Lyman Spitzer

Lyman Spitzer, Jr. ( - ) est un astrophysicien américain qui a effectué des contributions majeures dans les domaines de la dynamique stellaire, la physique des plasmas, la fusion thermonucléaire et l'astronomie spatiale. Il est l'inventeur du stellarator, un équipement destiné à produire des réactions contrôlées de fusion thermonucléaire. Il envisage dès 1946 l'utilisation de télescopes spatiaux et a joué un rôle moteur dans le développement du télescope spatial Hubble.

Formation

Lyman Spitzer, Jr. nait en 1914 à Toledo (Ohio). Il fait ses études supérieurs à l'Université Yale où il obtient une licence de physique. Après un séjour d’un an à l'Université de Cambridge il entre à l’Université de Princeton où il obtient son master puis un doctorat en astrophysique en 1938 à 24 ans en travaillant avec Henry Norris Russell. Il est postdoctorant pendant un an à l’Université Harvard avant de rejoindre l'Université de Yale en 1939.

Carrière

Visionnaire

Durant la Seconde guerre mondiale il travaille au sein d'une équipe qui met au point le sonar. En 1946, près d'une décennie avant que le premier satellite artificiel soit placé en orbite, il propose de placer dans l'espace un télescope spatial qui présenterait les avantages de pouvoir observer une plage de longueurs d'ondes bien plus étendue que depuis la surface de la Terre, d'éviter les perturbations engendrées par l'atmosphère terrestre et de pouvoir observer des objets célestes bien plus lointains. Il publie un article intitulé Astronomical Advantages of an Extra-Terrestrial Observatory qui décrit ses avantages et œuvrera durant 50 ans pour que son idée se concrétise.

Chercheur en astrophysique

En 1947 à l'âge de 33 ans il devient titulaire de la chaire des sciences astrophysiques de l'Université de Princeton succédant à Henry Norris Russell. Il devient également responsable de l'Observatoire de Princeton. A ces postes il effectue des contributions majeures dans le domaine de l'astrophysique. Il est considéré comme le fondateur des études sur le milieu interstellaire avec ses recherches portant sur les grains de poussière interstellaire et les champs magnétiques, ainsi que sur les mouvements des amas d'étoiles et leur évolution. Il étudie les régions de formation d'étoiles (pouponnières d'étoiles) et est l'un des premiers à suggérer que les étoiles brillantes des galaxies spirales se sont formées récemment à partir du gaz et de la poussière qui dominent dans ces régions. Il prédit également l'existence d'un halo galactique chaud entourant notre galaxie, la Voie lactée.

Il fonde en 1951 le Laboratoire de physique des plasmas de Princeton, qui effectue des travaux pionniers dans le domaine du contrôle thermonucléaire et qu'il présidera jusqu'en 1967. Il joue un rôle précurseur dans l'utilisation de la fusion nucléaire comme source d'énergie propre. En 1952, Spitzer est nommé professeur d'astronomie à l'Université de Princeton, poste qu'il occupera jusqu'à la fin de sa vie.

Contributions dans le domaine de l'astronomie spatiale (1962-1975)

De 1960 à 1962 Spitzer préside la Société américaine d'astronomie. Dans les années 1960 le programme spatial américain prend son essor et son idée de télescope spatial commence enfin à se concrétiser. En 1962 il dirige pour le compte de l'agence spatiale américaine, la NASA, la phase de conception d'un télescope spatial observant le rayonnement ultraviolet d'origine céleste (bloqué par l'atmosphère terrestre). L'observatoire, baptisé Copernicus (OAO-3), est lancé en 1972 et fonctionne avec succès jusqu'en 1981. En 1965 l'Académie nationale des sciences crée un comité chargé de définir les objectifs scientifiques d'un grand télescope spatial. Spitzer est choisi pour le présider. Nombre d'astronomes sont opposés à l'idée d'un tel projet craignant que son coût ne réduise le financement octroyé à l'astronomie terrestre. Spitzer s'efforce de convaincre la communauté scientifique ainsi que le Congrès de l'immense intérêt d'envoyer un grand télescope dans l'espace. Finalement, en 1975, la NASA, en collaboration avec l'Agence spatiale européenne, lance le développement de ce qui allait devenir le télescope spatial Hubble. En 1977, grâce notamment aux efforts constants de Spitzer, le Congrès approuve le financement de la construction du télescope spatial. Le télescope spatial Hubble est mis en orbite par la navette spatiale en 1990, 44 ans après la première proposition de Spitzer.

Décès (1997)

Lyman Spitzer Jr. décède subitement le 31 mars 1997 à l'âge de 82 ans. Il venait de terminer une journée de travail normale à l'Université de Princeton, où il avait discuté d'astronomie avec ses collègues et analysé les résultats du télescope spatial Hubble, l'instrument dont il rêvait en 1946. Il laisse derrière lui son épouse, l'archéologue Doreen Canaday Spitzer, quatre enfants et dix petits-enfants.

Personnalité

Outre ses qualités exceptionnelles de scientifique et de pionnier dans le développement des télescopes spatiaux, Spitzer était un enseignant hors pair, extrêmement respecté de ses collègues et de ses étudiants. Il était considéré comme un homme d'une discipline, d'une diligence et d'une politesse incroyables. Passionné d'alpinisme et de ski, il était membre de l'American Alpine Club.

Écrits et postérité

Spitzer est l'auteur d'environ 240 articles scientifiques, dont 155 en tant que premier auteur et 128 dans des journaux scientifiques à comité de lecture. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont « Physics of Fully Ionized Gases » (1956 publié en 1959 chez Dunod avec le titre Physique des gaz complètement ionisés), à l'époque référence incontournable dans les domaines de la recherche sur les plasmas et la fusion, et « Diffuse Matter in Space » (1968) portant sur le milieu interstellaire.

Son nom a été donné en 2003 au télescope spatial Spitzer (SIRTF) développé par la NASA. L'astéroïde (2160) Spitzer est nommé en son honneur.

Distinctions et récompenses

Spitzer était membre de plusieurs organisations scientifiques  :

Au cours de sa carrière il a reçu de nombreux prix dont :

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Denise Applewhite, « Lyman Spitzer Jr. », sur Site du télescope Spitzer, NASA (consulté le )
  2. ↑ D'après ADS/CDS, base de données de la NASA.

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes