Mary Lefkowitz

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Mary Lefkowitz
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Mary Lefkowitz est une philologue classique et une professeur d'université américaine.

Biographie

Mary Lefkowitz obteient son doctorat en philologie classique à Université Harvard en 1961.

Elle devient en 1979 professeure aux sciences humaines, poste qu'elle a occupé jusqu'à sa retraite en 2005.

Elle est professeur en émérite des sciences humaines au Wellesley College.

Elle retrace les principales origines de la revendication d'une Cléopâtre noire dans le livre de 1946 de Joel Augustus Rogers intitulé World's Great Men of Color, tout en notant que l'idée d'une Cléopâtre noire remonte au moins au XIXe siècle.

Vie privée

En 1982, elle épouse Hugh Lloyd-Jones.

Distinctions

Prises de positions

Le linguiste Jean Haudry cite l'étude critique de Mary Lefkowitz et Rogers MacLean : « À notre avis, la prétention qu'a émise Bernal d'avoir découvert des centaines d'étymologies gréco-égyptiennes et gréco-sémitiques est parfaitement infondée. Nous doutons qu'il en ait même trouvé une seule qui soit totalement neuve ». François-Xavier Fauvelle, spécialiste de l'histoire de l'Afrique, dans la recension de la même étude critique, rappelle que Martin Bernal, « n'est, sur le terrain de la préhistoire et de l'histoire de la Méditerranée orientale, qu'un "amateur", qui certes apporte un regard extérieur mais qui demeure en même temps peu familier des faits, des problématiques et procédures des disciplines en question ».

Les professeurs Hilliard et Alkebulan accusent à Mary Leftkowitz indiquent que et son ouvrage, Not Out of Africa, qui confond également l'afrocentrisme avec l'afrocentricité.

Les principaux critiques de l'afrocentricité ont été Tunde Adeleke (par exemple, The Case Against Afrocentrism, 2009), Clarence Walker (par exemple, Why We Can't Go Home Again, 2001), Stephen Howe (par exemple, Afrocentrism: Mythical Pasts and Imagined Homes, 1998) et Mary Lefkowitz (par exemple, Not Out of Africa, 1997). Ces œuvres critiques majeures ont été caractérisées par Asante en 2017 comme étant une « incompréhension de l'afrocentrisme ou une tentative de relancer la domination eurocentrique dans la connaissance, la critique et la littérature ».

Molefi Kete Asante reproche à Mary Lefkowitz de ne pas fournir de définition claire du concept d'afrocentricité qu'ils tentent de critiquer et en caractérisant ensuite négativement et incorrectement l'afrocentricité comme afrocentrisme (c'est-à-dire une forme noire d'eurocentrisme).

Elle a comparé une lecture d'un poème d'Emily Dickinson, « I had been hungry, all the Years », avec l'analyse faite du poème « L'égal des dieux » par plusieurs universitaires (Wilamowitz, Denys Page et Devereux), afin d'illustrer le biais introduit dans les analyses du fait que Sappho soit une femme. Ces études ont toutes en commun de faire une lecture biographique du poème, et plus précisément de considérer qu'il est l'expression d'émotions personnelles de l'auteur. Selon M. Lefkowitz, elles reposent toutes sur l'hypothèse qu'une femme artiste est une femme insatisfaite d'un point de vue émotionnel, autrement dit qu'elle éprouve le manque d'un homme et tend à être soit une vieille fille, soit une lesbienne. Wilamowitz par exemple, dans Sappho und Simonides, considère que l'homme de la première strophe est le mari de la jeune fille évoquée dans le poème, mari pour lequel Sappho, « maîtresse d'école », éprouve de la jalousie ; il interprète ainsi le poème en fonction d'une sexualité considérée comme normale. Mary Lefkowitz insiste au contraire sur le caractère général du poème et suggère d'y lire l'expression de la faiblesse qui saisit une femme amoureuse de la beauté à la vue de l'objet de son amour. La présence d'expressions utilisées dans la littérature épique serait la marque d'un point de vue féminin de situations habituellement considérées du point de vue masculin, sans que cela se réfère nécessairement à une situation réellement vécue par l'auteur.

Des journalistes ont souligné des liens entre elle et des causes conservatrices. Un article publié en 1997 dans Slate Magazine rapportait que la fondation Templeton avait donné une quantité significative de soutien financier à des groupes, des causes et des individus considérés comme conservateurs, y compris les dons à Gertrude Himmelfarb, Milton Friedman, Walter E. Williams, Julian Lincoln Simon et Mary Lefkowitz, et fait référence à John Templeton junior, en tant que « vieux protecteur conservateur».

Publication

Notes et références

  1. 1 2 (en) « Mary Lefkowitz », sur GBH (consulté le )
  2. ↑ (en-US) « Mary Lefkowitz, Author at The American Scholar », sur The American Scholar (consulté le )
  3. ↑ World's Great Men of Color, Volume I, J.A. Rogers ; Simon and Schuster, 2011, (ISBN 9781451650549)
  4. ↑ West 2013, p. 484.
  5. ↑ Lefkowitz, Mary R. & Maclean Rogers, Guy, eds., Black Athena Revisited, The University of North Carolina Press, 1996.
  6. ↑ Black Athena Revisited, François-Xavier Fauvelle, Cahiers d'études africaines, Année 1999, Volume 39, Numéro 153, p. 207-209.
  7. ↑ (en) Abu Noman, Africological Reconceptualization of the Epistemological Crises In Postcolonial Studies, Temple University, (OCLC 1280138580), p. 43–44.
  8. 1 2 Asante 2017, p. 231, 239–240.
  9. ↑ Asante 2007, p. 18-23.
  10. ↑ John Cody, After Great Pain: The Inner Lift of Emily Dickinson, Cambridge, Harvard University Press, 1971.
  11. ↑ Mary R. Lefkowitz, « Critical Stereotypes and the Poetry of Sappho », dans Ellen Greene (ed.), Reading Sappho: Contemporary Approaches, p. 16-34.
  12. ↑ The Slate: God's Venture Capitalist The strange quest of Sir John Templeton. By David Plotz

Voir aussi