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(en) mario-amura.com |
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Mario Amura, né à Naples le , est un photographe et cinéaste italien. Son travail photographique porte notamment sur la relation entre lumière, temps et représentation du réel. Il est l’auteur du cycle Napoli Explosion, commencé en 2010 et présenté notamment au musée de Capodimonte et au Real Albergo dei Poveri. Réalisateur, il reçoit en 2003 le David di Donatello pour Racconto di guerra. Directeur de la photographie, il travaille notamment avec Paolo Sorrentino, Vincenzo Marra, Luca Guadagnino et Saverio Costanzo.
Après des études de droit international à l'université de Naples, Mario Amura se forme à la photographie au Centro sperimentale di cinematografia de Rome, dont il sort diplômé en 1999. Il y étudie auprès de Giuseppe Rotunno, directeur de la photographie de Federico Fellini et de Luchino Visconti, puis devient son assistant. Ses premières recherches paraissent la même année dans le volume Mario Amura – Fotografie 1995–1999, publié par le Studio d’Arte Memoli de Milan.
Cette formation cinématographique influence sa conception de la photographie, fondée sur l’observation du réel et sur l’adaptation du regard au sujet représenté. Mario Amura explique que l’enseignement de Rotunno lui a appris à « regarder le monde à travers les yeux des autres ».
Mario Amura poursuit une activité photographique parallèlement à son travail dans le cinéma. Parmi ses projets figurent Sleepers, réalisé à New Delhi, et Fujenti, commencé en 2007.
Commencé en 2010, Napoli Explosion est un cycle photographique réalisé depuis le Monte Faito (it), face à Naples et au Vésuve, pendant les célébrations du Nouvel An. Il prend pour sujet l’événement collectif produit par les feux d’artifice qui illuminent simultanément la ville et le golf.
Les photographies sont réalisées en jouant, au moment de la prise de vue, sur le temps d’exposition, le cadrage, le zoom et le mouvement de l’appareil. Les trajectoires lumineuses se prolongent et se superposent, faisant évoluer le reportage vers des images proches de la peinture et de l’abstraction, tout en conservant comme point de départ un événement réel.
Le cycle a fait l’objet d’une première exposition personnelle au musée de Capodimonte, présentée au Cellaio du au . Une seconde exposition, intitulée Napoli Explosion RAP, a été organisée à partir de décembre 2025 au Real Albergo dei Poveri. Toutes deux ont été placées sous le commissariat de l’historien de l’art français Sylvain Bellenger, alors directeur du musée de Capodimonte.
L’historien de l’art Salvatore Settis définit Napoli Explosion comme « une œuvre autobiographique, un hymne de la ville de Naples à elle-même »,,.
L’écrivain Erri De Luca propose une lecture élémentaire et cosmique des œuvres : « Dans les grandioses photogrammes de Mario Amura, le ciel n’existe pas. Il y a les éléments d’Empédocle : le feu, l’air, l’eau de la mer, la terre. » Il considère également que les photographies restituent l’empreinte collective du peuple napolitain, concentrée dans les quelques minutes qui entourent le passage à la nouvelle année.
À partir de 2005, Mario Amura développe StopEmotion, une technologie permettant de « jouer des images comme on joue d’un instrument » lors de performances vidéo interactives en direct. Le dispositif permet au performeur d’organiser en temps réel des séquences photographiques au rythme de la musique, dans une forme située entre photographie et cinéma.
Amura obtient plusieurs brevets internationaux pour cette technologie. En 2025, il présente à l’Anteo Palazzo del Cinema de Milan World in My Eyes, qui rassemble vingt années de ces travaux.
Cette recherche se prolonge avec Phlay, une application de montage vidéo instantané permettant de créer des vidéos interactives en temps réel.
En 2003, Mario Amura réalise Racconto di guerra, un court métrage tourné à Sarajevo et consacré à deux enfants confrontés aux conséquences de la guerre,. Le film reçoit la même année le David di Donatello du meilleur court métrage. Il est présenté à la Berlinale 2004.
Il poursuit son activité de réalisateur dans le domaine documentaire. En 2016, il coréalise avec Cécile Allegra Italie et Mafia : un pacte sanglant, consacré aux relations entre l’État italien et la mafia ainsi qu’aux assassinats des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.
Dans les années 2000 et au début des années 2010, Mario Amura travaille comme directeur de la photographie pour le cinéma, la télévision et le documentaire. Il collabore notamment avec Paolo Sorrentino, Vincenzo Marra, Luca Guadagnino, Saverio Costanzo et Sabina Guzzanti. Il signe notamment l’image de Vento di terra de Marra, Melissa P. de Guadagnino, In memoria di me de Costanzo et Draquila : L'Italie qui tremble de Guzzanti.
À propos d’In memoria di me, la revue française Critikat souligne l’utilisation de l’espace, de l’obscurité et des contre-jours, ainsi que la photographie du film.