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Marie Clarisse Marguerite Guillet |
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Mention honorable pour Fragment de décoration (1886), haut-relief en plâtre, Médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1900 |
Marie Cazin, née le à Paimbœuf et morte le à Équihen, est une artiste peintre, sculptrice et graveuse française.
Marie Clarisse Marguerite Guillet naît dans une famille d'artistes. Fille de Louis Claude Aristide Guillet, peintre et dessinateur, et de Clarisse Marie Brault, elle étudie à l'école gratuite de dessin de Paris où elle est l’élève de Juliette Bonheur, sœur de Rosa Bonheur, et de Jean-Charles Cazin, qu’elle épouse, en 1868. Elle aide son mari dans ses travaux, notamment céramiques, avant de se faire connaître elle-même comme peintresse et comme sculptrice. Elle a également été l'élève d'Antoine-Louis Barye puis de Rosa Bonheur à By.

L'année de son mariage, son mari est nommé conservateur et professeur au Musée des Beaux-Arts de Tours. Le couple y demeure jusqu'à la guerre franco-prussienne de 1870.
Entre 1870 et 1975, elle réside en Angleterre avec son mari et côtoie les sculpteurs Alphonse Legros et Jules Dalou.
Durant l'hiver 1876, ils voyagent en Italie puis, après un bref séjour à Boulogne-sur-Mer, s'installent à Anvers, où Jean-Charles Cazin, alors âgé de plus de tente ans, s'inscrit à l'Académie. À partir de 1876, Marie Cazin expose au Salon des artistes français, jusqu'en 1889, tout d’abord en tant qu'artiste peintre — avec des paysages essentiellement, des études d'animaux et des figures —, Étang de Picardie, (1876), Village de pêcheurs, (1877), Ânes en liberté, (1880), Convalescence, (1886), puis comme sculptrice, travaux plastiques en bronze, plâtre, grès coloré, à partir de 1882 (Tristesse). En 1883, elle présente un buste grandeur nature en bronze, David.
Entre 1882 et 1888, Jean-Charles Cazin effectue plusieurs voyages, des Flandres à l'Italie, notamment à Anvers, Venise et Florence. La présence de Marie Cazin à ses côtés durant ces déplacements n'est pas établie. Elle pourrait notamment être demeurée auprès de sa sœur Célie-Caroline Guillet, épouse du peintre britannique Arthur Heseltine. A partir de 1883, le couple Helestine appartient à la colonie d'artistes établie à Grez-sur-Loing et dans la région de Fontainebleau. Jean-Charles Cazin séjourne lui-même régulièrement dans cette région, où il peint et dessine notamment les villages de Recloses, Achères et Chailly. C'est au cours de cette période que Marie Cazin aurait pu bénéficier des conseils de Rosa Bonheur.

Marie Cazin ne semble pas davantage avoir accompagné son mari et leur fils Michel lors du séjour effectué à New York en novembre 1893, à l'occasion d'une exposition consacrée à Jean-Charles Cazin à l'American Art Galleries. Elle aurait également effectué un séjour en Algérie dans le cadre du Salon des peintres orientalistes français en 1899.
Elle expose quelques œuvres animalières en bronze comme Bœuf du Nivernais au Salon de la Nationale en 1895 ou un Âne en 1899. Son œuvre la plus connue, Les Jeunes filles, groupe de bronze, est exposée en 1886 et achetée par l’État en 1899. Les deux bronzes seront ensuite conservés à Paris au musée du Luxembourg. Elle réalise également La Fortune, (1883, buste de bronze). À partir de 1890, elle présente ses œuvres au Salon de la société nationale des beaux-arts, dont elle devient sociétaire en 1891, signe de reconnaissance de son statut professionnel. Elle expose ainsi La Science et la Charité, (1893, groupe de bronze), réalise une statue de Jean-Charles Cazin, en 1904, et projette un monument La Nature, en souvenir de son mari, mort en 1901. Elle fait partie de la délégation de femmes françaises artistes présentées à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, regroupées dans le Woman's Building, une de ses sculptures ayant également été sélectionnée pour concourir et être exposée au Palais des Beaux-arts.

On retrouve dans son œuvre le thème récurrent de la fonction sociale des femmes. Ainsi, se distingue une série de sculptures et de dessins sur le sujet de la femme et du travail : L’École (1893), Femme au travail (1891), Vie Obscure (1901) que Louise Breslau décrit comme « plusieurs femmes occupées à des tâches domestiques […] un remarquable chef-d’œuvre ».
Dans le contexte de l'époque où l'accès des femmes à la carrière d'artiste n'est pas aisé, son mariage a pu faciliter l’accès aux Salons et les contacts avec les critiques et les mécènes.

L'œuvre de Marie Cazin, tant pictural que sculpté, entretient des liens étroits avec son environnement familiale. Belle-sœur du docteur Henri Cazin, spécialiste des maladies osseuses infantiles, elle réalise le Monument aux docteurs Cazin et Perrochaud à Berck. Les liens familiaux de son mari avec les familles Adam et Perrochaud la conduisent aussi à réaliser plusieurs monuments funéraires destinés à leurs sépultures à Outreau et à Boulogne-sur-Mer. Après la mort de Jean-Charles Cazin, elle exécute, outre plusieurs bustes et statues le représentant, un ensemble monumental destiné à sa tombe à Bormes-les-Mismosas. Elle réalise plusieurs œuvres monumentales. Sous le Second Empire, les femmes sculpteurs bénéficient d'un contexte favorable à leur activité artistique, grâce à des réseaux sociaux et familiaux facilitant l'accès aux commandes et aux réalisations publiques. Cependant, l’espace investi par les sculptrices est un espace semi-public à l’accessibilité modérée : les églises, les cimetières, les institutions culturelles. Cette zone en marge et sa mobilisation permet de contourner le manque de commandes officielles. La production de Marie Cazin se distingue par son caractère familial.
Mère du graveur et sculpteur Michel Cazin, Marie Cazin voit parfois ses œuvres attribuées à son fils. C'est notamment le cas de Sakountala, groupe en marbre conservé à Samer, ville natale de Jean-Charles Cazin qui est attribué à Michel Cazin dans le livret du Salon de 1907. Michel Cazin a peint son portrait dans Parmi les souvenirs, portrait de Mme Marie Cazin, exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1914.
Après la mort de Jean-Charles Cazin, afin de contribuer au financement de son atelier parisien situé rue du Regard (Paris 6), Marie Cazin réalise plusieurs travaux de commande dans le domaine des arts décoratifs. Elle conçoit des créations pour une école d'infirmières en 1910, ainsi que des cartons de tapisseries destinés à la manufacture des Gobelins, parmi lesquels Diane en 1912 et Vénus en 1913. Elle expose au Salon de 1911 deux fresques Berger du Lavandou et Cheval blanc à Equihen.
Le , alors qu'elle est invitée à bord du torpilleur Rafale, ancré à Boulogne-sur-Mer, où son fils est alors affecté à Dunkerque, l'explosion d'une torpille provoque la mort du commandant et de plusieurs personnes présentes à bord. Michel Cazin est tué dans l'explosion et Marie Cazin perd la vue. Jusqu'à sa mort, elle vit retirée à Équihen, où elle meurt en 1924 à l'âge de 79 ans.
Au sein de la critique parisienne, ses travaux connaissent un accueil favorable, les termes les plus fréquemment employés étant : « mélancolie », « charme mystérieux », « tendre », « plein d’aisance », « compassion », etc.