Lusitanie

Lusitanie
(la) Lusitania

-27 – 468 apr. J.-C.

Drapeau
Description de cette image, également commentée ci-après
La Lusitanie dans l'Empire romain, vers 120.
Informations générales
Statut Province de l'Empire romain
Capitale Emerita Augusta (Mérida)
Langue(s) Lusitain, latin
Monnaie monnaie romaine
Démographie
Population Lusitaniens
• ~ 700 000 hab

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Lusitanie (en latin : Lusitania) était une province romaine fondée sous le principat d'Auguste. Elle couvrait la plus grande partie de l'actuel Portugal au sud du Douro et une partie du León et de l'Estrémadure espagnols.

Avant la Lusitanie, les Lusitaniens

D'origine indo-européenne, les Lusitaniens ne sont pas à proprement parler un peuple mais plutôt une confédération de différents peuples installés dans la partie orientale du territoire portugais, au cœur de régions inhospitalières et désertes, et vivant principalement d'élevage et de razzias[réf. nécessaire]. Un sanctuaire découvert à Beja prouve cependant l'implantation durable de Celtes au Sud du Portugal actuel[réf. nécessaire].

Dans ce contexte de division des habitants, les conflits de voisinage commencent dès la fin du IIIe siècle av. J.-C. et se prolongent plus ou moins violemment et régulièrement jusqu'en 151 av. J.-C., année où le massacre de Lusitaniens par le gouverneur de l'Hispanie ultérieure, Servius Sulpicius Galba, entraîne une radicalisation du conflit contre l'invasion romaine. Cette guerre, menée par le chef lusitanien Viriate, se termine avec l'assassinat de ce dernier par ses lieutenants et la conclusion de la paix en 139 av. J.-C. Cette période est largement connue, notamment grâce à Appien, notre principale source pour ce conflit.

Dès lors, les Lusitaniens s'assimilent progressivement à l'histoire romaine et beaucoup participent à la guerre sertorienne qui, de 80 à 72 av. J.-C., voient le général marianiste Sertorius se retrouver à la tête de troupes lusitaniennes ; plus tard encore lors de différentes guerres au cours desquelles les Lusitaniens sont intégrés dans différentes armées romaines, en particulier dans celle de Pompée le Jeune lors de la bataille de Munda face à César ; ou encore, sans doute aussi, dans celle de Sextus Pompée lors de sa guerre contre le second triumvirat...

Création de la Lusitanie

Lusitanie

C'est dans ces conditions de progressive intégration que la province de Lusitanie est créée par Auguste dans son œuvre de réorganisation administrative globale de l'Empire. Elle provient de la division de l'Hispanie ultérieure en Lusitanie et Bétique. Cette création serait intervenue vers -27 et aurait suivi le cours de l'Ana. La capitale de cette province impériale était Emerita Augusta (auj. Mérida) et le territoire en fut divisé en différentes civitates qui reprenaient souvent les limites géographiques des différents peuples ou ethnies qui habitaient la zone avant la conquête romaine.

La Lusitanie fut placée sous le contrôle d'Auguste et non sous celui du Sénat, elle était donc encore considérée comme une zone non pacifiée. La province comptait alors une cinquantaine de cités pour une population estimée à 700 000 habitants.

Vie politique et administrative de la province

La province connait une nouvelle réorganisation administrative du temps des Flaviens, peut-être au cours du règne de Vespasien, avec la création des conventi, une subdivision des provinces et nouvelle entité juridictionnelle. Le gouverneur de la Lusitanie vient dans les capitales de ces conventi s'occuper principalement de la justice.

La Lusitanie est divisée en trois conventi :

Le «conventus» règne sur un total de quarante-six populis. Cinq sont des Colonies romaines : Emerita Augusta (Mérida, Espagne), Pax Iulia (Beja), Scalabis (Santarém), Norba Caesarina (Cáceres) et Metellinum (Medellín). Felicitas Iulia Olisipo (Lisbonne, qui est une municipalité de droit romain) et trois autres villes ont l'ancien statut latin : Ebora (Évora), Myrtilis Iulia (Mértola) et Salacia (Alcácer do Sal). Les trente-sept autres sont de la classe stipendiarii, parmi lesquels Aeminium (Coimbra), Balsa (Tavira), ou Mirobriga (Santiago do Cacém). D'autres villes incluent Ossonoba (Faro), Cetobriga (Setúbal), Collippo (Leiria) ou Arabriga (Alenquer).

À cette réorganisation administrative ne vient s'ajouter que celle de Dioclétien au IIIe siècle av. J.-C. qui ne change rien pour la Lusitanie qui conserve ses frontières et ses divisions. Elle est par contre intégrée au Diocèse d'Hispanie qui englobe l'ensemble des provinces ibériques ainsi que la Maurétanie tingitane qui entretient de nombreux rapports commerciaux avec la Péninsule Ibérique.

Du point de vue politique et événementiel, on sait peu de choses sur ce qui advient au cours de cette période. La Lusitanie semble avoir vécu plusieurs siècles de Pax Romana, sans événement remarquable. Sa romanisation est plus ou moins profonde suivant les zones et leurs niveaux de richesse. Ainsi les zones d'interface côtières, ou frontalières sont plus riches, les vestiges archéologiques y sont plus abondants, les villae plus nombreuses.

Liste des gouverneurs de Lusitanie

Ier siècle av. J.-C.

Ier siècle

IIe siècle

IIIe siècle

IVe siècle

Vie économique prospère

Péninsule ibérique en 411

Malgré tout, ce qui frappe pour cette période, c'est la richesse économique de la zone. On le voit à travers les villae particulièrement. Les deux points forts de l'économie lusitanienne furent l'exploitation minière du cuivre avec en particulier les mines de Río Tinto en Espagne et d'Aljustrel au Portugal qui sous contrôle étatique produisirent d'énormes quantités de minerai.

La deuxième activité économique de grande ampleur pour la Lusitanie fut la production et l'exportation du garum et des conserves de poisson, dont de nombreux témoignages subsistent le long des cours inférieurs des fleuves Sado et Tage ainsi que le long de la côte de l’Algarve, sous la forme de bassins dans lesquels on faisait sécher les poissons et les mollusques nécessaires à ces préparations.

Le tout transitait jusqu'aux ports de la Lusitanie ou de la Bétique et était exporté. Il semble d'ailleurs que la Lusitanie ait occupé la première place dans cette industrie exportatrice à l'échelle de tout l'empire et qu'elle alimentait l'ensemble du bassin méditerranéen occidental, la ville de Rome et même l'Orient.

Invasions germaniques et héritage antique

La menace latente d'invasions germaniques du IVe siècle qui porte à une politique systématique de fortification des cités lusitaniennes dont on peut encore voir des vestiges à Conimbriga devient une réalité pour la péninsule ibérique au siècle suivant :

L'un des principaux héritages sera, pour les futurs peuples qui occuperont cette zone, la langue qui du latin vulgaire donnera naissance au portugais et à l'espagnol modernes.

Le nom de cette province a donné naissance à celui du cheval Lusitanien. Il a également donné le nom Lusitania, paquebot de la Cunard Line, ainsi que lusophone (qui parle portugais) et lusophonie, désignant l'ensemble des identités culturelles de langue portugaise.

Grandes cités de Lusitanie

Villes ayant le statut de colonie romaine :

Autres villes :

Notes et références

  1. ↑ Dion Cassius, LIII, 12, 4-5.
  2. ↑ Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, III, 2.
  3. ↑ Antonio García y Bellido, Las colonias romanas de la provincia Lusitania, Gabinete de Antigüedades de la Real Academia de la Historia, (lire en ligne [archive du ])
  4. ↑ Alan K Bowman, Edward Champlin et Andrew Lintott, The Cambridge Ancient History, Cambridge University Press, (ISBN 9780521264303, lire en ligne)
  5. ↑ Géza Alföldy, Fasti Hispanienses, Steiner, Wiesbaden (1969)
  6. ↑ Thomas Elliott, Epigraphic Evidence for Border Disputes in the Roman Empire, University of North Carolina, , 63f
  7. ↑ CIL 2, 172 = ILS 190
  8. ↑ J. M. Abascal, Lucius Caecilius Rufus, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  9. ↑ Der Neue Pauly, Stuttgart 1999, T. 2, ch. 951-992
  10. ↑ J. M. Abascal, Lucius Calventius Vetus Carminius, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  11. ↑ J. M. Abascal, [Marcus?] Porcius?] Cato, Real Academia de la Historia (lire en ligne)
  12. ↑ Suétone, Les Douze Césars, Penguin, , 255–262 (ISBN 978-0-14-045516-8, lire en ligne Inscription nécessaire)
  13. ↑ J. M. Abascal, Otón, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  14. ↑ Sauf mention contraire, la liste des gouverneurs de 75 à la fin du règne d'Hadrien est tirée de Werner Eck, « Jahres- und Provinzialfasten der senatorischen ». Statthalter von 69/70 bis 138/139", Chiron, 12 (1982), pp. 281-362; 13 (1983), pp. 147-237.
  15. ↑ J. M. Abascal, Quintus Acutius Faienanus, Real Academia de la Historia (lire en ligne)
  16. ↑ J. M. Abascal, Caius Oppius Sabinus, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  17. ↑ Géza Alföldy, Konsulat und Senatorenstand unter der Antoninen (Bonn : Rudolf Habelt Verlag, 1977), p. 256
  18. ↑ J. M. Abascal, Quadratus, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  19. ↑ J. M. Abascal, Sextus Tigidius Perennis, Real Academia de la Historia (lire en ligne)
  20. ↑ Leunissen, Konsuln und Konsulare, p. 290
  21. ↑ Paul Leunissen, Konsuln und Konsulare in der Zeit von Commodus bis Severus Alexander (Amsterdam : J.C. Gieben, 1989), p. 289
  22. ↑ J. M. Abascal, Decimus Iunius Coelianus, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  23. ↑ Paul Leunissen, Konsuln und Konsulare in der Zeit von Commodus bis Severus Alexander (Amsterdam : J.C. Gieben, 1989), p. 289.
  24. ↑ J. M. Abascal, Rutilus Pudens Crispinus, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  25. ↑ J. M. Abascal, Aemilius Aemilianus, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  26. ↑ J. M. Abascal, Datianus, Real Academia de la Historia (lire en ligne)
  27. ↑ J. M. Abascal, Iulius Saturninus, Real Academia de la Historia (lire en ligne [archive du ])
  28. ↑ J. M. Abascal, Vettius Agorius Praetextatus, Real Academia de la Historia (lire en ligne)
  29. ↑ Voir cette tentative d'explication étymologique

Annexes

Articles connexes

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Bibliographie

Liens externes