Famille de Mathefelon

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Famille de Mathefelon
Image illustrative de l’article Famille de Mathefelon
Armes de la famille.
Blasonnement De gueules à six écussons d'or.
Période XIe siècle - XIVe siècle
Origine Anjou
Sceau de la famille de Mathefelon

La famille de Mathefelon est une famille de noblesse féodale originaire d'Anjou et du Maine. Elle tire son nom du château fort de Mathefelon (ou Matheflon), situé à Seiches-sur-le-Loir, à proximité de Durtal, entre Angers, La Flèche et Sablé. La première famille de Mathefelon s'est éteinte au début du XIIe siècle dans la famille de Champagne-Parcé, qui en a relevé le nom et les armes. Cette seconde famille de Mathefelon s'éteignit en ligne masculine en 1396.

Ces deux familles successives ont formé au Moyen-Âge une des plus illustres lignées d'Anjou et du Maine.

Première famille de Mathefelon

Origine

Au début du XXe siècle, l'abbé Angot a tenté de préciser les origines encore mal cernées de cette famille féodale. Les interprétations, incomplètes, contradictoires, confuses, voire incohérentes (les dates fonctionnent mal, des personnages homonymes se confondent), divergent chez les auteurs précédents pour les XIe siècle et XIIe siècle (cf. Augustin du Paz (1619), repris par le Dictionnaire de la Noblesse de La Chesnaye-Desbois (cf. la note 13 ci-dessous) et le Nobiliaire de France de Saint-Allais). Les sites internet Histogendol, Medieval Lands, Racines & Histoire présentent différentes thèses. Les informations ne peuvent donc être données que sous toute réserve.

Célestin Port écrit au XIXe siècle que Foulques (Ier) est le premier connu, et que ce fut lui qui reçut l'investiture du château dont il prit le nom de 1030 à 1040. Il affirme par ailleurs que le même personnage se croisa vers 1100. Cela est inexact.

La charte invoquée dit expressément que le comte d'Anjou (probablement Foulques Nerra, père de Geoffroy II Martel et grand-père de Geoffroy III le Barbu) investit non pas Foulques mais le père de Foulques (Ier) de la terre de Mathefelon (Matheflon de nos jours), à charge pour lui de protéger les possessions des religieuses de l'abbaye du Ronceray.

Filiation

Ce premier Mathefelon est connu, il se nommait Hugues (Ier), et aussi sa femme Cunégonde de laquelle il eut :

Seconde famille de Mathefelon

La famille de Champagne en Anjou

Cette famille constitue probablement la seconde Maison de Mathefelon ; elle est ancienne, illustre… et d'origine fort discutée.

On a voulu voir en elle des descendants d'Eudes II ou d'Eudes Ier de Blois-Champagne, mais c'est improbable, et le nom de Champagne (Campania) vient plutôt ici de campagne/champagne, paysage agraire ouvert opposé au bocage (c'est d'ailleurs l'origine du nom de la province de Champagne), appliqué à la géographie d'une partie du Maine ou du nord de l'Anjou : - cf. Champagné à l'est du Mans ; - en Normandie, les campagnes ou plaines d'Alençon et de Caen ; - la champagne mancelle ou Champagne au Maine, autour de Loué, Conlie et l'abbaye de Champagne, qui offre de nombreux toponymes en Champagne à l'ouest du Mans et du département de la Sarthe et où s'épanouirent les familles de Beaumont-au-Maine, de Laval-Loué, de Tucé… ; - la Champagne-Hommet, qui est la partie méridionale de la Champagne du Maine juste au nord de la Sarthe entre Brûlon, Avoise et Sablé, berceau de la famille des barons puis comtes de Laval ; - enfin la champagne angevine ou de Parcé, celle qui nous intéresse ici.

La famille de Champagne dont nous parlons, dite aussi d'Arnay (Arnaitum), est associée anciennement aux seigneuries de Parcé et de Champigné (dit un peu abusivement -sur-Sarthe, juste à l'ouest de Châteauneuf), Avoise et Pescheseul, Bailleul… La tradition en fait aussi des descendants des anciens comtes du Maine et des vicomtes du Maine/de Beaumont-au-Maine. Deux articles, l'un de Peter Burkholder, et l'autre d'Hélène et Thierry Bianco, permettent une mise au point récente, même si elle reste fragile et toujours pleine d'hypothèses. Selon l'historien et érudit sarthois du XIXe siècle Julien Rémy Pesche (1780-1847), cité par Peter Burkholder, « En cherchant à débrouiller l’espèce de chaos qui existe sur ce sujet [Campania], si nous n’y réussissons pas parfaitement, du moins aurons-nous fait tous nos efforts pour y parvenir ».

Filiation Champagne-Parcé

Les premiers membres connus de la famille de Champagne-Parcé / d'Arnay sont des fidèles (et peut-être des parents) du comte d'Anjou :

La famille de Champagne-Parcé, titrée premier baron du Maine, premier baron d'Anjou et prince de Pescheseul, qui régna sur Parcé, Avoise et Pescheseul, Bailleul, etc. et qui assuma la seigneurie de La Suze à partir du XVe siècle (Brandélis III et son fils Baudouin de Champagne), se rattache certainement aux personnages qu'on vient de présenter, mais sans qu'on connaisse précisément le lien : la tradition en fait des descendants de Brandélis Ier, présenté parfois comme † vers 1149 et qui serait un fils d'Hubert IV ; ou un oncle paternel de Thibaut III († vers 1239) ci-dessous ; ou bien un petit-fils d'Hubert IV et un fils d'Hugues de Champagne de Mathefelon ; ou encore un frère, † en 1249, de Thibaut III († vers 1239). On voit que la confusion règne, avec une approximation chronologique d'un siècle, !

Filiation Mathefelon

Apparaît donc dans la 1re moitié du XIIe siècle une seconde famille de Mathefelon, issue en ligne agnatique (masculine) de la famille de Champagne-Parcé. Selon la thèse actualisée que nous présentons ici, le schéma généalogique serait :

Elisabeth de Mathefelon ci-dessus, dame de Mathefelon, probable fille de Foulque Ier et de sa deuxième femme Elisabeth, sœur d'Hugues II et tante de Thibaut Ier, naît dans la deuxième moitié du XIe siècle et † avant 1140 ; elle épouse semble-t-il Hugues de Champagne-Parcé, de la famille des châtelains puis seigneurs de Durtal, alias Hugues III de Mathefelon, † vers 1152, fils d'un certain Hubert de Champagne (Hubert III ou Hubert IV ci-dessus ?). Veuf, Hugues se remaria vers 1140 après le décès d'Elisabeth, avec Marquise (sans doute de Vitré, fille d'André Ier ou de Robert II le Vieux : d'où Foulque de Mathefelon, frère utérin de Maurice II de Craon ; Marquise fut d'abord femme d'Hugues Ier de Craon — c. 1100-1138, petit-fils de Renaud Ier le Bourguignon et père de Maurice II — puis épouse en troisièmes noces de Payen de Vaiges). D'où, de père en fils :

[[Thibault Ier de Mathefelon|Thibault Ier de Mathefelon]] (ou Thibaut II) († un peu avant 1200 ?) (certains auteurs ajoutent une génération intermédiaire, et le disent fils d'Hugues (IV) de Mathefelon x Jeanne de Sablé ?) x Mahaut/Mathilde, † après 1194, fille de Geoffroi III de Mayenne, et de Constance, fille de Conan III duc de Bretagne (Mahaut était séparée sans postérité d'André II de Vitré, fils de Robert III le Jeune de Vitré, petit-fils de Robert II le Vieux ci-dessus, et père d'André III de Vitré ci-dessous par sa troisième femme Eustachie de Rays),

Thibaut III (vers 1170-vers 1238/1239) (certains ajoutent une génération en le décomposant en Thibaut II et Thibaut III), seigneur de Chaumont, d'Azé, d'Entrammes, de Ruillé (Ruillé et/ou Ruillé), Loiron, maître du Franc-Alleu de Villiers, premier baron d'Anjou, combattant en Poitou et aux batailles d'Angers, Moncontour et Beauffort ; il est dit avoir épousé 1o vers 1189 Jeanne de Bruyères ; 2o 1191 Agnès de Craon, † vers 1205, fille de Maurice II ; 3o avant 1218 et s.p. (sans postérité) Luc(i)e de Laigle (alias de Quelaines, déformation d'aquila ou aquilana, l'aigle ; veuve de Richard Ier de Beaumont-au-Maine) ; frère de Geoffroi et Foulque de Mathefelon ; père d'Isabelle/Elisabeth et Emma de Mathefelon, et de…

Foulques II (né vers 1200-† vers 1269/1273/1282), fils d'Agnès de Craon, seigneur d'Azé et La Cropte, mari d'Alix/Alicie fille d'André III de Vitré et de Catherine de Thouars-Bretagne (fille de Constance duchesse de Bretagne et de Guy de Thouars) (André de Vitré a aussi été l'époux de Thomasse de La Guerche dame de Pouancé),

Thibaut IV († vers 1297/1300) ; il pourrait avoir pour frères et sœurs (voir ci-dessous) : Foulque († 1323 ; père de l'évêque Foulques (IV)) ; Hubert, seigneur de Lancheneil et Beauvais ?, souche d'une branche cadette courant jusqu'à la mi-XVIe siècle, sgrs. d'Assé ; Catherine († 1317) et Philippe/Philippine († 1325 ; le prénom Philippe est alors épicène), abbesses de St-Georges de Rennes ; et peut-être Jeanne de Mathefelon, épouse vers 1270 du maréchal Foucauld du Merle,

Foulques III († avant 1331), x Elisabeth (de Châteaubriant ?),

Thibaut V (ou IV) (né vers 1315-† vers 1358/1364) x 1o vers 1330/1333 Jeanne, fille de Thomas Ier de Bruyères et d'Isabelle de Melun, fille d'Adam IV vicomte de Melun et de Jeanne de Sully, fille d'Henri II de Sully (le site MedLands donne pour première épouse à Thibaut V : Luce de Goulaine ? ; une confusion avec Luce de Laigle/de Quelaines ci-dessus ?) ; 2o 1339 Béatrix de Dreux-Beu, princesse capétienne ; dont, parmi au moins huit enfants :

Filiation Mathefelon (Lancheneil)

Dès le XIe siècle, les descendants sont seigneurs en Azé, la Cropte ; ils le deviennent successivement de Fromentières, Entrammes, Saint-Ouën, Beauvais, Loiron, Lancheneil, la Motte de Montflours, la Girardière, le Châtelier, l'Écluse (Brecé),etc.

Le premier écu porté par Thibault de Mathefelon est vergetté avec contre-sceau ayant dans le champ une gerbe que l'on trouve sur le sceau d'un de Champagne, mais bientôt la famille mit dans ses armes 6 écussons, ce qui leur donne une grande ressemblance avec celles des anciens Mayenne, auxquels elle était alliée. Les Mathefelon sont seigneurs de Loiron avant la fin du XIIIe siècle. Le sceau de la cour d’Azé était encore aux armes des Mathefelon au milieu du XVe siècle, bien que Pierre de Mathefelon n'eût laissé pour héritières que ses sœurs. Au XVIe siècle, la famille se fondit dans celles de Meaulne, de Brie, du Raynier.

  • Foulques III de Mathefelon, qui possédait les fiefs du Pont-de-Mayenne jusqu'en 1264, seigneur d'Entrammes, d'Azé. Il donne au prieuré du Port-Raingeard deux muids de vin sur sa dîme d’Azé, 1258, et fait un nouveau règlement avec les prieurs d’Azé et du Geneteil pour leurs droits féodaux respectifs, 1265.
    • Thibaut IV de Mathefelon. Il donne en partage à Hubert, son frère. Lancheneil et Loiron, 1297. Il épouse vers 1330-1333 Jeanne, fille de Thomas Ier de Bruyères et d'Isabelle, fille d'Adam IV vicomte de Melun, puis vers 1339, Béatrix de Dreux (v. 1319-1356) fille de Robert III de Beu et Béatrix de Courlandon. Seigneur de Durtal, Saint-Ouën, Azé, Entrammes, etc., chambellan de Philippe VI de Valois, en reçoit 3.000 ₶ à l'occasion de son mariage avec Béatrix de Dreux, 1348 ; sert en Normandie, « ès parties de Costentin, » 1346 ; à Angers, le 2 octobre suivant ; capitaine d'une compagnie sous le gouvernement de M. de Beaujeu, 1350. Il fut frère d'armes de Bertrand du Guesclin, connétable de France, et Bourdigné le met en parangon avec. Thibault se distingua dans la guerre contre les Anglais. Il se joignit avec cinq cents lanciers à l'armée de Louis Ier d'Anjou, duc d'Anjou, et fit maintz baultz faictz d'armes au pays de Guienne et en Bretagne. Thibault de Mathefelon, mari de Béatrix de Dreux, vir magnus et potens, quique plura habebat hereditagia et possessiones, in justicia et dominio, in diversis et pluribus locis, était encore seigneur d'Azé en 1327, 1340, aussi bien que Pierre, son fils, 1364, 1384.
    • Herbert de Mathefelon, époux de Prégente de Mayenne, issue, par représentation de degrés, de Guillaume de Mayenne, fils de Juhel II de Mayenne, et de Clémence de Bellême. Seigneur de Lancheneil, de Loiron, de Beauvais, de Saint-Sulpice-sur-Loire. Ses successeurs sont à la fois seigneurs de Loiron et de Lancheneil.
      • Geoffroy II de Mathefelon, époux de Gilette de Parenne . Seigneur de Lancheneil, de Beauvais, de Saint-Sulpice-sur-Loire, puis époux de Jeanne de Prunellé. Cette dernière donne, en 1347, au curé de Changé 50 sols de rente sur la Sabaudière pour une messe par semaine pour ses parents et pour « feu Geoffroy de Mathefelon, jadis chevalier, son defunct mari, seigneur de Lancheneil, Loiron, Beauvais et Saint-Sulpice-sur-Loire ».
        • Thibaut V de Mathefelon, époux d'Isabelle de Sillé. Seigneur de Lancheneil. Il donne à rente la courtillerie de la Heuriais, 1378.
          • Jacques de Mathefelon, époux de Marie Le Veneur. Seigneur de Lancheneil. Jeanne de Mathefelon, dame de Parthenay, confirme à Jacques de Mathefelon qui, pour fonder son anniversaire, donna une dîme au curé de Loiron, les droits cédés à Hubert, son ancêtre, 1398. Il fait reconnaître ses droits de prévôté, 1409. Il périt en 1424 à la Bataille de Verneuil.
            • Marie de Mathefelon, dame de Saint-Sulpice-sur-Loire, de Guernetot, d'Escorches, épouse de Foulques du Merle
    • Juhel de Mathefelon, époux de Jeanne de Rouessé
      • Thibault de Mathefelon, époux de Macée de la Ferrière
        • Marie de Mathefelon, épouse de Huet de Tessé. Le domaine du Grand-Bois à Cossé-le-Vivien, est donné en mariage vers 1346 par Thibault de Mathefelon, seigneur de Rouessé, et Macée de la Ferrière, sa femme, à Marie, leur fille, femme de Huet de Tessé.
          • Marguerite de Tessé, épouse de Guillaume III de Meaulne
        • Juhel de Mathefelon
        • Jean Ier de Mathefelon, seigneur du Châtelier
          • Juhel de Mathefelon, seigneur de Rouesssé, décédé à la Bataille de Nicopolis le . Il épouse le , Jeanne Le Cornu, fille de Jean Le Cornu, seigneur de la Barbottière et de Jeanne Haberde. Cette dernière épouse ensuite Jean Groignet de Vassé, écuyer, dit Groignet
            • Jean II de Mathefelon, Seigneur de Lancheneil, d'Assé-le-Boisne, de Rouesssé, Saint-Léonard-des-Bois, époux de Jeanne d’Andigné, puis de Béatrix Morin. Seigneur du Châtelier et de la Motte-Serrant. Il demanda en 1457 la sépulture à Sainte-Gemmes.Il rend aveu de Loiron en 1439, est cité aux assises du Mans pour avoir payé ses devoirs à 27 sols 6 deniers au lieu de 30 sols l'écu, 1455 ; il vivait en 1481 et était remplacé par Pierre de Mathefelon, son fils, en 1486.
              • Jacques de Mathefelon. Ecuyer, qualifié le , seigneur d'Antoigné, du Coudreau, de la Bataillère, et de la Galaisière, époux d Catherine de La Rochefoucauld, sans postérité. Veuve, elle se remaria à Jean de Beaumanoir-Lavardin.
              • Jean III de Mathefelon, Seigneur de Lancheneil et d’Assé-Le-Boisne, époux d'Isabeau de Brée
                • Anne de Mathefelon + 1517, dame de Lancheneil et d’Assé-Le-Boisne épouse 1) Jean de Villers, seigneur de Hesloup 2) Ponthus de Brie, seigneur de Serrant et La Roche-au-Duc, Chambellan du Roi Louis XI
                  • Péan de Brie, époux de Jeanne de Mathefelon, sa cousine. (voir ci-dessous)
                  • Jean de Brie
                  • Marie de Brie, épousa Jean III Morin de Loudon, seigneur de Loudon
                    • Jacques Morin de Loudon, né en 1516
              • Pierre de Mathefelon, ° 1480, Seigneur de Lancheneil et de Loiron, Chambellan du duc de Bourbon, époux de Catherine de Chourses. Au XVIe siècle, la famille se fondit dans celles de Meaulne, de Brie, du Raynier. En 1493, Guy XV de Laval, comte de Laval accorde que Pierre de Mathefelon, seigneur de Loiron, jouira de haute, moyenne et basse justice, à charge de la relever de Saint-Ouën.
                • Jacques de Mathefelon, seigneur d’Orfeuille, époux de Luce du Courret
                • Olive de Mathefelon, épouse de Jean de Savonnières, baron de La Bretesche
                • Jeanne de Mathefelon, épouse de Péan de Brie
                  • Magdelon de Brie
                  • Françoise de Brie, épouse de François de Brée, puis de François du Reynier
                    • François II de Brée, veuf de Catherine de Chauvigné, qui, veuve, convola avec Charles de la Blanchardaie, des seigneurs de l'Ile-Tison, vers 1560. Mort sans enfants en 1559.
                • Antoinette de Mathefelon, épouse de Lancelot Ier du Reynier
                  • Dimanche du Raynier
                  • François du Raynier, époux de Yolande de la Jaille
                    • Lancelot II du Reynier, époux de Jeanne du Barro
                  • Jeanne du Raynier, épouse d'Antoine de Saint-Mathieu
                • Françoise de Mathefelon, épouse de Jean Ier de Brie-Serrant, seigneur de seigneur de la Sorinière, Fesle et La Houssaye, son cousin
                  • René de Brie-Serrant
            • Jeanne de Mathefelon, épouse de Jean de Bailleul

Épitaphes et poèmes

Un grand nombre de sépultures et de tombeaux des sieurs de Serrant se trouvaient en l'abbaye de Saint-Georges sur Loire, certaines furent relevées par Gaignières et se trouvent soit à la BNF soit à la Bodléian. On y trouve des portraits de la famille de Mathefelon, pour les épouses associées à la famille de Brie qui sont conservés soit par la peinture, soit par la sculpture, et qui n'existaient plus depuis longtemps déjà lorsque l'église a été elle-même détruite. Le texte des épitaphes a seul été conservé. L'épitaphe d'Anne de Mathefelon n'existait pas au bas de son portrait, mais elle a été trouvée dans les Heures de Madame d'Hauteville, données par elle à sa fille Isabeau de Brée, femme de Matefelon, laquelle les donna à sa petite-fille Marie de Brie, femme de Monsieur de Loudon. Ce livre d'heures contient spécifiquement des épitaphes et illustrations liées à la famille de Mathefelon. Au XVIe siècle, la famille se fondit dans celles de Meaulne, de Brie, du Raynier.

Epitaphes
Membre de la familleBlason dessinéImageEpitaphe
Jean II de Mathefelon Jean II de Mathefelon Fils de Juhes, Jehan de Mathefelon
Fus bien appris mater le cœur félon
Des ennemis du royaulme de France;
Dont Charles roy eut telle cognoissance
Qu'après que fus, de sa main, chevalier,
Son chambellan me fist, et conseiller,
Mil quatre cens quarante et huict, en compte,
Estans présens Charles, du Maine comte,
Et cil de Foix, de Brezé, de Blainville.
Enfin mon corps tourna en pouldre ville.
Jeanne d'Andigné Jeanne d'Andigné Jehanne je suis, d'Andigné surnommée,
Du sieur d'Angrie et de Grez fille aisnée,
Ma mère-grand, nommé Margarite
D'Ancenis, fust de Bretagne l'élite.
Mahault du Gué, ma mère, m'assigna
Assé-le-Bouaisne , alors que me donna
En mariaige à ce bon chevalier
Mathefelon, seigneur du Chastelier
Et de la Mothe, aussi de Montfoulleur,
Avec lequel vécus en tout honneur.
Puis Beatrix Morin, d'Antongné dame,
De ce seigneur fust la seconde femme.
Béatrix Morin Je Beatrix Morin, d'Antongné dame,
Fus par après de Mathefelon femme.
Vaulx et Yvré fust le propre à mon père
Et d'Averton Jehanne ditte, ma mère,
Tint le Couldreau; dont sentit avantaige
Jacques mon fils, prenant en mariaige
La fille au sieur de la Rochefoucault,
Mil quatre cens soixante et cinq, en augst.
Puis quand mon corps fut séparé de l'âme,
Inhumée fus en chancel saincte Gemme.
Jean III de Mathefelon Jean III de Mathefelon De Mathefelon je suis Jehan, tiers du nom,
Qui desirai ensuivre le renom
De mes majeurs lorsque à Mont-Lehery
Jehan d'Alençon, duc et pair, je servy
A son besoin d'escuyer d'escurie,
Où bien cogneut que n'espargnay ma vie.
Tesmoing en fust le sire de Dampierre,
Mon compaignon en toute ceste guerre.
Inhumé fus en l'église de Prez,
Près Laval, après que mort m'eus pris.
Ysabeau de Brée Ysabeau de Brée Du Fouilloux fus Ysabeau fille aînée,
Portant le nom très-antique de Brée.
Nourrie fus en la cour d'Alençon,
Où jeune appris de la harpe le son,
Dont par après, en ma viduité,
Je passai temps, observant chasteté;
A Mathefelon, mon bon seigneur, promise,
Tant qu'on disoit qu'aux femmes estois mise
Pour vray exemple, et leur donner terreur
De faire mal, dont à Dieu soit l'honneur.
Anne de Mathefelon Ponthus de Brie et Anne de Mathefelon Anne me nomme, et mon propre surnom,
Très ancien, fust de Mathefelon,
Dont mon ayeul porta pleine bannière
Après la mort de Juhel, son bon père,
Aussy de Pierre estant sieur de Durtal
Et Mathefelon, quand d'accident fatal,
Mil trois cens six et nonante, en Hongrie,
Les cruels Turcs leur ostèrent la vie.
Dès lors, ainsi qu'au plus proche et habille
Qu'autre du sang, ou le fils d'une fille,
Qui fut Jehan dit Larchevesque, et seigneur
De Parthenay, l'on adjugea l'honneur
Nous compéter au port de pleines armes,
Pour éviter entre parens alarmes.
Or je fus fille unique, mariée
Par Jehan, mon père, et Ysabeau de Brée,
Qui fut ma mère, au seigneur de Serrant,
Ponthus de Brye, en honneur florissant,
Dont eus six fils, et huict filles aussy.
Et puis après que par mort fust transy,
Vingt ans, peu moings, veuve je demouray
Par grand vertu, et souvent le plouray
A la Mothe et à Serrant et Assé,
Où, mil cinq cens dix et sept, trespassé.
Jeanne de Mathefelon Péan de Brie

Autres schémas généalogiques

La tradition, avec des invraisemblances et des dates incompatibles, proposait l'enchaînement suivant (cf. Racines&Histoire p. 9-12) : c'est Hubert III de Champagne qui aurait épousé Elisabeth de Mathefelon (mais la chronologique s'y opposerait), dont :

L'historien Peter Burkholder, que nous citons plus haut avec un lien internet, donne une généalogie proposant un Hubert V († vers 1190 ; fils de Geoffroi de Clervaux, un neveu d'Hubert IV ci-dessus : cf.), d'où Hugues († vers 1205), père de Thibaut († vers 1260).

Personnalités

Militaires

La Généalogie de Champagne nous apprend que les hérauts d'armes du comté d'Anjou donnaient anciennement, pour cri de guerre, aux seigneurs de Duretal et de Mathefelon : « Passe avant Mathefelon ».

Religieux

Autres personnalités

Libéralités

Les membres de cette famille se sont signalés par leurs fondations pieuses et par leurs largesses envers les abbayes et les monastères. Les abbayes d'Evron, au XIIe siècle ; de Bellebranche, en 1152 ; de Saint-Aubin d'Angers, par la fondation du prieuré de La Cropte, dépendant de cette abbaye, vers 1090 ; de Savigny ; de Fontaine-Daniel, ·vers 1205 ; de Chaloché, en Anjou, vers 1127 ; d'Etival-en-Charnie ; de Bonlieu, près de Château-du-Loir ; de Saint-Serge d'Angers ; les couvents de Seiches, et de La Haye-aux-Bonshommes près d'Angers ; du Port-Ringeard, en 1233 ; et de Sainte-Catherine de Laval, en 1224, reçurent de leur part de nombreux dons.

Notes et références

Notes

  1. 1 2 Est-ce lui qui serait l'époux — la chronologie fonctionne mal s'il s'agit d'un fils d'Hubert III, on attendrait une génération de plus ; en revanche un fils d'Hubert IV conviendrait — d'Elisabeth de Mathefelon, sous le nom d'Hugues III de Mathefelon, fils d'un certain Hubert de Champagne ? À moins qu'Hugues, le mari d'Elisabeth, ne soit issu d'un des deux neveux connus d'Hubert IV, nommés Payen et Geoffroi de Clervaux († après 1148), ou mieux encore d'Hubert IV lui-même ?[Interprétation personnelle ?]

Références

  1. ↑ « de Champagne, p. 369 sq. », sur Nobiliaire universel de France, t. XIV, par Nicolas Viton de Saint-Allais, chez Valade à Paris, 1818,
  2. ↑ (en) « Seigneurs de Mathefelon », sur Medlands
  3. 1 2 « Mathefélon ; p. 2 à 8 pour la version modernisée », sur Racines & Histoire
  4. ↑ Dictionnaire historique, géographique et biographique, t. II, p. 614.
  5. ↑ Comté d'Anjou, p. 330.
  6. ↑ « Campanea, p. 97-98 », sur Institut des provinces de France, 2e série, t. 1er, Géographie ancienne du diocèse du Mans, par Thomas Cauvin, chez Derache à Paris, 1845
  7. ↑ « La Champagne-Hommet », sur Château de Verdelles
  8. ↑ « « Réflexions sur les origines de Durtal », conférence par Peter Burkholder, Ph.D., Université du Wisconsin-Stout (États-Unis) », sur Les seigneurs de Morsains (Marne)
  9. ↑ « Héloïse et Abélard (voir la partie sur la famille d'Héloïse) », sur Hélène&Thierry
  10. ↑ « Brandelis de Champagne, tige des Champagne-Parcé, p. 371 et 375 », sur Nobiliaire universel de France, par Nicolas Viton de Saint-Allais, t. XIV, 1818
  11. ↑ Brandelis Ier, sire de Champagne-Parcé, Champigné, du Bailleul, d'Avoise et Pescheseul, aurait eu d'Héloïse fille d'Alain IV de Rohan ? : Foulques Ier, † 1269, mari de Jeanne de Sully fille du Grand-bouteiller Henri IV de Sully ? ; < d'où Foulques II Hugues, † 1290, x Jeanne, petite-fille de Richard d'Harcourt, fille de Robert Ier d'Harcourt-Beaumesnil et nièce de Jean Ier d'Harcourt ; < d'où Jean Ier, † 1335, x Isabelle fille de Foulques de Bazeilles ; < père de Jean II, † 1364 à la bataille de Cocherel, x 1348 Jeanne de Beaujame fille de Bouchard VII de L'Isle-Bouchard et d'Agathe de Bauçay  ; < père de Brandelis II, † 1411, conseiller-chambellan de Charles VI, x Jeanne de La Réauté en Anjou (à St-Florent ?) ; < père d'Hardouin/Baudouin (Ier) de Champagne de Tucé (par son mariage avec Jeanne de Tucé, veuve en 1423 de Guillaume de Chources ; conseiller-chambellan de Charles VII, proche des ducs d'Anjou de la Maison de Valois ; cf. Baudouin-partie homonymie ; de lui et d'un certain Nicolas de Champagne présenté comme son fils, Aubert de La Chesnaye des Bois et Saint-Allais font venir la suite des sires Tucé : mais pour des auteurs modernes, ces derniers procèdent d'un neveu de Jeanne de Tucé, Louis Le Gros, ce qui signifie que Jeanne est plutôt morte en 1458 sans postérité survivante de ses deux maris), et de Jean III de Champagne, † le à Angers, ayant survécu à ses blessures reçues en à la bataille de Verneuil — où périrent nombre de ses fils, ainsi prédécédés : Guillaume, Louis, Baudouin, Hardouin, Thibaut, Brandelis et Antoine, à moins qu'ils n'y furent navrés (blessés) : Jean IV et Pierre Ier, voir ci-après — Grand-maréchal de Sicile (Naples) et duc de Bari, x 1383 Ambrois(i)e fille de Baudouin de Crenon, Vaslon et Brouassin et de Marie de Bueil, fille de Jean II ou III de Bueil ; < Jean IV de Champagne, fils de Jean III et d'Ambroise de Crénon, x Marie fille de Guillaume VII de Sillé, d'où Anne de Champagne, † 1501, épouse de René de Laval de Rais, sire de La Suze (vers 1414-1473 ; frère du maréchal criminel Gilles) ; < Pierre Ier de Champagne, né en 1385, frère de Jean IV et fils cadet de Jean III, prince de Montorio et d'Aquila (Montorio al Vomano ou Montorio nei Frentani, et L'Aquila ?), Grand-maréchal et vice-roi de Sicile (Naples), chevalier du Croissant, réputé † centenaire le mais pour certains plutôt né vers 1400/1415 qu'en 1385 — à moins qu'on doive dissocier Pierre en deux Pierre, sur deux générations ? — x 1441 Marie fille de Thibaud Ier de Montmorency-Laval-Loué ; < d'où : - René qui continue les sires de Champagne-Parcé-Avoise-Pescheseul, et ses frères cadets : - Baudoin (II) de Parcé (sans postérité, conseiller-chambellan de Louis XI) ; - Brandelis (III), † vers 1504, héritier de La Suze par sa cousine Anne de Champagne, Louplande, Villaines et Villaines ; tige, avec son fils Baudouin (III), † 1560, des comtes (1566) de La Suze et des marquis (1587) de Villaines ; - Guy sire de Ravaux, et de Bonnefontaine et La Roche-Simon en Villaines ; et - Jean sire de Morcins qui serait la souche d'une branche champenoise ?[réf. nécessaire]
