| Marshal Law | |
| Personnage de fiction apparaissant dans Marshal Law. |
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| Martial_Law.jpg Une couverture de Marshal Law "Fear and Loathing" |
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| Alias | Joe Gilmore |
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| Origine | San Futuro (San Francisco) |
| Activité | Policier |
| Pouvoirs spéciaux | grande force, capacité à se soigner, capacité à ne pas ressentir la douleur |
| Pouvoirs | Génétiquement modifié pour être insensible à la douleur. A une force, une endurance et une agilité supérieure à la normale. |
| Famille | Lynn Evans : petite amie |
| Affiliation | Ex Screaming Eagle (vétéran de La Zone) |
| Créé par | Pat Mills Kevin O'Neill |
| Première apparition | Marshal Law (vol. 1) #1 (Epic Comics, octobre 1987) |
| Éditeurs | Epic Comics, Apocalypse Ltd, Dark Horse Comics, Image Comics, Titan Books (en) et Top Shelf en 2009. |
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Marshal Law est une bande dessinée créée par le scénariste britannique Pat Mills et le dessinateur britannique Kevin O'Neill. La série a été publiée pour la première fois par Epic Comics, une filiale de Marvel Comics, en 1987.
La série est une satire de l'industrie des super-héros et de la société dans son ensemble. Elle explore des thèmes tels que la violence, le fascisme, la célébrité, la politique et la nature de la justice dans un monde où les super-pouvoirs sont monnaie courante. Les dessins de Kevin O'Neill se caractérisent par leur style brutal et grotesque participant à l'atmosphère de la série.
L'histoire se déroule dans un monde de super-héros, où le personnage principal, Marshal Law, est un ancien soldat qui a été transformé en justicier pour traquer et éliminer les super-héros corrompus ou qui abusent de leurs pouvoirs. Marshal Law est un personnage sombre et violent, qui n'hésite pas à utiliser la force pour atteindre ses objectifs.
Marshal Law a connu plusieurs séries limitées et spin-offs au fil des ans, ainsi que des adaptations pour la télévision et les jeux vidéos. Elle est souvent considérée comme une œuvre importante du genre de la bande dessinée de super-héros, en particulier pour son approche satirique et subversive.
Marshal Law est officiellement un policier, employé par le gouvernement des États-Unis pour « gérer » les gangs de super héros (souvent des vétérans de La Zone) dans le quartier le plus dangereux de San Futuro (San Francisco après un séisme qui a ravagé la ville). Il est lui-même un vétéran de La Zone (Panama, Équateur, Brésil et Venezuela) qui a pour identité civile Joe Gilmore[pas clair].
Comme tous les Screaming Eagles employés par le gouvernement pour sa guérilla anticommuniste sud américaine, il a été transformé en super-héros. Le personnage a été modifié génétiquement pour l'empêcher de ressentir la douleur, au moyen d'une réponse (feedback) électrique générée par son système nerveux bloquant toute information relative à la douleur. Cette absence de ressenti est probablement liée à sa force, son endurance et son agilité supérieure (voir aussi Darkman de Sam Raimi, 1990). Cela explique aussi sa psyché décalée, qui nourrira beaucoup l'évolution du personnage.
Son supérieur direct est le commissaire Mac Gland.
Le premier arc, composé de 6 numéros de 28 pages, est sorti aux États-Unis chez Epic Comics (filiale adulte en creator own de Marvel Comics) entre et . Il est titré a posteriori pour le paperback (livre de poche) américain Fear and Loathing () et a fait l'objet d'une traduction en français par la maison d'édition Zenda en 3 tomes ( à ).
Les six comics d’origine sont supérieurs en qualité par rapport aux autres comics de l’époque (papier glacé). Kevin O'Neill utilise la peinture directe pour cette première histoire.
Concernant l’édition française, les couvertures, ainsi que les 2e, 3e et 5e de couverture, sont exclusives à l’édition ; le format est agrandi au format A4 pour permettre une meilleure qualité de lecture. Certaines planches présentent de légers dédoublements. Le papier est de qualité supérieure (en épaisseur notamment). Toutes les couvertures originales sont reprises. Dans l'édition originale, des citations ouvrent chacune des 6 parties de l’histoire. Elles sont encadrées par des rideaux de théâtre sur un fond constitué d’une photo. En noir et blanc peu contrasté, elles n’ont pas été imprimées dans l’édition française. Elles sont même parfois légèrement différentes dans le livre de poche anglais (épisode 1 et 4).
L'édition américaine du livre de poche est au même format et dans la même qualité que les comics d’origine. Toutes les couvertures originales sont reprises. Cette édition inclut huit pages de prologue inédites, précisant le monde dans lequel évolue le héros, ainsi que sa genèse. Y sont présentées une version rajeunie du commissaire Mac Gland et la première apparition du Private Eye qui aura son propre arc : Kingdom of the Blind la même année de parution que ce paperback. La dernière de ces 8 pages inédites, enchaîne avec la couverture du premier épisode. Ce prologue a été aussi proposé aux lecteurs britanniques du magazine Toxic! (#14 et 15 : titré pour l’occasion Rites of passage), sous la forme d'un flash back entre The Hateful Dead et Super Babylon, accompagné de 2 nouvelles pages inédites le rattachant à cette histoire.
En 1990, le magazine anglais bimensuel Strip (Marvel UK) a publié cette première histoire, à raison de 2 numéros pour un comics d’origine (du numéro 1 au 12 inclus). L’intérêt de cette version est qu’elle est au format magazine (A4), et imprimée sur du papier de qualité supérieure (glacé).
L’édition Graphitti Designs limitée à 1500 exemplaires signés par les auteurs, sortie aux États-Unis en 1990, reprend la totalité du contenu du paperback d'Epic Comics, plus l’histoire Marshal Law Takes Manhattan (simplement titrée ici Crime and Punishment). Cette édition en hardcover avec une couverture en simili-cuir contient 16 pages de matériel éditorial ; elle inclut, entre autres, des croquis préparatoires et l’intégralité du matériel exclusif à l’édition française.
Le paperback anglais, sorti chez Titan Books en 2002, reprend l’intégralité du contenu du paperback américain, prologue inclus (à l'exception de la préface de Clive Barker, remplacée par une préface de Pat Mills). Par contre, la couverture diffère (visuel du premier tome de l’édition française), et il possède des illustrations bonus d’O'Neill datées de 1995, initialement prévues pour un projet de film finalement abandonné.
Un mystérieux super héros volant, le Marchand de Sable, assassine des femmes ayant revêtu le costume de Céleste, super héroïne aux pouvoirs de séduction décuplés. L’enquête de Marshal Law, l’amène à soupçonner le Super Patriote (que, par ailleurs, il déteste cordialement), héros de la nation, enfant chéri du peuple et, accessoirement, compagnon de Céleste.
Le propos principal de cette première histoire est d’évoquer le dévoiement du rêve américain. Au travers de l’exaltation patriotique, il glorifie aux yeux du public les guerres ou autres missions moralement douteuses. La cible principale, ici, est l’image véhiculée par le héros et enfant chéri de la nation : le Super Patriote (au look très « Supermanien »). Cette première aventure va théoriser et prophétiser le changement de ton que connaîtra l’industrie des comics dans la décennie suivante : des univers plus cyniques et une multitude de personnages au « côté sombre » très marqué. Elle annonce le passage de flambeau entre 2 modèles de Super Héros, illustré par le fils du Super Patriote, qui va finalement choisir Marshal Law comme figure paternelle.
La traduction est assurée par Stéphane Salvetti et le lettrage par Martine Segard. Le traducteur a, par exemple, eu la lourde tâche de trouver des équivalents français à la multitude de noms de super héros, et de s’assurer qu’ils restent accrocheurs, sans trahir le sens original. Le Marchand de Sable, est, par exemple, une bonne traduction pour The Sleepman (en v.o.), bien que son sens ne soit pas forcément très connu du lectorat actuel (et même de l’époque). En outre, cette appellation ne permet pas de mettre en valeur l’ironie poétique de la toute dernière case de l’épisode 5, où le Sleepman mourant dit : « … can sleep forever ».
La solution de facilité aurait été de laisser tels quels les noms des personnages. Il y a de rares exceptions : le titre intraduisible du second épisode « Evilution », qui est en anglais la contraction des mots evil et evolution. La comparaison des 2 versions, ne révèle aucun contre-sens.
On peut signaler quelques points :
Il y a assez peu de référence aux personnages de comics dans ce premier arc, qui s’attaque surtout au symbole que représente Superman (en français : Super Patriote) par rapport au rêve américain. Les références explicites aux univers des supers héros de Marvel et DC en particulier, seront beaucoup plus nombreuses dans les histoires suivantes. Pour cette première aventure, la plupart des héros costumés sont des créations non référentielles des auteurs.
Dans les planches 1 et 2 du premier épisode, on peut croiser le Shadow, personnage créé par Walter Gibson.
Dans la planche 2 du troisième épisode, on trouve une référence au meurtre des parents de Bruce Wayne, évènement fondateur qui fera de celui-ci le Batman. La rue dans laquelle a lieu l’assassinat a été baptisée « Crime Alley » (planche 7, case 2 de ce même épisode).
On trouve un Spider-man, Plastic Man et quelques Batman, planche 23 de l’épisode 4. Et quelques Aquaman/Submariner à la planche 26 de l’épisode 4.
Les références bibliques et mythologiques, textuelles et visuelles sont très nombreuses dans cette première histoire (Pat Mills, enfant, a été dans une école catholique, et c’est une expérience qu’il a fort peu appréciée).
Quelques exemples :
Autre référence : le nom du créateur de super héros, le Docteur Shock, rappelle les traitements de choc (électrochocs) utilisés en milieu psychiatrique. Les résultats et les perspectives ont grandement intéressé la CIA pour ses techniques de contre-interrogatoire. Ce thème sera beaucoup plus développé dans l’histoire suivante.
La première publication a lieu aux États-Unis, en 1989, sous forme d’un one shot de 48 pages au format comics (couverture cartonnée), sur un papier de bonne épaisseur, mais non glacé, avec une colorisation plus classique.
En 1990, l’éditeur anglais Apocalypse Ltd récupère Marshal Law par le biais d’une offre financière plus avantageuse pour les 2 auteurs. Il rééditera à cet effet Marshal Law Takes Manhattan (en supprimant au passage le pré-titre Crime & Punishment) le mois du lancement de l’hebdomadaire Toxic! en . Cette réédition se fera au format magazine (Marshal Law #2, qui constitue probablement aussi le Apocalypse presents #2) mais sur un papier de qualité médiocre (papier journal, donc jaunissement rapide). La couverture, ainsi que la deuxième, avant dernière et dernière de couverture n’ont pas été reprises. On y trouve toutefois une nouvelle couverture, et une deuxième et avant dernière de couverture inédite (une publicité pour le lancement de Toxix!).
En , Titan Books publie le paperback Fear Asylum. Dans ce recueil, l’histoire est rééditée en format comics, mais avec une qualité de papier supérieure aux 2 autres éditions (papier glacé). À l’exception de la deuxième de couverture (montrant le Marshal tenant une bombe insecticide sous un Spider-man), tout le matériel de la première publication de 1989 a été repris (avec même une citation du Marshal inédite : « Super groups, the bland leading the bland ! »). La couverture de la version magazine de 1990 est également reprise. Ce paperback inclut en plus une illustration inédite mettant en scène tous les vilains de Fear and Loathing et Takes Manhattan.
Dans une interview réalisée par Dark Horse Comics pour la sortie de The mask/Marshal Law, les auteurs racontaient que leur inspiration ne venait pas forcément des comics de super héros, mais qu’elle pouvait venir de n’importe où, d’un film par exemple. Dans cet ordre d’idée, Marshal Law Takes Manhattan pourrait se résumer par Vol au-dessus d'un nid de coucou chez les super-héros.
L’action se passe dans un asile psychiatrique pour super héros, situé sur l’île de Manhattan. Cet asile constitue en réalité une alternative à la prison, offerte aux super héros coupables d’actions répréhensibles, exactions qui ne doivent surtout pas arriver aux oreilles du grand public. Un nouveau postulant, le Persecutor, s’y présente, alors que le Marshal est chargé d’aller sur place pour le prendre en charge en cas de refus d’admission.
Au travers de l’histoire du Persecutor et de cet asile peu commun, les auteurs abordent la mémoire sélective des pays colonialistes (page 14, cases 8 et 9), le contrôle par les autorités américaines de l’image publique de ses héros et les exactions de la CIA lors des conflits sud-américains. En particulier, on y présente comment l’art de la torture est « inconsciemment enseigné aux jeunes recrues ; pour leur expliquer comment réagir à la torture, on leur détaille de quelles façons sont pratiquées ces tortures. Il est évident que Pat Mills partage les mêmes sources documentaires historiques que celles citées sur le site de Naomi Klein (Ne pas hésiter à visualiser le court métrage réalisé par Alfonso Cuaron).
On retrouve aussi le questionnement des auteurs sur ce qui constitue l'essence super héroïque d’un personnage (car seuls de « vrais » super héros peuvent être admis dans cet asile). Enfin, certaines attitudes iconiques des super héros sont tournées en dérision par les auteurs, en les mettant en parallèle avec des profils de pathologie psychiatrique ; par exemple, l’équivalent de Thor dans cette histoire est atteint de « paranoïa schizophrène », caractérisée par une propension à la grandiloquence et à se sentir l’égal d’un Dieu. Marshal Law n’échappe pas à cette double lecture.
Cette fois-ci, elles sont nombreuses et facilement identifiables. Les héros du silver age de la Marvel étant réputés pour être des personnages plus névrosés et moins monolithiques que leurs homologues de DC, ce sont eux qui vont peupler cet asile :
Dans cette histoire, le policier psychotique est confronté à un vigilant de type Batmanien : Scott Brennan, milliardaire, touche-à-tout le jour et The Private Eye, « chirurgien de la racaille » la nuit. L’affrontement entre ces 2 personnalités ne sera retardé que par une certaine tolérance de la part du Marshal envers les actions du Private Eye (avant de payer très cher son admiration pour cet ersatz de justicier au passé compromettant).
Il y a un personnage central et récurrent dans l’œuvre de Mills, c’est Torquemada, l’inquisiteur, et ses différentes incarnations dans plusieurs de ses séries (Nemesis the Warlock, Sha, Requiem, Chevalier Vampire, The Reedemer, etc.). Cela lui permet de régler ses comptes avec les autorités religieuses et fanatiques. On retrouve beaucoup d'aspects de Torquemada dans la personnalité du Private Eye : une droiture mystique à la morale douteuse, une volonté inébranlable de punir les « pêcheurs » et le désir d’immortalité pour mener à terme son œuvre de purification (accompagnée d'une tendance à se prendre pour Dieu).
Ce personnage permet aux auteurs d'aborder les thèmes de l'argent derrière le pouvoir des médias, de l'utilité relative des aggravations de peine, et de l'admiration du public pour les héros exerçant une justice personnelle (les vigilants). Les discussions et points de vue autour de certains de ces thèmes sont astucieusement insérés dans le récit, sous forme d'un dialogue récurrent entre le Marshal et son adjoint Killoton. Il est étonnant de constater que le porte-parole des auteurs n’est pas forcément celui que l'on attendait.
Quant à l’évolution de Marshal Law dans cette histoire, elle est nourrie par l’effet de symétrie suggéré par le personnage du Private Eye. Tous deux sont considérés comme des vigilants à la justice sommaire (c’est l’opinion de la majorité des critiques envers la série), et les auteurs multiplient tout au long de l’histoire des points communs, comme le fait d’occuper une Batcave entretenue par un assistant/majordome. Croyant reconnaître un pair chez Scott Brennan, le Marshal, à qui on aura enfin « ouvert les (2) yeux », sera contraint à l’autocritique à travers ce qu’il aura découvert du Private Eye. Il ne s’en haïra que davantage.
On notera enfin, au travers de l’évocation des parents de Scott Brennan, une critique du milieu scientifique et de la science aveugle, lorsque celle-ci est déconnectée de toute éthique (critique que l’on retrouvera quasiment à l’identique dans les Khroniques du Khaos des ABC Warriors, et sous une autre forme dans Requiem, Chevalier Vampire).
Des déchets toxiques réaniment les super héros enterrés au cimetière de San Futuro (la plupart doivent leur présence en ces lieux aux méthodes pour le moins expéditives du Marshal) et les transforment en Zombies. Marshal Law est néanmoins prêt à faire le « travail » une seconde fois.
Nouveau départ oblige (le personnage est maintenant publié en Angleterre par Apocalypse Ltd et sert de fer de lance à un nouveau magazine hebdomadaire), le Marshal est remis au cœur de l’histoire. Les éléments clés de son background sont rappelés dans les premières pages (San Futuro, la guerre de « la zone », le tremblement de Terre). Le grand absent de ce récit reste son alter ego à la ville, Joe Gilmore, qui n’apparaît que dans les 2 dernières planches, littéralement cannibalisé par son alter ego costumé (on a même l’impression que ses parents sont plus ceux du Marshal que les siens).
Cette inhumanité est renforcée dès le début : les auteurs réintroduisent le personnage uniquement par le biais de sa fonction policière (ses routines, ses horaires). On comprendra que le fil ténu qui le reliait à des sentiments de compassion s’est brisé lorsque Lynn Evans a été tuée (le Marshal est quelque part « mort en dedans »). Et ce n’est qu’en sa présence que Joe Gilmore va enfin réapparaître.
L’évolution du personnage est le principal thème abordé. Dans cette histoire il est question de personnalités qui souffrent de ne pas « suivre le courant » (Razorhead, Marshal Law), le désormais célèbre « Go with The flow !» martelé par les Zombies. Car tout chasseur de capes qu’il est, il n’est rien d’autre lui-même qu’un super héros, pas si différent des autres (ce qui est suggéré à la planche 20, lorsque le Marshal a recours aux services d’une prostituée costumée).
Au-delà de la haine qu’éprouve le Marshal pour ses congénères, on commence à ressentir la haine qu’il éprouve pour lui-même, et qui va le conduire jusqu’au geste fatal de la dernière case. C’est finalement, un héros en proie au doute (donc humain à nouveau) qui va accompagner la fin de l’histoire (pour la première fois, il fera même preuve de clémence envers un autre super héros).
Quoi de mieux pour un héros « mort vivant » que le genre zombiesque ? Dans la présentation de l’histoire, on est très proche du film Le Retour des morts-vivants de Dan O'Bannon (1985) et de ses suites. Mais il faut se tourner vers l’approche métaphorique du genre, utilisée dans la quadrilogie de George Romero. Car, contrairement aux très récents Marvel Zombies qui n’utilisent que le concept, les auteurs, 17 ans avant tout le monde, se servent des idées inhérentes au concept pour creuser davantage la psyché de leur personnage (les Zombies de Mills et O’Neil, même s’ils partagent le goût de la chair humaine avec leurs homologues, ont en plus la particularité d’avoir gardé leur esprit critique !).
La première partie de l’histoire explore certains bas-fonds de San Futuro où les héros costumés marchandent leurs pouvoirs (humiliations sado-masochistes, prostitution). Elle peut être mise en parallèle avec La Chasse (Cruising) de William Friedkin (1980). On y assiste à l'infiltration d’un policier dans un groupe sociologique particulier (le milieu homosexuel SM de New York pour le film), afin d’enquêter sur une série de meurtres (dans la BD le cas Razorhead). Ce policier aura à se poser des questions existentielles sur son assimilation à ce même milieu (« Go with the flow » ou non ?).
Les références aux personnages de comics sont plus nombreuses que celles énoncées ci-après, mais ne sont pas forcément utilisées pour leur portée symbolique, comme dans les deux précédents épisodes. Au fil de l’histoire, on reconnaîtra donc quelques Superman (planche d’ouverture et planche 46), plusieurs Robin (Batman) (planche 11 et, bien sûr, le personnage d’Everest), un Captain Marvel ainsi qu'un Mr. Freeze à la planche 2, sans oublier une savoureuse Kitty Pryde (pouvoir compris) à la planche 6. Quant au grand méchant de cette aventure, Black Scarab, il est un démarquage évident du Blue Beetle, héros de la Charlton Comics du Golden Age (cette référence aura beaucoup plus d’importance dans la conclusion de l’histoire : Super Babylon) cédé par la suite à DC Comics (dans l’appellation, on n'est pas loin non plus du Green Hornet). Les auteurs lui ont donné un look franchement Batmanien afin d'accentuer peut-être le côté Batman & Robin du couple Black Scarab/Everest.
Le titre lui-même The Hateful Dead, est un clin d’œil au groupe de southern rock The Grateful Dead, en inversant au passage la signification de leur nom.
Le lien avec la revue Toxic! est prégnant tout au long de l'histoire : le logo du magazine est en effet, constitué d'un fût de substance toxique verte fluo se déversant sur le titre. Ce sont ces mêmes fûts (affublés du logo de la revue) et cette même substance que l'on retrouve à l'origine du « réveil » des morts dans la BD. De même, le slogan utilisé par les morts-vivants « Go with the flow », sera souvent utilisé dans la revue lorsque les éditeurs auront envie de s'adresser aux lecteurs.
Les références cinématographiques sont explicites dans les thèmes :
Dessins, encrage et couleurs par Kevin O’Neill. Lettrage : Steve Potter.
Cette histoire constitue la conclusion de The Hateful Dead (initialement titrée City of the Zombies) et ne sortira qu’en 1992, aux États-Unis, sous la bannière Dark Horse Comics. Format comics, couverture cartonnée et papier glacé.
L’année suivante (1993), Dark Horse Comics compilera cette histoire avec les deux précédentes dans le recueil Blood, Sweat, and Fears. Le deuxième, troisième et quatrième plat du one shot de 1992 sont intégralement repris dans cette édition.
Après ceux du cimetière, ce sont les super héros du Âge d'or des comics « conservés » au Victory Museum qui se voient ressuscités par Black Scarab et son fluide toxique. Ils vont vouloir s’en prendre à Marshal Law qu’ils prennent pour un super soldat Nazi, alors que celui-ci a déjà fort à faire avec une petite amie « morte vivante ».
Dessins et encrages Kevin O'Neill, couleurs Steve Buccellato (souvent de simples aplats, pas le plus beau rendu de la série) et lettrages Janice Chiang.
Dans cette histoire, Marshal Law s’est enfin trouvé une nouvelle (super) petite amie qui le convie à une thérapie de groupe « festive » animée par Seraph, un ange prétendument venu du paradis. Ce paradis se révèle être en fait un monde démoniaque dédié à l’expression de la douleur et du sado-masochisme extrême. Le Marshal va devoir composer avec le haut prêtre de cet enfer (pour le compte du seigneur Leviathan) : Pinhead, leader des cénobites, des démons passés maîtres dans l’art de la souffrance infligée.
Dessins, encrage et couleurs par Kevin O’Neill, lettrage de Bill Oakley.
Difficile de situer chronologiquement cette histoire, qui semble suivre immédiatement Super Babylon (cf planche 8 du #1), alors que Law in Hell a pourtant été publiée entre-temps. On peut quand même remarquer que le scénario de Secret Tribunal tranche radicalement avec les récits précédents en ne reprenant pas les thèmes récurrents abordés jusqu’ici (comme la perception des conflits armés du XXe siècle). De plus, depuis Marshal Law Takes Manhattan, on assiste à la déshumanisation progressive du héros qui culminera à la fin de Super Babylon. Ensuite, le Marshal prend conscience de son état psychique durant sa confrontation avec Pinhead. L’humanité dont va à nouveau faire preuve le héros dans ce nouvel épisode engage à penser que Secret Tribunal est bien à placer après Law in Hell.
L’histoire reprend ouvertement la trame du chef-d’œuvre de James Cameron, Aliens le retour (1986). On y retrouve donc Marshal Law à la tête d’un commando de super héros mutants, le Secret Tribunal du titre, qui a pour mission de débarrasser une plateforme orbitale (un centre de formation –dans tous les sens du termes- d’apprentis super héros) de ses parasites extraterrestres, les Incubus. À l’instar du personnage d'Ellen Ripley, ils finiront par affronter une reine mère dans un combat dont l’enjeu est la protection de leur progéniture respective.
Scénario de Pat Mills (Erik Larsen n’est cité que comme créateur du Savage Dragon), dessins et encrage de Kevin O’Neill (noir et blanc) et lettrage de Chris Eliopoulos.
On peut dire que ce récit est la conjonction de deux idées : célébrer les 10 ans de publication du personnage, et adapter la trame du film Seven (1995, David Fincher, traitant des sept péchés capitaux) aux 10 commandements catholiques. L’histoire est vécue du point de vue du Savage Dragon qui se retrouve projeté dans un futur proche (celui de Marshal Law) afin de prêter main-forte au Marshal pour stopper les exactions d’un serial killer. Ce dernier assassine méthodiquement des super héros/mutants, en châtiment de leur supposé écarts aux dix commandements catholiques (explicités ici dans la partie consacrée aux références).
Pour un historique détaillé voir la page du personnage, mais pour justifier l’idée du Team Up, on peut quand même souligner les points communs évidents entre les deux héros. Ce sont tous deux des policiers possédant des pouvoirs surhumains, qui sont employés à l’origine par le gouvernement pour contenir pour l’un, des gangs de super héros laissés pour compte à San Futuro (San Francisco), pour l’autre, des mutants criminels qui sévissent dans une Chicago elle aussi uchronique.
Scénario de Pat Mills (Mike Richardson n'est cité que comme créateur de The Mask), dessins et encrage Kevin O’Neill, couleur Dave Stewart et lettrage Ellie Deville.
Maintenant que Marshal Law n’éprouve plus de haine pour les super héros, il est bien décidé à donner sa démission tout en préparant sa succession. Mais c’est sans compter avec l’équipe de savants du docteur SHOCC, qui tentent par tous les moyens de faire sortir le Sleepman de son coma, allant même jusqu’à tester sur ce dernier un mystérieux artefact (le fameux Mask du titre).
The Mask est un personnage créé par John Arcudi et Doug Mahnke (à partir d’un concept original de Mike Richardson). La série met en scène un masque magique qui transmet le pouvoir de remodeler la réalité (dans un style souvent cartoony) à celui qui le revêt, tout en rendant celui-ci totalement invulnérable. En outre, le masque altère le physique de son porteur (une tête verte barrée d’un large sourire), ainsi que sa personnalité en supprimant ses barrières psychologiques inhibitrices. C’est d’ailleurs cette dernière capacité qui peut suffire à justifier un cross-over entre les 2 personnages, puisqu’elle va servir à nourrir l’évolution du héros.
Illustrations encrage et couleurs sont de la seule main de Kevin O'Neill.
Marshal Law est sur les traces d’un ex Screaming Eagle (un super soldat génétiquement délivré de toute sensation liée à la douleur), vétéran de la zone, et ancien camarade d’unité de Joe Gilmore. C’est l’occasion pour ce dernier de se remémorer l’événement tragique à l’origine de la naissance du chasseur de héros, lors de la célébration du « Jour des Morts ».
Si des références explicites aux personnages de DC Comics et Marvel Comics pouvaient servir initialement de terreau de base aux histoires de Marshal Law, ce n’est plus le cas dans ses dernières aventures (le Hellfire Club apparaît bien dans les X-Men, mais il faut chercher la référence ailleurs). Les auteurs semblent plutôt chercher à développer leur univers à partir de leurs propres créations, avec des attributs (nom, pouvoir) immédiatement liés à leur fonction dans le récit. On pourra néanmoins encore trouver dans les illustrations de Kevin O’Neill (page 37 et 79), des clins d’œil à des super héros existants, pour la plupart déjà référencés plus haut.
Comme citations cette fois-ci, 2 variantes de phrases emblématiques prononcées par Marshal Law :
Marshal Law se retrouve à enquêter sur un meurtre lié à un scandale politique mêlant réunions libertines, espionnage international et cérémonies occultes. Son affaire l’amènera à se confronter aux Secret Chiefs, un club très fermé de personnalités haut placées, protégées par un redoutable et très discret homme de main : The Cloak. Comme si cela ne suffisait pas, le Marshal sera aussi confronté à deux des plus puissants héros de l’ex Union soviétique : Iron Wolf et la fatale Black Madonna.
Compile les deux nouvelles illustrées ci-dessus (mais en N&B), au format livre (13x20), Titan Books (en), 2008, (ISBN 9781845769437).