œuvre.
De 1851 à sa mort, il dirige l'Institut des beaux-arts de Sienne, où il forme une génération de peintres, dont Alessandro Franchi, Amos Cassioli et Cesare Maccari. Il siège dans plusieurs commissions chargées de la conservation du patrimoine et dirige de nombreuses restaurations, conduites selon le principe puriste du retour aux formes originelles.
Joueur d'échecs, il fonde en 1877 la Société d'échecs de Sienne et peint vers 1883 une Partie d'échecs à la cour d'Espagne.
Luigi Mussini naît à Berlin le . Son père, Natale Mussini, compositeur originaire de Bergame et d'ascendance modénaise, est alors maître de chapelle à la cour de Prusse ; sa mère, Giuliana Sarti, est la fille du musicien Giuseppe Sarti,.
En 1818, la famille s'installe à Florence,. Le jeune Luigi y prend des leçons de piano puis, à partir de treize ans, des leçons de dessin de son frère aîné Cesare, élève de l'Académie florentine. Il entre lui-même à l'Académie en 1830, où il étudie auprès de Pietro Benvenuti et de Giuseppe Bezzuoli,,.
Hostile dès le début aux méthodes de l'enseignement académique, il y remporte pourtant plusieurs prix, en 1834 et en 1835. Ses épreuves académiques, comme Samuel oignant David, en 1836, sont perdues. On commence alors à parler à son propos de purisme ; il revendique cependant sa distance envers celui des Nazaréens, par l'étude assidue du réel. Le Christ chassant les marchands du Temple, exposé en 1838, est acquis, avec le Samuel, par le marquis Filippo Ala Ponzoni, qui restera l'un de ses principaux soutiens.
En 1840, il remporte le prix de pension de l'Académie de Florence et part pour Rome, où il demeure quatre ans,. Peu d'informations certaines subsistent sur ce séjour. Il dut s'intégrer rapidement au milieu artistique français de la villa Médicis, où il rencontre pour la première fois Ingres, sur le point d'en quitter la direction ; on parlait d'ailleurs français dans la famille Mussini.
Parmi les essais annuels qu'il envoie de Rome, La Musique sacrée, reçue avec enthousiasme à Florence en octobre 1841, s'inspire étroitement du modèle du Pérugin,. Les essais suivants marquent un tournant vers le purisme des Nazaréens : Abélard et Héloïse, perdu, et L'Aumône selon l'Évangile et selon l'ostentation mondaine, en 1844, dont le sujet, selon Marco Pierini, n'est pas exempt d'un caractère conventionnel et moralisateur,.
Revenu à Florence à la fin de 1844, il entreprend Le Triomphe de la Vérité, qu'Ala Ponzoni achète inachevé, puis le suit à Naples, où il séjourne au moins de la fin de l'été 1845 au début de 1846.
À son retour, il fonde à Florence, via Sant'Apollonia, avec le Suisse Franz von Stürler, rencontré à Rome, une école de peinture inspirée de l'idéal des ateliers de la Renaissance ; Michele Gordigiani, Silvestro Lega et Luigi Norfini en sont les élèves. Il se lie avec le sculpteur Giovanni Dupré et avec un cercle d'érudits florentins, dont Carlo et Gaetano Milanesi et Carlo Pini. Il commence alors à écrire dans la presse, en défendant un purisme qui associe l'héritage des Nazaréens et celui d'Ingres.
Au printemps 1848, il prend part comme volontaire aux mouvements révolutionnaires, ce qui met fin à son association avec von Stürler. Découragé par le tour des événements politiques, il quitte l'Italie en février 1849 pour Paris. Au Salon de 1849, il présente La Musique sacrée et Le Triomphe de la Vérité, qui obtient une médaille.
À Paris, il renoue avec Ingres et son entourage, où il apprécie particulièrement Hippolyte Flandrin, et fréquente Jean-Léon Gérôme et Auguste Gendron. Pour le gouvernement français, il réalise une copie de La Musique sacrée, aujourd'hui au musée des Beaux-Arts Denys-Puech de Rodez, et commence Les Fêtes de Platon célébrées à Careggi par Laurent le Magnifique, conservé au musée de Brou à Bourg-en-Bresse,.
À la mort de Francesco Nenci, ses amis toscans, parmi lesquels Dupré, Cesare Guasti, les frères Milanesi, Carlo Pini et Luigi Venturi, s'emploient à lui faire attribuer la direction de l'Institut des beaux-arts de Sienne, avec, entre autres, Scipione Bichi Borghesi. D'abord réticent à quitter Paris, il arrive à Sienne en novembre 1851 et dirige l'Institut sans interruption pendant trente-sept ans,.
Son engagement dans l'enseignement, la réorganisation de l'école et sa nouvelle orientation, qui abandonne le modèle des Nazaréens pour celui d'Ingres et de Flandrin et la théorie de « l'art pour l'art », stimulent de nombreux jeunes artistes. Selon Marco Pierini, l'école siennoise en reçoit un caractère nouveau, profondément marqué par un enseignement à la fois autorisé et autoritaire : certains élèves, comme Alessandro Franchi et Gaetano Marinelli, lui restent fidèles, tandis que d'autres, comme Amos Cassioli et Cesare Maccari, le réinterprètent de façon critique,.
En 1852, pour sa première exposition à Sienne, il présente Le Triomphe de la Vérité, La Musique sacrée et Les Fêtes de Platon. La même année, les frères Milanesi, Guasti et Pini prennent ce dernier tableau pour modèle dans leur opuscule Del purismo, qui donne une assise théorique aux plus récents développements de son art, désormais tourné non plus vers les primitifs mais vers la Renaissance mûre et l'école d'Ingres. Les Milanesi lui dédient en 1859 leur édition du traité de Cennino Cennini.
Le , il épouse à Gênes Luigia Giovanna Piaggio, son élève depuis 1857. Leur première fille, Giulia, naît en décembre 1863, la seconde, Luisa, le ; sa femme meurt quelques jours après l'accouchement, le 17 janvier,.
Il est nommé en 1860 à la Consulta des beaux-arts du royaume, devenue Junte supérieure des beaux-arts, et en 1885 à la Commission centrale pour l'art appliqué à l'industrie. Il est aussi, dès sa création en 1867, un membre influent de la Commission consultative de conservation des beaux-arts des provinces de Sienne et de Grosseto.
À ce titre, il dirige de nombreuses restaurations d'œuvres et de monuments, en appliquant le principe puriste du retour aux formes originelles ; il privilégie ainsi les restitutions radicales et les reconstitutions en style au respect de l'histoire et des traces du temps. Son action dans ce domaine lui vaut l'hostilité de Giovanni Battista Cavalcaselle.
Il préside ou siège dans de nombreux jurys et comités, notamment pour le concours du monument à Victor-Emmanuel II à Turin, en 1879, et pour la salle consacrée au roi dans le Palazzo Pubblico de Sienne, de 1883 à 1888. En 1880, il est élu au conseil municipal de Sienne sur la liste des conservateurs constitutionnels.
Joueur d'échecs, il participe à de nombreux tournois nationaux, souvent avec succès. Il fonde en 1877 la Société d'échecs de Sienne, qu'il préside, et publie à partir de 1876 des problèmes dans la Nuova rivista degli scacchi.
Il meurt à Sienne le ,,. Il est inhumé au cimetière de la Misericordia, dans le tombeau de sa femme, qu'il avait lui-même réalisé en 1865.
La Musique sacrée, huile sur toile de 1841, est conservée à la Galleria dell'Accademia de Florence,,. La composition reprend le modèle du Pérugin dans l'architecture qui encadre la scène, dans la pose, la physionomie et le drapé de l'ange qui chante, et dans la tonalité bleutée du paysage à l'horizon.
Le Triomphe de la Vérité, aujourd'hui à Brera, à Milan,, représente au centre la figure allégorique de la Vérité, nue, debout sur un socle, un flambeau à la main. Elle est entourée d'hommes de tous les temps qui se sont distingués dans la religion, les sciences, les arts et la philosophie, parmi lesquels Kepler, Galilée, Pascal, Phidias, Giotto, Dante, Socrate, Platon, Aristote et Confucius. Le tableau s'inspire de L'École d'Athènes de Raphaël. Marco Pierini y voit une sorte de singulier syncrétisme, à la fois chrétien et hérité des Lumières.
Conservé au musée de Brou sous le titre de Solennité platonicienne, ou La Célébration de Platon par Marsile Ficin à Careggi, le tableau commandé par le gouvernement français est daté de 1852. Il est présenté la même année à l'exposition de l'Académie de Florence.
Parmi les œuvres de ses premières années siennoises figure Eudore et Cymodocée, de 1855, tiré des Martyrs de Chateaubriand et conservé à la galerie d'Art moderne du palais Pitti ; commandé en 1852 par le grand-duc Léopold II, il est exposé à Paris en 1857. Dans une Mater Dolorosa de 1856, peinte à la détrempe sur bois à fond d'or et conservée au musée municipal de Sienne, l'inspiration du XVe siècle se résout dans un dessin emprunté aux modèles français contemporains.
Le Décaméron siennois, de 1858, a été volé. En 1860, il peint le Portrait de Victor-Emmanuel II du Palazzo Pubblico de Sienne, pour lequel le roi lui accorde deux séances de pose.
Dans les années 1860, il peint une Odalisque, en 1862, sujet inhabituel pour lui, conservée à Brera. Il achève en 1868, après près de dix ans de travail, le grand retable de Saint Crescent rendant la vue à une aveugle pour l'autel de saint Philippe de la cathédrale de Sienne, inspiré du Martyre de saint Symphorien peint par Ingres pour la cathédrale d'Autun en 1834.
L'Éducation à Sparte, huile sur toile signée et datée de 1869, est conservée au musée Ingres-Bourdelle de Montauban, où elle a été déposée par l'État en 1886. Deux petites répliques sont conservées dans des collections particulières, dont celle de la banque Monte dei Paschi de Sienne,. Le peintre l'envoie à l'Exposition internationale de Vienne en 1873.
Dans les années 1860, il expérimente les techniques photographiques et invente un procédé, la jalographie, récompensé à l'Exposition universelle de 1867 à Paris.
Les rares œuvres conservées de ses dernières années semblent traduire la volonté de dépasser ses modèles habituels et de s'ouvrir à la peinture européenne contemporaine. Pour la chapelle funéraire Hübsch du cimetière de Baden-Baden, il peint La Fille de Constantin au tombeau de sainte Agnès, en 1879, et le Transport de sainte Agathe dans les catacombes de Catane, en 1880-1881. Marco Pierini y relève l'influence de William-Adolphe Bouguereau et d'une certaine peinture anglaise, dont Frederic Leighton, venu plusieurs fois à Sienne, est le principal représentant.
En 1878, il fournit les cartons des mosaïques des pignons de la cathédrale de Sienne, avec le Couronnement de la Vierge et l'Adoration des bergers, pour lesquels il semble s'être particulièrement inspiré de Fra Angelico.
Vers 1883, il peint pour son plaisir une Partie d'échecs à la cour d'Espagne, conservée dans la collection de la banque Monte dei Paschi de Sienne. Le tableau représente l'histoire du joueur calabrais du XVIe siècle dit « il Puttino », vainqueur de Ruy López à la cour de Madrid, en présence de Philippe II. Le peintre l'expose lors de nombreux tournois nationaux d'échecs.
Selon Marco Pierini, ce rare exemple de peinture d'histoire révèle, à côté de la rigueur du dessin, un goût pour l'anecdote, la minutie descriptive et la représentation des caractères, liberté que permet le caractère presque privé de la toile.
Il publie des Scritti d'arte en 1880 et Di palo in frasca. Pensieri di un artista en 1888. Ses Cenni autobiografici paraissent la même année dans un volume publié en sa mémoire.
Une sélection de sa correspondance est publiée en 1893, avec une biographie due à Luisa Anzoletti,. Près de six cents lettres, conservées à la bibliothèque communale des Intronati de Sienne et dans des collections particulières, ont été transcrites par la fondation Memofonte.
Il est généralement présenté comme l'un des représentants du purisme. Son enseignement et son autorité ont durablement marqué l'école siennoise du XIXe siècle, mais son attachement au modèle académique et ses restaurations radicales ont aussi suscité des oppositions, notamment celle de Cavalcaselle,.
| Date | Œuvre | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| 1841 | La Musique sacrée | Galleria dell'Accademia, Florence, |
| 1844 | L'Aumône selon l'Évangile et selon l'ostentation mondaine | Galleria dell'Accademia, Florence |
| Le Triomphe de la Vérité | Brera, Milan | |
| La Musique sacrée, copie | Musée des Beaux-Arts Denys-Puech, Rodez | |
| 1852 | Les Fêtes de Platon | Musée de Brou, Bourg-en-Bresse |
| 1855 | Eudore et Cymodocée | Galerie d'Art moderne, palais Pitti, Florence |
| 1856 | Mater Dolorosa | Musée municipal, Sienne |
| 1860 | Portrait de Victor-Emmanuel II | Palazzo Pubblico, Sienne |
| 1862 | Odalisque | Brera, Milan |
| 1868 | Saint Crescent rendant la vue à une aveugle | Cathédrale de Sienne |
| 1869 | L'Éducation à Sparte | Musée Ingres-Bourdelle, Montauban |
| 1878 | Mosaïques des pignons, d'après ses cartons | Cathédrale de Sienne |
| 1879 | La Fille de Constantin au tombeau de sainte Agnès | Chapelle Hübsch, Baden-Baden |
| vers 1883 | Partie d'échecs à la cour d'Espagne | Collection Monte dei Paschi, Sienne |