«Parricide», terme issu du latin parricidia (assassin d'un proche), désigne:
L'acte d'assassiner son père, sa mère (dans ce dernier cas, on parle plus spécifiquement de « matricide») ou un autre de ses ascendants, voire toute relation proche;
L'acte d'assassiner une personne établie dans une relation comparable à celle d'un parent (par exemple, le dirigeant d'un pays);
La personne qui a commis cet acte.
En philosophie, le parricide est l'acte (symbolique) fondateur de l'école athénienne «Il faut tuer Parménide»,.
Historique
Dans la mythologie grecque
Le parricide est un thème récurrent de la mythologie grecque: Ouranos est tué par son fils Cronos, assassiné à son tour par son fils Zeus. Le roi Œdipe est notamment connu pour avoir pour s'être involontairement rendu coupable de parricide sur son père Laïos, tandis que Télégonos tue, sans le reconnaître, son père Ulysse avec une lance.
Dans l'Antiquité romaine
À Rome, le meurtre de parents proches, ascendants, frères, sœurs, ou patron était le pire des crimes. Selon ce qu'indique Cicéron, le condamné était fouetté puis, la tête enveloppée dans un sac de cuir, il était cousu dans un sac et jeté au Tibre ou à la mer. Une loi promulguée par Pompée (en 70 av. J.-C. ou en 55-52 av. J.-C.) remplaça cette peine de mort par la peine prévue par la loi Cornelia de sicariis, c'est-à-dire le bannissement. Elle fut rétablie ultérieurement et avait cours sous Auguste. Son rétablissement s'accompagne d'une aggravation, car des auteurs de la période impériale indiquent que l'on ajoutait dans le sac des animaux, un singe selon le satiriste Juvénal, un serpent selon Plutarque et Sénèque, un coq et un chien affamé. Les recueils de lois établis au VeetVIesiècles reprennent ces indications: les serpents dans le Code théodosien, le coq et le chien dans le Digeste.
Le parricide, crime à forte charge symbolique, se situe, au XIXesiècle et XXesiècle, au sommet de la pyramide criminelle puisqu'il menace l'ordre social même: il mérite une peine exemplaire. Le parricide est donc non seulement puni de la peine de mort mais la condamnation s'accompagne d'un cérémonial particulier: le condamné est en chemise, pieds nus, a le visage couvert d'un voile noir et, jusqu'en 1832, son poing est tranché avant que la guillotine n'entre en œuvre.
Georgette Thomas tue le 29 juillet 1886, avec l'aide de son époux et de ses deux frères, sa mère qu'elle croyait être une sorcière. Elle est exécutée avec son époux le 24 janvier 1887. Elle est la dernière femme exécutée en public en France.
Lizzie Borden, accusée d'avoir tué son père et sa belle-mère en 1892, puis acquittée.
Affaire Violette Nozière. Elle empoisonne ses parents en 1933 et son père, qu'elle accuse d'inceste, en meurt.
En 1955, affaire Jack Gilbert Graham, qui place une bombe dans la valise de sa mère partant en voyage, pour toucher l'assurance.
En 1989, les frères Lyle et Erik Menendez sont accusés d'avoir tué leurs parents pour s'emparer de leur fortune.
Littérature
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Dans la pièce Hamlet de William Shakespeare (1603), le héros éponyme tue Claudius, son beau-père, qui est aussi son oncle paternel: après que son père, le roi du Danemark est mort, sa mère Gertrude s'est en effet remariée avec son beau-frère.
Le Père Goriot d'Honoré de Balzac, dans lequel Jean-Joachim Goriot prononce lui-même cette terrible accusation contre ses filles: «Elles commettent tous les crimes en un seul. Mais allez donc, dites-leur donc que, ne pas venir, c'est un parricide!»
Yan Thomas, «Parricidium. I. Le père, la famille et la cité (La lex Pompeia et le système des poursuites publiques)», Mélanges de l'École française de Rome, 93-2, 1981, p.643-715.