  12. ↑ « de Champagne, p. 182-203, notamment 186 sq. », sur Dictionnaire de la Noblesse, t. IV, par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, chez la Veuve Duchesne à Paris, 1772
  13. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 « Famille de Mathefelon », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
  14. ↑ Abbé Angot.
  15. ↑ Bourdigné, cité dans la Revue d'Anjou, p. 299.
  16. ↑ Abbé Angot, Dictionnaire de la Mayenne, tome III, p. 651.
  17. ↑ et Mathefelon, assavoir la motte ancienne, dud. lieu avec l'hôtel et herbergement anciens près d'icelle … pâtis, douves et fossés denviron, four, abanvin pendant 40 jours, droit de quintaine sur tous les pescheurs, le dimanche de la Trinité, et sur chaque nouveau marié du village une solle, laquelle solle doibt estre livrée, le jour de Nouel, aux compaignons du lieu de Mathefelon pour en soller… et aussy doibt estre la femme présente et chanter une chanson. Célestin Port, Dictionnaire historique, généalogique et biographique de Maine-et-Loire, t. II, p. 614.
  18. 1 2 3 4 Histoire généalogique de Trincant, 1638.
  19. 1 2 Situé à Changé.
  20. ↑ Groignet, comme Greignus en Bretagne, signifierait aîné, greigneur ayant le sens en effet de plus grand ou de meilleur; et ce nom, honorifique ou non, et s'il n'est pas dû à un défaut physique, est porté par les Vasset depuis le XIVe siècle. La famille, connue dès le XIe siècle, s'allia aux familles les plus riches et les plus nobles, et posséda des domaines immenses dans le Bas-Maine.
  21. 1 2 Julien Chappée, Ambroise Ledru, Châteaux de la Sarthe, 1909.
  22. ↑ Archives départementales de la Sarthe, E.99, N°26 et 41.
  23. ↑ Voir Famille de Brie-Serrant
  24. ↑ Conservé dans la famille de M. Prévost de La Boutetière-Saint-Mars. Notices et pièces historiques sur l'Anjou, l'Aunis et la Saintonge, Paul Alexandre Marchegay
  25. ↑ Fille de Guillaume d'Andigné.
  26. ↑ Au mois d'août, en latin mense augusto.
  27. ↑ mi-parti, au 1 fascé d'argent et de sable, au lion de gueules brochant (Brie) ; De gueules aux six écus d'or posés 3, 2 et 1 (Mathefelon)
  28. ↑ Anne de Mathefelon ne fut pas enterrée dans la chapelle des seigneurs de Serrant, en l'église de Saint-Georges-sur-Loire, près de son mari, et son épitaphe n'est pas indiquée dans la reproduction de Gaignières.
  29. ↑ Et non Guillemette de Vassé et Marguerite de Beauvau, comme indiqué dans Henri Bouchot, Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux Départements des estampes et des manuscrits. Tome 1 / Bibliothèque nationale ; 1891. P. 314. L'écu de Brie, de Mathefelon et de Surgères permettent d'identifier Péan de Brie et ses deux femmes, Jeanne de Mathefelon et Renée de Surgères.
  30. ↑ Généalogie manuscrite de la maison de Champagne, p. 107.
  31. ↑ Généalogie de la maison de Champagne, p. 12 et 1.3.
  32. ↑ Dom Piolin, Histoire de l'Eglise du Mans, t. V, p. ~9, 50, t90 et 231.
  33. 1 2 Donation octroyée aux moniales de Bonlieu le 16/08/1272, BNF, ms. occ., Touraine 7, no 3259, f. 287.
  34. ↑ Cartulaire de Deux-Évailles, f. 29.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes